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	<title>Tawa fi Tunis &#187; liberté de la presse</title>
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	<description>Chroniques de la Tunisie post-révolution au quotidien</description>
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		<title>Tunisie – &#171;&#160;Si tu veux sauver ta télé, vends du persil !&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Feb 2013 21:38:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vendre du persil. La chaine de télévision, Al hiwar Al tounsi, média d’opposition sous Ben Ali, a trouvé un moyen original pour sensibiliser l’opinion publique sur sa crise financière. Mais l’histoire de ce geste est un clin d’œil aux islamistes et à Oussema Ben Salem,  propriétaire de Zitouna TV dont le père, actuel ministre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><em>Vendre du persil. La chaine de télévision, Al hiwar Al tounsi, média d’opposition sous Ben Ali, a trouvé un moyen original pour sensibiliser l’opinion publique sur sa crise financière. Mais l’histoire de ce geste est un clin d’œil aux islamistes et à <a href="http://h-lifois.blogspot.fr/2012/05/tunisian-ma3dnous-dream.html">Oussema Ben Salem</a>,  propriétaire de <em>Zitouna TV</em> dont le père, actuel ministre de l&#8217;Enseignement supérieur, avait été vendeur de persil pour survivre sous la dictature. Les journalistes de la chaîne ont vendu à Tunis aujourd&#8217;hui, 1000 bottes symboliques.</em></strong></p>
<p>Vendre du persil à la place de l’information, serait –il le destin des médias tunisiens essayant de survivre dans une crise économique et plus précisément, à un embargo publicitaire imposé parle contexte politique actuel? Face à sa crise financière, la chaîne d’opposition A<a href="https://www.facebook.com/pages/Elhiwar-Ettounsi-%D9%82%D9%86%D8%A7%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%88%D8%A7%D8%B1-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3%D9%8A/196316433738786" target="_blank"><em>l Hiwar Al Tounsi</em> </a>( le dialogue tunisien) a lancé, <a href="http://www.shemsfm.net/ar/actualite/%D9%8A%D9%88%D9%85-%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A-%D9%84%D8%A8%D9%8A%D8%B9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B9%D8%AF%D9%86%D9%88%D8%B3-%D9%84%D9%81%D8%A7%D8%A6%D8%AF%D8%A9-%D9%82%D9%86%D8%A7%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%88%D8%A7%D8%B1-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3%D9%8A?id=37894" target="_blank">depuis dimanche</a>, une compagne de ventre de persil symbolique, pour collecter de l’argent. Derrière la note d’humour de l’initiative se cache pourtant un enjeu plus grave qui commence à naître au sein des médias tunisiens indépendants, l’étouffement financier soupçonné d’être causé par le pouvoir en place.</p>
<div id="attachment_4273" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/pppp.jpg"><img class="size-full wp-image-4273" title="pppp" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/pppp.jpg" alt="" width="640" height="427" /></a><p class="wp-caption-text">Une femme scandant son soutien à la chaîne Al Hiwar persils à la main jeudi 28 février à Tunis. Crédits Photo: Mohamed Amine Ben Azizas</p></div>
<p>Des bottes de persil et de nombreuses personnalités ont composé un tableau détonnant jeudi 28 février avenue de la Liberté à Tunis. Plusieurs centaines de personnes ont défilé devant la porte de la chaîne pour acheter une botte de persil à 20 dinars. Le stock prévu pour l’évènement, environ mille bottes de persil s’est épuisé dès les premières heures du lancement de la vente. Mais les gens ont continué à donner de l’argent pour une ou deux feuilles vertes d’un persil en gage de leur bonne volonté à aider symboliquement la chaîne d’opposition qui risque de fermer ses portes depuis plusieurs mois.</p>
<p>Tout a commencé quand les cyber-militants du parti au pouvoir, <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/5473" target="_blank">Ennahdha</a>, ont lancé une compagne de dénigrement, sur Facebook, contre <em>Al Hiwar</em>, et en lui proposant de vendre du persil au lieu du faire du journalisme alors que la chaîne commençait à alerter de ses difficultés financières. &laquo;&nbsp;Vends du persil&nbsp;&raquo; ont lancé certains commentateurs en réponse à la chaîne qui a reçu plus de 5000 commentaires sur son statut. Le directeur de la chaîne, Tahar Ben Hassine, a eu la bonne idée de récupérer ce pseudo conseil et de vendre effectivement du persil , en clin d’œil direct aux islamistes. </p>
<p>Voici le passage télévisé dans lequel Tahar Ben Hassine se moquait déjà en décembre du fils de Moncef Ben Salem, propriétaire de Zitouna TV:</p>
<p> <iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/N6GFDIfZQiI" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Un membre du parti Ennahdha, Fayçal Ennasr a quant à lui rétorqué que les accusations de la chaîne étaient &laquo;&nbsp;ni réalistes ni objectives&nbsp;&raquo; a-t-il déclaré à la <a href="http://observers.france24.com/fr/content/20130228-une-botte-persil-prix-liberte-presse-tunisie" target="_blank">chaîne France 24.</a></p>
<div id="attachment_4259" class="wp-caption alignnone" style="width: 610px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/persil2.png"><img class="size-full wp-image-4259" title="persil2" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/persil2.png" alt="" width="600" height="417" /></a><p class="wp-caption-text">Les commentaires moqueurs sur la page de la chaîne Al Hiwar le 23 février</p></div>
<blockquote><p><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">«Ils veulent (les Nahdaouis) diriger les médias et tuer les voix libres. Ils donnent des leçons sur l’éthique du journa</em><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">lisme comme si leurs chaînes et leurs médias étaient objectifs. Aujourd’hui, nous essayons de leur dire que la solidarité tunisienne est plus forte et plus noble que le pétrodollar du Qatar qui finance Al Jazeera et les chaînes islamistes. Nous allons résister et Al Hiwar ne fermera jamais.»</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> a déclaré le jeune Ahmed Ben Saleh, étudiant et militant dans des associations de Droit de l’Homme. Pour lui, le combat des médias contre le pouvoir doit être gagné avant les élections pour éviter une</span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> «deuxième catastrophe»</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">, selon ses dires, de dépassement et de propagande au profit d’un seul parti Nahdha.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Avenue de la liberté, les acheteurs de persil n’ont pas gardé le silence et ont scandé durant des heures des slogans contre le pouvoir et des messages d’encouragement à la chaîne,</span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> <a href="http://www.menassat.com/?q=en/news-articles/5974-al-hiwar-ettounsi-under-guillotine" target="_blank">El Hiwar</a></em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">, symbole d’un média libre et militant depuis la période Ben Ali. Chaque Tunisien, a encore en mémoire le rôle important joué par la chaîne et l’un de ses journalistes, </span><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" href="http://ctlj.org/" target="_blank">Fahem Boukadous</a><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">, dans la couverture médiatique de la révolte de Redeyef et du bassin minier en 2008.</span></p>
<blockquote><p><em>«Soutenir une presse libre, indépendante et militante est le devoir de tous les tunisiens. Je regarde la chaîne depuis la révolution et je ne peux pas imaginer qu’il viendra le jour où elle ferme. Ça sera une perte énorme pour la Tunisie et pour la consolidation de la démocratie et de la diversité de l’information.&nbsp;&raquo; </em>déclare une passante qui a sacrifié sa pause déjeuner pour venir soutenir la chaîne.</p></blockquote>
<div id="attachment_4261" class="wp-caption alignnone" style="width: 388px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/persil.png"><img class="size-full wp-image-4261" title="persil" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/persil.png" alt="" width="378" height="591" /></a><p class="wp-caption-text">Détournement de la campagne sur facebook: &quot;Le persil de la liberté&quot;</p></div>
<p>Plusieurs personnalités politiques ont répondu présentes, lors de cette compagne. Parmi les plus connu,<a href="http://www.slateafrique.com/100321/tunisie-paris-se-prend-en-photo-devant-la-place-bouazizi" target="_blank"> Hamma Hamami,</a> <a href="http://www.slateafrique.com/85249/tunisie-radhia-nasraoui-l-avocate-tunisienne-des-droits-humains" target="_blank">Radhia Nasraoui</a>, <a href="http://www.slateafrique.com/85209/tunisie-sept-ans-prison-caricatures-prophete-facebook" target="_blank">Bochra Bel Haj Hmida</a>, le père du défunt <a href="http://www.slateafrique.com/103863/tunisie-le-tueur-presume-de-lopposant-chokri-belaid-arrete" target="_blank">Chokri Belaid</a>, Haythem Mekki, <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/10/02/tunisie-mokhtar-yahyaoui-%C2%ABla-justice-tunisienne-va-vers-une-crise-sans-precedent%C2%BB/" target="_blank">Mokhtar Yahyaoui</a> et plusieurs autres militants, des députés de l’Assemblé Nationale Constituante, artistes, journalistes, avocats, et des simples citoyens venus pour soutenir <em>Al Hiwar</em>.</p>
<div id="attachment_4275" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/iiiii.jpg"><img class="size-full wp-image-4275" title="iiiii" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/iiiii.jpg" alt="" width="640" height="427" /></a><p class="wp-caption-text">Hammami leader du parti de gauche le Front populaire. CP: Mohamed Amine Ben Aziza</p></div>
<p>La chaîne n’est pourtant pas le seul média qui souffre d’une crise financière aujourd’hui en Tunisie. Le partage inéquitable de la publicité et la concurrence déloyale entre médias indépendants et médias partisans du pouvoir seraient les premières raisons de cette crise financière qui poussent plusieurs <a href="http://www.slateafrique.com/93977/tunisie-censure-retour-liberte-democratie-islamistes" target="_blank">médias</a> et surtout la presse écrite à jeter l’éponge et fermer leurs portes. Ces accusations à l’encontre mériteraient une enquête plus approfondie sur la question du financement publicitaire et des subventions publiques accordées aux médias. Dans son dernier <a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/01/rapport-rsf-2013-la-tunisie-a-la-traine-perd-4-places/" target="_blank">rapport publié en février 2013</a>, l&#8217;ONG RSF faisait état d&#8217;un avenir peu rose pour les médias en Tunisie laissés sans cadre juridique et souvent soumis à des pressions politiques. Dans un <a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/27/rsf-entre-risques-de-fermeture-et-menaces-de-poursuites-judiciaires-les-nouvelles-radios-tunisiennes-acculees/" target="_blank">récent communiqué</a>, l&#8217;ONG a aussi alerté des risques de fermeture de nouvelles radios nées après la révolution qui n&#8217;ont ni cadre juridique ni réelles licences pour diffuser.</p>
<p>Reportage de la chaîne <a href="http://www.mosaiquefm.net/">Mosaïque FM</a> sur la vente:</p>
<p><iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=10200720162584185" width="720" height="394" frameborder="0"></iframe></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ah31.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4285" title="ah3" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ah31.png" alt="" width="558" height="292" /></a></p>
<p>Mais début février, c’est également le cas du journal hebdomadaire arabophone <em><a href="http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=18143" target="_blank">Hakaik</a> </em>qui a fermé ses portes. Le directeur du journal a évoqué un gouffre financier qui lui faisait perdre près de 30 000 dinars par mois. Mais il a surtout dénoncé la coupure sans explications de nombreux abonnements au journal notamment dans les administrations des ministères tout comme certaines banques ont retiré sans raison leur encart publicitaire. <em>«Il y a une volonté de faire taire les médias qui sont le plus opposé au pouvoir et cela se traduit directement dans cet étranglement financier»</em> avait-t-il déclaré.</p>
<div id="attachment_4279" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ooooo.jpg"><img class="size-full wp-image-4279" title="ooooo" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ooooo.jpg" alt="" width="640" height="427" /></a><p class="wp-caption-text">Khemaïs Ksila, député et Mokhtar Trifi de la ligue des droits de l&#39;homme entourent le directeur de la chaîne Tahar Ben Hasine. CP Mohamed Amine Ben Aziza</p></div>
<p>La chaîne <em><a href="http://www.kapitalis.com/medias/61-medias/10030-al-hiwar-ettounsi-la-tunisie-profonde-sur-le-petit-ecran.html" target="_blank">Al Hiwar</a></em> et connue pour une ligne éditoriale tranchée et progressiste qui fait partie de sa charte éditoriale d’après Aymen Rezgui, l’un des journalistes de la chaîne. Le côté social et les reportages de terrain ont toujours été privilégiés par la chaîne.Ses journalistes sont souvent victimes d’agressions lors de reportages. Selon le rapport du <a href="http://ctlj.org/index.php/fr/rapports" target="_blank">Centre de Tunis pour la liberté de la presse </a> sur les violences subies au mois de janvier 2013 par les journalistes Tunisiens, la chaîne reste la principale visée avec 5 cas d&#8217;agressions de ses journalistes rien qu&#8217;au mois de janvier. le siège de la chaîne à la Manouba avait été <a href="http://www.realites.com.tn/qui-veut-la-peau-dael-hiwar-ettounsi-ij,145,26699,1" target="_blank">cambriolé en mai 2012</a>.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/xRS9kEzN7No" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ah23.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4281" title="ah2" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ah23.png" alt="" width="603" height="504" /></a></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Quant au directeur de la chaîne Tahar Ben Hassine, il est connu pour son opposition politique sous Ben Ali et sa tendance à gauche. Il avait lui-même financé la chaîne entre 2003 et 2009 pour survivre sous le régime Ben Ali et espérait reprendre la main en 2011 avec des investissements publicitaires et sa place plus visible sur le satellite Nilesat. Si la chaîne subit clairement aujourd’hui des pressions politiques, son directeur n’a pas donné de chiffres sur l’ampleur et les origines de sa crise financière ni sur son chiffre d’audience depuis 2011 qui reste faible comparé aux grandes chaînes telles que </span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/05/03/tunisie-nessma-tv-liberte-de-la-presse-nabil-karoui/" target="_blank">Nessma TV</a></em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> ou encore </span><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/12/21/tunisie-qui-veut-la-peau-de-sami-fehri/" target="_blank"><em>Attounissia</em> </a><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">et </span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Hannibal TV</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">.</span></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/maadoun.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4263" title="maadoun" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/maadoun.png" alt="" width="600" height="373" /></a></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ah4.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4267" title="ah4" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ah4.png" alt="" width="600" height="369" /></a></p>
<p><strong><em>Henda Hendoud</em></strong></p>
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		<title>Tunisie &#8211; Jeunes journalistes et fiers de l&#8217;être</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Oct 2012 11:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les journalistes tunisiens semblent bien vouloir laisser derrière eux la période de Ben Ali, la censure ou encore les restes de la propagande et de la corruption. Le temps d’une journée, ils se sont mobilisés autour d’une grève générale le mercredi 17 octobre. Parmi eux, une nouvelle génération de jeunes  journalistes a affirmé ses droits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Les journalistes tunisiens semblent bien vouloir laisser derrière eux la période de Ben Ali, la censure ou encore les restes de la propagande et de la corruption. Le temps d’une journée, ils se sont mobilisés autour d’une grève générale le mercredi 17 octobre. Parmi eux, une nouvelle génération de jeunes  journalistes a affirmé ses droits à une information libre. </em></strong></p>
<p>Ils ne sont pas tous sortis de l’IPSI (Institut de presse et des sciences de l’information), l’école qui a formé de nombreux journalistes de l’ancienne génération. La plupart des jeunes journalistes <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie" target="_blank">tunisiens </a>se sont formés sur le terrain. Certains sont tombés dans le journalisme après la révolution, d’autres ont profité des nouvelles libertés pour tenter un métier qu’ils avaient toujours voulu faire. Entre l’engagement citoyen et la plume, beaucoup ont trouvé dans la profession un moyen d’exprimer la voix du peuple. La frontière entre engagement et professionnalisme n’est pas toujours nette pour ces jeunes journalistes mais les deux constituent la force de leur combat pour une presse libre. La mobilisation du 17 octobre a été la concrétisation d’une lutte qui peinait à rassembler toute la profession. Pour la première fois, la grève générale a été portée unanimement à la fois par l’ancienne et la nouvelle génération de <a href="http://www.slateafrique.com/96507/la-presse-tunisienne-se-revolte-ennhada" target="_blank">journalistes</a>. Parmi <a href="http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/12350-pourquoi-les-journalistes-tunisiens-sont-ils-en-greve-aujourdhui.html" target="_blank">les nombreuses revendications </a>qui témoignent d&#8217;un ras-le-bol face au manque de dialogue avec le gouvernement, la liberté d&#8217;expression et le respect des droits du travail sont les revendications primordiales. La nouvelle génération saura-t-elle porter jusqu&#8217;au bout le mouvement? Chacun raconte à sa manière l’importance de la mobilisation et revient sur les raisons qui l&#8217;ont amené à faire ce métier.</p>
<div id="attachment_3095" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/darjihed.jpg"><img class="size-full wp-image-3095" title="darjihed" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/darjihed.jpg" alt="" width="640" height="363" /></a><p class="wp-caption-text">Des journalistes devant le syndicat lors de la grève générale du 17 octobre. Crédits photos: Jihed Mabrouk</p></div>
<p><strong>Zied Dabbar, 30, journaliste au<em> <a href="http://www.letemps.com.tn/" target="_blank">Temps</a></em></strong></p>
<p>En grève de la faim depuis sept jours, Zied a ressenti une grande émotion le soir du 17 octobre, quand les journalistes de Dar Assabah ont réussi à obtenir le limogeage de Lotfi Touati. Fatigué mais soulagé, ce journaliste n’aurait jamais pensé en arriver là pour défendre son métier. Entré dans la profession en 2009 pour éviter le chômage, le journalisme devient une passion pour Zied qui se forme aussi au reportage de guerre et s’engage dans des programmes de formation pour la sécurité des journalistes. Il est membre de la Fédération internationale des journalistes et œuvre dans différentes associations pour sensibiliser ses collègues à la déontologie et aux règles du métier. Aujourd’hui, il se bat pour le journal <em>le Temps</em> avec l’ensemble de ses collègues et continuera la grève jusqu’au vendredi 19 octobre, où certaines mesures de la part du gouvernement devraient être annoncées officiellement.</p>
<div id="attachment_3079" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/dardar1.jpg"><img class="size-full wp-image-3079" title="dardar" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/dardar1.jpg" alt="" width="640" height="408" /></a><p class="wp-caption-text">La première grève d ela faim devant Dar assabah, Crédits photos: amine Boufaied</p></div>
<p><strong>Olfa Riahi, 30 ans journaliste à <a href="http://www.ifm.tn/" target="_blank">radio IFM</a></strong></p>
<p><em>«Je ne soutiens pas la grève de journalistes ni ce mouvement» </em>déclare Olfa Riahi, journaliste à la radio IFM mais bien connu aussi pour ses positions tranchées. C’est elle qui avait écrit une lettre ouverte à Charb exprimant tout son dégoût pour les caricatures de Charlie Hebdo sur le prophète. <a href="http://tobegoodagain.wordpress.com/" target="_blank">Blogueuse</a>, sa plume lui permet de s’exprimer ouvertement. En tant que journaliste, c’est avant tout le souci de l’enquête et de l‘information qui la préoccupent. Même si elle croit en la force des médias tunisiens <em>«J&#8217;ai choisi de poursuivre dans le journalisme parce les médias sont à mon sens le seul moyen de parvenir aujourd&#8217;hui à construire la nouvelle Tunisie et d&#8217;entamer une sorte de révolution intellectuelle des esprits,»</em> elle reste pourtant la voix dissonante parmi ceux qui soutiennent la grève et dénonce un <em>«trop grand manque de professionnalisme, de sérieux et de compétence»</em> dans le métier.<br />
<a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/belleolfa.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/belleolfa.jpg" alt="" title="belleolfa" width="272" height="448" class="alignnone size-full wp-image-3111" /></a></p>
<p><strong>Emine M’itraoui, 26 ans, journaliste à <a href="http://nawaat.org/portail/" target="_blank">Nawaat.org</a></strong></p>
<p>Emine est jeune dans le métier et pourtant il s’est déjà bien fait connaître auprès du gouvernement et de l’opinion publique. C’est lui qui a dénoncé<a href="http://www.tunistribune.com/un-journaliste-agresse-au-siege-du-parti-ennahda/19676.html" target="_blank"> l’agression physique </a>dont il a été victime à sa sortie du local du parti politique d’Ennahdha en avril dernier. La politique et ses coulisses, il connaît bien puisqu’il a longtemps milité dans le syndicat étudiant de gauche et a milité pour le parti du pôle démocratique (aujourd’hui Massar) pendant les élections. Il rejoint l’équipe de Nawaat, site créé par des cyberdissidents, car il réalise après les élections du 23 octobre «<em>que le moment n&#8217;est plus à la politique mais qu’il s agit d&#8217;être un citoyen actif et vigilant.»</em> Le meilleur moyen pour lui reste le milieu journalistique et l’écriture. Il milite pour ses collègues et va interviewer le journaliste <a href="http://nawaat.org/portail/2012/02/14/interview-200-dinars-damende-laffaire-du-journaliste-cheker-besbes-passe-en-appel/" target="_blank">Cheker Besbes</a> lorsque celui-ci est devant la justice pour avoir filmé le procès Nessma. La grève et ses aléas, il connaît. Lui-même avait entamé une grève de la faim sauvage à Nawaat pour soutenir son collègue <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/06/07/ramzi-bettaieb-une-faim-de-justice/" target="_blank">Ramzi Bettaieb</a> qui dénonçait le manque de transparence dans le procès des martyrs de la révolution.</p>
<p>Dix jours sans manger, Emine n’en a que faire et il se mobilise de nouveau le 17 octobre pour <em>«pour protester contre les conditions précaires dans lesquelles on travaille, surtout au niveau des agressions dont nous sommes souvent victimes».</em> Plus que la liberté d’expression, c’est aussi une profession qu’il défend aujourd’hui : le droit à une certaine audace journalistique, révéler ce qui est caché sans subir la pression de représailles ou de menaces.</p>
<div id="attachment_3081" class="wp-caption alignnone" style="width: 458px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/emine.jpg"><img class="size-full wp-image-3081" title="emine" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/emine.jpg" alt="" width="448" height="280" /></a><p class="wp-caption-text">Emine M&#39;tiraoui interviewevant un gréviste de Dar assabah. Crédits photos Valérie Loewensberg</p></div>
<p><strong>Naïma Charmiti, 31 ans, journaliste à <a href="http://www.arabesquetv.tn/" target="_blank">Arabesque TV</a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Après avoir fait l’IPSI, Naïma s’oriente vers le journalisme télévisé et travaille dans différentes chaînes privées comme Hannibal ou Nessma. Depuis la révolution, elle a pu développer ce qui l’intéressait vraiment dans son métier, la relation avec le citoyen. Munie souvent d’une petite caméra, elle se fond dans les manifestations, prend des photos, poste sur les réseaux sociaux et joue avec Instagram. Elle mélange le journalisme traditionnel et les nouvelles pratiques qui ont participé au succès de la révolution. Créatrice de la web-télé arabophone <em>Arabesque TV</em>, son idée était de rassembler tout ce qui peut créer le buzz sur le net, des vidéos partagées sur Facebook aux informations échangées via Twitter. Le site recoupe ensuite les informations et publie. Son souci principal est l’honnêteté journalistique même si les dérapages et les erreurs font partie de l’expérience post révolutionnaire. Elle s’est mobilisée le 17 octobre pour mettre fin à «<em>l’establishment»</em> comme elle le qualifie du pouvoir gouvernemental sur les médias mais continuera de se battre si la réforme tant attendue du secteur médiatique n’est pas menée à terme.</p>
<div id="attachment_3083" class="wp-caption alignnone" style="width: 450px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/naima.jpg"><img class="size-full wp-image-3083" title="naima" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/naima.jpg" alt="" width="440" height="336" /></a><p class="wp-caption-text">Naima Charmiti le 17 octobre devant le syndicat des journalistes en grève. Crédits photos: Jihed Mabrouk</p></div>
<p><strong>Hechem Lameri, 25 ans, journaliste à la radio <a href="http://www.mosaiquefm.net/" target="_blank">Mosaïque FM </a></strong></p>
<p>Hechem a commencé à travailler en 2010 à la radio Mosaïque FM en tant que webmaster, il devient journaliste et rédacteur après la révolutions. Aller vers le journalisme était pour lui une manière de dénoncer <em>«plusieurs dépassements dont j’ai été témoin sous le régime Ben Ali et qui méritaient d&#8217;être reportés.»</em> La grève générale, il l’attendait depuis longtemps car victime d’agressions verbales et physiques au cours de plusieurs manifestations, il estime que la profession n’est pas protégée mais surtout que ces atteintes ne sont pas assez suivies. Son but en tant que journaliste est aussi d’essayer de changer la relation entre le citoyen et le journaliste, rétablir une certaine crédibilité perdue sous Ben Ali.</p>
<blockquote><p><em>«On doit prouver à tout le monde qu&#8217;on essaie du mieux qu&#8217;on peut de changer la donne, qu’on donner une nouvelle image des médias, qu&#8217;ils soient publics ou privés. Il faut montrer des médias qui ne sont plus des spécialistes de la propagande comme ils l&#8217;étaient pendant le règne de Ben Ali et de Bourguiba, mais des observateurs et des dénonciateurs des maux du pays.»</em></p></blockquote>
<p>Hechem rêve à des médias qui jouent un vrai rôle  de <em>«quatrième pouvoir»</em> en Tunisie et il s’est mobilisé avec ses collègues pour rappeler à tous, la lourde responsabilité qui incombe aujourd’hui aux journalistes.</p>
<div id="attachment_3085" class="wp-caption alignnone" style="width: 458px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/hechem.jpg"><img class="size-full wp-image-3085" title="hechem" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/hechem.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">Hechem dans les studios de la radio préparant l&#39;interview de Béji Caïd Essebssi. crédits Photos: Mosaïque Fm</p></div>
<p><strong>Sarah Ben Hamadi, 27 ans, journaliste à <a href="http://www.tekiano.com/" target="_blank">Tekiano.com</a></strong></p>
<p>Comme beaucoup d’autres, Sarah n’a pas fait d’études journalistiques <em>«car il faut dire que sous Ben Ali, ce métier n’existait pas vraiment» </em>dit celle qui s’est fait connaître par ses écrits sur son blog, <a href="http://un-oeil-sur-la-planete.blogspot.fr/" target="_blank"><em>un œil sur la planète</em>.</a> Devenir journaliste est un moyen pour elle de s’investir d’avantage dans la transition démocratique mais aussi d’avoir une chance de faire correctement un métier, impossible à pratiquer avant. Aujourd’hui, elle s’occupe du site culturel et politique, Tekiano.com tout en collaborant avec <a href="http://www.mediapart.fr/" target="_blank">Mediapart</a> et <a href="http://www.tsa-algerie.com/accueil/" target="_blank">TSA Algérie</a>. La grève du 17 octobre est aussi une manière de dire que la <em>«liberté de presse est un droit des citoyens»</em> et non pas seulement le privilège des journalistes car la censure était aussi bien subie par les citoyens :</p>
<blockquote><p><em>«Nous ne savions pas ce qu’est un bon journal, une bonne enquête ou un journal télévisé de qualité. Ce qui fait qu’encore aujourd’hui, nous ne disposons pas de réelles références dans le métier.»</em></p></blockquote>
<p>L’avantage de la nouvelle génération est d’être «<em>plus libre et moins formatée»</em> pour Sarah qui espère que la mobilisation du 17 octobre permettra aussi à la profession de prendre conscience de la responsabilité des médias libres après la révolution.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/sbh-.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3087" title="sbh-" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/sbh-.jpg" alt="" width="336" height="336" /></a></p>
<p><strong>Feres Khiari, 25 ans, journaliste à <a href="http://www.twt.tn/fr/apercu.php" target="_blank">TWT, Tunisia World TV</a></strong></p>
<p>Animateur et producteur démissions culturelles à 19 ans dans une petite radio locale,<em> Tounes Bledi</em>,  Feres est passé aussi par la communication tout en poursuivant des études de sciences politiques à Tunis. Il travaille depuis peu en tant que présentateur dans une nouvelle chaîne de télévision tunisienne TWT et s’occupe du desk culture. Pour lui les allers-retours entre le journalisme et la communication lui ont permis de se créer un réseau de contacts mais aussi de mieux se former au journalisme par le terrain. La mobilisation du 17 octobre représente pour lui , un engagement en tant que journaliste mais aussi en tant que citoyen qui se bat pour le droit à l’information. Il soutient ses collègues des médias contre des conditions de travail souvent illégales, sans contrat ou protection sociale. Mais la principale lutte de Feres, engagé dans les débats constitutionnels, reste de mettre fin aux restrictions liberticides pour la liberté d’expression dans la futur constitution. Malgré la grève du 17 octobre, le chemin vers des médias libres et indépendants reste encore long pour Feres qui considère que peu de choses ont changé dans la profession après le 14 janvier. <em> </em></p>
<blockquote><p><em>«L’oppression des médias continue et laisse des cicatrices plus profondes qu’avant. Il y a une vraie  mainmise sur les médias notamment les organes publiques.»</em> La grève reste avant tout pour lui un moyen d’alerter face à l’urgence de la situation est urgent et face au <em>«vide juridique actuel, vide qui constitue un important levier de contrôle sur les médias ».</em></p></blockquote>
<p><em><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/feres.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3093" title="feres" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/feres.jpg" alt="" width="336" height="381" /></a><br />
</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Synda Tajine et Monia Ben Hamadi, 28 ans et 26 ans journalistes à <a href="http://www.businessnews.com.tn/" target="_blank">Buisness News</a></strong></p>
<p>Journaliste depuis un peu plus d’un an, Synda a toujours voulu faire du journalisme mais ne voyait pas d’avenir dans le métier sous la dictature.Pourtant après le 14 janvier, master en création d’entreprise à la main, elle saute le pas et commence à travailler dans le média en ligne<em> Buisness News </em> et admet avoir du mal à gérer l’hostilité envers les médias, du côté des gouvernements successifs tout comme de certains Tunisiens. Pour la jeune journaliste, la grève du 17 octobre est un un moyen de ne pas se <em>«laisser faire» </em>et leur<em> «attachement à la liberté» </em>même si elle ne dure qu’un seul jour. Pour Monia qui a commencé à travailler au sein de <em>Buisness News </em>en novembre 2011 il s&#8217;agissait de <em>«vivre et témoigner pleinement de la transition démocratique». </em>Elle dénonce aujourd&#8217;hui le manque de moyens matériels pour faire correctement un travail de journaliste d&#8217;investigation, le problème du laissez-aller de certains au militantisme ou au journalisme d&#8217;opinion et les conflits d&#8217;intérêts au sein de nombreux organes médiatiques. La grève est pour elle le moyen de se révolter mais aussi de montrer que le combat n&#8217;est pas seulement celui de la liberté d&#8217;expression mais aussi celui d&#8217;une réforme du secteur.</p>
<div id="attachment_3089" class="wp-caption alignnone" style="width: 346px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/moniam.jpg"><img class="size-full wp-image-3089" title="moniam" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/moniam.jpg" alt="" width="336" height="390" /></a><p class="wp-caption-text">Monia Ben Hamadi</p></div>
<p><strong>Azza Turki, 30 ans, journaliste à <a href="http://www.realites.com.tn/" target="_blank">Réalités</a></strong></p>
<p>Azza a vu le bouleversement déclenché par la révolution en moins d’un an au sein de l’hebdomadaire Réalités. Des sujets basés sur essentiellement sur la politique étrangère, elle passe à une couverture intensive de l’actualité tunisienne, mène des dossiers et des enquêtes. Elle prend rapidement en charge la rubrique politique dans le média Réalités qui doit se racheter une réputation après les années de <a href="http://www.slateafrique.com/90521/tunisie-la-liberte-d-expression-en-danger-medias" target="_blank">censure</a> sous Ben Ali.  Le 17 octobre, elle a fait grève car malgré une situation régulière et un salaire fixe dans son journal, elle connaît bien les galères récurrentes de ses collègues. <em> </em></p>
<blockquote><p><em>«Les journalistes de Dar Essabah ont été les premiers à mener un combat courageux et largement inégal. J&#8217;ai fais la grève par devoir parce qu’aujourd’hui plus qu’ hier nous devons montrer et démontrer notre solidarité.»</em> Si elle admet que certains journalistes font encore des erreurs par manque d’expérience ou de professionnalisme, <em>«rien ne justifie le retour en arrière et la stigmatisation actuelle des médias.» </em>Le problème reste selon elle, le ressenti à fleur de peau de chaque journaliste tunisien face à une transition qu&#8217;ils vivent aussi activement en tant que citoyens:<em> </em><em>«</em><em>Il est difficile aujourd&#8217;hui d&#8217;arriver à prendre du recul dans notre profession.</em><em>»</em></p>
<p>Vidéo amateur de Jihed Mabrouk prise lors de la grève des journalistes du 17 octobre</p>
<p><object width="640" height="480"><param name="allowfullscreen" value="true"></param><param name="movie" value="https://www.facebook.com/v/4530850466808"></param><embed src="https://www.facebook.com/v/4530850466808" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="1" width="640" height="480"></embed></object></p>
<p><em><br />
</em></p></blockquote>
<p><strong>Melek Lakdhar, 34 ans, journaliste au <a href="http://www.letemps.com.tn/" target="_blank">Temps</a></strong></p>
<p>Sa photo est partout depuis le début du mouvement de grève des journalistes de <em>Dar assabah</em>, entre les interviews et le travail quotidien au journal, Melek ne chôme pas. Professeur de français reconvertie en journaliste, elle écrit des articles culturels pour <em>Tunis-Hebdo</em> huit mois avant la révolution. Elle s’intéresse à une jeunesse désabusée et aux artistes indépendants parfois interdits de performance en Tunisie. Mais la révolution lui permet réellement de s’engager. <em>«Ce qui m’a marqué, c’était le chaos du paysage médiatique après la révolution et la perte de confiance entre les médias et les Tunisiens.»</em> A son travail de journaliste, s’ajoute alors un <em>mea culpa</em> pour essayer de renouer avec un lectorat. Melek traitera du dossier sensible des martyrs de la révolution ou encore de la question du droit des femmes. Mais le vrai engagement vient avec <em>Dar Assabah</em>, lorsqu’elle décide de faire grève et persiste jusqu’au bout. Après plus d’un mois de sit-in et de mobilisation, Melek espère que l’élan du 17 octobre donnera lieu à un réel changement.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/melek.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3091" title="melek" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/melek.jpg" alt="" width="229" height="448" /></a></p>
<p>Avec une participation de <a href="http://www.maghrebemergent.com/actualite/fil-maghreb/17015-tunisie-greve-des-journalistes-taux-de-participation-estime-a-plus-de-90-pc-snjt.html" target="_blank">près de 90 % des journalistes tunisiens</a>, la grève générale a été considérée comme un succès bien que<a href="http://www.slateafrique.com/93503/tunisie-les-islamistes-au-pouvoir-disent-vouloir-assainir-les-medias" target="_blank"> le gouvernement </a>ne se soit pas encore exprimer sur d’éventuels changements dans le secteur. Une réunion entre les membres de la Troïka avant la grève a pourtant abouti sur la décision d’appliquer <a href="http://nawaat.org/portail/2012/10/16/medias-application-du-decret-loi-116-enfin/" target="_blank">le décret loi 116</a> qui permettrait de réguler le secteur de l’audiovisuel. Ce décret devrait aussi mettre en place une Haute instance indépendante de l’audiovisuel qui garantirait un certain contrôle au niveau des nominations à la tête des médias publics. Pour <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/10/06/tunisie-%E2%80%93-les-journalistes-de-dar-assabah-suspendent-leur-greve-de-la-faim/" target="_blank">Dar assabah</a>, des négociations ont eu lieu avec le Ministre des affaires sociales Khalil Zaouia, le syndicat des journalistes, l’UGTT et les journalistes. Une annonce officielle sur l’avenir de Dar Assabah ainsi que celui de son directeur général, Lotfi Touati, sera faite vendredi 18 octobre. Pour Azza comme les autres la solidarité du 17 octobre a surtout montré un combat qui <em>«ne fait que commencer»</em> pour la liberté d’information en Tunisie.</p>
<div id="attachment_3097" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/naima4.jpg"><img class="size-full wp-image-3097" title="naima4" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/naima4.jpg" alt="" width="640" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">La grève générale a rassemblé les journalistes devant le syndical national à Tunis le 17 octobre. Crédits photos: Jihed Mabrouk</p></div>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p><strong><em>A lire aussi:</em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/93977/tunisie-censure-retour-liberte-democratie-islamistes" target="_blank">La censure fait son grand retour en Tunisie</a></em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/96273/tunisie-lepitre-aux-salafites-dun-khomeiny-sunnite-ghannouchi" target="_blank">Rached Ghannouchi tombe le masque</a></em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/94249/tunisie-viva-zaballa-ghannouchi-printemps-arabe" target="_blank">Une deuxième révolution est possible en Tunisie</a><br />
</em></strong></p>
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		<item>
		<title>Tunisie – Les journalistes de Dar Assabah suspendent leur grève de la faim</title>
		<link>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/10/06/tunisie-%e2%80%93-les-journalistes-de-dar-assabah-suspendent-leur-greve-de-la-faim/</link>
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		<pubDate>Sat, 06 Oct 2012 21:47:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mise à jour du 14 octobre: Après les négociations avortées et le refus du part de Lotfi Touati, les grévistes de Dar Assabah ont repris leur grève de la faim. Les journalistes du groupe de presse Dar Assabah entament le samedi 6 octobre leur 39 ème jour de sit-in. Ils contestent la nomination illégitime de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mise à jour du 14 octobre: Après les négociations avortées et le refus du part de Lotfi Touati, les grévistes de Dar Assabah ont repris leur grève de la faim.</p>
<p><strong><em>Les journalistes du groupe de presse Dar Assabah entament le samedi 6 octobre leur 39 ème jour de sit-in. Ils contestent la nomination illégitime de Lotfi Touati comme directeur général sur fond de revendications salariales. En signe de solidarité pour leurs dix collègues en grève de la faim depuis sept jours, une trentaine de journalistes a fait le jeûne le temps d’une journée. Une  mobilisation</em></strong><strong><em> ultime</em></strong><strong><em> qui vient de porter ses fruits, puisque la force syndicale, l&#8217;UGTT vient de se rallier à leur cause. </em></strong></p>
<p>L&#8217;ombre d&#8217;un espoir est apparu le samedi 6 octobre au  soir, les journalistes de Dar Assabah annoncent la suspension de la grève de la faim en raison du  ralliement de l&#8217;UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) à leur cause selon une annonce de <a href="http://nawaat.org/portail/" target="_blank">Nawaat.org</a>.  Le porte-parole de l&#8217;UGTT, Sami Tahri, a promis de parler en faveur des  journalistes lors d&#8217;une délégation spéciale mardi 10 octobre d&#8217;après une  des grévistes, Lilia Temimi, présente sur place. Ils attendent donc les  négociations avec le gouvernement.Retour sur plus d&#8217;un mois de lutte</p>
<p>Visite de l&#8217;UGTT auprès des grévistes samedi 6 octobre<br />
<iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/CfbPkSR-Jd0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>A regarder le journal <a href="http://www.letemps.com.tn/" target="_blank"><em>Le Temps</em></a> et sa version arabe <a href="http://www.assabah.com.tn/" target="_blank"><em>assabah</em></a> paraître tous les jours, on ne penserait pas qu’une réelle rébellion s’organise depuis un mois dans la rédaction. Pourtant, depuis leur <a href="http://www.slateafrique.com/93977/tunisie-censure-retour-liberte-democratie-islamistes" target="_blank">éditorial blanc</a>, les journalistes de <em>Dar Assabah</em>, le groupe qui détient les <a href="http://www.slateafrique.com/94355/tunisie-deux-quotidiens-en-greve-pour-defendre-leur-liberte-editoriale" target="_blank">deux quotidiens</a>, prennent la parole et écrivent souvent sur la situation. Une première dans la presse tunisienne après la révolution, les journalistes se montrent solidaires et ne baissent pas les bras. <em> </em></p>
<blockquote><p><em>«Je pense que c’est un peu l’énergie du désespoir car ils n’ont plus rien à perdre» </em>déclare Olivia Gré du bureau de Reporters sans frontières en <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie" target="_blank">Tunisie</a>.</p></blockquote>
<p>Malgré de fréquentes mobilisations, <a href="http://www.slateafrique.com/90521/tunisie-la-liberte-d-expression-en-danger-medias" target="_blank">les médias</a> ne sont pas toujours unanimes ou solidaires dans les mouvements de grève. Les cas de grève générale ont souvent été avortés à cause de mauvaise coordination entre les différents syndicats ou même de règlements de compte au sein des rédactions. <em>«Pourtant c’est la solidarité des journalistes qui fera tout en Tunisie. Les journalistes doivent prendre en compte ce facteur, ils ont du pouvoir et le changement doit venir d’en bas»</em> disait déjà Larbi Chouikha, spécialiste des médias peu de temps après le 14 janvier 2011. Plus qu’un combat contre l’atteinte à la liberté de la presse, c’est bien la solidarité des journalistes de <em>Dar Assabah</em> qui semble les faire tenir.</p>
<div id="attachment_2967" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/darassabah.jpeg"><img class="size-full wp-image-2967" title="darassabah" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/darassabah.jpeg" alt="" width="640" height="426" /></a><p class="wp-caption-text">Les journalistes de Dar assabah en pleine grève le mardi 2 octobre, accueillent le secrétaire général de RSF et le directeur de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) /Crédits photos: Amine Boufaied</p></div>
<p><strong>Tractations financières et politiques</strong></p>
<p>Qui aurait pensé que le groupe dont 80% était possédé par <a href="http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=519&amp;a=18028&amp;temp=1&amp;lang=&amp;w=" target="_blank">Mohamed Sakhr El Meteri,</a> gendre de Ben Ali, serait un jour le bastion de la résistance pour la liberté de la presse? Les locaux du journal sont devenus un champ de guerre avec affiché partout, les images de l’homme à abattre, <a href="http://www.slateafrique.com/93023/tunisie-greve-des-editoriaux-pour-une-presse-independante" target="_blank">Lotfi Touati</a>. Le nouveau directeur général a été nommé par le gouvernement à la mi-août. Ancien rédacteur en chef du journal <em>Le Quotidien</em>, Lotfi Touati a aussi fait ses armes dans la police, et n’a pas bonne réputation parmi ses pairs. Sa nomination avait été immédiatement rejetée par les journalistes malgré son approbation en conseil d’administration. Plus qu’une lutte contre un homme, les journalistes de <em>Dar Assabah</em> disent non à un système qui perdurait avant la révolution: le règne des grands patrons sur les rédactions mais aussi à la gestion financière douteuse et corrompue de certains groupes de presse.</p>
<p>Au début du conflit sur la nomination de Lotfi Touati en tant que PDG (il ne deviendra directeur général qu’à cause de la pression des grévistes), c’est <a href="http://nawaat.org/portail/2012/08/21/direction-de-dar-assabah-une-nomination-revelatrice-de-la-volonte-de-mainmise-du-gouvernement/" target="_blank">la mainmise du gouvernement sur un média</a> qui est mise en cause, mais les dessous de l’histoire auraient aussi révélé des tractations financières entre les différents propriétaires du groupe. Selon l’enquête de la journaliste Sana Sbouai sur <a href="http://nawaat.org/portail/2012/09/04/dar-assabah-manipulation-politique-sur-fond-de-magouilles-financieres/" target="_blank">Nawaat.org</a>, le gouvernement aurait fermé les yeux volontairement sur les <a href="http://nawaat.org/portail/2012/09/21/dar-assabah-deballage-de-comptes/" target="_blank">abus financiers</a> de la maison afin de parvenir à un accord avec les propriétaires du journal pour imposer un PDG docile et dont la ligne éditoriale serait facilement malléable. Le prix à payer est du côté des journalistes qui se retrouvent exploités et doivent coopérer avec un directeur, réputé pour être un <em>«ancien de Ben Ali»</em> comme on le dit souvent pour les journalistes à la ligne éditoriale tendancieuse<em>.</em></p>
<p>Excepté qu’au sein du secteur journalistique, ce genre de procédé ne passe plus. Sur fond de nominations arbitraires du gouvernement au sein des médias publics, le syndicat des journalistes tout comme l’ONG Reporters sans Frontières dénonce ces dépassements. Les problèmes politiques et financiers deviennent alors l’affaire des journalistes et techniciens du journal qui s’emparent du cas.</p>
<p><strong>Les journalistes s’en vont en guerre</strong></p>
<p><em>«Nous avons ainsi beaucoup de revendications syndicales en plus du départ de Lotfi Touati»</em> déclare Melek Lakdar, une des rédactrices du journal <em>Le Temps</em>, et porte-parole du mouvement de <a href="https://www.facebook.com/groups/375801269159726/" target="_blank">soutien aux sit-inneurs de Dar Assabah</a>. <em>«Certains parmi nous n’ont jamais eu de vrais contrat, d’autres demandent à être titularisés.Il y a aussi des pigistes qui ne sont pas payés.</em>»</p>
<blockquote><p>L’instabilité de la situation financière du groupe a permis d’étaler au grand jour les problèmes des journalistes. <em>«Des négociations sont actuellement en cours avec le gouvernement et notamment Lotfi Zitoun, qui reste notre interlocuteur» </em>déclare Melek<em> «mais nous ne cèderons pas tant que Lotfi Touati ne partira pas».</em> Dans la rédaction, malgré les sacs de couchage et les matelas pour les grévistes de la faim ainsi que les allées et venues des médecins qui vérifient leur état de santé, les journalistes continuent de boucler le journal chaque jour. <em>«Tout se fait dans une ambiance de stress permanent, on discute, on se réunit et on écrit en open space»</em> raconte Melek. Samedi 6 octobre, le journal a pourtant fermé provisoirement son site en ligne en raison de la grève.</p></blockquote>
<p>Le cas de <em>Dar Assabah</em> sera-t-il réglé grâce à la persévérance des journalistes ou au contraire, le gouvernement laisse-t-il pourrir la situation afin de mieux revenir sur les enjeux financiers? Le combat de Dar Assabah n’est plus seulement une lutte contre la nomination arbitraire de Lotfi Touati, c’est aussi un cri contre une situation qui ne peut plus durer: l’exploitation des journalistes, la non-régularisation des employés et le mépris pour les droits du travail.</p>
<div id="attachment_2985" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/dar.jpeg"><img class="size-full wp-image-2985" title="dar" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/dar.jpeg" alt="" width="640" height="426" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;entrée de Dar Assabah avec les photos de Lotfi Touati. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p><span id="more-2963"></span>Les tentatives d’intimidations ont été nombreuses: Elles ont commencé avec le choix par le nouveau directeur de rédacteurs en chef et du limogeage des anciens fin août, puis <a href="http://www.slateafrique.com/93699/tunisie-deux-journaux-accusent-leur-nouveau-directeur-de-censure" target="_blank">la censure </a>de la chronique de l’intellectuel <a href="http://nawaat.org/portail/2012/08/30/dar-assabah-youssef-seddik-censure/" target="_blank">Youssef Souddik </a>qui brossait un portrait peu reluisant du nouveau directeur général. Mais le 13 septembre, c’est un des journalistes de la maison, Khalil Hennechi qui est renversé par <a href="http://www.slateafrique.com/94505/tunisie-un-journaliste-renverse-volontairement-par-son-patron" target="_blank">la voiture de Lotfi Touati</a> à la suite duquel les versions du gouvernement et du journaliste étaient contradictoires. Selon le journaliste et ses collègues on l’aurait renversé <em>«à dessein»,</em> selon <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120914094909/" target="_blank">le gouvernement</a> et<a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120914094909/" target="_blank"> </a><a href="http://www.businessnews.com.tn/T%C3%A9moignage-vid%C3%A9o-de-Lotfi-Touati-apr%C3%A8s-lincident-de-la-voiture-avec-un-journaliste,534,33400,3" target="_blank">l’accusé</a>, <em>«le journaliste se serait jeté sur la voiture».</em> Fin septembre, ce sont <a href="http://www.akhbar.tn/revue-de-presse-nationale/tunisie-six-journalistes-de-dar-assabah-convoques-au-poste-de-police/id-menu-958.html" target="_blank">six journalistes</a> qui sont convoqués au commissariat d’El Menzah à cause d’une plainte déposée par le même Lotfi Touati, qui les accuse <em>«d’entrave au bon déroulement du travail et d’incitation au trouble».</em> Ils ont finalement été relâchés. Et le 26 septembre, Lotfi Touati annonce qu&#8217;il va <a href="http://www.leaders.com.tn/article/pourquoi-lotfi-touati-veut-il-fermer-assabah-news?id=9499" target="_blank">fermer Dar assabah</a>.</p>
<p>Malgré ces incidents graves, le gouvernement ne semble pas être intervenu dans l’affaire publiquement étant pourtant directement concerné. <em>«Ils tentent une sortie digne car la situation s’est envenimée»</em> confie Melek Lakhdar.</p>
<p>Aujourd’hui, les locaux appartiennent aux journalistes, le directeur ne s’y aventure que très peu<em>. </em>L’entrée du journal est encadrée d’affiches avec sa photo sur lesquelles est écrit <em>«Dégage».</em> Une des journalistes grévistes, Raoudha Zridi déclare n’avoir jamais eu affaire à lui directement. Elle se bat aujourd&#8217;hui pour un métier qu&#8217;elle ne pratique que depuis un an car <em>«La liberté de la presse en Tunisie, j&#8217;y crois</em><em>» </em>dit-elle<em>.</em><em> </em></p>
<blockquote><p><em>«Ce combat c’est aussi une manière de dire que l’on n’acceptera plus rien» </em>déclare un des grévistes, Nizar Sabeh, journaliste depuis trois ans au sien du quotidien qu’il a appelle sa <em>«maison».</em></p></blockquote>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em></p>
<div id="attachment_2999" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/Mobi5.jpg"><img class="size-full wp-image-2999" title="Mobi5" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/Mobi5.jpg" alt="" width="640" height="426" /></a><p class="wp-caption-text">Les journalistes tous regroupés le 2 octobre avec leurs collègues qui ont entamé une grève de la faim. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p></em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>Une solidarité qui se renforce</strong></p>
<p>Malgré un état des lieux encore critique pour la liberté d’information en Tunisie comme l’ont pointé <a href="http://nawaat.org/portail/2012/10/05/rsf-un-an-en-tunisie-la-vigilance-est-toujours-de-mise/" target="_blank">les récentes déclarations d&#8217; RSF</a>, le temps où des journalistes tabassés et licenciés étaient peu écoutés, même en grève de la faim, semble révolu. En novembre 2011, deux journalistes d’une autre maison de presse <a href="http://www.kapitalis.com/kanal/61-medias/6691-tunisie-deux-journalistes-de-dar-al-anwar-en-greve-de-la-faim.html" target="_blank"><em>Dar Anwar</em> </a>qui édite les journaux <em>Le Quotidien</em> et <em>Echourouq </em>avaient tenté de sensibiliser l’opinion publique aux problèmes des conditions de travail que subissaient les journalistes et sur les abus des directeurs du groupe, sans grand succès. Aujourd’hui, après des jours de grève et de médiatisation, les employés de <em>Dar Essabah</em> ont-ils plus de chances de faire pression? Le début d’une solidarité semble commencer à porter ses fruits et les professionnels du métier ont trouvé un consensus sur une grève cette fois-ci généralisée à tous les médias prévue le 17 octobre<em>. </em></p>
<blockquote><p><em>«Il y a une réelle saturation»,</em> témoigne Olivia Gré <em>«et je ne pense pas que les journalistes de Dar Assabah feront marche arrière. C’est un point positif.»</em></p></blockquote>
<p>Le combat des journalistes de <em>Dar Assabah</em> annonce-t-il le début d’une vraie réforme dans le secteur des médias? Comme l’a déclaré le secrétaire général de Reporters sans frontières en visite le 2 octobre dans les locaux, ce premier mouvement inédit en Tunisie de solidarité entre journalistes reste l’une des grandes de pression contre toute atteinte à la liberté de la presse.</p>
<blockquote><p><em>«Cette atteinte à la liberté de la presse ne touche pas les journalistes du journal Le Temps, elle touche tous ceux qui travaillent dans la presse au monde, ce n&#8217;est plus votre cause à vous seulement, c&#8217;est notre cause à nous aussi. Pendant l&#8217;ère Ben Ali nous ne savions pas ce qui se passait en Tunisie à cause du contrôle imposé et de la censure qu&#8217;il y avait. Alors aujourd&#8217;hui, après la libération de la presse nous sommes trop agacés par la nomination d&#8217;un serviteur de l&#8217;ancien régime à la tête de ce journal. Il a été imposé et c&#8217;est inacceptable. Nous sommes solidaires avec vous.»</em></p></blockquote>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p><strong><em>A lire aussi:</em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/93977/tunisie-censure-retour-liberte-democratie-islamistes" target="_blank">La censure fait son grand retour en Tunisie</a></em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em></p>
<div id="attachment_2989" class="wp-caption alignnone" style="width: 436px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobilisation.jpg"><img class="size-full wp-image-2989" title="mobilisation" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobilisation.jpg" alt="" width="426" height="640" /></a><p class="wp-caption-text">Journée de mobilisation le 2 octobre à Dar Assabah, Crédits photos: Amine Boufaied</p></div>
<p></em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<div id="attachment_2991" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobilisation2.jpg"><img class="size-full wp-image-2991" title="mobilisation2" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobilisation2.jpg" alt="" width="640" height="426" /></a><p class="wp-caption-text">Christophe Deloire, Secrétaire Général de RSF s&#39;adressant aux journalistes tunisiens le 2 octobre. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<div id="attachment_2995" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobi3.jpg"><img class="size-full wp-image-2995" title="mobi3" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobi3.jpg" alt="" width="640" height="426" /></a><p class="wp-caption-text">Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<div id="attachment_2997" class="wp-caption alignnone" style="width: 436px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobi6.jpg"><img class="size-full wp-image-2997" title="mobi6" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/10/mobi6.jpg" alt="" width="426" height="640" /></a><p class="wp-caption-text">Les journalistes se battent depuis un mois contre la nomination de Lotfi Touati. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
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		<title>Tunisie: Procès Nessma TV, acte II</title>
		<link>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/04/20/proces-nessma-tv-acte-ii/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Apr 2012 13:17:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<category><![CDATA[nessma TV]]></category>
		<category><![CDATA[révolution tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[salafistes]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains procès marquent l’histoire d’un pays, celui de la chaîne de télévision Nessma TV fera-t-il jurisprudence en matière de liberté d’expression pour la Tunisie? La seconde audience du jeudi 19 avril a marqué une avancée positive. Le verdict final sera annoncé pour le 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse qui sera [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Certains procès marquent l’histoire d’un pays, celui de la chaîne de télévision Nessma TV fera-t-il jurisprudence en matière de liberté d’expression pour la <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie" target="_blank">Tunisie</a>? La seconde audience du jeudi 19 avril a marqué une avancée positive.</em></strong></p>
<p>Le verdict final sera annoncé pour le 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse qui sera fêtée en Tunisie Une date symbolique? Si l’on interprétait les signes tout semble faire sens dans le<a href="http://www.slateafrique.com/85909/tunisie-patron-de-nesma-tv-nouveau-sur-la-sellette" target="_blank"> procès Nessma </a>qui est devenu un symbole du combat pour la liberté d&#8217;expression. La date du procès, le 19 avril par exemple, peut faire référence à l’Article 19 des droits de l’homme</p>
<blockquote><p><em>«Tout individu a droit à la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d&#8217;expression que ce soit.» </em></p></blockquote>
<p>D’une chaîne marquée par sa tendance progressiste et libérale, la chaîne de télévision est devenue pour beaucoup le terrain de bataille pour la liberté d’expression en Tunisie.Mais l’audience du jeudi 19 avril a mis en valeur un élément important: L’importance de l’argument religieux que ce soit du côté de la partie civile comme du côté de la défense.</p>
<p>10h, devant le Tribunal de première instance de Tunis, les quelques <a href="http://www.slateafrique.com/85715/comment-devient-calife" target="_blank">«salafistes»</a> attendus sont au rendez-vous, haut-parleurs à la main et camionnettes. Si la pression se fait sentir, le climat est moins tendu que le 19 février où les clameurs des manifestants s’entendaient depuis la salle d’audience. Des policiers sont répartis devant l’entrée. Devant la salle d’audience, la salle 10, une douzaine de policiers contrôlent et organisent la sécurité. Seuls les avocats et les journalistes ayant la carte de presse sont autorisés à entrer.</p>
<div id="attachment_2097" class="wp-caption alignnone" style="width: 610px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/04/nessma.jpg"><img class="size-full wp-image-2097" title="nessma" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/04/nessma.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Le tribunal de première instance de Tunis</p></div>
<p>Les députés de l’opposition entrent et sortent, venus en tant que simples observateurs ou défenseurs de la liberté d’expression. Pas de député nahdhaoui par contre. Iyed Dahmani, député du Parti républicain, est l’un des premiers à sortir de la salle d’audience, son discours est le même qu’auparavant. Comme beaucoup, il pense que ce procès n’aurait pas du avoir lieu :</p>
<blockquote><p><em>«Si l’on devait vraiment poursuivre quelqu’un c’est soit le Ministère de l’intérieur pour les attaques qui ont eu lieu contre la chaîne et Nabil Karoui soit le Ministère de la Culture qui a donné l&#8217;autorisation de diffuser le film mais pas le chaîne ou son PDG. J’espère vraiment que le verdict fera jurisprudence en matière de liberté d’expression. Aujourd’hui les Tunisiens n’ont rien de la liberté acquise pendant la révolution, elle a été imposée par le peuple mais pas encore institutionnalisée. »</em></p></blockquote>
<p>A 11h, Maître Monia El Abed, ancienne membre de l’ISIE (Instance supérieure indépendante pour les élections), sort de la salle d’audience, ulcérée.</p>
<blockquote><p><em>«On se croirait dans une mosquée. Les avocats de la partie civile ne présentent aucun argument en rapport avec le droit. En plus, au départ, ils ont demandé une suspension de l’audience sous prétexte qu’ils n’avaient pas encore fini d’étudier le dossier.» </em></p></blockquote>
<p><em><span id="more-2095"></span></em>A l’intérieur de la salle, c’est en effet la partie civile qui a ouvert le feu avec la plaidoirie de Raja Haj Mansour, avocate devenue célèbre pour ses <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=100002649873420" target="_blank">vidéos sur Facebook </a>dans lesquelles, elle exprime  quotidiennement ses opinions. Pour elle, la ligne de la plainte est claire <em>«Je suis pour la liberté d’expression mais on ne touche pas à Dieu.»</em>Durant l’audience, elle évoquera même le fait que son fils n’a pas dormi pendant trois jours après avoir vu le film Persépolis.</p>
<p>A l’extérieur de la salle d’audience, la tension monte lorsque la rumeur court qu’un des avocats de la partie civile aurait demandé la peine capitale contre Nabil Karoui. Précision oblige, il s’agit juste d’un avocat qui a demandé à ce que le chef d’accusation passe du délit au crime…Les plaidoiries de la partie civile continuent de se succéder en faisant très peu référence au droit.</p>
<div id="attachment_2099" class="wp-caption alignnone" style="width: 610px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/04/nessma1.jpg"><img class="size-full wp-image-2099" title="nessma1" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/04/nessma1.jpg" alt="" width="600" height="487" /></a><p class="wp-caption-text">La manifestation des anti-nessma devant le tribunal le jeudi 19 avril à Tunis</p></div>
<p>Le procès du 19 avril semble avoir attiré beaucoup de médias internationaux mais aussi de défenseurs des libertés. C’est le cas des avocats indépendants, William Bourdon, et Léa Forestier avocats du barreau de Paris .<br />
Pour William Bourdon la question de la religion a pris trop d’ampleur dans le procès:</p>
<blockquote><p>«<em>Quand Dieu rentre dans le prétoire et guide la plume du juge, la justice et la démocratie n’existent plus. Par contre il y a des cas où l’atteinte aux valeurs sacrées et à la religion doit être traitée et punie mais cela reste des cas exceptionnels et Persépolis n’en fait pas partie.»</em> déclare-t-il avec emphase lors d’une pause cigarette.</p></blockquote>
<p>Quant à Léa Forestier, la liberté d’expression est aussi sa priorité, elle se montre choquée par le cas des journalistes molestés lors du 9 avril <em>«Il n’y a pas eu d’enquête ouverte par le parquet et je ne comprends pas pourquoi. » </em>A une jeune tunisienne venue assister au procès qui lui demande ce qu’elle pense des libertés en Tunisie, l’avocate se montre plutôt optimiste:</p>
<blockquote><p><em>« La Tunisie est un des pays qui a acquis le plus de liberté pendant la révolution. C’est pourquoi il faut absolument défendre ce point. Je ne pense pas que les Tunisiens aient quoi que ce soit à apprendre en matière de libertés par contre il me semble important de définir un cadre législatif qui défini la liberté d’expression et le cas de l’atteinte à la religion doit être étudié. Le problème ici, c’est que la liberté d’expression ne peut pas être définie ni entravée par la préservation des intérêts d’un seul groupe.»</em></p></blockquote>
<p>Le procès Nessma pose en effet les prémices d’un débat sur les futurs textes législatifs et la manière dont la liberté d’expression va être abordée au sein du débat sur la constitution. <em></em> En effet, lorsque la défense passe à l’attaque, beaucoup d’avocats se servent aussi de l’argument religieux pour appuyer leur plaidoirie. L’avocat Nasser Laouini commence en parlant de la différence entre une œuvre de création et une œuvre de dessin animée, peut-on vraiment incriminer et poursuivre quelqu’un devant un tribunal pénal pour cela? A-t-on le droit de porter une accusation sur la base d’un point de vue religieux et donc d’une opinion privée? Sa défense s’appuie ensuite sur a présence et même l’encouragement de libertés d’expression dans les textes saints, aussi bien dans le Coran que dans la Charia. Pourquoi avoir choisi d’organiser une défense sur les mêmes thèmes que ceux évoqués par la partie civile alors le terrain du religieux ne doit pas intervenir dans la loi? Pour Nacer Laouini, tout le problème vient de l’existence du procès en lui-même.<br />
<em></em></p>
<blockquote><p><em>«Certains ont fait de ce procès une lutte entre deux camps. Ceux qui ont porté atteinte à Dieu, les mécréants, et ceux qui le défendent. Nous avons donc élaboré notre défense pour casser ce schéma.»</em></p></blockquote>
<p>Procès politique ? Oui, définitivement, comme le déclare Nadia Chabâane, députée et membre du parti Al Massar (gauche) <em>« il s’agit d’un projet de société d’un moule dans lequel certains veulent nous emmener et qui ne convient pas tous. Donc le procès est forcément politique, il ne met pas seulement en jeu nos libertés.» </em>Comme le remarquera plus tard le journaliste de Nessma TV Sofiene Ben Hmida, <em></em></p>
<blockquote><p><em>«Quand une affaire commence sur le plan politique, il est difficile de la ramener sur le plan juridique.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p>Vers 12h, un avocat de la partie civile, Maître Elghak, sort de la salle d’audience. Il est un des seuls qui n’a pas plaidé l’argument religieux mais qui a plutôt mis en exergue les incohérences dans l’attitude du PDG de Nessma TV, Nabil Karoui. <em></em></p>
<blockquote><p><em>«Il a diffusé ce film sur sa chaîne pendant la période électorale, puis il a déclaré que ce n’était pas son intention de créer une polémique et ensuite il n’assume pas, puisqu’il a présenté ses excuses. Pour moi, cela est faux, il avait fait une publicité énorme autour de la diffusion et avait même fait sa traduction en dialecte tunisien.»</em></p></blockquote>
<p>Nabil Karoui avait en effet présenté ses excuses au peuple tunisien le 11 octobre et avait fait remarquer que <em>«le responsable de la  cellule de visionnage n&#8217;a pas indiqué dans son rapport que ce film comporte une scène où Dieu est représenté, ce que proscrit l&#8217;Islam et ce que je ne tolère absolument pas en tant que musulman qui respecte la sacralité religieuse et qui ne se permet pas de regarder une séquence pareille avec sa famille»</em>. (Source, <a href="http://www.lapresse.tn/12102011/38344/nabil-karoui-presente-ses-excuses.html" target="_blank"><em>La Presse</em></a> du 12/10/2011) Le procès contre la chaîne est ensuite devenu une lutte pour la liberté d’expression où les déclarations du PDG décriées par beaucoup ont été mises de côté.</p>
<p>Plus tard dans le début d’après-midi ce sera Mokthar Triffi, ancien président de la Ligue des droits de l’homme qui plaidera en faveur de la chaîne de télévision. Sa défense sera essentiellement basée sur le respect des droits de l’homme et notamment un traité des Nations Unies datant de 2006 sur la tolérance religieuse et sur la liberté de conscience. Pour lui la divinité ne se défend pas car chacun est libre d’exercer et de penser son culte comme il l’entend.</p>
<p>A l’intérieur de la salle d’audience alors que la défense continue sa plaidoirie, même si la salle est comble, le procès semble plus organisé que la dernière fois. Politique, religieux ou symbolique, le procès Nessma TV fera date. Antoine Garapon, avocat envoyé par la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) qui s’était montré très inquiet à l’issue de l’audience du 19 février reconnaît un progrès au niveau du processus judiciaire :<br />
<em></em></p>
<blockquote><p><em>«C’est beaucoup mieux organisé que la dernière fois, la salle est plus grande, tout le monde est à l’heure et des policiers sont présents pour assurer une certaine sécurité. Chacun a pu s’exprimer et plaider le temps qu’il lui fallait. Par contre sur le fond je reste surpris du faible rôle du procureur. Ce qui m’inquiète ce sont aussi les parties civiles, qui ont vraiment amené un procès, au départ pénal, sur le terrain du civil avec les dommages causés pas la diffusion du film et sur le terrain politique en parlant à tout va de l’Islam.»</em></p></blockquote>
<p>Une affaire politique c’est inévitablement ce qu’est devenu le procès Nessma Tv avec une défense qui a choisi comme stratégie de se battre sur ce terrain là. Reste à espérer que le procès sera l’occasion d’un vrai débat national sur la définition de la liberté d’expression et de son cadre dans un pays où l’atteinte au sacré suscite très souvent la polémique. L’affaire des <a href="http://www.slateafrique.com/85209/tunisie-sept-ans-prison-caricatures-prophete-facebook" target="_blank">internautes de Mahdia qui avaient caricaturé le prophète</a> avait d’ailleurs donné lieu à un black-out médiatique, certains journalistes ne voulant plus s’aventurer sur ce terrain. Le procès Nessma tout comme la récente affaire des caricatures de Mahomet auront montré qu’aujourd’hui, l’argument religieux ne peut plus être ignoré de la question des libertés en Tunisie.</p>
<p>A 16h, l&#8217;annonce du report du verdict au 3 mai apaise les esprits tout en laissant encore le doute sur l&#8217;issue finale. En dehors du tribunal, la manifestation du matin semble avoir été endiguée par les policiers et aucun heurt n&#8217;a été signalé contrairement à la fois précédente, où plusieurs journalistes avaient été agressés.</p>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p><strong><em>A lire aussi</em></strong></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/01/24/nessma-tv-recit-d%E2%80%99un-faux-proces/" target="_blank"><strong><em>Nessma TV: récit d&#8217;un faux procès</em></strong></a></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/85923/tunisie-les-islamistes-reculent-pour-mieux-instaurer-la-charia-loi-islamique" target="_blank">Ennahdha applique déjà la Charia</a><br />
</em></strong></p>
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		<title>Fallait-il publier la photo?</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 19:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[attounissia]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[nasreddine Ben Saida]]></category>
		<category><![CDATA[nudité]]></category>
		<category><![CDATA[pronographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>

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		<description><![CDATA[La photo a créé bien des polémiques, une arrestation et une remise en cause de la liberté de la presse. Sa valeur informative a pourtant été aussi questionnée et certains ont parlé d&#8217;«erreur professionnelle». La photo a-t-elle vraiment choqué les mœurs? Retour sur les raisons de sa publication. Si l’arrestation des journalistes et l’incarcération du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>La photo a créé bien des polémiques, une arrestation et une remise en cause de la liberté de la presse. Sa valeur informative a pourtant été aussi questionnée et certains ont parlé d&#8217;</strong></em><em>«</em><em><strong>erreur professionnelle</strong></em><em>»</em><em><strong>. La photo a-t-elle vraiment choqué les mœurs? Retour sur les raisons de sa publication.</strong><br />
</em></p>
<p>Si l’arrestation des journalistes et l’incarcération du directeur du journal Nasreddine Ben Saïda est incontestablement une violation des droits des journalistes et une atteinte à la liberté de la presse, la polémique de l’affaire <a href="http://www.attounissia.com.tn/" target="_blank">Attounissia</a> a aussi porté sur la nature de photo. Pour  certains, il semble que la nudité de la femme du footballeur Sami Khedira ait choqué. Pour d’autres, c’est simplement le choix d’exhiber ainsi sa femme (qui est mannequin professionnel). Pour d’autres encore, c’est le caractère pornographique de la photographie suggéré par la posture du couple et la nudité.</p>
<p>Au lendemain de l’arrestation des trois journalistes, le syndicat lui-même,  émettait des doutes sur la «valeur informative» de la photographie. La présidente du Syndicat, Néjiba Hamrouni s’est d’ailleurs exprimée sur le sujet en parlant <em> «d’erreur professionnelle»</em>, <em>«bien sûr, la réaction du procureur est complètement disproportionnée, on aurait du pouvoir gérer  ce genre de problème déontologique en interne.»</em> Le secrétaire de rédaction a déclaré sans détours qu&#8217;il ne l&#8217;aurait pas publié. Au sein même du quotidien, la photo ne fait pas l&#8217;unanimité, un des journalistes du desk national, Aymen Rebai  s’est aussi montré réservé sur la question du contenu de la photographie.</p>
<blockquote><p><em>«Pour moi l’arrestation montre les pressions qui continuent  au sein des médias, il y a de plus en plus une politique de harcèlement ; par contre c’est vrai que le contenu de la photo est discutable.» </em></p></blockquote>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em></p>
<div id="attachment_1673" class="wp-caption alignnone" style="width: 610px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/02/Sami-Khedira-Lena-Gercke-GQ.jpg"><img class="size-full wp-image-1673" title="Sami-Khedira-Lena-Gercke-GQ" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2012/02/Sami-Khedira-Lena-Gercke-GQ.jpg" alt="" width="600" height="672" /></a><p class="wp-caption-text">La photo originale parue en Une du quotidien Attounissia le 14 février</p></div>
<p></em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em>L’image, prise de la version allemande du magazine GQ prête en effet à polémique. Le footballeur avec sa femme nue dans ses bras pour un article qui traite du joueur mais aussi d’une polémique, celle que la photo a déclenché justement au sein de la communauté musulmane à l’étranger. Seulement personne ne semble avoir lu l&#8217;article en question. Fallait-il donc prendre cette photo et la mettre en Une sachant qu’elle avait déjà choqué à l’étranger et pourquoi choisir la une?</p>
<blockquote><p>Interviewé après sa libération, le rédacteur en chef du journal Habib Guizani a donné son explication <em>«Sami Khedira , le sujet de l’article est un très grand joueur d’origine tunisienne, naturalisé allemand. Il  est devenu une star dans le monde du football international puisqu’il est titularisé au sein de l’équipe nationale allemande et actuellement il joue pour le Real Madrid. Nous ne pouvions pas passer sous silence une information qui touche sa vie privée avec sa très belle copine (mannequin). Le choix de la photo a été imposé par l’ampleur des réactions qu’elle a suscitées en Angleterre et en Espagne surtout parmi la communauté musulmane.»</em></p></blockquote>
<p><em><span id="more-1671"></span></em>Y-avait alors une volonté d’être provocateur afin de mieux vendre? Pour le rédacteur en chef, le problème est avant tout politique car ce serait hypocrite de censurer <em>Attounissia</em> quand on autorise en Tunisie, la publication de revues étrangères beaucoup plus provocantes</p>
<blockquote><p><em>«Avec le juge d’instruction, j’ai bien expliqué que la photo ne peut pas représenter un problème puisqu’en Tunisie on distribue déjà des revues et des journaux étrangers qui comportent des photos téméraires et quelques fois même pornographiques et que le droit à la différence nous permettait de la publier sans y voir une atteinte aux mœurs ou à l’ordre public.»</em></p></blockquote>
<p>Lundi 20 février alors que le syndicat des journalistes tient une nouvelle conférence sur la situation critique de Nasreddine ben Saïda, détenu en prison et en grève de la faim, Olivia Gré, responsable du bureau de Reporters Sans Frontières en Tunisie, s’indigne <em> </em></p>
<p><em>«C’est un vrai cauchemar, arrêter et garder en prison un journaliste pour une publication. Si on commence à se demander si on peut publier telle ou telle photo alors à ce moment là il va falloir censurer bien plus qu’Attounissia, cela peut même aller jusqu’à certains clips où ‘on voit un bout de sein. Pour moi la photographie, n’avait pas un caractère pornographique ».</em>En effet, où est la limite? Comme le montre avec humour un blogueur sur son <a href="http://Letrocadero http://letrocadero.blogspot.com/ " target="_blank">blog</a> <em><a href="http://letrocadero.blogspot.com/2012/02/les-10-prochains-proces-en-tunisie.html" target="_blank">Le Trocadero</a> </em>en imaginant les dix prochains procès en Tunisie, dont celui contre une statue nue au musée du Bardo, le procès contre l&#8217;ancien président de la République Foued Mbazza (Mbaza veut dire éjaculer) à cause de son nom à caractère  <em>pornographiques»</em> ou encore les publicités pour lingerie<em> etc…</em></p>
<p>Le photographe d’Attounissia Charfeddine Nabil, s’est quant à lui montré plus tranché <em>«La photographie n’attire pas tant que ça, on l’a prise sur une vingtaine d’autres parce que l’on a pu la chance de le faire poser et ce qui m’étonne c’est pourquoi alors on ne censure pas certaines affiches de cinéma ?»</em> cependant à la question auriez-vous publié la photo, beaucoup de journalistes présent lors de la conférence répondent par la négative. Peur des représailles ou réelle préoccupation face à ce qui peut toucher les <em>«mœurs»</em> ?</p>
<p>Le problème reste encore celui de la définition de la liberté d’expression mais aussi celui de la représentation du corps de la femme dans la société tunisienne, comme le montre le journaliste Thierry Brésillon de Rue89 dans un article intitulé, <a href="http://blogs.rue89.com/tunisie-libre/2012/02/19/tunisie-le-corps-feminin-nouveau-champ-de-bataille-226645" target="_blank"><em>«Tunisie : le corps de la femme, nouveau champs de bataille»</em></a> . Ce dernier voit un lien entre la pression et le climat anxiogène développé autour des polémiques sur le niqab  et la réaction brutale devant la publication d’un corps dénudé. <em>«Si la question des tenues islamiques n&#8217;avait pas pris un tour aussi passionnel, Ettounsiya n&#8217;aurait probablement pas éprouvé le besoin de publier cette image dont la valeur informative est plutôt faible. Et le gouvernement n&#8217;éprouverait pas le besoin d&#8217;envoyer un journaliste en prison pour une photo qui n&#8217;aura fait perdre la vue à personne.»</em></p>
<blockquote><p>Mais pour Riadh Guerfali juriste et membre fondateur du site <a href="http://nawaat.org/portail/" target="_blank">Nawaat.org</a>, ces recours en justice témoignent d’un changement qui risque d’être crucial : <em>«Ce qui est en jeu via le procès de l’ATI tout comme le cas d’Attounissia, c’est non pas les contenus à caractère pornographiques mais ce que ces affaires changent au sein de notre société. Les décisions judicaires vont réellement déterminer dans quel type de régime, nous allons vivre.»</em> Il va encore plus loin déclarant que <em>«dans toute démocratie, il faut un seul minimal de décadence morale, c’est-à-dire que j’ai le droit de publier une photo controversée, et quelqu’un d’autre a le droit d’être choqué et d’utiliser un recours en justice. C’est nécessaire qu’il y ait ce droit de recours sinon tout se fait en amont et favorise ainsi l’autocensure.»</em></p></blockquote>
<p>Quant à la photo de Sami Khedira, ce qui choque, ne semble ne pas avoir été vraiment défini alors que l’affaire continue de susciter l’indignation.  Dans quelle mesure la photo portait-elle atteinte aux mœurs ? A-t-elle vraiment violé l’article 121 du code pénal? Comment définir son caractère pornographique ou non? Alors que l’audience approche et que les avocats préparent la défense sur la liberté d’expression et de la presse, la définition ce qui porte réellement atteinte aux mœurs semble plus que jamais nécessaire.</p>
<p><em><strong>Lilia Blaise</strong></em></p>
<p><em><strong>A lire aussi: <a href="http://www.slateafrique.com/82935/la-censure-des-moeurs-en-tunisie-attounisia-persepolis" target="_blank">Sexe, religion: des lignes rouges à ne pas dépasser?</a><br />
</strong></em></p>
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