Tara la goélette qui défend l’environnement

Depuis lundi la goélette Tara, qui réalise une expédition en Méditerranée depuis le mois de mai et jusqu’au mois de novembre, a amarré à Bizerte pour une semaine de sensibilisation et d’étude scientifique sur les enjeux environnementaux et la pollution microplastique en Méditerranée.

La goélette Tara fait escale à Bizerte pendant une semaine. Et le programme est chargé : une exposition, une projection, des conférences, des visites de la goélette ainsi qu’un nettoyage de plage sont programmés.

L’idée de l’équipage est de partager avec le public et de l’alerter sur la situation environnemental des océans. « L’océan c’est 50% de l’oxygène que nous respirons via la production des planctons or la pollution microplastique s’accroît de plus en plus dans les océan et dans les mers  » explique Marc Domingos, chargé de comunication. « Les microsplastiques commencent à entrer dans notre chaîne alimentaire. Ils sont consommés par les planctons, qui sont mangés par les poissons, que nous mangeons ensuite. Il faut donc s’intéresser aux conséquences que cela va avoir sur nous. »

La goélette a fait escale un peu partout en Méditerranéenne : France, Italie, Chypre, Liban… L’accueil est toujours bon. L’expérience touche toutes les catégories de public : des enfants aux décideurs politiques.

En Tunisie pour une semaine la goélette mettra ensuite le cap sur l’Algérie, l’Espagne et le Portugal : « Il est important pour nous de partager cette expérience sur toutes les rives de la Méditerranée. La pollution plastique est un problème commun : avec les courants les déchets se déplacent et la pollution se propage rapidement. C’est un problème commun. »

Pour lutter contre cette pollution chacun doit y mettre du sien, à commencer par le citoyen : « En tant que citoyen il faut essayer de limiter notre production de détritus. C’est un phénomène assez nouveau. Aujourd’hui nous consommons beaucoup d’aliments avec des emballages individuels par exemple. Il faut apprendre à réduire ces détritus et à mieux gérer les déchets qui restent » explique Marc Domingos.

Des artistes, choisis par la créatrice Agnés B. ont été embarqués : photographe, illustrateur, vidéaste, écrivain… chacun à sa façon apportera son témoignage de cette expédition. Via l’art l’expédition veut toucher un public plus large et ramener les gens à la science, qui reste encore un domaine mal compris par le public.

A la fin de l’expédition un ou deux livres seront publiés rapportant les discussions et débats qui auront eu lieu tout au long de l’expédition le long des rives méditerranéenne.

Les données scientifiques collectées seront elles rendues publiques.

Believe in Yourself : une campagne qui intrigue

Une campagne de teasing sur le web fait des curieux depuis des semaines. Elle a commencé via la publication de photos de personnalités tunisiennes à cotes desquelles on pouvait lire le slogan Believe in yourself. La campagne continue maintenant sur un site web sur lequel on découvre des photos de jeunes tunisiens originaires de tout le pays, qui parlent de leur rêve.

« Believe in yourself » : crois en toi et tu pourras être un militant des droits de l’homme, un artiste… Il y a quelques semaines des photos postées sur les réseaux sociaux intriguaient. On y voyait des personnalités tunisiennes poser sur fond vert avec un slogan : Believe in yourself.

La page facebook de la campagne compte plus de 10 000 sympathisants. On peut y voir des photos postées par de jeunes tunisiens qui prennent part à la campagne ou des photos d’événements comme une soirée dans la médina ou une campagne photo.

S’agit-il d’une campagne de développement personnel ? Les medias s’interrogent, les citoyens aussi.

Journée anniversaire de la promulgation du CSP

Le 13 août est une journée particulière en Tunisie : c’est l’anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel. Une série de lois progressistes qui visaient à instaurer une égalité homme-femme.

Crédit image : France 24 - Aout 2012

La Tunisie a été un pays progressiste quant à la question des droits des femmes. Le 13 août 1956 un décret beylical promulgué une série de loi visant à instaurer l’égalité homme-femme dans le pays. Ainsi le consentement des deux époux et nécessaire pour le mariage, l’âge minimum du mariage est de 18 ans, la polygamie est interdite…

Dans les faits le but n’a pas encore été atteint, comme dans de nombreux pays. Les salaires restent inégaux, tout comme l’accès au postes de décision. Les violences à l’encontre des femmes restent quotidiennes. Des retours en arrière ont été tentés à travers la volonté d’inscription dans la Constitution du principe de complémentarité. Une tentative vite avortée, la société civile étant montée au créneau.

A l’occasion de cette journée anniversaire le secrétariat d’Etat de la femme et de la famille a organisé un flashmob devant le ministère, auquel il a invité les passants à participer.

Un projet de loi contre les violences faites au femmes doit être présenté aujourd’hui à l’Assemblée afin d’entériner l’article 46 de la Constitution qui stipule que l’Etat s’engage à lutter contre les violences faites aux femmes.

Libye en crise : La Tunisie se referme

Voilà un mois que la situation sécuritaire est très instable en Libye et que des affrontements armés ont lieu à Tripoli entre des milices. De nombreuses personnes fuyant les affrontements affluent régulièrement à la frontière tuniso-libyenne. Environ 147 000 personnes auraient passé la frontière à Ras Jedir depuis le début du conflit.

Crédit image : L’Économiste maghrébin

Depuis mi-juillet les combats entre milices ont repris en Libye. De nombreux travailleurs étrangers et citoyens libyens fuient les conflits armés et affluent à la frontière. Environ 147 000 personnes auraient passés la frontière à Ras Jedir, selon l’agence TAP. La gestion de la situation au poste frontière n’est pas évidente et les forces de l’ordre ont été amenées à faire usage de la force pour tenter de contrôler les entrées. Seuls les ressortissants tunisiens ainsi que les étrangers ayant un moyen de rejoindre leur territoire national sont autorisés à entrer en Tunisie.

Contrairement à la crise de 2011 il n’est pas question cette fois-ci de l’installation d’un camp de réfugié en Tunisie et ce malgré le fait que la nouvelle Constitution fasse état du statut de réfugié.

La résolution du conflit semble encore lointaine. Pourtant lundi 11 juillet le ministre des affaires étrangères tunisien a déclaré que la Tunisie s’opposait à une intervention étrangère car croit en un possible règlement politique de la situation.

Des réservistes pour le bon déroulement des élections

Alors que l’armée continue à être la première cible d’attaques terroristes, le Premier ministre a décidé de faire appel à des réservistes pour assurer le bon déroulement des prochaines élections en octobre et novembre prochains.

Crédit image : Mosaique FM

Les soldats viendront prêter main forte pour assurer le bon déroulement des élections législatives et présidentielles. Le Premier ministre a fait appel aux réservistes pour les scrutins législatives et présidentiels en octobre et novembre prochains.

La cellule de crise en charge de la question sécuritaire a donné son accord. Reste au ministère de la Défense de décider du nombre d’hommes à mobiliser, peut-on lire dans le quotidien La Presse, du dimanche 10 août.

Ainsi, selon la radio Mosaique FM, les soldats à la retraite depuis moins de 5 ans sont appelés à reprendre leur poste.

La question sécuritaire n’est pas encore réglée dans le pays et les autorités semblent vouloir s’assurer que les élections se dérouleront sans accroc.

Les forces de sécurité sont souvent prises pour cible et des opérations de ratissage sont régulièrement menées. Mises à mal les autorités réduisent la communication au minimum. Un communiqué conjoint de la part du ministère de l’Intérieur et de la Défense considère les informations sans origine officielle, comme du « chahutage ».

Les candidatures pour le scrutin présidentiel s’accumulent

Les annonces de candidature pour le scrutin présidentiel s’accumulent alors que les électeurs ne se sont toujours pas déplacés en masse pour s’inscrire sur les listes électorales.

Lors du scrutin pour l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante en octobre 2011 plus de 120 partis politiques s’étaient présentés. On aurait pu penser que les partis en tirent une leçon : celle de l’inefficacité de l’éparpillement. Loin de là semble-t-il. Les annonces de candidatures pour le scrutin présidentiel s’accumulent, alors que le scrutin est prévu pour la fin du mois de novembre, soit un mois après les élections législatives, qui semblent mobiliser beaucoup moins.

Alors que de nombreux politiciens déjà présents sur la scène ont déclaré se porter candidat, de nouvelles têtes se lancent aussi dans la compétition, comme une jeune femme, qui déclare que le vide politique l’a poussée à présenter sa candidature. Une motivation assez étonnante quand les observateurs politiques estiment qu’il pourrait y avoir une quarantaine de candidatures au total, pour le premier scrutin présidentiel libre et indépendant.

Alors que l’issu du scrutin en 2011 n’était pas évident, cette fois-ci l’éparpillement des voix pourra profiter au deux grands partis présents et crée une polarisation, comme l’explique un rapport de Crisis Group publié en juin 2014.

Les citoyens eux sont peu mobilisés. L’ISIE a donc décidé de prolonger à nouveau le délai pour s’inscrire sur les listes jusqu’au 31 août et non plus 4 août, comme annoncé précédemment.

Debbo, manufacture à idées

Ils n’en sont pas à leur coup d’essai la bande de l’asso Ta3bir, avec Debbo, le dépôt, en dialecte tunisien, qu’ils viennent de prendre d’assaut, pas très loin du ministère de l’Intérieur, dans un quartier populaire. Dans la rue les dépôts de vente d’outils agricoles s’enchaînent. Eux viennent d’ouvrir un lieu « qui ne vend rien : ni pièce de rechange, ni alcool » contrairement aux dépôts qui l’entourent.

Crédit image : Association Ta3bir

Avant il avait « un sol blanc, des murs vides, des lignes droites » et puis l’équipe est arrivée, l’a rempli «  de couleurs, de bruits, de mouvements» comme l’explique le flyer que Rafik, un des deux frères Omrani, a rédigé pour présenter.

L’association Ta3bir, qui a pour but de produire du contenu numérique artistique et de de former les jeunes à produire un tel contenu, vient d’ouvrir un espace dédié à la culture mais qui n’est pas un café culturel, comme on en voit fleurir beaucoup. Le Debbo, est un lieu ouvert, pour créer, produire, des films, du théâtre, de la photo…

Avant la révolution les frères Omrani, avec des amis, c’étaient regroupés en collectif informel « car essayer de constituer une association était impossible » explique Rafik.

A l’époque ils réalisent le premier film tunisien d’animation en pâte à modeler. « On a ensuite eu envie de partir en région former des enfants à faire pareil »

La révolution est arrivée, retardant le projet mais leur permettant d’accéder à d’autres. Ta3bir s’est ainsi occupée de l’Arab Digital Camp, qui a normalement lieu en Egypte. Une soixantaine de jeunes de 12 à 14 ans et une vingtaine de formateurs y ont pris part.

Leur envie de former des enfants et les jeunes n’a pas disparue. Au début de l’été ils organisaient d’ailleurs un atelier de théâtre.

Pour l’inauguration du lieu une belle expo d’art visuel s’affichait au mur. L’équipe de Ta3bir a de nombreux projets : « Nous sommes là pour durer » explique la présentation. On leur souhaite ! Et pour en savoir plus il suffit de passer les voir.

Anniversaire de l’assassinat du député Mohamed Brahmi

La Tunisie fête aujourd’hui les 57 ans de la proclamation de la République. Mais c’est surtout l’anniversaire de l’assassinat du député Mohamed Brahmi qui prend le pas sur l’actualité.

Crédit image : Tunivision

Il y a un an le député de gauche, Mohamed Brahmi, était abattu devant chez lui. Un assassinat politique semblable à celui dont était victime 6 mois avant lui, l’avocat et leader de gauche Chokri Belaid. Les deux crimes n’ont toujours pas été élucidés et la population a tenu, une nouvelle fois, à marquer sa solidarité avec les familles.

Hier jeudi 24 juillet, un rassemblement avait lieu au Bardo, à Tunis.

Aujourd’hui, lors d’une séance extraordinaire au sein de l’Assemblée, le président de l’ANC a rendu hommage au député assassiné. Il a appelé à la création d’un fond national pour la lutte contre le terrorisme. Le Président de la République a lui aussi appelé à soutenir les efforts des force de l’ordre contre ce phénomène.

Elections en Tunisie : Une semaine de plus pour s’inscrire sur les listes

Alors que près de 600 000 nouveaux électeurs se seraient inscrits sur les listes électorales durant la campagne d’inscription, l’ISIE vient de repousser d’une semaine la date limite d’inscription, afin de permettre aux retardataires de se rattraper.

L’Instance Supérieure Indépendante des Elections a finalement changé d’avis. Le mardi 22 juillet devait être le dernier jour pour s’inscrire sur les listes électorales. Une semaine de prolongation a été octroyée aux citoyens.

C’est sans doute la mobilisation tardive qui a poussée l’ISIE a changé d’avis puisque sur les deux derniers jours 140 000 personnes sont venues s’inscrire pour un total de 600 000 nouveaux inscrits depuis l’ouverture des inscriptions, le 23 juin dernier.

Pourtant de nombreux points d’inscription ont été déployés pendant un mois à travers le pays. Mais une panne informatique, dûe à un piratage du système informatique, avait bloqué les démarches pendant plusieurs jours.

Sur un corps électoral estimé à plus de sept millions d’électeurs, à peine plus de 4 millions ont effectué les démarches d’inscription en 2011. Pour le précédent scrutin il avait été possible de voter sans inscription préalable. Ce ne sera pas le cas cette année puisque seuls les citoyens inscrits sur les listes électorales pourront voter.

Les dates des scrutins, elles, n’ont pas été décalées.

Terrorisme : les réactions se multiplient

La dernière attaque terroriste contre les soldats a secoué le pays. Des manifestations citoyennes ont eu lieu, pour dénoncer la violence et les autorités tentent de s’organiser.

Crédit : La Presse

Ce week-end des manifestations contre le terrorisme ont eu lieu en Tunisie. Dans différentes villes du pays les citoyens et les organisations de la société civile ainsi que les partis politiques sont descendus dans la rue à l’appel du principal syndicat, pour dire leur refus de la violence. Mais à Tunis l’image d’unité nationale n’a pas fonctionné, des différents entre membres de partis politiques ayant eu lieu.

Les citoyens en général ont exprimé leur mécontentement face au manque d’action et au peu de visibilité de l’action des autorités alors qu’approche la date anniversaire du massacre de Chaambi de l’été 2013, au cours duquel 8 soldats avaient trouvé la mort.

Des critiques que la Présidence de la République n’a guère appréciée. Elle a publié un communiqué dans lequel elle annoncé son intention de porter plainte en cas de déclarations intempestives envers la sécurité nationale ou d’accusations tendancieuses contre les responsables de l’Etat.

Comme pour répondre aux critiques des la population de nouvelles descentes ont été organisées par les forces de l’ordre et plusieurs individus ont été placé en état d’arrestation. Ils appartiendraient à un mouvement qui serait l’auteur d’actes terroristes.

Autre réponse des autorités : le Premier Ministre, lors d’une réunion de crise, a décidé la fermeture immédiate des mosquées hors contrôle du ministère des Affaires Religieuses. Un phénomène qui dure depuis la révolution et qui est régulièrement dénoncé , mais face auquel les autorités n’avaient pas réellement réagi jusqu’à présent.

Lors de la réunion il a également été décidé de recruter de nouveaux soldats et agents de la garde nationale.

La veille il avait été décidé la fermeture d’une radio et d’une chaîne de télévision, tribunes de discours d’apostasie. Une décision controversée. Le président du syndicat national des journalistes tunisiens s’est exprimé à ce sujet et a tenu rappeler que la guerre contre le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à des atteintes à la liberté d’expression et au pluralisme dans les médias.