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amabassade française, ambassade américaine, atteinte au sacré, charlie hebdo, ennahdha, Innocence of muslims, Islam, Tunis
Après les violences devant l’ambassade américaine, la parution des caricatures de Mahomet dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo a suscité plutôt des réactions agacées en Tunisie. Beaucoup accusent le journal de «provocation inutile». Mais la polémique pourrait porter le coup de grâce au débat sur la liberté d’expression en Tunisie.
Les reporters et envoyés spéciaux devant l’ambassade de France à Tunis étaient sur le pied de guerre mercredi 19 septembre. La veille, la une du journal satyrique Charlie Hebdo faisait encore le tour de la toile , avec pour thème, des caricatures de Mahomet. Face aux récents évènements, la Une du journal est perçue par les internautes tunisiens comme une «provocation» ou même une «déception» pour ceux qui avaient acclamé le retour du journal dans les kiosques tunisiens après la révolution. Mais la question principale reste la portée d’une telle parution après les éclats de violences qui ont secoué le pays la semaine dernière. Face au débat sur la liberté d’expression et ses limites depuis la révolution, les récents évènements risquent d’influer sur les opinions. La Une de Charlie Hebdo serait-elle la caricature de trop?
La Une de Charlie Hebdo peut en effet avoir des conséquences plus importantes dans un pays comme la Tunisie où l’on débat encore des libertés à insérer dans la future constitution. Les dernières polémiques de l’été ont en effet posé la question de «l’atteinte au sacré» qui a été codifié par un texte de lois proposé par Ennahdha à l’Assemblée Nationale Constituante. Ce projet prévoit une peine de deux à cinq ans de prison pour tout ce qui portera «atteinte au sacré» par la diffamation mais aussi la «dérision». Si le projet a été fortement critiqué, qu’en sera-t-il aujourd’hui où la liberté d’expression semble être utilisée à des fins peu claires dans le cas d’Innocence of Muslims tout comme dans celui de Charlie Hebdo? Dans le texte actuel de la commission des libertés proposé à l’Assemblée, la liberté d’expression est garantie pour le moment. L’article dans sa version première a été considéré comme une victoire pour les députés de l’opposition:
«La liberté de penser, d’opinion et d’expression est garantie. La liberté de presse est garantie et ne peut être restreinte que par la loi qui protège la liberté d’autrui, sa santé, sa sécurité ou en cas de diffamation. Aucune censure préalable ne peut être exercée sur un journaliste ou un artiste.»
mais les récents évènements auront-ils raison de cet article dans les futurs débats comme le montrent les déclarations de Rached Ghannouchi après l’attaque de l’ambassade et de l’école américaine. Le leader du parti Ennahdha, a déclaré sur les ondes de la radio Express Fm, que les violences, bien que condamnables, étaient dues à l’absence d’une législation sur l’atteinte au sacré. Le débat est de retour et l’ultime «provocation» de Charlie Hebdo pourrait bien faire changer la donne. Sur le net tunisien et sur Twitter, les internautes se montrent déçus.
Il faut aussi rappeler que malgré la mobilisation des activistes et des militants des droits de l’homme, les deux caricaturistes tunisiens de Mahomet ont été condamnés à sept ans de prison sur la base du code pénal tunisien en mai dernier. l’un purge sa peine, tandis que l’autre a demandé l’asile politique à la Roumanie. L’année dernière, l’hebdomadaire avait fait paraître dans des circonstances bien différentes, un numéro spécial Charia-Hebdo. Les Tunisiens avaient alors opté pour une certaine indifférence parlant déjà à l’époque de «provocation». Aujourd’hui, le contexte n’est plus le même, le verdict pour les internautes caricaturistes tout comme les violences qui ont eu lieu au palais Abdellia après une exposition d’œuvres d’art montrent à quel point le combat pour la liberté d’expression est encore fragile.
Une politique d’apaisement est donc favorisée aussi bien par les Tunisiens que par les Français. Les ambassades et les écoles françaises ont fermé leurs portes dans plusieurs pays arabes et en Tunisie, elles ne rouvriront que lundi. L’ambassade de France en Tunisie appelle les voyageurs à la vigilance. Actuellement, les appels au calme et la non-violence se multiplient dans les deux pays tandis que les réactions de la presse tunisienne tout comme du gouvernement se font encore attendre. Les évènements de l’ambassade américaine ont laissé leur trace. Une manifestation pacifique est prévue jeudi 20 septembre contre la violence.
Cependant, l’attaque de l’école américaine la semaine dernière a montré aussi que la Tunisie pouvait aussi suivre certains mouvements de la même manière que d’autres pays arabes qui se sont embrasés. La situation du pays et les réactions de certains groupuscules restent encore pour l’heure, imprévisibles.
Lilia Blaise
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7 réactions
Malheureusement,la liberté d’expression telle que la vivent les musulmans est devenue une base avancée de la guerre de religion laïque ou non contre l’islam.Elle montre un visage d’esprit de critique et non d’esprit critique,indispensable aus islamistes eux-mêmes. Elle dévoile au monde entier son aspect manipulatoire des desseins orientés et se discrédite d’elle-même en montrant qu’elle est un outil pour des services divers,bassement intéressés sous couvert d’un fondamental élevé.Elle s’exerce à la tête du client et elle est donc un motif et non une motivation noble,servant par exemple à lutter contre la tyrannie,le lobbies malfaisants,les erreurs du pouvoir politique,etc..
Je pense que ce journal ne cherche qu’a faire parler de lui en profitant de ce climat très particulier pour le monde arabo-musulman . Un comportement complètement égoïste de Charlie hebdo !! Mais quel message veut faire passer ce tabloïd ? Pour moi aucun !!!!
La couverture de Charlie-Hebdo n’est en rien insultante. Elle met seulement en avant qu’il y a des situations, des personnes, des entités dont nous n’avons pas le droit de parler à partir du moment ou celà peut porter à polémique. Et celà est très dommage. Parler de religion sera bientôt interdit du simple fait que celà « risque » de blesser certaines personnes. Et je trouve anormal que da
@Thierry h Je comprends votre position.La liberté d’expression peut-être comme la langue d’Esope,la pire ou la meilleure des choses.Ce qui se fait en particulier autour de Charlie Hebdo est du gangstérisme journalistique.Philippe Val,ami de Carla Bruni, savait ce qu’il faisait en virant Siné(critique contre Jean Sarkozy) et Guillaume Guillon (humour anti-Sarkozy).D’autre part,il y a des religions qui sont épargnées.Dieudonné a été privé d’antenne pour avoir critiqué les juifs.D’autre part,c’est un sous-fifre juif anonyme qui pousse le fauteuil roulant du chiffon sensé représenter le Prophète et non Moise.Vous me comprenez ?
Erratum:Stéphane Guillon et non Guillaume.
On se permettra de signaler l’article sur « la société civile tunisienne en formation de combat », paru dans la nouvelle revue Contreligne (www.contreligne.eu), hier soir.
J’aimerais cependant voir le monde musulman descendre dans la rue quand dans le nord du Mali on lapide à mort des couples non mariés, on coupe les mains et les pieds des voleurs, on enrole des mineurs pour faire la guerre, tout ça au nom de l’islam… mais ce n’est pas pour demain.