L'Auteur
Topics
ambassade américaine Tunis, attaques salafistes, Egypte, Etats-Unis, film anti-islam, Innocence of muslims, Islam, Libye, Sam Bacile
Mise Ã¥ jour le 14 septembre à 20 h: Les affrontements ont fait pour l’heure 2 morts et 28 blessés selon l’AFP.
Depuis les images de la Libye et de l’Egypte enflammées par le film Innocence of Muslims, la Tunisie s’est aussi manifestée. Vendredi 14 septembre, le rassemblement devant l’ambassade des Etats-Unis tourne mal.
La Tunisie suivra-t-elle le reste des pays qui contestent en ce moment le film Innocence of Muslims de celui qui se fait appeler Sam Bacile, décrit comme islamophobe et anti-islam par les médias américains? Si les internautes ont réagi le jour-même à la vidéo des extraits du film qui ont circulé sur Facebook, seuls une quarantaine de personnes s’est réunie le jeudi 13 septembre devant l’ambassade américaine qui avait déjà installé un important dispositif de sécurité.

L'ambassade américaine encerclée par des salafistes le 14 septembre à Tunis/ Capture d'écran du live d'Al Jazeera
Après la mort de l’ambassadeur américain à Benghazi en Libye et les manifestations de violences en Egypte, la prudence était de mise. Le 1er rassemblement devant l’ambassade située sur la route de la Marsa, dans le quartier du Lac, s’est déroulé sans incident majeur. Quant à la présidence tunisienne, elle a condamné l’attaque contre l’ambassade de Benghazi dans un communiqué officiel déclarant que  «Ces agressions sont le résultat de la rancœur haineuse et de la culture de la violence que prônent ceux qui font fi de la stabilité des pays de la région» d’après Associated Presse.
Les quartiers de l’ambassade américaines pris d’assaut
Pourtant le lendemain, vendredi saint et jour de prière, certains ont réitéré la manifestation  devant l’ambassade des Etas-Unis. Le parti salafiste Al Ansar Al Chariaa a appelé la veille, tous les Tunisiens «à manifester  contre les atteintes à l’Islam» après la prière selon l’AFP. Le rassemblement s’est progressivement transformé en affrontements comme le montrent les témoignages en live sur Twitter de certains témoins oculaires mais aussi les images diffusées en direct de la chaîne Al Jazeera. Sur Twitter, les hashtag #UsEmbassyTn et #Aljazeeralive permettent de suivre en direct les évènements depuis le début de la matinée où l’armée a été déployée.
A mesure que les manifestants se sont rapprochés devant l’ambassade, certains ont essayé d’escalader les murs de l’ambassade tandis que d’autres se sont confrontés aux policiers qui leur ont barré l’entrée et les ont dispersé avec des gaz lacrymogènes.
Vidéo de l’AFP sur les manifestations en Tunisie et en Indonésie
Sur place depuis le début de la manifestation du vendredi, la blogueuse et journaliste Olfa Rihai décrit en direct le déroulement des évènements, depuis une rue adjacente de l’ambassade
«En bas de l’immeuble ça chauffe ! Les salafistes viennent de fermer les deux routes et se sont rassemblés juste en bas !»
«Tirs de gaz lacrymogène contre les manifestants devant l’ambassade USA à Tunis
Les manifestants se dispersent, se regroupent puis y retournent»
A 16h00, heure tunisienne, toujours dans une rue adjacente à l’ambassade, Olfa Riahi signale un incendie qui s’est déclenché du côté de l’ambassade. C’est l’école américaine qui a été attaquée par les manifestants selon les flashs et le compte Twitter de l’agence Reuters, tandis que les policiers ont chargé sur les manifestants.
Ce n’est pas la première fois qu’un film suscite des violences religieuses en Tunisie. En juin 2011, la projection du film Ni Allah ni Maître de Nadia al Fani avait débouché sur l’attaque du cinéma Africart à Tunis. En octobre 2011, à deux semaines des premières élections démocratiques, la diffusion du film Persépolis sur la chaîne Nessma avait déclenché des démonstrations de violences de groupuscules qui dénonçaient «l’attaque au sacré». Le PDG de la télévision a été poursuivi en justice pour «trouble à l’ordre public».
La vidéo ci-dessous montre les démonstrations de force qui avait suivi la projection du film:
Lilia Blaise
A lire aussi:


