Tunisie – Ces femmes qui ont marqué l’histoire

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Tawa fi Tunis


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De la fondatrice de Carthage aux femmes qui ont manifesté lundi 13 août pour la journée de la femme en Tunisie, beaucoup de figures ont marqué l’histoire du pays.

 


La manifestation pour la journée de la femme, lundi 13 août 2012 à Tunis / Crédits Photos: Amine Boufaied

Didon ou Elissa, la déesse de Carthage

Reine légendaire dans la mythologie grecque aurait fondé Carthage en 814 avant Jésus-Christ. Fille de Mutto et roi de Tyr, elle quitte son pays lorsque son frère accède au pouvoir après avoir tué l’homme qu’elle aimait, Sicharbas. La légende veut qu’en arrivant sur les côtes africaines elle demande une terre aux autochtones, qui pourra tenir dans la peau d’un bœuf. Elle délimite alors avec les lambeaux de peau la terre de Carthage. Elle se suicide peu après, en mémoire de son époux quand le roi du pays, Larbas lui demande de l’épouser. Son immolation ouvre le premier livre de l’Eneide de Virgile.

Sophonisbe, la patriote

Née à Carthage en 235 avant J-C et fille d’ Hasdrubal, général de Carthage, elle épouse Syphax roi de Numidie scellant ainsi une alliance entre les deux contrées. En 203 quand son mari et son père perdent une bataille face aux armées romaines, elle est emmenée à Rome sous les ordres de Scipion l’Africain. Elle se suicide en s’empoisonnant pour éviter le déshonneur face aux vainqueurs.

Al Kahina, la reine berbère

Surnommée aussi la «reine des Aurès» et de son vrai nom Dihya Tebtet Tifân , cette femme régna sur plusieurs tribus de 685 à 704. Née en Algérie, près de l’actuelle frontière tunisienne, elle unit les tribus berbères dans une guerre contre Ibn al-Nu’man, gouverneur de l’Ifriqiya (actuelle Tunisie). Elle se constitua une armée et se battit corps et âme dans le combat qui oppose berbères et arabes. La bataille de sa défaite à Tabarqa, la mena à sa perte. Vaincue, la guerrière est décapitée sur un lieu qui porte aujourd’hui son nom. Si ce personnage reste légendaire, son nom signifiant «sorcière».

Aroua, la monogame

Connue juste de son prénom, la belle Aroua fut à l’origine du fameux «contrat de mariage kairouanais» qui institua au VIII e siècle la monogamie entre les époux. Précurseur du Corde du Statut Personnel, ce contrat a été imposé par la jeune femme réputée pour sa beauté. Lorsqu’un calife Abasside vint demander sa main, elle imposa la condition de la monogamie pour le mari. Dans le cas contraire, elle divorcerait. Subjugué par sa beauté, le calife al Mansour accepta et l’épousa.

Lella Manoubia, la sainte

De son vrai nom Aïcha Manoubiya, elle symbolisa une autorité religieuse au début du XIVè siècle. Grandissant dans le quartier de la Manouba à Tunis, elle montra très jeune un intérêt pour les textes islamiques. Son intérêt trop poussé la fit passer pour folle et son refus de se marier la conduisit à se prendre en charge. Dans la médina, elle mendiait, mais se rendit célèbre par sa charité auprès des plus défavorisés. Elle poursuivra ainsi sa vie de mystique, recevant les fidèles et imposant une certaine crainte par son mode de vie et sa beauté. Très cultivée et imprégnée des hadiths et des sciences, elle allait jusqu’à prier à la mosquée de la Zitouna à Tunis en compagnie des hommes. Elle est enterrée dans un sanctuaire qui est fréquemment visité par des fidèles, surtout des femmes. A elle seule, elle a incarné la modernité d’une femme qui refuse sa condition et a révolutionné la conception de la femme dans la religion.

Aziza Othmana, la bienfaitrice

Née en 1906, la princesse tunisienne a appartenu à la dynastie beylicale des Mouradites qui régnait à l’époque sur la Tunisie. Recevant l’instruction de la charia et du Coran, elle est connue pour ses œuvres de bienfaisance et sa fondation qui a secouru les malades et les défavorisés jusqu’au XXè siècle. Elle avait affranchi l’ensemble de ses esclaves et fait de ses biens, des fonds pour les plus pauvres. A sa mort, elle donna tout ce qu’elle possède aux indigents. Un hôpital près de la kasbah à Tunis porte aujourd’hui son nom.

Bechira Ben M’rad, la pionnière du féminisme

Fondatrice de l’UMFT (Union musulmane des femmes de Tunisie), cette fille d’intellectuels tunisois s’engagea politiquement afin de permettre aux femmes d’adhérer au Mouvement National musulman en commençant par une kermesse pour récolter de l’argent en faveur d’étudiants installés en France. En mai 1936, l’UMFT naît pour être officialisé en 1951.

Wassila Bourguiba, la femme de poigne

Née dans la famille des Ben Ammar, elle est la deuxième épouse du président Habib Bourguiba, connue sous le nom de Majda, (vénérable). Après son mariage en 1962, elle devient très influente dans les affaires politiques de son mari. Ils divorceront en 1986. Elle a aussi permis l’installation des locaux de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) à Tunis après l’évacuation de l’organisation et de Yasser Arafat en 1982 à Beyrouth.

Tawhida Ben Cheikh, première médecin

Morte à 102 ans la première femme médecin tunisienne et dans le monde arabe a aussi la première bachelière dans le pays. Elle a accédé à la Faculté de médecine de Paris en 1936, et rentre à Tunis pour ouvrir son cabinet. Elle s’orientera vers la gynécologie et contribuera à mettre en place le Planning familial tunisien dans les années 60. Cette femme a également marqué son siècle par son action militante en prenant la direction de la première revue féminine tunisienne, éditée en langue française «Leila».

Radia Haddad, la révolte du voile

Cette tunisoise est connue pour avoir présidée l’UNFT (Union Nationale des femmes de Tunisie) mais aussi pour avoir refusé de porter le safsari, préférant rester chez elle que de mettre un voile pour sortir. Elle se maria à 18 ans, voilée, mais obtiendra de retirer son voile après avoir pris part à une réunion du Néo-destour. Son statut, gagnée chez les hommes en tant que militante politique lui permettra d’affirmer cette position et d’imposer un respect. Après l’indépendance, elle est l’une des premières femmes parlementaires en Afrique et dans le Monde Arabe et siège comme députée à Tunis pendant 15 ans.

Souhayr Belhassen, les droits de l’homme avant tout

De formation journaliste, Souhayr Belhassen, originaire de Gabès est élue le 24 avril 2007 à la tête de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme), elle a co-écrit avec Sophie Bessis une biographie du président Habib Bourguiba. Après avoir travaillé pour Jeune afrique et Reuters, elle se consacre à son activité de militante des droits de l’homme et connaîtra l’exil pendant cinq ans pour avoir dénoncé le silence du gouvernement tunisien sur les femmes algériennes. Elle représente encore aujourd’hui un symbole pour les libertés et l‘égalité des femmes.

Leila Trabelsi, la mal-aimée

La dictatrice a malheureusement sa place dans le palmarès comme sans doute la femme la moins aimée de Tunisie. Épouse du dictateur déchu Ben Ali, elle aura marqué les esprits par son personnage de femme opportuniste et la mafia que représente sa famille, les Trabelsi. En 2012, elle publie un livre, Ma vérité, publié dans une maison d’édition française. Malgré son succès en librairie, le livre est moqué par la plupart des Tunisiens et s’avère peu intéressant en matière de révélations sur le 14 janvier.

Ons Jabeur, la fille prodige

Née en 1994 à Ksar Hellal, Ons jabeur est la première joueuse africaine à gagner un tournoir du Grand Chelem en simple, junior et senior confondus en gagnant la finale de Rolland Garros contre la porto-ricaine Monica Puig le 5 juin 2011. La joueuse n’avait pas encore 16 ans. Elle avait déjà accédé à la finale du tournoi en 2010.

Meherzia Labidi

Première femme tunisienne vice-présidente à l’Assemblée Nationale Constituante, cette femme politique a fait ses études à l’école Normale supérieure de Sousse puis, à la Sorbonne, à Paris où elle obtient un diplôme en traduction. Présidente du réseau « femmes croyantes pour la paix », elle représente le parti Ennahdha dans la circonscription France 1 pour les premières élections démocratiques du pays le 23 octobre 2011.

Khaoula Rachidi

Elle aurait put rester anonyme, son nom restera connu pour quelques années. Lors des évènements qui animent l’université de la Faculté de La Manouba, la jeune étudiante de 25 ans s’élancera contre un manifestant qui avait tenté d’enlever le drapeau tunisien. Son geste a été perçu comme une résistance contre toute ingérence étrangère ou obscurantiste en Tunisie.

Habiba Ghribi, médaille olympique

Son sourire a fait le tour du monde lorsque cette athlète de 28 ans a remporté la médaille d’argent au 5000 m steeple des jeux Olympiques de Londres 2012. Elle dédicace sa médaille à tous «les tunisiens» et devient la première femme tunisienne à remporter une médaille olympique.

On citera aussi Hend Chaouch, première femme Pilote de Rallye dans le monde arabe, une autre figure du féminisme, Asma Belhodja-rebaï, les militantes, intellectuelles et défenseures des droits de l’homme, Sophie Bessis, Gisèle Halimi Sihem, Ben Sedrine, Radia Nasraoui, Sana Ben Achour, Bochra Bel Haj Hmida, Emna Ben Miled, Hélé Béji, la réalisatrice Salma Baccar et bien d’autres. La liste est exhaustive et diverse à l’image des femmes tunisiennes.

Lilia Blaise

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2 réactions

  1. Kamoun
    Le 14 août 2012 à 17 h 37 min

    la femme Tunisienne est unique au monde!!!!! Et elle le restera contre vents et. Marées ….

  2. hassen Soukni
    Le 26 mai 2014 à 13 h 38 min

    Aziza Othmana n’est pas née en 1906. Rectifiez svp