Les Français en Tunisie choisissent Hollande

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Tawa fi Tunis


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Ils étaient nombreux devant l’ambassade de France à Tunis dimanche 22 avril. Le premier tour a été largement remporté par François Hollande en Tunisie. Le vote des expatriés a aussi été l’occasion de tester l’intérêt pour la politique française depuis l’étranger.

La file est longue à 10 heures du matin devant l’ambassade de France avenue Habib Bourguiba. Pour un Tunisien qui passe devant, la réminiscence est bien là: les longues heures d’attente lors des premières élections démocratiques le 23 octobre 2011. Et pourtant, c’est dans un tout autre pays que se jouent aujourd’hui des élections décisives, le routage électoral y est déjà bien amorcé, et ceux qui vont voter connaissent déjà bien le processus. Les français expatriés à Tunis patientent devant le bureau de vote pour le premier tour des Présidentielles. Une des électrices, Séverine, 35 ans, résidente depuis six ans en Tunisie,  s’aventure à la comparaison avec le pays d’accueil.

«Moi j’appartiens à la génération un peu dégoûtée de la politique et c’est vrai que la révolution a été un élan démocratique qui contraste un peu avec la morosité française. D’un côté, il y a un pays avec une crise des esprits habitués à la démocratie, de l’autre c’est encore l’apprentissage mais il y a un réel entrain. C’était passionnant de vivre les deux campagnes à la fois. On se retrouve avec deux visions de la politique très différentes.»

A la sortie, pas de doigt taché d’encre bleu fièrement levé mais plutôt le sentiment d’avoir accompli son devoir. Sauf pour un jeune garçon pressé de sortir du bureau de vote et lançant cette phrase énigmatique «J’ai voté mais sans conviction puisque  l’on avait le choix entre la peste et le choléra.»

Dans la file de l’après-midi, beaucoup de Tunisiens sont présents, reflétant les 70 % de binationaux que compte la Tunisie. Pour Florence, journaliste française expatriée en Tunisie depuis onze ans, c’est surtout l’instinct patriotique qui prime même si elle observe tout ça de loin.

«C’est vrai que l’on est très bien informé avec la télévision mais ça nous touche sans doute moins quand on ne vit plus dans le pays. J’ai trouvé cette année que la campagne n’était pas vraiment digne d’une campagne présidentielle, nous avons assisté à un durcissement de la droite qui n’est plus vraiment la droite républicaine que nous avions connu.» Maurice, la cinquantaine, constructeur de terrains de golfe, admet avoir suivi avec beaucoup d’attention la campagne «Pour moi, il faut suivre les débats jusqu’à la dernière minute, car la plupart des candidats se révèlent parfois au dernier moment.» Mais comme beaucoup d’autres, il parle d’un vote de «raison» et non pas d’un choix.

L'entrée de l'amabassade à la fermeture des bureaux dimanche 22 avril

Vers 17h , heure tunisienne, à une heure de la fermeture des bureaux de vote, deux dames d’un certain âge arrivent devant l’ambassade, passeports en main. Maryse et Geneviève vivent à Tunis depuis les années 70. Pour elles, voter c’est un devoir même si elles ne vivent plus en France depuis des années. La campagne électorale, elles l’ont suivi à la télévision et dans les journaux. Même si elles gardent l’anonymat de leur vote, Maryse se trahit en commentant la campagne électorale:

«Poutou a été plutôt drôle durant la campagne mais aujourd’hui, nous voulons le prendre au sérieux. Cette année, j’ai eu l’impression que les candidats ne se ménageaient pas trop. Nicolas Sarkozy a été très virulent dans sa campagne tout comme Marine Le Pen.» Si leurs enfants peuvent voter des deux côtés de la méditerranée, Maryse et Geneviève, elles, ont gardé depuis toujours leur nationalité française et refusent de prendre la nationalité tunisienne., «on se sent toujours françaises en Tunisie». Pour elles, les élections c’est la routine, les «jeux sont déjà faits» déclare Geneviève mais les candidats peuvent toujours réserver des surprises.

En 2007, la communauté française avait largement voté socialiste avec Ségolène Royal, se démarquant ainsi du vote national mais cette année, il semble qu’ils ont la même ligne quel’hexagone. On peut noter un taux de participation relativement bas, sur les quelques 15 294 français enregistrés, seulement 6664 sont allés aux urnes. Selon les résultats publiés sur l’ambassade de France à l’issue du scrutin, François Hollande a remporté 3 371 voix et Nicolas Sarkozy, 1500. Viennent après Jean-Luc Mélenchon, (901 voix) , François Bayrou (486) et Marine Le Pen (240), résultat qui a valu un commentaire bien senti de la part d’un internaute tunisien sur Twitter:

Comme la plupart de ceux rencontrés, elles iront regarder le premier tour à la télévision en famille ou avec des amis. Du côté de la Marsa, le lycée Gustave Flaubert où a été installé un bureau de vote est déjà fermé à 18h (heure tunisienne), le dépouillement a commencé. Dans les cafés de la Marsa, réputée pour accueillir une grande communauté française, les télévisions sont toutes branchées sur la chaîne consacrée au foot…

Lilia Blaise

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1 réaction

  1. pierresgn60
    Le 25 avril 2012 à 8 h 04 min

    Je vis au Vietnam.
    A Saigon, Sarkozy arrive en tete avec 10 point d’avance,
    A Hanoi, c’est exactement l’inverse.
    Par contre la Marine, elle, ne fait pas un tres gros score.
    Il fait dire, qu’ici, les etrangers; c’est nous.
    Alors la xenophobie,…