Législatives en Tunisie

Les élections législatives étaient organisées dimanche 26 octobre en Tunisie. Le vote doit permettre de mettre en place un nouveau parlement, qui sera en charge du travail législatif et de la mise à jour du corpus juridique, après adoption d’une nouvelle Constitution adoptée au début de l’année 2014. Ce sont prés de 60% des inscrits qui se sont déplacés pour voter.

Tout le monde a en tête les élections d’octobre 2011. Il avait fallu patienter des heures pour pouvoir voter. C’était bien différent cette fois-ci. Le taux de participation avoisine les 60% d’inscrits. Mais en cours de journée peu d’electeurs s’étaient déplacés.

Pas de file d’attente devant une école d’un quartier résidentiel de Tunis, dans la matinée.

Deux frères viennent de voter.

Au centre de ville de Tunis, il n’y avait pas foule non plus, alors qu’en 2011 les votants avaient dû patienter pendant plus de trois heures.

Plusieurs fois dans la journée l’ISIE a tenu des conférences de presse pour faire le point sur le taux de participation et répondre aux questions des journalistes.

Elections : Rigoler ou comparer, sur le Net tout est possible

Dans quelques jours les Tunisiens iront voter pour les élections législatives puis, dans un mois, pour les élections présidentielles. La campagne continue de battre son plein. Les candidats défilent à la télé et sur les ondes des radios. Mais il semble que la majorité des citoyens est encore indécise. Pour lutter contre l’ambiance morose les Tunisiens ont la possibilité de faire un tour sur le Net : rire de la campagne ou faire son choix, les deux sont possibles.

elections

Si les citoyens tunisiens en ont marre d’entendre les candidats aux législatives et aux présidentielles se tirer dans les pattes, ils peuvent toujours faire une pause et rigoler un peu. Il y a quelques jours un clip était publié sur Youtube. Le titre de la chanson : « My name is Sebssi » prêtait à sourire. Le visionnage de la vidéo aussi :

Pour ceux qui veulent parler de choses sérieuses il y a le débat infini sur vote utile, avec ceux qui appellent à choisir en fonction de la conjoncture et dans l’idée de « contrer une menace », et ceux qui démontent l’argumentaire très simplement :

Sinon il y a la géniale initiative du Comparateur, qui permet de sélectionner des partis et de comparer le contenu de leur programme sur différents aspects mais aussi de comparer le CV des candidats à la présidentielle.

« L’objectif est de fournir une information en temps réel avec une fonctionnalité de veille qui permet à l’utilisateur de comparer les programmes fournis par les partis en lice au travers d’une catégorisation par thématique mais aussi d’interagir sur les médias sociaux au travers du partage des résultats de recherches  » peut-on lire sur le site.

Critiques à l’encontre d’un reportage sur les biens mal acquis

Les réseaux sociaux n’en finissent pas de critiquer ! Suite à la diffusion, dimanche soir sur M6, d’un reportage d’Enquête exclusive sur les biens de la famille Ben Ali, les internautes tunisiens se sont attaqués à l’émission.

Dimanche soir la chaîne française M6 diffusait un reportage de plus d’une heure sur la fortune de Ben Ali et de ses proches. Images édifiantes du lieu de résidence du dictateur, accumulation de biens et de richesses, luxe surréaliste… à mille lieux de la vie des citoyens.

Les journalistes réussissaient l’exploit de retrouver la trace, au Canada, de l’un des gendres de Ben Ali et de l’aborder pour essayer de le questionner.

La réaction attendue suite au visionnage de ce reportage est résumée dans les propos de la militante des droits de l’homme Amira Yahyaoui :

Mais à la place de vives critiques à l’encontre de la chaîne et du traitement on vu jour. Un groupe d’internautes a même lancé une page sur un réseau social pour appeler à manifester devant les locaux de la chaîne à Paris.

Chose qui agace certains internautes fatigués, par les polémiques stériles et hors propos. La députée Karima Souid, qui témoigne dans le reportage, a elle-même réagi à la polémique en publiant un statut :

La violence policière tue toujours

Deux cas de personnes décédées suite à des violences policières, ont été dénoncés par l’Organisation Contre la Torture en Tunisie, en moins d’une semaine.

Crédit image : napafriquemonde.com

A la fin du mois de septembre l’OCTT a publié un communiqué suite au décès du prisonnier Ali Ben Khmiss Louati. Quelques jours plus tard l’organisation faisait à nouveau une déclaration publique suite au décès d’un deuxième homme, Mohammad Ali Souissi, après qu’il ai passé plusieurs jours en garde à vue.

Pour l’OCTT il existe une forte présomption de torture. L’organisation a demandé aux autorités d’assumer leurs responsabilité et de mener une enquête.

La situation est inquiétante, il ne s’agit pas de militants ou d’activistes, il s’agit de citoyens ordinaires. On se rend compte qu’il y a encore de nombreuses personnes qui sont victimes de violences policières. Ce phénomène nous inquiète beaucoup surtout que nous sommes en période préélectorale et que les autorités mènent une lutte contre le terrorisme. Nous avons appelé les forces de l’ordre à faire preuve de vigilance. Nous comprenons que leur situation est difficile mais en aucun cas il ne peut y avoir atteinte à l’intégrité humaine

a déclaré Gabriele Reiter, directrice de l’OMCT à Tunis.

Les observateurs des élections de l’UE sont de retour en Tunisie

Une centaine d’observateurs des élections, originaires des 28 pays membres de l’UE, de la Norvège, de la Suisse et du Canada seront déployés en Tunisie lors de la période électorale, dans le cadre de la mission d’observation.

« Je suis frappée par le degré de disponibilité et de bonne volonté de mes interlocuteurs pour contribuer à assurer le bon déroulement du processus électorale » a déclaré Annemie Neyts-Uttebroeck, chef de la mission d’observation électorale MOE. Elle est arrivée en Tunisie il y a quelques jours et a déjà rencontré une série de représentants de partis politiques et de la société civile.

Suite à la demande des autorités tunisienne une mission d’observation électorale de l’UE est mise en place, comme lors des élections de 2011.

Le travail de la MOE s’étendra sur tout le territoire tunisien où 14 équipes d’observateurs de longue durée sont déjà déployées. Quelques jours avant les élections des observateurs de courte durée les rejoindront.

Deux jours après le suffrage un premier rapport de l’observation sera rendu public. La version finale sera presentée deux mois après le jour du vote.

La liste des citoyens-parraineurs de candidats publiée

Pour se porter candidat à l’élection présidentielle il faut avoir récolter le parrainage de 10 députés ou de 10 000 citoyens. Vendredi 26 septembre, alors que l’ISIE se demandait encore s’il fallait rendre publique ou non la liste des citoyens-parraineurs, elle a fuité.

Et vous, avez-vous parrainé un candidat à la présidentielle à votre insu ? Pour répondre à la question c’est simple : il suffit de se munir de son numéro de carte d’identité et de faire une recherche via la plateforme mis en place par le Parti Pirate tunisien. Un système qui doit permettre au citoyen de s’assurer que son soutien n’a pas été apporté à un candidat sans son consentement.

Vendredi 26 septembre dans la journée la liste des citoyens-parraineurs, ayant accordés leur signature aux candidats à l’élection présidentielle, a fuité. L’identité et les informations personnelles de prés de deux cent mille citoyens ont ainsi été révélées.

Un bug que l’Instance Supérieure Indépendante des Elections a voulu réparer en retirant la liste dans l’après-midi. C’était sans compter sur le réflexe de nombreux internautes qui ont récupéré les données publiées et ont commencé à procéder à des vérifications.

Environ 69 candidats ont présenté leur dossier, dont 43 l’ont fait le dernier jour possible de dépôt de dossier. Seules 5 femmes ont présenté leur candidature. Certains candidats auraient présenté des listes de parrainage exponentielles, créant le doute sur la véracité des informations.

« En marche vers l’abolition de la peine de mort »

Deux jours de rencontres et de débats pour l’abolition de la peine de mort en Tunisie, ont été lancés ce vendredi matin à Tunis. Société civile, décideurs politiques, avocats, citoyens se sont retrouvés pour la conférence régionale « En marche vers l’abolition de la peine de mort ».

Dans le monde arabe seul Djibouti a aboli la peine de mort. La Tunisie sera-t-elle le deuxième pays à le faire? C’est en tout cas ce qu’espère les intervenants qui se sont réunis vendredi 26 septembre à Tunis.

D’abord parce que, comme l’a expliqué Habib Mastri, président de la Coalition tunisienne contre la peine de mort, le combat abolitionniste a lieu depuis plus de trente ans en Tunisie et qu’il existe aujourd’hui un large mouvement : acteurs de la société civile, avocats, journalistes, hommes politiques…

Il reconnait toutefois qu’il y a encore des inerties.  » L’action reste élitiste et citadine. Nous faisons un travail important avec les autorités mais il nous faut aussi travailler à changer l’opinion publique. »

Ensuite parce qu’il y a besoin d’optimisme et de « croire que l’impossible est possible » comme a lancé Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général de Ensemble contre la peine de mort : « En pratique l’abolition existe car il n’y a pas eu d’exécution depuis plus de 20 ans. Ce qui montre au grand public que les Etats peuvent fonctionner sans appliquer la peine de mort. »

Mais aussi du fait du processus de démocratisation en marche dans la région et plus particulièrement en Tunisie : «  La violence, la vengeance et la terreur ne peuvent pas servir de base à la justice » expliquait-il.

Mais parler d’abolition de la peine de mort en Tunisie peut sembler difficile alors que le débat sur la loi antiterroriste continue et que les autorités n’hésitent pas à user d’un discours démagogique et hyper sécuritaire. Raphaël Chenuil-Hazan répond simplement en prenant l’exemple irakien : environ 200 exécutions auraient lieu par an, depuis l’exécution de Sadam Hussein et les groupes terroristes n’ont fait que grandir. « Quelle efficacité y-a-t-il si plus d’exécution donne plus de terrorisme ? La réponse démagogique n’est pas la bonne. »

Sur l’estrade les parents de Maher Manaï, condamné à mort et détenu depuis 12 ans, ont apporté leur témoignage sur les ravages d’une telle peine. Maher Manaï aurait été condamné à tort et malgré les preuves la justice tunisienne ne semble pas enclin à réviser l’affaire et le jugement.

Ikhtiartounes.org pour un choix politique stratégique

A ceux qui ne s’y retrouvent pas entre les annonces des politiciens et les programmes en cours de fabrication, la plateforme Ikhtiartounes.org apporte une solution. En 30 questions l’internaute trouve le parti politique avec lequel il a le plus d’affinités. Simple et efficace.

« Un impôt sur la fortune doit être institué. » « Les régions les plus défavorisées doivent bénéficier d’un transfert de fonds provenant des autres régions. » « Un logement universitaire doit être garanti pour tous les étudiants qui bénéficient d’une bourse. » « Le droit à l’avortement doit être maintenu. » A chaque proposition l’internaute à trois choix : d’accord, pas d’accord, sans avis.

Via « l’electionnaire » de Ikhtiartounes l’internaute répond à 30 questions qui lui permettent de comparer ses convictions à celles de partis politiques et de mieux savoir où il se situe.

C’est une initiative du collectif des Jeunes Indépendants Démocrates, qui avait vu le jour en 2011 et qui a été relancée, pour aider les Tunisiens à faire leur choix. En 2011 plus de 70 000 utilisateurs avaient comparé leurs convictions aux positions des différents partis politiques.

« Les coups à la maison, le pardon sur les plateaux! »

L’association Beity, qui apporte aide et soutien aux femmes en difficulté en Tunisie, vient de dévoiler un spot contre les violences faites aux femmes et leur banalisation. Une parodie acerbe des talkshows qui font ravage à la télévision.

« Bienvenu dans notre nouvelle édition de l’émission : « Les coups à la maison, le pardon sur les plateaux! » lance un présentateur habillé de noir installé prés de la silhouette d’une jeune femme, dissimulée dans la pénombre.

Il marque un temps d’arrêt et un spot lumineux s’allume, illuminant la jeune femme « invitée » du jour. Elle a un bras et une jambe plâtrés.

Le spot que l’association Beity, qui aide et soutien les femmes marginalisées, vient de publier change des campagnes de sensibilisations habituelles en Tunisie.

Pas de larmoiement, mais de l’ironie. Résultat : un spot percutant.

La vidéo parodie les tristes et célèbres émissions de talkshow, qui étalent la vie privée des personnes témoins.

Elle se termine sur ces phrases, qui attaquent directement les auteurs de violences, ainsi que les personnes qui en font l’apologie : « La violence n’est pas un jeu…c’est un crime ! La banalisation de la violence est encore plus criminelle. »

Manuel Valls en visite en Tunisie

Le Premier ministre français sera en visite en Tunise le lundi 8 septembre. Il assistera notamment à la conférence internationale « Investir en Tunisie, start-up démocratie » à laquelle plus de 30 pays sont conviés. Les propos indélicats du Premier ministre français, tenus en 2013, semblent oubliés.

Crédit image : AFP

En Tunisie tout le monde se souvient de la déclaration d’une députée en février 2013, qui avait demandé, dans un français approximatif, à l’actuel Premier ministre français, à l’époque ministre de l’Intérieur, de s’excuser de ses propos sur le « fascisme islamiste » en février 2013, à la suite de l’assassinat du leader politique de gauche Chokri Belaid.

Si l’accrochage semble oublié la visite de Manuel Valls en Tunisie ne laisse pas muet. Il y a quelques jours la député franco-tunisienne Karima Souid n’hésitait pas à twitter :

Alors que @chantalrebelle rappellait :

La finance ne s’embarrasse pas de points de vue. La conférence internationale « Investir en Tunisie, start-up démocratique », qui aura lieu le lundi 8 septembre en présence de représentants d ‘une trentaine de pays et d’une vingtaine d’institutions financières, comptera donc parmi ses invités, le Premier ministre français.

Le Premier Ministre tunisien a déclaré qu’il s’agissait d’un congrès pour « cibler des coopérations fructueuses ». Il ne s’agit pas cette fois de partir à la chasse aux aides et subventions, mais de tenter de relancer les partenariats et investissements étrangers.