Les élections algériennes vues de Tunisie

Prés de 23 millions d’électeurs algériens sont appelés à aller voter aujourd’hui, mais l’issue du scrutin laisse peu de doute. Alors que son état de santé prête à polémique, Abdelaziz Bouteflika, le Président sortant, n’a pas hésité à briguer un quatrième mandat. Frileux, les médias francophones tunisiens, se contentent de rester dans une version factuelle, alors que sur Twitter la moquerie va bon train.

Crédit image : El Watan

Pas d’analyse ou de mise en perspective dans les versions francophones des médias tunisiens. Ainsi le quotidien La Presse s’est contenté de reprendre une dépêche de l’AFP : « Le peuple élit aujourd’hui son Raïs, sous haute surveillance » sans apporter de point de vue complémentaire sur le scrutin présidentiel du pays voisin.

Le site Direct info reprend une vidéo montrant Bouteflika votant en fauteuil roulant, en se contentant de préciser que le Président a été victime d’un AVC l’année dernière.

Nulle part on ne lit une interview ou un article sur les autres candidats à la présidentielle. Pas d’information n’ont plus sur le mouvement civil d’opposition « Barakat ! », « ça suffit ! », à l’origine de nombreuses manifestations réprimées par le pouvoir.

Seul le site de la radio Shems Fm semble donner à entendre l’opposition au pouvoir en place, avec la reprise d’une déclaration du rappeur algérien Lotfi Double Kanon, qui a déclaré dans un journal algérien ne pas vouloir revenir en Algérie temps que Bouteflika serait au pouvoir.

Le site Businessnews tente un titre satirique avec dans la rubrique « Photo du jour : ça roule pour Bouteflika ! » avec un court texte qui rappelle la polémique autour des soucis de santé du Président algérien.

Moqueries sur Twitter :

Le cliché en question a bien tourné sur les réseaux sociaux où humour et moquerie ont la part belle :

Avec des réactions autour de la photo comme celle de @tounssi7orr :

@Jaune_Lennon fait de l’humour noir :

Pendant que @kaanicah met en avant la question de l’âge :

Sana Sbouai

Procès des martyrs de la révolution : Allègement des peines

Samedi soir la Cour d’appel militaire de Tunis a rendu une décision de justice très attendue dans le procès des martyrs de la révolution et a prononcé des allègements de peine, qui ont conduit à la libération de certaines anciens responsables politiques et sécuritaires du régime de Ben Ali. Cette décision a suscité une vive indignation.

Les images des martyrs tombés à Regueb avant le 14 janvier

Réduction des peines prononcées en première instance à l’encontre des responsables politiques et sécuritaires de l’ancien régime, dans le procès en appel des martyrs de la révolution : la décision de la Cour d’appel militaire a choqué un grand nombre de citoyens et de responsables politiques.

Cette décision, rendue samedi en fin de journée, a eu pour conséquence la libération d’un certain nombre de hauts responsables politiques et sécuritaires, impliqués dans la répression du soulèvement populaire qui a conduit à la chute du régime de Ben Ali.

Dans la soirée de samedi des altercations ont eu lieu devant la Cour d’appel militaire de Tunis. Hier dimanche un groupe de défenseurs des Droits de l’Homme s’est rendu à Carthage devant le Palais présidentiel pour protester contre cette décision. Aujourd’hui lundi de nombreuses formations politiques et organisations ont publié des communiqués faisant part de leur étonnement face à cette décision.

Demain mardi 15 avril une conférence de presse est organisée par la défense, le comité de soutien aux familles et les familles des martyrs et des blessés de la révolution. Il y sera fait lumière sur les dessous du dossier ainsi que sur les mobilisations à venir, qui débuteront dés le mercredi 16 avril.

Sana Sbouai

« Siliana ne pardonne pas, Siliana n’oublie pas. »

Le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux a tenu, aujourd’hui 8 avril, avec l’UGTT, une conférence de presse à propos de l’avancement de l’enquête sur l’usage de la force lors des événements de Siliana. En novembre 2012 les citoyens s’étaient soulevés pour protester contre l’absence de projet de développement dans le gouvernorat. Ce soulèvement avait été violemment réprimé par les forces de l’ordre et de nombreux jeunes avaient été blessés par des tirs de chevrotine. Un an et demi plus tard le manque de prise en charge médical et psychologique, ainsi que l’absence d’avancée judiciaire, donne l’impression d’un système toujours basé sur l’impunité.

"Stop à la marginalisation du gouvernorat de Siliana" Rapport FTDES

La société civile a choisi une journée symbolique : demain 9 avril, journée anniversaire à la mémoire des Martyrs ayant combattu pour l’indépendance, se tiendront des discussions à Siliana. Des parlementaires sont invités à venir écouter les témoignages de blessés et de familles de blessés lors de la répression du soulèvement populaire de Siliana, en novembre 2012.

Alors que la population protestait contre l’absence de projet de développement dans la région, les forces de l’ordre avaient violemment réprimé les manifestations.

Prés de 170 personnes avaient été blessées, dont de nombreux jeunes qui avaient été touchés au visage, perdant l’usage de la vue pour certains. Du gaz lacrymogène périmé avait été utilisé à outrance pour disperser la foule.

Comme l’explique Charfeddine El Khallil, avocat, la procédure judiciaire n’avance pas : « Malgré le fait que le juge d’instruction ait envoyé deux convocations au ministère de l’Intérieur, ce dernier refuse de répondre et de faire entendre les personnes impliquées dans les événements. Par ailleurs le juge d’instruction attend toujours la réponse du ministère pour clarifier les informations quant aux chevrotine utilisées. »

« Si le ministère de la Justice veut prouver son indépendance et parler de transparence il doit faire avancer ce dossier » a ajouté M. Romdhani.

Pour maître El Khallil, comme pour Messaoud Romdhani, du FTDES, ce manque de réponse du ministère de l’Intérieur est une pratique qui incite à l’impunité.  » Nous allons demander au juge d’instruction d’orienter ses accusations en ce basant sur le rapport de l’inspection de la sécurité nationale, qui prouve et confirme que les agents des forces de l’ordre ont agi en infraction à la loi 4 de 1969 qui réglemente l’usage de la force à l’encontre de manifestants » conclue maître El Khalil.

De son côté Messaoud Romdhani a insisté sur l’état de santé des blessés : « L’état de santé physique et psychologique des jeunes blessés s’est aggravé car il n’y a pas de suivi. C’est un point important sur lequel nous souhaitons également attirer l’attention. »

Sana Sbouai

Doc à Tunis, une édition sur l’environnement

Hier soir au Théâtre municipal de Tunis a eu lieu le lancement de la 9 éme édition du festival Doc à Tunis. Cette année focus sur l’environnement avec une quinzaine de films à l’affiche, projetés dans 4 salles jusqu’à dimanche soir.

Chaque mois d’avril à Tunis est organisé le festival Doc à Tunis. Cette année focus sur l’environnement avec une programmation de films abordant différentes thématiques : l’eau, la transition énergétique, la pollution urbaine et la biodiversité marine.

Pour l’ouverture du festival jeudi 3 avril, au Théâtre municipal de Tunis, le documentaire El Gort de Hamza Ouni a été diffusé. Un film décapant, tourné sur 6 ans et qui suit deux jeunes qui travaillent dans le commerce du foin.

Un débat a également eu lieu. Le secrétaire d’Etat à environnement, présent sur place, a été pris à parti par des jeunes spectateurs qui ont apporté leur témoignage sur la réalité du terrain et notamment sur le gaspillage d’eau fait par les usines de phosphate dans la région de Gafsa.

Le festival permet aux spectateurs de découvrir des films qui ne sont généralement pas projetés en Tunisie, tout en débattant avec les réalisateurs.

Jusqu’à dimanche les spectateurs pourront découvrir des films comme Gabes, L’oasis et L’usine de Tayeb Louhici La soif du monde de Yann Arthus-Bertrand, Des abeilles et des hommes de Markus Imhoof ou encore Fukushima, le monde après Fukushima de Kenichi Watanabe.

Sana Sbouai

Peine de 7 ans de prison à l’encontre des policiers auteurs du viol de Myriam

C’est la fin d’une longue bataille pour Myriam. Ou du moins d’une première étape : hier lundi 31 mars le tribunal de première instance de Tunis a rendu une décision dans l’affaire de viol dont la jeune fille a été victime, alors qu’elle se trouvait avec son petit ami.

Manifestation de soutien en faveur de la jeune fille violée le 29 septembre à Tunis. Crédit Photo: Amine Boufaied

Les deux policiers auteurs des actes ont été condamnés à 7 ans de prison, alors que leur supérieur, qui avait embarqué la petit ami de Myriam pour lui extorquer de l’argent, a été condamné à une peine de deux ans de prison et une amende de 20 000 dinars (un peu moins de 10 000 euros).

Une décision que la défense de Myriam juge clémente. Pas de volonté de montrer l’exemple, de lutter contre les violences faites aux femmes et d’obliger les forces de l’ordre à se montrer exemplaires, dans cette décision.

D’ailleurs après les militants des droits de l’homme, présents hier au tribunal, l’ambiance était plutôt en défaveur de la plaignante.

Les policiers auraient nié les faits, leurs avocats ont voulu mettre en cause la victime, comme cela avait déjà été le cas à l’époque des faits. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur avait réagit publiquement en débutant son discours par une phrase mettant en cause la jeune fille.

Sana Sbouai

Elections en Tunisie : Le projet de loi électorale bientôt à l’étude

Après la Constitution place aux élections en Tunisie. L’ISIE a tenu sa première conférence de presse cette semaine. Dans quelques jours c’est le projet de loi électorale qui sera à l’étude en séance plénière à l’Assemblée.

Mur d'affichage des listes à Tunis en octobre 2011- Crédit image : Sana Sbouai

La nouvelle Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE) vient d’organiser sa première conférence de presse. Il y était notamment question du calendrier électoral. En effet le président de l’ISIE a insisté sur la nécessité d’organiser les élections dans le courant de l’année 2014. Un pari qui semble difficile à tenir si l’on en croit les avis d’experts internationaux, pour qui la préparation d’élections demanderait 8 mois de mise en place. En effet les listes électorales sont à revoir et l’administration régionale de l’ISIE est à remettre en place.

Il faudrait donc se mettre au travail rapidement, or l’ISIE, dont la nomination des membres pose question, n’a pas encore de local pour travailler.

Etude du projet de loi électorale

De son côté la chargée de communication de l’ANC a annoncé que le projet de loi électorale serait présenté en assemblée plénière la deuxième semaine du mois d’avril. La discussion s’annonce animée. Certains articles prêtent à polémique. Ainsi un article prévoit de frapper d’inéligibilité les personnes ayant des responsabilités au sein du RCD, le parti de l’ancien régime. Or si la discussion s’éternise l’adoption de la loi sera retardée, retardant par là même la tenue des élections.

L’ONG Al Bawsala, qui a mis en place un observatoire de l’ANC, a publié sur son site la proposition de loi organique relative aux élections et référendums en arabe.

Sana Sbouai

Changement de PDG à la tête de la Radio Nationale Tunisienne ?

La révolution dans le monde des médias tunisiens met du temps à se mettre en place. Ceci est encore plus vrai lorsque l’on parle des nominations à la tête des médias. Ainsi un conflit dure depuis des mois au sein de la Radio Nationale Tunisienne, suite au parachutage d’un PDG.

En avril 2012 un nouveau PDG était parachuté à la tête de la Radio Nationale Tunisienne. Ancien employé du service des archives, Mohamed Meddeb ne semblait n’avoir ni les compétences professionnelles, ni les compétences humaines pour le poste. Cette nomination jugée « abusive » par une partie des employés de la radio, aura pour conséquences des conflits, des évictions et des démissions.

Aujourd’hui la situation serait sur le point de se régler : le PDG aurait décidé de quitter son poste après que des négociations aient eu lieu entre Mohamed Meddeb et le secrétaire général du syndicat de base de la radio, un représentant du Syndicat national des journalistes et des journalistes en grève, rapporte la radio Mosaïque FM.

Cette nomination à la tête d’un média n’est pas la seule en Tunisie. En août 2012 la maison Dar Assabah, qui publie les quotidiens Assabah et Le Temps et qui est détenue à hauteur de 80% par l’Etat, avait vu la nomination, à sa tête d’un ancien journaliste, considéré comme proche de l’ancien système. Après deux mois de grève de la part d’une partie des journalistes, il avait finalement était nommé à un autre poste.

Le décret-loi 116 de 2011, sur la régulation de la communication audiovisuelle, prévoit pourtant le cadre des nominations, mais reste encore peu appliqué.

Sana Sbouai

Photo : L’erreur du Ministère de l’Intérieur

Des affrontements ont eu lieu entre les forces armées et des terroristes présumés, en Tunisie en début de semaine. Le Ministère de l’Intérieur a organisé une conférence de presse suite à cette opération et afin d’expliquer les actions menées par les forces de l’ordre dans plusieurs régions du pays. Mais lors de la conférence une photo n’ayant rien à voir avec le terrorisme a été présenté à la presse, posant à nouveau la question de l’utilisation des images.

Crédit : Mosaique FM

L’erreur pourrait faire sourire si elle avait été commise dans un autre cadre. Sauf que l’affaire est grave et qu’elle est la preuve du laxisme quant à la vérification de l’information et du manque de prise en considération de l’impact des images.

En début de semaine une opération des forces de l’ordre a lieu pour appréhender des terroristes présumés, dans le gouvernorat de Jendouba. Le Ministère organise une conférence de presse lors de laquelle il diffuse des photos montrant « un camp d’entrainement » pour des jeunes en partance pour le Jihad en Syrie. Sauf que les internautes vigilants reconnaissent une photo faisant partie d’une album photo de scouts sur Facebook. Il s’avère que les photos avancées comme preuve sont celles d’un camp scout qui avait lieu il y a 3 ans.

Le jeune homme à qui appartient le compte Facebook, tout comme la direction des scouts ont régit rapidement pour éclairer la situation.

Le Ministère a-t-il commis une erreur ou pensait-il pouvoir utiliser n’importe quelle image d’illustration ? Il n’y a eu aucune réaction de sa part jusqu’à présent.

Plus d’images pour plus de buzz

L’autre aspect intéressant dans cette affaire est la quête du buzz par les médias. Ainsi lors des affrontements en début de semaine des hommes sont abattus et rapidement les photos des corps circulent sur les réseaux sociaux. Des photos chocantes que l’on ne pensait plus revoir après le tollé qu’avait soulevé la diffusion, par la télévision nationale, d’images des corps de soldats égorgés au Mont Chaambi, l’été dernier.

La compétition médiatique fait que les médias n’hésitent pas à diffuser ce type d’image, en faisant fi de la déontologie et en alimentant ainsi la propagande sécuritaire.

Sana Sbouai

Al Sajin 52 : Pour la dépénalisation de la consommation du cannabis

La consommation de cannabis est un passe-temps à haut risque en Tunisie : la simple consommation d’un joint est puni d’un à trois ans de prison et de 1000 à 3000 dinars d’amende (500 à 1500 euros). Des mesures punitives qui n’ont aucun impact positif, comme en ont souvent témoigné des jeunes consommateurs emprisonnés : arrêt des études, casier judiciaire et consommation d’autres types de stupéfiants en prison. Un collectif a lancé la semaine dernière une campagne afin de dépénaliser la consommation de cannabis en Tunisie.

En mars 2012 déjà une manifestation avait été organisée devant l’ANC au Bardo, des jeunes étaient venus demander la dépénalisation du cannabis en Tunisie. La semaine dernière un collectif citoyen indépendant a relancé le débat en Tunisie Al Sajin 52 : le prisonnier 52, en rappel à la loi 52 qui pénalise la consommation de cannabis. Le collectif souhaite l’ouverture d’un débat national sur la question et une remise en question de la loi :

Art.4 : Sera puni de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de mille à trois mille dinars, tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou de matières stupéfiantes, hors les cas autorisés par la loi. La tentative est punissable.

Le collectif a rédigé une lettre ouverte à l’attention du Premier Ministre :

Monsieur le Chef du Gouvernment,

A travers Al Sajin 52, et au diapason de cet air de liberté qui souffle sur le pays, nous vous sollicitons afin de considérer notre initiative et tenons à vous rappeler vos responsabilités et vos devoirs envers ce peuple et sa jeunesse à qui vous devez votre statut actuel.

Nous appelons à l’ouverture d’un débat national sous votre égide afin de travailler sur un phénomène dont l’ampleur est nationale avec pour seul crédo : Modifier sensiblement la loi 52.

Plutôt que de continuer à appliquer une loi parmi les plus répressives au monde et ignorer ses conséquences ravageuses ; Arrêtons l’hypocrisie !

Cette loi était utilisée de manière répressive par l’ancien régime contre les voix contestataires. Aujourd’hui, pour les défenseurs de la réforme, c’est toujours le cas. L’emprisonnement du chanteur Kafon, co-auteur de la chanson Houmani, tube national, visionné des millions de fois sur youtube en quelques mois et qui raconte les conditions de vie des jeunes Tunisiens, en serait un exemple.

Sana Sbouai

Censure sur Internet : Anniversaire du décès de Zouhair Yahyaoui

Alors que la journée mondiale contre la censure sur Internet, lancée par Reporters Sans Frontières en 2008, était célébrée hier, les cyberactivistes tunisiens commémorent aujourd’hui le triste anniversaire de la mort de Zouhair Yahyaoui, cyberdissident, fondateur de Tunezine.

Crédit image : Association des blogueurs tunisiens

Zouhair Yahyaoui est devenu l’un des symboles de la liberté d’expression en Tunisie. En 2001 il fonde le site Tunezine, sur lequel lui et d’autres publient des posts virulents à l’encontre du régime en place. Arrêté en 2002 Zouhair Yahyaoui passera un an et demi en prison où il est victime de torture. En 2003 il bénéficie d’une libération conditionnelle, suite à des pressions internationales. La même année RSF lui décernait le premier prix Cyberliberté. Il meurt en 2005 alors qu’il n’a que 37 ans. Aujourd’hui un événement en son honneur est organisé à Tunis.

Alors qu’Internet a permis de lutter contre l’ancien régime et que les internautes semblent bénéficier d’un Internet libre depuis la révolution, le risque d’un retour de la censure n’est pas à exclure en Tunisie.

Hier RSF publiait l’édition 2014 de son rapport Ennemis d’Internet. « Un document qui révele les secrets des institutions qui, au sein des États, mettent en oeuvre la répression et les atteintes à la liberté de l’information en ligne. »

Le rapport fait mention de l’ATT en Tunisie, l’Agence technique des télécommunications, destinée à surveiller les communications dans le cadre des investigations judiciaires relatives aux “crimes d’information et de la communication”. Pour RSF l’apparition « brutale, par décret, et sans concertation avec la société civile, ravive le souvenir de l’ATI, symbole de la censure sous Zine El-Abidine Ben Ali. » Surtout en l’absence de gardes fous.

Conscients de ce danger les citoyens tunisiens se mobilisent contre l’ATT. Ainsi l’avocat Kais Berjab a déposé un recours pour excès de pouvoir en janvier dernier, contre le décret relatif à la création de l’ ATT.

Sana Sbouai