Ikhtiartounes.org pour un choix politique stratégique

A ceux qui ne s’y retrouvent pas entre les annonces des politiciens et les programmes en cours de fabrication, la plateforme Ikhtiartounes.org apporte une solution. En 30 questions l’internaute trouve le parti politique avec lequel il a le plus d’affinités. Simple et efficace.

« Un impôt sur la fortune doit être institué. » « Les régions les plus défavorisées doivent bénéficier d’un transfert de fonds provenant des autres régions. » « Un logement universitaire doit être garanti pour tous les étudiants qui bénéficient d’une bourse. » « Le droit à l’avortement doit être maintenu. » A chaque proposition l’internaute à trois choix : d’accord, pas d’accord, sans avis.

Via « l’electionnaire » de Ikhtiartounes l’internaute répond à 30 questions qui lui permettent de comparer ses convictions à celles de partis politiques et de mieux savoir où il se situe.

C’est une initiative du collectif des Jeunes Indépendants Démocrates, qui avait vu le jour en 2011 et qui a été relancée, pour aider les Tunisiens à faire leur choix. En 2011 plus de 70 000 utilisateurs avaient comparé leurs convictions aux positions des différents partis politiques.

« Les coups à la maison, le pardon sur les plateaux! »

L’association Beity, qui apporte aide et soutien aux femmes en difficulté en Tunisie, vient de dévoiler un spot contre les violences faites aux femmes et leur banalisation. Une parodie acerbe des talkshows qui font ravage à la télévision.

« Bienvenu dans notre nouvelle édition de l’émission : « Les coups à la maison, le pardon sur les plateaux! » lance un présentateur habillé de noir installé prés de la silhouette d’une jeune femme, dissimulée dans la pénombre.

Il marque un temps d’arrêt et un spot lumineux s’allume, illuminant la jeune femme « invitée » du jour. Elle a un bras et une jambe plâtrés.

Le spot que l’association Beity, qui aide et soutien les femmes marginalisées, vient de publier change des campagnes de sensibilisations habituelles en Tunisie.

Pas de larmoiement, mais de l’ironie. Résultat : un spot percutant.

La vidéo parodie les tristes et célèbres émissions de talkshow, qui étalent la vie privée des personnes témoins.

Elle se termine sur ces phrases, qui attaquent directement les auteurs de violences, ainsi que les personnes qui en font l’apologie : « La violence n’est pas un jeu…c’est un crime ! La banalisation de la violence est encore plus criminelle. »

Manuel Valls en visite en Tunisie

Le Premier ministre français sera en visite en Tunise le lundi 8 septembre. Il assistera notamment à la conférence internationale « Investir en Tunisie, start-up démocratie » à laquelle plus de 30 pays sont conviés. Les propos indélicats du Premier ministre français, tenus en 2013, semblent oubliés.

Crédit image : AFP

En Tunisie tout le monde se souvient de la déclaration d’une députée en février 2013, qui avait demandé, dans un français approximatif, à l’actuel Premier ministre français, à l’époque ministre de l’Intérieur, de s’excuser de ses propos sur le « fascisme islamiste » en février 2013, à la suite de l’assassinat du leader politique de gauche Chokri Belaid.

Si l’accrochage semble oublié la visite de Manuel Valls en Tunisie ne laisse pas muet. Il y a quelques jours la député franco-tunisienne Karima Souid n’hésitait pas à twitter :

Alors que @chantalrebelle rappellait :

La finance ne s’embarrasse pas de points de vue. La conférence internationale « Investir en Tunisie, start-up démocratique », qui aura lieu le lundi 8 septembre en présence de représentants d ‘une trentaine de pays et d’une vingtaine d’institutions financières, comptera donc parmi ses invités, le Premier ministre français.

Le Premier Ministre tunisien a déclaré qu’il s’agissait d’un congrès pour « cibler des coopérations fructueuses ». Il ne s’agit pas cette fois de partir à la chasse aux aides et subventions, mais de tenter de relancer les partenariats et investissements étrangers.

Tara la goélette qui défend l’environnement

Depuis lundi la goélette Tara, qui réalise une expédition en Méditerranée depuis le mois de mai et jusqu’au mois de novembre, a amarré à Bizerte pour une semaine de sensibilisation et d’étude scientifique sur les enjeux environnementaux et la pollution microplastique en Méditerranée.

La goélette Tara fait escale à Bizerte pendant une semaine. Et le programme est chargé : une exposition, une projection, des conférences, des visites de la goélette ainsi qu’un nettoyage de plage sont programmés.

L’idée de l’équipage est de partager avec le public et de l’alerter sur la situation environnemental des océans. « L’océan c’est 50% de l’oxygène que nous respirons via la production des planctons or la pollution microplastique s’accroît de plus en plus dans les océan et dans les mers  » explique Marc Domingos, chargé de comunication. « Les microsplastiques commencent à entrer dans notre chaîne alimentaire. Ils sont consommés par les planctons, qui sont mangés par les poissons, que nous mangeons ensuite. Il faut donc s’intéresser aux conséquences que cela va avoir sur nous. »

La goélette a fait escale un peu partout en Méditerranéenne : France, Italie, Chypre, Liban… L’accueil est toujours bon. L’expérience touche toutes les catégories de public : des enfants aux décideurs politiques.

En Tunisie pour une semaine la goélette mettra ensuite le cap sur l’Algérie, l’Espagne et le Portugal : « Il est important pour nous de partager cette expérience sur toutes les rives de la Méditerranée. La pollution plastique est un problème commun : avec les courants les déchets se déplacent et la pollution se propage rapidement. C’est un problème commun. »

Pour lutter contre cette pollution chacun doit y mettre du sien, à commencer par le citoyen : « En tant que citoyen il faut essayer de limiter notre production de détritus. C’est un phénomène assez nouveau. Aujourd’hui nous consommons beaucoup d’aliments avec des emballages individuels par exemple. Il faut apprendre à réduire ces détritus et à mieux gérer les déchets qui restent » explique Marc Domingos.

Des artistes, choisis par la créatrice Agnés B. ont été embarqués : photographe, illustrateur, vidéaste, écrivain… chacun à sa façon apportera son témoignage de cette expédition. Via l’art l’expédition veut toucher un public plus large et ramener les gens à la science, qui reste encore un domaine mal compris par le public.

A la fin de l’expédition un ou deux livres seront publiés rapportant les discussions et débats qui auront eu lieu tout au long de l’expédition le long des rives méditerranéenne.

Les données scientifiques collectées seront elles rendues publiques.

Believe in Yourself : une campagne qui intrigue

Une campagne de teasing sur le web fait des curieux depuis des semaines. Elle a commencé via la publication de photos de personnalités tunisiennes à cotes desquelles on pouvait lire le slogan Believe in yourself. La campagne continue maintenant sur un site web sur lequel on découvre des photos de jeunes tunisiens originaires de tout le pays, qui parlent de leur rêve.

« Believe in yourself » : crois en toi et tu pourras être un militant des droits de l’homme, un artiste… Il y a quelques semaines des photos postées sur les réseaux sociaux intriguaient. On y voyait des personnalités tunisiennes poser sur fond vert avec un slogan : Believe in yourself.

La page facebook de la campagne compte plus de 10 000 sympathisants. On peut y voir des photos postées par de jeunes tunisiens qui prennent part à la campagne ou des photos d’événements comme une soirée dans la médina ou une campagne photo.

S’agit-il d’une campagne de développement personnel ? Les medias s’interrogent, les citoyens aussi.

Journée anniversaire de la promulgation du CSP

Le 13 août est une journée particulière en Tunisie : c’est l’anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel. Une série de lois progressistes qui visaient à instaurer une égalité homme-femme.

Crédit image : France 24 - Aout 2012

La Tunisie a été un pays progressiste quant à la question des droits des femmes. Le 13 août 1956 un décret beylical promulgué une série de loi visant à instaurer l’égalité homme-femme dans le pays. Ainsi le consentement des deux époux et nécessaire pour le mariage, l’âge minimum du mariage est de 18 ans, la polygamie est interdite…

Dans les faits le but n’a pas encore été atteint, comme dans de nombreux pays. Les salaires restent inégaux, tout comme l’accès au postes de décision. Les violences à l’encontre des femmes restent quotidiennes. Des retours en arrière ont été tentés à travers la volonté d’inscription dans la Constitution du principe de complémentarité. Une tentative vite avortée, la société civile étant montée au créneau.

A l’occasion de cette journée anniversaire le secrétariat d’Etat de la femme et de la famille a organisé un flashmob devant le ministère, auquel il a invité les passants à participer.

Un projet de loi contre les violences faites au femmes doit être présenté aujourd’hui à l’Assemblée afin d’entériner l’article 46 de la Constitution qui stipule que l’Etat s’engage à lutter contre les violences faites aux femmes.

Libye en crise : La Tunisie se referme

Voilà un mois que la situation sécuritaire est très instable en Libye et que des affrontements armés ont lieu à Tripoli entre des milices. De nombreuses personnes fuyant les affrontements affluent régulièrement à la frontière tuniso-libyenne. Environ 147 000 personnes auraient passé la frontière à Ras Jedir depuis le début du conflit.

Crédit image : L’Économiste maghrébin

Depuis mi-juillet les combats entre milices ont repris en Libye. De nombreux travailleurs étrangers et citoyens libyens fuient les conflits armés et affluent à la frontière. Environ 147 000 personnes auraient passés la frontière à Ras Jedir, selon l’agence TAP. La gestion de la situation au poste frontière n’est pas évidente et les forces de l’ordre ont été amenées à faire usage de la force pour tenter de contrôler les entrées. Seuls les ressortissants tunisiens ainsi que les étrangers ayant un moyen de rejoindre leur territoire national sont autorisés à entrer en Tunisie.

Contrairement à la crise de 2011 il n’est pas question cette fois-ci de l’installation d’un camp de réfugié en Tunisie et ce malgré le fait que la nouvelle Constitution fasse état du statut de réfugié.

La résolution du conflit semble encore lointaine. Pourtant lundi 11 juillet le ministre des affaires étrangères tunisien a déclaré que la Tunisie s’opposait à une intervention étrangère car croit en un possible règlement politique de la situation.

Des réservistes pour le bon déroulement des élections

Alors que l’armée continue à être la première cible d’attaques terroristes, le Premier ministre a décidé de faire appel à des réservistes pour assurer le bon déroulement des prochaines élections en octobre et novembre prochains.

Crédit image : Mosaique FM

Les soldats viendront prêter main forte pour assurer le bon déroulement des élections législatives et présidentielles. Le Premier ministre a fait appel aux réservistes pour les scrutins législatives et présidentiels en octobre et novembre prochains.

La cellule de crise en charge de la question sécuritaire a donné son accord. Reste au ministère de la Défense de décider du nombre d’hommes à mobiliser, peut-on lire dans le quotidien La Presse, du dimanche 10 août.

Ainsi, selon la radio Mosaique FM, les soldats à la retraite depuis moins de 5 ans sont appelés à reprendre leur poste.

La question sécuritaire n’est pas encore réglée dans le pays et les autorités semblent vouloir s’assurer que les élections se dérouleront sans accroc.

Les forces de sécurité sont souvent prises pour cible et des opérations de ratissage sont régulièrement menées. Mises à mal les autorités réduisent la communication au minimum. Un communiqué conjoint de la part du ministère de l’Intérieur et de la Défense considère les informations sans origine officielle, comme du « chahutage ».

Les candidatures pour le scrutin présidentiel s’accumulent

Les annonces de candidature pour le scrutin présidentiel s’accumulent alors que les électeurs ne se sont toujours pas déplacés en masse pour s’inscrire sur les listes électorales.

Lors du scrutin pour l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante en octobre 2011 plus de 120 partis politiques s’étaient présentés. On aurait pu penser que les partis en tirent une leçon : celle de l’inefficacité de l’éparpillement. Loin de là semble-t-il. Les annonces de candidatures pour le scrutin présidentiel s’accumulent, alors que le scrutin est prévu pour la fin du mois de novembre, soit un mois après les élections législatives, qui semblent mobiliser beaucoup moins.

Alors que de nombreux politiciens déjà présents sur la scène ont déclaré se porter candidat, de nouvelles têtes se lancent aussi dans la compétition, comme une jeune femme, qui déclare que le vide politique l’a poussée à présenter sa candidature. Une motivation assez étonnante quand les observateurs politiques estiment qu’il pourrait y avoir une quarantaine de candidatures au total, pour le premier scrutin présidentiel libre et indépendant.

Alors que l’issu du scrutin en 2011 n’était pas évident, cette fois-ci l’éparpillement des voix pourra profiter au deux grands partis présents et crée une polarisation, comme l’explique un rapport de Crisis Group publié en juin 2014.

Les citoyens eux sont peu mobilisés. L’ISIE a donc décidé de prolonger à nouveau le délai pour s’inscrire sur les listes jusqu’au 31 août et non plus 4 août, comme annoncé précédemment.

Debbo, manufacture à idées

Ils n’en sont pas à leur coup d’essai la bande de l’asso Ta3bir, avec Debbo, le dépôt, en dialecte tunisien, qu’ils viennent de prendre d’assaut, pas très loin du ministère de l’Intérieur, dans un quartier populaire. Dans la rue les dépôts de vente d’outils agricoles s’enchaînent. Eux viennent d’ouvrir un lieu « qui ne vend rien : ni pièce de rechange, ni alcool » contrairement aux dépôts qui l’entourent.

Crédit image : Association Ta3bir

Avant il avait « un sol blanc, des murs vides, des lignes droites » et puis l’équipe est arrivée, l’a rempli «  de couleurs, de bruits, de mouvements» comme l’explique le flyer que Rafik, un des deux frères Omrani, a rédigé pour présenter.

L’association Ta3bir, qui a pour but de produire du contenu numérique artistique et de de former les jeunes à produire un tel contenu, vient d’ouvrir un espace dédié à la culture mais qui n’est pas un café culturel, comme on en voit fleurir beaucoup. Le Debbo, est un lieu ouvert, pour créer, produire, des films, du théâtre, de la photo…

Avant la révolution les frères Omrani, avec des amis, c’étaient regroupés en collectif informel « car essayer de constituer une association était impossible » explique Rafik.

A l’époque ils réalisent le premier film tunisien d’animation en pâte à modeler. « On a ensuite eu envie de partir en région former des enfants à faire pareil »

La révolution est arrivée, retardant le projet mais leur permettant d’accéder à d’autres. Ta3bir s’est ainsi occupée de l’Arab Digital Camp, qui a normalement lieu en Egypte. Une soixantaine de jeunes de 12 à 14 ans et une vingtaine de formateurs y ont pris part.

Leur envie de former des enfants et les jeunes n’a pas disparue. Au début de l’été ils organisaient d’ailleurs un atelier de théâtre.

Pour l’inauguration du lieu une belle expo d’art visuel s’affichait au mur. L’équipe de Ta3bir a de nombreux projets : « Nous sommes là pour durer » explique la présentation. On leur souhaite ! Et pour en savoir plus il suffit de passer les voir.