Viol de Meriam : Condamnation en appel à 15 ans de prison ferme pour les policiers

Jeudi 20 novembre la cour d’appel de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire de la jeune fille violée par des policiers. Ils ont écopés de peine de 15 ans de prison ferme, contre une peine initiale de 7 ans en première instance. La peine de 2 ans de prison pour complicité a été maintenue.

Il y a deux ans maintenant, à l’automne 2012, une jeune fille se faisait violer par des policiers lors d’un contrôle d’identité. Son petit ami, lui, était victime de racket. Les autorités avaient commencé par mettre en cause la jeune fille. Un procès est intenté contre elle pour atteinte à la pudeur. Mais suite à la mobilisation de la société civile et une forte médiatisation l’opinion publique avait rapidement soutenu la jeune fille.

En première instance les deux policiers accusés de viol avaient écopés d’une peine de 7 ans et leur subalterne d’une peine de deux ans pour complicité. Hier en appel les peines ont été alourdies à l’encontre des deux policiers.

Le témoignage de la jeune fille a été publié dans un livre, publié en avril 2013.

Slim Chiboub déclare vouloir rentrer en Tunisie

Le gendre de Ben Ali, homme d’affaire de 55 ans, ancien Président d’un club de foot, qui vit en exil aux Emirats Arabes Unis depuis la révolution et qui est sous le coup d’un mandat de dépôt d’Interpol, a donné une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans laquelle il dit vouloir rentrer en Tunisie d’ici quelques jours.

Crédit image : Tunisie Focus

L’information tournée sur quelques sites tunisiens depuis quelques jours, dans une interview publiée dans l’hebdo Jeune Afrique, mercredi 13 novembre, c’est l’intéressé lui-même qui le confirme : Slim Chiboub, gendre du dictateur déchu, compte rentrer en Tunisie.

Condamné à contumace en Tunisie à 5 ans de prison pour possession d’arme, l’homme est recherché par la justice tunisienne et sous le coup d’un mandat de dépôt d’Interpol. Muni d’un passeport périmé il compte essayer, aux alentours du 18 novembre, selon ses dires, de rentrer en Tunisie. Un retour qui semble difficile, sans discussions préalables avec les autorités. Slim Chiboub ne répond pas clairement à la question et dit n’avoir aucune assurance de ce côté là.

Cet ancien volleyeur est entré dans le monde des affaires et du sport tunisien, après avoir épousé la troisième fille du premier mariage de Ben Ali.

Comment traiter médiatiquement de la campagne électorale ?

Les médias et journalistes tunisiens doivent courvrir en l’espace de deux mois, deux campagnes électorales. Un exercice compliqué qui donne lieu à des dérapages. Non respect du silence électoral, publicité politique ou propagande… pour éviter ces écueils la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle a publié un Guide à l’attention des journalistes et médias.

La HAICA va-t-elle devoir prendre des sanctions financières contre des médias ? Elle y réfléchit. En effet certaines radios et chaines de télévision ont diffusé des campagnes de propagande politique et des sondages lors de la première semaine de la campagne électorale de l’élection présidentielle.

La haute autorité est, selon son président, « responsable du contrôle du degré de respect de la loi pour garantir une couverture médiatique répondant aux exigences de la neutralité et de la transparence. »

La HAICA a publié un Guide des journalistes tunisiens pour la couverture de la campagne électorale qui permettait eux journalistes et médias de se familiariser avec les principes de base de la couverture médiatique des élections. Il y est notamment fait mention :

Pour une bonne pratique journalistique en temps d’élections dans les pays en phase de transition démocratique, le rôle du journaliste ne se limite pas seulement à la couverture de la campagne des partis ou des candidats. Il doit également s’assurer, tout au long du processus électoral, que les conditions d’une élection libre, fiable et transparente sont réunies.

Retour sur l’attaque contre des soldats au Kef

Mercredi en début d’après-midi une attaque terroriste a été menée contre un bus transportant une quinzaine de militaires, dans la région du Kef. Cinq soldats sont morts suite à cette attaque et dix ont été bléssés.

Crédit image : Leaders

En début d’après-midi, mercredi 5 novembre, une attaque terroriste a été menée contre un bus qui transportait 15 soldats, dans le gouvernorat du Kef, dans l’ouest du pays. Des individus armés ont mitraillé le bus qui servait au transport des militaires et de leurs familles. Trois soldats seraient morts sur le coup et douze autres ont été blessés.

Les blessés ont été transportés à l’hôpital régional du Kef. Deux d’entre eux sont décédés à l’hôpital. L’équipe médical a dénoncé le manque de moyens techniques et humains de l’hôpital.

Hier, jeudi, les cérémonies d’enterrement avaient lieu. Le President de la République avait décrété une journée de deuil national. Une marche a eu lieu, dans la journée au Kef, à la mémoire des soldats.

Cette attaque a suscité de nombreuses réactions d’indignation de la part de la classe politique. Sa médiatisation a, elle, posé des problèmes de déontologie. Des images et vidéos de l’attaque et de ses conséquences ont été publiées dans les médias et ont circulé sur les réseaux sociaux. Le ministère de la Défense a appelé les médias à éviter ce genre de publication, pour ne pas faire « de propagande gratuite » aux terroristes. Le Procureur militaire a décidé d’ouvrir une enquête suite à la publication de ces contenus.

Présidentielles en Tunisie : Des discussions entre candidats

Le 23 novembre prochain aura lieu le premier tour du scrutin des présidentielles. La course au Palais est donc lancée. Les jeux se resserrent car il n’y aura qu’un élu sur les 27 candidats à la présidentielle en Tunisie.

Le 23 novembre se tiendra le premier tour des élections présidentielles en Tunisie, un scrutin qui compte 27 candidats. Maintenant que les deux grands partis se partagent plus de 150 des 217 sièges de la future assemblée, les discussions ont lieu pour choisir le prochain président. Des élections doivent bien avoir lieu, mais des appels sont lancés pour choisir un président consensuel.

Ainisi Mustapha Ben Jaâfar, candidat à la présidentielle, « invite la famille centriste à choisir un candidat consensuel à la présidence » peut-on lire dans le quotidien francophone La Presse. Il a ainsi nommément invité Moncef Marzouki, Néjib Chebbi, Mohamed Abbou, Ali Romdhane, Brahim Hayder, Mohamed El Hamdi et Raouf Ayedi, à se réunir pour entamer des discussions.

Le candidat, du parti malheureux aux élections législative,s n’est pas le seul à réfléchir dans ce sens. Ainsi dans le camps des Destouriens, un désistement à eu lieu, afin de permettre au vieux leader du parti vainqueur, Nidaa Tounes, de se faire une place, lit-on, toujours dans le quotidien La Presse.

Ils étaient quatre candidats destouriens mais le risque de fragmentation des voix semble jouer, si bien que l’un des candidats aurait décidé de se retirer de la course.

Un des candidats destourien ne se plie pas à la démarche. L’ancien gouverneur de la Banque Centrale continue à défendre sa cause en ne cessant de répéter que «dans le contexte actuel, le Président indépendant est le meilleur profil »,

De son côté le très controversé Hechmi Hamdi, à la tête du « Mouvement de l’amour » fait parler de lui. Il y a quelques jours il avait annoncé se retirer de la course, avant de revenir sur sa décision.

Législatives en Tunisie

Les élections législatives étaient organisées dimanche 26 octobre en Tunisie. Le vote doit permettre de mettre en place un nouveau parlement, qui sera en charge du travail législatif et de la mise à jour du corpus juridique, après adoption d’une nouvelle Constitution adoptée au début de l’année 2014. Ce sont prés de 60% des inscrits qui se sont déplacés pour voter.

Tout le monde a en tête les élections d’octobre 2011. Il avait fallu patienter des heures pour pouvoir voter. C’était bien différent cette fois-ci. Le taux de participation avoisine les 60% d’inscrits. Mais en cours de journée peu d’electeurs s’étaient déplacés.

Pas de file d’attente devant une école d’un quartier résidentiel de Tunis, dans la matinée.

Deux frères viennent de voter.

Au centre de ville de Tunis, il n’y avait pas foule non plus, alors qu’en 2011 les votants avaient dû patienter pendant plus de trois heures.

Plusieurs fois dans la journée l’ISIE a tenu des conférences de presse pour faire le point sur le taux de participation et répondre aux questions des journalistes.

Elections : Rigoler ou comparer, sur le Net tout est possible

Dans quelques jours les Tunisiens iront voter pour les élections législatives puis, dans un mois, pour les élections présidentielles. La campagne continue de battre son plein. Les candidats défilent à la télé et sur les ondes des radios. Mais il semble que la majorité des citoyens est encore indécise. Pour lutter contre l’ambiance morose les Tunisiens ont la possibilité de faire un tour sur le Net : rire de la campagne ou faire son choix, les deux sont possibles.

elections

Si les citoyens tunisiens en ont marre d’entendre les candidats aux législatives et aux présidentielles se tirer dans les pattes, ils peuvent toujours faire une pause et rigoler un peu. Il y a quelques jours un clip était publié sur Youtube. Le titre de la chanson : « My name is Sebssi » prêtait à sourire. Le visionnage de la vidéo aussi :

Pour ceux qui veulent parler de choses sérieuses il y a le débat infini sur vote utile, avec ceux qui appellent à choisir en fonction de la conjoncture et dans l’idée de « contrer une menace », et ceux qui démontent l’argumentaire très simplement :

Sinon il y a la géniale initiative du Comparateur, qui permet de sélectionner des partis et de comparer le contenu de leur programme sur différents aspects mais aussi de comparer le CV des candidats à la présidentielle.

« L’objectif est de fournir une information en temps réel avec une fonctionnalité de veille qui permet à l’utilisateur de comparer les programmes fournis par les partis en lice au travers d’une catégorisation par thématique mais aussi d’interagir sur les médias sociaux au travers du partage des résultats de recherches  » peut-on lire sur le site.

Critiques à l’encontre d’un reportage sur les biens mal acquis

Les réseaux sociaux n’en finissent pas de critiquer ! Suite à la diffusion, dimanche soir sur M6, d’un reportage d’Enquête exclusive sur les biens de la famille Ben Ali, les internautes tunisiens se sont attaqués à l’émission.

Dimanche soir la chaîne française M6 diffusait un reportage de plus d’une heure sur la fortune de Ben Ali et de ses proches. Images édifiantes du lieu de résidence du dictateur, accumulation de biens et de richesses, luxe surréaliste… à mille lieux de la vie des citoyens.

Les journalistes réussissaient l’exploit de retrouver la trace, au Canada, de l’un des gendres de Ben Ali et de l’aborder pour essayer de le questionner.

La réaction attendue suite au visionnage de ce reportage est résumée dans les propos de la militante des droits de l’homme Amira Yahyaoui :

Mais à la place de vives critiques à l’encontre de la chaîne et du traitement on vu jour. Un groupe d’internautes a même lancé une page sur un réseau social pour appeler à manifester devant les locaux de la chaîne à Paris.

Chose qui agace certains internautes fatigués, par les polémiques stériles et hors propos. La députée Karima Souid, qui témoigne dans le reportage, a elle-même réagi à la polémique en publiant un statut :

La violence policière tue toujours

Deux cas de personnes décédées suite à des violences policières, ont été dénoncés par l’Organisation Contre la Torture en Tunisie, en moins d’une semaine.

Crédit image : napafriquemonde.com

A la fin du mois de septembre l’OCTT a publié un communiqué suite au décès du prisonnier Ali Ben Khmiss Louati. Quelques jours plus tard l’organisation faisait à nouveau une déclaration publique suite au décès d’un deuxième homme, Mohammad Ali Souissi, après qu’il ai passé plusieurs jours en garde à vue.

Pour l’OCTT il existe une forte présomption de torture. L’organisation a demandé aux autorités d’assumer leurs responsabilité et de mener une enquête.

La situation est inquiétante, il ne s’agit pas de militants ou d’activistes, il s’agit de citoyens ordinaires. On se rend compte qu’il y a encore de nombreuses personnes qui sont victimes de violences policières. Ce phénomène nous inquiète beaucoup surtout que nous sommes en période préélectorale et que les autorités mènent une lutte contre le terrorisme. Nous avons appelé les forces de l’ordre à faire preuve de vigilance. Nous comprenons que leur situation est difficile mais en aucun cas il ne peut y avoir atteinte à l’intégrité humaine

a déclaré Gabriele Reiter, directrice de l’OMCT à Tunis.

Les observateurs des élections de l’UE sont de retour en Tunisie

Une centaine d’observateurs des élections, originaires des 28 pays membres de l’UE, de la Norvège, de la Suisse et du Canada seront déployés en Tunisie lors de la période électorale, dans le cadre de la mission d’observation.

« Je suis frappée par le degré de disponibilité et de bonne volonté de mes interlocuteurs pour contribuer à assurer le bon déroulement du processus électorale » a déclaré Annemie Neyts-Uttebroeck, chef de la mission d’observation électorale MOE. Elle est arrivée en Tunisie il y a quelques jours et a déjà rencontré une série de représentants de partis politiques et de la société civile.

Suite à la demande des autorités tunisienne une mission d’observation électorale de l’UE est mise en place, comme lors des élections de 2011.

Le travail de la MOE s’étendra sur tout le territoire tunisien où 14 équipes d’observateurs de longue durée sont déjà déployées. Quelques jours avant les élections des observateurs de courte durée les rejoindront.

Deux jours après le suffrage un premier rapport de l’observation sera rendu public. La version finale sera presentée deux mois après le jour du vote.