Anniversaire de l’assassinat du député Mohamed Brahmi

La Tunisie fête aujourd’hui les 57 ans de la proclamation de la République. Mais c’est surtout l’anniversaire de l’assassinat du député Mohamed Brahmi qui prend le pas sur l’actualité.

Crédit image : Tunivision

Il y a un an le député de gauche, Mohamed Brahmi, était abattu devant chez lui. Un assassinat politique semblable à celui dont était victime 6 mois avant lui, l’avocat et leader de gauche Chokri Belaid. Les deux crimes n’ont toujours pas été élucidés et la population a tenu, une nouvelle fois, à marquer sa solidarité avec les familles.

Hier jeudi 24 juillet, un rassemblement avait lieu au Bardo, à Tunis.

Aujourd’hui, lors d’une séance extraordinaire au sein de l’Assemblée, le président de l’ANC a rendu hommage au député assassiné. Il a appelé à la création d’un fond national pour la lutte contre le terrorisme. Le Président de la République a lui aussi appelé à soutenir les efforts des force de l’ordre contre ce phénomène.

Elections en Tunisie : Une semaine de plus pour s’inscrire sur les listes

Alors que près de 600 000 nouveaux électeurs se seraient inscrits sur les listes électorales durant la campagne d’inscription, l’ISIE vient de repousser d’une semaine la date limite d’inscription, afin de permettre aux retardataires de se rattraper.

L’Instance Supérieure Indépendante des Elections a finalement changé d’avis. Le mardi 22 juillet devait être le dernier jour pour s’inscrire sur les listes électorales. Une semaine de prolongation a été octroyée aux citoyens.

C’est sans doute la mobilisation tardive qui a poussée l’ISIE a changé d’avis puisque sur les deux derniers jours 140 000 personnes sont venues s’inscrire pour un total de 600 000 nouveaux inscrits depuis l’ouverture des inscriptions, le 23 juin dernier.

Pourtant de nombreux points d’inscription ont été déployés pendant un mois à travers le pays. Mais une panne informatique, dûe à un piratage du système informatique, avait bloqué les démarches pendant plusieurs jours.

Sur un corps électoral estimé à plus de sept millions d’électeurs, à peine plus de 4 millions ont effectué les démarches d’inscription en 2011. Pour le précédent scrutin il avait été possible de voter sans inscription préalable. Ce ne sera pas le cas cette année puisque seuls les citoyens inscrits sur les listes électorales pourront voter.

Les dates des scrutins, elles, n’ont pas été décalées.

Terrorisme : les réactions se multiplient

La dernière attaque terroriste contre les soldats a secoué le pays. Des manifestations citoyennes ont eu lieu, pour dénoncer la violence et les autorités tentent de s’organiser.

Crédit : La Presse

Ce week-end des manifestations contre le terrorisme ont eu lieu en Tunisie. Dans différentes villes du pays les citoyens et les organisations de la société civile ainsi que les partis politiques sont descendus dans la rue à l’appel du principal syndicat, pour dire leur refus de la violence. Mais à Tunis l’image d’unité nationale n’a pas fonctionné, des différents entre membres de partis politiques ayant eu lieu.

Les citoyens en général ont exprimé leur mécontentement face au manque d’action et au peu de visibilité de l’action des autorités alors qu’approche la date anniversaire du massacre de Chaambi de l’été 2013, au cours duquel 8 soldats avaient trouvé la mort.

Des critiques que la Présidence de la République n’a guère appréciée. Elle a publié un communiqué dans lequel elle annoncé son intention de porter plainte en cas de déclarations intempestives envers la sécurité nationale ou d’accusations tendancieuses contre les responsables de l’Etat.

Comme pour répondre aux critiques des la population de nouvelles descentes ont été organisées par les forces de l’ordre et plusieurs individus ont été placé en état d’arrestation. Ils appartiendraient à un mouvement qui serait l’auteur d’actes terroristes.

Autre réponse des autorités : le Premier Ministre, lors d’une réunion de crise, a décidé la fermeture immédiate des mosquées hors contrôle du ministère des Affaires Religieuses. Un phénomène qui dure depuis la révolution et qui est régulièrement dénoncé , mais face auquel les autorités n’avaient pas réellement réagi jusqu’à présent.

Lors de la réunion il a également été décidé de recruter de nouveaux soldats et agents de la garde nationale.

La veille il avait été décidé la fermeture d’une radio et d’une chaîne de télévision, tribunes de discours d’apostasie. Une décision controversée. Le président du syndicat national des journalistes tunisiens s’est exprimé à ce sujet et a tenu rappeler que la guerre contre le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à des atteintes à la liberté d’expression et au pluralisme dans les médias.

Attaque au mont Chaambi : 14 soldats trouvent la mort

Hier soir des individus armés ont attaqué deux points de contrôle militaire dans la région du mont Chaambi. Les affrontements ont causé la mort de 15 soldats et fait une vingtaine de blessés dans les rangs de l’armée. Toute la nuit les informations ont été données au compte goutte.

Crédit image : Mosaique FM

MAJ : 15 soldats ont trouvé la mort lors des attaques

Mercredi 16 juillet, au moment de la rupture du jeûne, deux groupes d’individus armés ont attaqués aux lance-roquettes et à la mitraillette deux points de contrôle militaire. Ces attaques, qui ont eu lieu dans le gouvernorat de Kasserine, prés de la frontière algérienne, ont causé la mort de 15 soldats et en ont blessés une vingtaine. Un des assaillant aurait trouvé la mort, selon le ministère de la Défense. Par ailleurs un soldat est porté disparu, faisant penser à une prise d’otage.

Le responsable des opérations de l’armée de terre aurait déclaré, le 17 juillet, que parmi les assaillants il y aurait des terroristes présumés, tunisiens et algériens.

Les réseaux sociaux se sont rapidement animés à l’annonce de la nouvelle, les citoyens étant à la recherche d’information. Mais les informations filtraient au compte goutte. Alors qu’en début de soirée l’agence de presse tunisienne avançait le chiffre de 5 morts, plus tard dans la soirée les médias ne parlaient plus que de deux soldats tués lors des attaques.

En réalité l’instabilité des opérations sur le terrain ne permettait pas aux autorités de faire des déclarations claires. Ceci a été confirmé par les autorités lors d’une conférence de presse organisait en pleine nuit par le ministère de la Défense. Un manque d’information qui a agacé.

Le Président de la République a déclaré trois jours de deuil national.

Cérémonie du 14 juillet en Tunisie : Appel au boycott

Polémique du moment en Tunisie : le boycott de la cérémonie du 14 juillet organisée par l’ambassade de France et l’organisation d’un rassemblement de protestation. C’est la déclaration de François Hollande sur le conflit israélo-palestinien, très mal reçue en Tunisie, qui a déclenchée ce mouvement.

Depuis quelques jours en Tunisie il y a eu de nombreuses réactions suite à la déclaration peu appréciée de François Hollande quant au conflit israélo-palestinien. Un appel au boycott de la cérémonie du 14 juillet a même été lancé par un journaliste ainsi qu’un appel à l’organisation d’un rassemblement en signe de protestation.

Différents politiciens, partis politiques et organisations tunisiennes ont donc décidé de boycotter la cérémonie.

Sur les réseaux sociaux les citoyens ont également manifesté leur indignation suite à la prise de position de François Hollande et déclarent boycotter la cérémonie :

Alors que d’autres relèvent le manque de logique de certaines déclarations, comme Zeineb Turki, membre du bureau politique à ‎Al Joumhouri :

Ouverture d’un centre culturel de montagne à Kasserine

Depuis des mois la région de Kasserine est victime de mauvaise presse du fait des nombreux événements qualifiés de terroristes, qui y ont eu lieu. A l’opposé du mouvement l’artiste Sadika Keskes, a inauguré à la fin du mois de mai, l’ouverture d’un centre culturel dans le mont Semama. Parce que « la société ne peut pas évoluer sans culture. »

Sadika Keskes accueille les invités. Crédit image : Sana Sbouai

Pour arriver au centre culturel de Montagne, il faut grimper un peu. Il faut quitter la route principale et s’embarquer sur une petite piste, rouler un petit moment en dehors des sentiers battus. Et ça tombe bien parce que prendre de l’altitude permet de mieux réfléchir. Ce soir de la fin du mois de juin, des habitants de la région et d’ailleurs se sont retrouvés, sous l’égide de l’artiste Sadika Keskes, pour inaugurer le premier centre culturel de montagne de Tunisie.

Sadika Keskes, artiste tunisienne, qui travaille à promouvoir l’artisanat tunisien présente le projet : « C’est une région très vivante et qui veut avancer. Le centre culturel se trouve dans une zone rurale. Or c’est une région où la population est dispersée. Ce lieu va permettre aux habitants de la région de se réunir. Ici il y aura une bibliothèque, des résidence d’artistes, il y a de l’espace pour organiser des clubs pour les enfants, pour les jeunes... »

Crédit image : Sana Sbouai

Ce soir là, en plus de rassembler les habitants de la région, des Tunisiens sont venus de partout : «  Il y a un lien qui a été crée entre les gens avec des personnes qui sont venues de Nefta, de Dwiret, de Tunis et d’ailleurs… La dictature a crée une réelle séparation entre les gens et il y a eu beaucoup de régionalisme. Aujourd’hui il y a un volet de liberté qui s’est ouvert et il faut en profiter. Il faut rapprocher les habitants. »

Sur la scène, installée au milieu de la cours du centre culturel, des musiciens ont joué quelques morceaux, des breakdanceurs, venus de Sidi Bouzid, se sont adonnés à un battle, des tableaux et des photos étaient accrochés aux murs et aux branches des arbres et les discussions sont allées bon train.

Sana Sbouai

Cinevog : « C’est ici qu’il faut intervenir sur le plan artistique. »

Moncef Dhouib, acteur, scénariste, réalisateur et producteur tunisien, inaugurait dimanche 22 juin, l’espace Cinevog, une salle de cinéma et café théâtre, au coeur du Kram, une ville populaire de la banlieue de Tunis.

Crédit image : Lilia Blaise

Tawa fi Tunis : Comment est née l’idée de cet espace ?
Moncef Dhouib : A 60 ans j’ai décidé d’avoir un théâtre. Je travaille dans le théâtre comme dans le cinéma. Je cherchais une salle pour les répétitions et une salle pour faire des projections. Il y en avait 120 en Tunisie à l’indépendance, il n’y en a plus que 12 dans le pays aujourd’hui. J’ai commencé à chercher et je suis tombé sur cette salle, fermée depuis longtemps. Au départ je voulais simplement répéter. Puis je me suis rendu compte de tout l’espace disponible. J’ai gardé le nom historique de cette salle, Cinevog, une salle montée en 1948 par une famille d’italiens, qui sont ensuite partis.

Tawa fi Tunis : Qu’allez-vous faire dans cette salle ?
Moncef Dhouib : Nous allons, tout d’abord, en faire un théâtre de quartier, de proximité. Le lieu sera aussi une salle de cinéma. Mais surtout, le plus important : ce sera un lieu de formation, pour les jeunes du quartier et du Kram.

Tawa fi Tunis : Le projet a-t-il était facile à mettre en place ?
Moncef Dhouib : Je devais lancer un chantier de 6 mois. Il a durée deux ans. Il y a un abandon de la culture et de l’art par le gouvernement. Les chiffres le montrent. De 120 salles nous sommes passés à 12 salles et jamais un seul mètre carré d’espace artistique n’a été construit pour le théâtre ou le cinéma. Pourtant on a construit de nouvelles villes. Ce n’est pas une négligence. La culture doit les déranger. Ce n’est pas leur truc apparemment !

Tawa fi Tunis : Avez-vous encore beaucoup de travaux à faire ?
Moncef Dhouib : Nous allons garder un style de maison assez brut. Nous ne voulons pas d’un théâtre de luxe. Nous ne voulons pas d’un endroit rebutant. Nous voulons un endroit pour les gens comme ils sont, comme ils se présentent. Il nous reste à installer les fauteuils, mais pour cette journée je voulais un espace ouvert et non pas installé.

Tawa fi Tunis : Etes-vous arrivé au Kram par hasard ou cherchiez vous un endroit populaire pour vous installer ?
Moncef Dhouib : Je voulais une salle de quartier et je ne voulais pas être au centre ville. Je voulais faire de la formation pour les gens qui n’ont pas d’autre chance, car je pense qu’à travers les métiers de l’art il y a un salut possible. Et le quartier convient parfaitement. Nous sommes au carrefour de quartiers huppés et de quartiers populaires. C’est ici qu’il faut intervenir sur le plan artistique.

Propos recueillis par Sana Sbouai

Résultats du Bac : Environ 36 % de réussite en première session

Ce matin on pouvait voir dans les rues des attroupements de jeunes lycéens un peu partout. Une effervescence dûe à la publication des résultats du baccalauréat.

Crédit image : Leaders.tn

Ce matin on pouvait voir dans les rues des jeunes gens se sautant dans les bras et se félicitant. Pourtant les résultats du Bac sont assez moyens. Sur plus de 137 000 candidats cette année, le ministère de l’Education a indiqué que seul 36,53% avaient obtenu leur diplôme en session principale. Prés de 40% des candidats devront repasser en session de contrôle d’ici quelques jours. Et donc plus de 20% ont échoué.

L’année dernière en session principale plus de 39% des candidats avaient obtenus leur diplôme.

Note positive : le ministère a également publié la liste des lauréats des différentes sections. Et la meilleure moyenne obtenue est de 19,76 en section Math.

Hier la Banque Européenne d’Investissement annoncé investir prés de 170 000 000 d’euros dans deux partenariats dont l’un concerne la modernisation des établissements scolaires publics sur l’ensemble du territoire et la construction de prés d’uen soixantaine d’établissements.

Une nécessite quand on sait que dans le secteur public les classes sont surchargées et que les infrastructures sont en mauvaise état. Une étude est d’ailleurs menée en Tunisie sur l’accès à l’eau dans les écoles.

Sana Sbai

Crisis Group : L’exception tunisienne : succès et limites du consensus

Crisis Group, organisation qui lutte pour éviter les conflits armés, vient de publier un nouveau rapport sur la situation en Tunisie intitulé : L’exception tunisienne : succès et limites du consensus. Il y est question de la nouvelle phase de transition par laquelle passe la Tunisie et de la question des élections à venir.

Mur d'affichage des listes à Tunis en octobre 2011- Crédit image : Sana Sbouai

Après avoir vécue une crise politique pendant plusieurs mois, dans le courant de l’année 2013, la Tunisie a réussit à éviter le scénario du conflit et à mettre en place un consensus politique. L’enjeu principale de cette période, selon le rapport, serait de faire perdurer le consensus et de s’assurer de la tenue de prochaines élections.

Dans un premier temps Crisis group invite d’ailleurs les forces politiques à « envisager les scénarios les plus inattendus, s’entendre pour limiter le pouvoir des gagnants et garantir la sérénité des perdants. » Surtout que si une alliance se fait entre les deux principaux partis Ennahdha et Nidaa Tounes, les laissés pour compte seront nombreux.

Dans une deuxième partie le rapport tire les Leçons de la sortie de crise. La peur de la violence, alors qu’en Egypte le président islamiste élu été renversé par l’armée; l’absence de force capable de prendre le dessus ; la forte présence de la société civile et le rôle joué par la communauté internationale ont permis à la Tunisie de voir sa scène politique se pacifier et trouver un terrain d’entente.

Reste maintenant à « Restaurer la confiance et préparer les élections ». Si la lutte directe entre islamistes et séculiers n’est plus visible, les luttes d’influence continuent et chaque camp prépare les prochaines élections. Il n’existe pas « d’entente solide » entre les deux camps, comme l’explique le rapport. Et l’un des points de bataille sont les nominations faites par le gouvernement nadhaoui à des postes clefs, afin de garder une main sur le système.

Ensuite le rapport s’interroge en dernière partie sur les prochaines élections : Un scrutin à risque ? Compromis entre les deux forces politiques ou risque de polarisation, les deux scénarios sont plausibles.

Le rapport se conclue en rappelant l’importance du rôle de l’ISIE pour permettre aux élections de se dérouler normalement ainsi qu’en soulignant la nécessite de voir se prolonger le consensus, pour que la période de transition puisse être menée à bien.

Sana Sbouai

Tunisie : Discussion autour des dates des prochaines élections

Maintenant qu’il a été décidé que les élections législatives auront lieu avant les élections présidentielles en Tunisie il faut se mettre d’accord sur une date. La semaine dernière les partis politiques se sont mis d’accord sur un ordre. C’est maintenant au tour de l’ISIE de proposer des dates.

File d'électeurs lors des élections d'octobre 2011, à Tunis. Crédit image : Sana Sbouai

Le président de l’Instance Supérieur Indépendante des Elections a présenté aujourd’hui, 16 juin 2014, au président de l’Assemblée Nationale Constituante, les propositions de l’ISIE pour les dates d’organisation des élections, afin que l’ANC puisse promulguer une loi qui les fixe définitivement.

Il est question d’organiser, à la fin du mois d’octobre 2014, les élections législatives et entre le mois de novembre et de décembre les présidentielles. Cette proposition permet de respecter la date avancée dans la Constitution.

En fin de semaine dernière le Président de l’ANC s’était réjouit de l’accord trouvé quant à l’ordre d’organisation des élections. Un accord qui permettait de « remettre le processus démocratique » en marche selon lui.