RDC: l’Onu accusée de faire du « tourisme militaire »

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Sabine Cessou


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Du «tourisme militaire»… Voilà, selon Yoweri Museveni, le président ougandais, ce que fait la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). «C’est une grande honte», a ajouté l’homme fort de Kampala, lui-même accusé par un rapport d’experts des Nations unies et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme de soutenir activement les rebelles du M23 dans l’Est de la RDC.

Museveni n’en prend pas moins les Nations unies à partie: «Tant de gens qui portent l’uniforme et qui ne font que s’asseoir sur les problèmes…» De fait, les Nations unies ont du mal à expliquer leur inefficacité en RDC, le pays du monde où elles ont déployé leur plus grande force de maintien de la paix.

Sur les 16.500 hommes présents en RDC, seulement 1.500 étaient à Goma au moment de la chute de la ville aux mains du M23. Ils seraient aujourd’hui 6.000 dans l’Est du Congo. Mais les Casques bleus n’empêchent pas l’armée régulière congolaise, qu’ils sont censés soutenir, de commettre des exactions contre les populations civiles, qu’ils sont aussi censés protéger.

Selon une enquête préliminaire des Nations unies publiée le 7 décembre, des viols, pillages et autres violations des droits humains ont été commis par les soldats congolais, après leur retrait de Goma, dans la région de Minova, à 60km au sud de Goma. La Monusco, empêtrée dans un mandat contradictoire et une position intenable, est déployée depuis dix ans en RDC.

Elle est  si contestée que les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se sont dits prêts, le 8 décembre, après un sommet extraordinaire en Tanzanie, à envoyer une force d’appui en RDC, pour contribuer à une nouvelle force internationale de paix qui serait «neutre», africaine, et n’aurait plus rien à voir avec l’Onu. Cette force, chargée de sécuriser les frontières entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda, est en chantier depuis juillet dernier. L’Union africaine (UA), la RDC et la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) sont tombées d’accord pour la mettre sur pied – ce qui tarde à se concrétiser.

 

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