Afrique du Sud: une loi pour interdire d’insulter Zuma?

L'Auteur

Sabine Cessou


Topics

Décidément, ça va mal pour Jacob Zuma. Si mal que l’un de ses alliés, Blade Nzimande, secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP), propose carrément une loi pour interdire d’insulter le président sud-africain… Le raisonnement suivi par ce ténor politique sud-africain sent la fin de règne pour Zuma, à l’approche d’une importante conférence du Congrès national africain (ANC), en décembre, où va se jouer la succession de l’actuel président du parti-Etat.

Pour Blade Nzimande, ce n’est pas Zuma ou son bilan qui posent problème, mais bien «les Sud-Africains blancs, qui n’ont pas de respect pour les Noirs et leur culture, mais qui traitent seulement les Juifs et les Afrikaners avec respect».

Une allusion aux attaques dont Zuma a fait l’objet de la part d’artistes blancs, le peintre Brett Murray et le caricaturiste Zapiro, entre autres. La carte raciale, ultime argument pour un pouvoir qui se trouve le dos au mur? «Nous sommes minés par les Blancs», répète Blade Nzimande, alors que la minorité (8,9% de la population) jadis au pouvoir ne l’est plus depuis 1994, même si elle reste, de facto, dans une position privilégiée sur le plan économique.

Il y a moins d’une semaine, le même ténor politique s’en prenait aux médias – y compris la radio publique SAFM, qui ne peut pas être accusée d’être aux mains d’intérêts blancs. Mais la presse en général est accusée par Nzimande de mener une campagne «libérale»contre Jacob Zuma pour le «retirer du pouvoir». Réponse de Mondli Makhanya, le président du Forum national des rédacteurs en chef sud-africains (Sanef): ce type d’accusation relève de «tendances dictatoriales».

Ce ne sont pas des Blancs ni des journalistes, mais bien des militants noirs de l’ANC qui en viennent aux mains, de plus en plus fréquemment, dans les âpres luttes qui se jouent au sein  de leur parti. Le 14 novembre, un gang armé de dix personnes a fait irruption dans une réunion de la branche de l’ANC d’Ekurhuleni (dans les townships de l’East Rand, à l’Est de Johannesburg), menaçant de tirer sur les opposants de Zuma… Des chaises ont volé et deux personnes ont dû être hospitalisées, à la fin d’une autre réunion d’une branche de l’ANC dans la province du Cap oriental début novembre.

«Les partisans de Zuma sont en train de bouillir», affirme Blade Nzimande, sans craindre de jeter lui-même de l’huile sur le feu. Ce responsable politique qui ne supporte pas d’être traité de «hooligan» par des auditeurs de la SAFM fait partie des ministres les plus contestés du gouvernement Zuma, détenant le portefeuille de l’Education supérieure. Il ne peut d’ailleurs que le constater: son secteur est «en plein marasme».

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>