Somalie: vers un retrait militaire de l’Ouganda?

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Sabine Cessou


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Depuis 2007, l’Ouganda aurait perdu 2.700 hommes au combat en Somalie, dans le cadre de l’Amisom, la force déployée par l’Union africaine (UA) avec le soutien logistique des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE), pour chasser les milices islamistes shebab. En 2011, 36 soldats kényans auraient également péri en Somalie, toujours selon des chiffres donnés le 1er novembre par Richard Onyonko, le ministre délégué des Affaires étrangères de l’Ouganda.

Des chiffres étonnants: les gouvernements africains n’ont pas pour habitude de donner le bilan des morts du côté de leurs troupes dans une guerre, quelle qu’elle soit. Ce bilan paraît par ailleurs exagéré: dès le 2 novembre, le colonel Felix Kulayigye, de l’armée ougandaise, démentait fermement: «Perdre 2.700 soldats voudrait dire qu’en moyenne, l’Ouganda aurait perdu au moins 400 hommes chaque année en Somalie. C’est inexact». Le colonel estime plutôt à 500 le nombre de soldats ougandais et burundais tombés sur le champ de bataille somalien depuis 2007.

En réalité, ce bilan a des motivations surtout politiques: Yoweri Museveni, le président ougandais, a pris la mouche à cause d’un rapport confidentiel des Nations unies qui l’accuse, lui et son homologue rwandais Paul Kagamé, de soutenir les rebelles du M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le Premier ministre ougandais, Amama Mbabazi, a expliqué le 1er novembre au Parlement que les efforts de maintien de la paix faits par l’Ouganda n’étaient «pas reconnus, mais au contre remis en question» par le rapport des Nations unies. Un document qualifié de «ramassis d’ordures» par Okello Oryem, le ministre ougandais des Affaires étrangères.

Du coup, l’Ouganda a décidé de retirer ses troupes de tous les théâtres de conflit extérieurs, en RDC, en Centrafrique et en Somalie, pour «renforcer la sécurité» à l’intérieur de ses frontières. Une «décision irréversible» selon les officiels ougandais, qui reste pour l’instant analysée par les diplomates comme une simple menace.

Si le retrait de l’Ouganda se concrétise, il s’agirait d’un revers sérieux pour l’Amisom, alors que le contingent ougandais, le plus nombreux, a contribué à chasser les shebab des plus grandes villes du pays – et notamment de la capitale, où l’Amisom ne contrôlait que quelques rues au début de son déploiement en 2007.

 

 

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