Julius Malema, l’ancien leader de la Ligue des jeunes du Congrès national africain (ANC), frappe toujours aussi fort. L’Afrique du Sud n’est qu’une « république bananière » dont les dirigeants ne respectent pas la loi, assure ce membre exclu de l’ANC en avril pour indiscipline…
Malema s’adressait le 12 septembre à des militaires, et énumérait les exemples de non respect de décisions de justice par le pouvoir: pas de manuels scolaires dans les écoles comme les tribunaux l’ont ordonné, pas de réinsertion de 1.100 soldats suspendus en 2009 pour avoir manifesté à Pretoria, pas de preuves transmises à l’opposition dans le cadre du procès pour corruption (clos juste avant son accession au pouvoir en 2009) de Jacob Zuma…
«Je ne sais pas ce qui est une priorité pour votre commandant en chef Jacob Zuma, peut-être se marier chaque année. Il est spécialisé là-dedans. C’est peut-être ce qui lui réussit.» Julius Malema continue sa guerre des nerfs contre le pouvoir, en s’adressant à des soldats, mais aussi en continuant d’appeler les mineurs à la grève, alors que l’agitation sociale se propage dans les mines et que le dossier de Marikana n’est toujours pas réglé.
Trois des plus grandes mines du pays sont à l’arrêt, les mineurs demandant la même augmentation qu’à Marikana: un salaire de 12.500 rands (1200 euros environ). La direction de Lonmin refuse toujours de céder, tandis que Gold Fields et Amplats font face à des mouvements de grève, certains demandant le remplacement de sections locales du Syndicat national des mineurs (Num), affilié au Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu).
Et Malema de pointer du doigt l’un des dysfonctionnements majeurs de la démocratie sud-africaine: la collusion entre pouvoir et syndicats, le Cosatu étant l’un des alliés de l’ANC dans l’alliance tripartite au pouvoir, formée avec le Parti communiste sud-africain (SAPC).
«Les travailleurs ne peuvent pas gagner un salaire décent parce que les syndicats vont aller à Mangaung» lors du prochain congrès quinquennal de l’ANC, en décembre, dénonce Malema. A l’en croire, les droits des travailleurs ne sont plus défendus parce que tout ce qui «gêne le président, y compris une grève, on n’en veut pas». Les autorités, «au lieu d’écouter les mineurs de Marikana, les tue», assène-t-il, revenant sur le massacre de 34 mineurs tombés sous les balles de la police le 16 août. «C’est le régime barbare pour lequel nous avons voté», poursuit le populiste Malema.

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Malema appelle les mineurs à faire grève jusqu’à la démission des dirigeants syndicaux. Devant des mineurs rassemblés devant la mine d’or de Gold Fields KDC, Malema a désigné l’ennemi : les représentants syndicaux « qui couchent avec les capitalistes ». Sa cible favorite est Frans Baleni l’actuel dirigeant du Num « il faut une grève nationale dans tout le pays, pour que Frans Baleni et tous les dirigeants soient immédiatement remplacés » et d’ajouter « S’ils n’entendent pas nos demandes, nous ferons grève cinq jours par mois jusqu’à ce qu’ils nous écoutent ». Il a entrepris de faire la tournée des puits de mines et faire monter la demande des 12500 rands de salaire par mois pour tous les mineurs. Lesiba Seshoka, le porte-parole du Numa exprimé sa surprise devant la demande de remplacement des dirigeants syndicaux à Golds Fields car les travailleurs peuvent élire de nouveaux représentants s’ils le souhaitent. Pour le Num , la situation actuelle va au delà de simples revendications salariales « C’est un mélange de problèmes…Il s’agit de politique, d’un tas de problèmes ». Le Cosatu a fermement condamné » le jeu dangereux de Julius Malema qui joue sur les émotions des travailleurs en colère, mais sera incapable d’éteindre le feu qu’il veut allumer dans les mines ».