Mali: un conteneur bourré d’armes intercepté en Guinée

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Sabine Cessou


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Vue aérienne de Conakry (Kaloum et le port). Jeff Attaway pour Flickr CC.

Voilà plus d’un mois qu’un conteneur bourré d’armes à destination du Mali a été intercepté au port de Conakry, en Guinée. Cette cargaison, qui provient d’Europe de l’Est selon les autorités guinéennes, aurait été commandée par le gouvernement déchu d’Amadou Toumani Touré (ATT). Une réunion s’est tenue le 4 septembre en Guinée entre des responsables du gouvernement d’Alpha Condé et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour faire l’inventaire du contenu du conteneur, placé sous haute surveillance des militaires guinéens, et décider de son sort.

Conakry rechigne à laisser les armements aller au Mali, où une junte dirigée par le capitaine Amadou Sanogo a pris le pouvoir en mars et tient toujours les ficelles du pouvoir, malgré la présence d’un gouvernement de transition civil. L’attitude de Conakry en dit long sur la méfiance qui règne encore à l’égard de ce gouvernement de transition, mené par Dioncounda Traoré et son Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Ce dernier, gendre de l’ancien dictateur Moussa Traoré, à la tête d’un régime militaire pendant 22 ans (1969-1991), est soupçonné d’oeuvrer dans les coulisses pour le compte de son beau-père – un homme qui n’a jamais demandé pardon pour sa répression sanglante des émeutes pro-démocratiques de 1991.

L’idée d’une intervention militaire de 3.300 Casques blancs de la Cédéao au Nord-Mali fait son chemin, mais le rôle que pourrait jouer l’armée malienne paraît encore problématique. Peut-on lui faire confiance? C’est la question que l’on se pose manifestement en Guinée. A Paris, on estime de source diplomatique que seulement 2.000 à 3.000 hommes, sur les 33.000 que compte l’armée malienne, sont suffisamment entraînés et qualifiés pour se battre, contre des islamistes dont les rangs grossissent un peu plus chaque jour.

Le reste de l’armée malienne a montré son vrai visage en partant en débandade lors de la progression des islamistes et des rebelles touaregs au Nord-Mali, en mars, puis dans les jours qui ont suivi le coup d’Etat du 22 mars, en se livrant à des pillages et en semant la peur. La disparition de 21 militaires loyaux à ATT, arrêtés après une tentative de contre-coup d’Etat le 30 avril, reste posée. De même que les tortures infligées à des prisonniers, comme l’a souligné un rapport de Human Rights Watch publié le 25 juillet.

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1 réaction

  1. Le 10 septembre 2012 à 11 h 02 min

    Le Mali est certainement aujourd’hui, une référence sur la plan de la démocratisation et de l’Etat de droit. Cependant, la crise institutionnelle née des désaccords entre pouvoir et opposition plane toujours sur le pays. Une partie de l’opposition, notamment le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), de Choguel Maïga, a ainsi boycotté le processus des élections locales de mai et juin 1999. Avec le Congrès national d’initiative démocratique (CNID) de Maître Mountaga Tall, il refuse de reconnaître la légitimité du pouvoir et poursuit les campagnes de contestation. Le gouvernement malien a entamé un projet de réforme institutionnelle. Un forum national s’est réuni pour réfléchir notamment à l’élaboration d’une charte des partis et d’un statut de l’opposition, mais aussi sur la révision de la Constitution, de la loi sur la presse et de la loi électorale, afin d’éviter qu’un seul parti monopolise la totalité du pouvoir. Le président Konaré étant hors de course pour la prochaine élection prévue pour 2002, la lutte pour sa succession a ouvert une crise au sein de l’ADEMA. Le Premier Ministre Ibrahim Boubacar Keita, également Président de l’ADEMA est remplacé en février 2000 par Mambé Sidibé. Par la suite Boubacar Keita sera contraint d’abandonner son titre de Président de l’ADEMA alors qu’il était perçu comme un très probable « dauphin » de Alpha Oumar Konaré, le Président sortant. Le Congrès extraordinaire du parti tenu en novembre 2000 à Bamako désigne Diacounda Traoré pour le remplacer. Ce changement au sein de l’ADEMA marqué par le déclin de l’ancien Premier Ministre, ouvre aussi aux partis d’opposition qui avaient boycottées les dernières présidentielles de nouveaux espoirs pour mettre un terme à l’hégémonie de l’ADEMA sur le champs électoral malien lors présidentielles prévues pour 2002.