Il n’y a pas qu’à Dakar que les délestages, ces coupures de courant intempestives, font des mécontents. En Afrique du Sud, le problème s’ajoute aussi à une longue liste de griefs (chômage, pauvreté, corruption) pour provoquer depuis plusieurs mois des émeutes sporadiques à travers le pays.
Dernier incident en date: des villageois résidant près de Tzaneen, dans le nord du pays, ont lapidé le 6 juillet des agents d’Eskom, la société nationale d’électricité, alors qu’ils étaient occupés à démanteler des branchements illégaux au réseau pour les remplacer par des connections payantes. Dans la plupart des zones rurales et des townships noirs, les ménages ne peuvent pas faire face à l’augmentation des factures.
Depuis 2008, le pays fait face à une grave crise électrique. L’offre ne parvient plus à satisfaire la demande, en raison de l’essor économique de l’Afrique du Sud et de la décision prise par Eskom en 2001 de ne pas construire de nouvelle centrale. Pour faire face, Eskom a engagé des investissements qui sont répercutés sur les factures: 24,8% de hausse en 2010, 25,8 % en 2011 et 25,9 % en 2012.
Les coupures de courant, plus fréquentes durant l’hiver austral (de juin à août), ont empêché pendant plus d’une semaine l’hôpital de Baragwanath, à Soweto, de fonctionner normalement. Selon Eskom, les délestages résultent des trop nombreuses connections illégales à Soweto. Dans le quartier de Chiawelo, à Soweto, 300 manifestants s’en sont pris le 5 juillet aux infrastructures d’Eskom pour protester contre l’installation de compteurs avec système de cartes pré-payées. La colère a également visé le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994: les maisons de deux conseillers municipaux de l’ANC ont été incendiées.
La réponse des autorités, dans cette affaire, oscille entre déni et indignation. Le maire de Johannesburg, Parks Tau, a affirmé que 90% des habitants de Chiawelo payent leurs factures et estimé que les manifestants ne sont qu’une «petite minorité». L’ANC, de son côté, a parlé d’actes «haineux et barbares» et s’est réjoui de l’arrestation de cinq des manifestants de Chiawelo – oubliant que les protestations violentes forment une partie de l’héritage de la lutte contre l’apartheid.
«Les politiques doivent aller parler au peuple au lieu d’envoyer la police, car les manifestations sont de nature politique», a affirmé Jay Naidoo, ancien secrétaire général du Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) durant la lutte contre l’apartheid, ex-ministre du gouvernement Mandela (1994-1999) et actuel président de la Banque de développement de l’Afrique Australe (SADB). Jay Naidoo, d’habitude discret, a rappelé que les frustrations de la population sont bien réelles, avec des problèmes quotidiens de survie sur fond de corruption et de train de vie fastueux de leurs élus.
Vingt ans après l’abolition des lois de l’apartheid, les temps ont changé. Dans un procès à forte connotation politique, 29 manifestants ont comparu en justice le 5 juillet dernier, à Pietermaritzburg, la capitale de la province du Kwazulu Natal. Leur tort: avoir bravé une interdiction de manifester et organisé un “sit-in” devant le siège regional de l’ANC, pour protester contre le népotisme et la corruption des élites politiques provinciales.
Photo: Twin towers of Soweto, by manuguf via Flickr CC

1 réaction
Jacob Zuma est un vrai désastre pour la prospérité de l Afrique du sud, Thabo Mbeki l avait martelé. en outre, il s avère que Mbéki avait raison que la présidence Zuma entrainera l Afrique du sud dans le gouffre, nous y sommes dejà. bilan, augmentation du chômage et de la pauvreté, du Népotisme et maintenant coupure d électricité, et pourtant eskom est l un des dix plus grands producteurs d énergie du monde. aussi, on me dit qu on parlerai même de Zuma economic empowerment qui a remplacé black economic empowerment. Zuma est en réalité incompétent pour le poste, c est un fait, même son ex fidèle qui avait juré de tuer pour lui Julius Malema n en veut plus, preferait même celui qu il détestait Mbeki.enfin, il faudrait qu il se retire, et que l Anc trouve au sein du parti, une personne compétente pour le poste tel Cyril Ramaphosa, Tokyo Sexwale ou même Kgalema Monthlante. car si ils ne le font pas, je crains que l Afrique du sud se retrouvera dans un marasme économique à la Zimbabwéenne.
Petit rappel:Sabine, si non j ai aimé votre réponse faite à Michel sur France24 consernant la situation en Afrique du sud, je crois qu il prendra conscience des faits.
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