Dessiner Jésus semble plus simple que dessiner Mahomet (voir «Caricature: réciprocité blasphématoire (1/2)?»).
Pourtant, se moquer, en Afrique, des imageries chrétiennes peut susciter quelques grincements de dents. En avril 1995, l’hebdomadaire satirique burkinabè «Le Journal du Jeudi» publie une caricature évoquant la disgrâce annoncée du Premier ministre de l’époque. Période de Pâques oblige, Roch Marc Christian Kaboré devient Roch Marc «Christ» effectuant son chemin de croix. Quelques jours plus tard, un courrier adressé à la rédaction prend des airs de menace. Son auteur, affublé pourtant du prénom catholique de «Madeleine», conclut son propos par «Ignorez-vous ce qui est arrivé à Salman Rushdie?» Pas besoin de militaires musclés pour faire frémir un dessinateur impressionnable. Une bigote suffit.
L’exploitation de la même imagerie par un autre dessinateur fait grincer d’autres dents en 2002. Le Camerounais Marius Deffo Soh alias Desfoussots représente une presse camerounaise crucifiée. Le président de l’association Afro-bulles y voit «un manque de respect pour les religions». L’œuvre sera disqualifiée d’une exposition devant réunir, à Angoulême des cartoonists du continent noir…
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