Caricature: des animaux pas bêtes…

L'Auteur

Damien Glez


Topics

Bêtes de pouvoir
«Bêtes de pouvoir», un livre sur les “animorphoses”

Les dessinateurs sont de grands enfants toujours émerveillés par les fables animalières. Alors ils peuplent leurs cartoons de corbeaux, de renards, de mouches, de colombes de la paix ou, en Afrique, de Leuk le lièvre. Dans une actualité où l’homme devient sanguinaire, l’animal paraît si doux. Jusqu’à ce que l’humain se voie comparé à un «loup pour l’homme» ou à un «chien de guerre». Tant pis si le croyant, toutes religions révélées confondues, déteste que la «plus belle création de Dieu» soit rabaissée à une métaphore animale. Darwin, ils sont devenus fous !

Des éléphants forcément... ivoiriens.

Attention tout de même aux lieux communs stériles auxquels certains hommes -femmes!- politiques n’ont pas échappé. Un Japonais en fourmi… un musulman en porc… ici ou là, tout ne se vaut pas. Bien sûr, comment représenter un Ivoirien en animal, sinon en éléphant? Mais attention à l’image du chien en Afrique. Et le New-York Post se souvient avoir été mis à l’index pour avoir caricaturé Obama en singe. En singe comme le footballeur Mario Balotelli plus récemment. Les équipes de foot adorent se comparer à des animaux (les Lions camerounais, les Etalons burkinabè, les Panthères gabonaises, les Eléphants ivoiriens, les Léopards de RDC ou les Fennecs algériens), mais pas à des singes…

Pour certaines victimes, le choix de l’animal importe peu. C’est le principe qui outre. Ainsi l’ex-président Ben Ali tenta-t-il de susciter un scandale diplomatique pour son “rhinoféroce” paru au Burkina Faso. Insultante, la comparaison avec les animaux? Pourtant «Ce que l’homme fait à l’homme, l’animal ne le fait pas», chante Charles Aznavour…

Animorphoses de politiciens africains

Dans cette animalisation des hommes politiques, le dessinateur navigue entre la jouissance graphique de la comparaison (Arafat et son faciès de dromadaire) et le sens éditorial (Arafat et la traversée du désert du camélidé). Le cou de Bashar el Assad peut-il figurer autre chose qu’une girafe, animal pourtant étranger à son pays? Le président syrien n’a-t-il pas plutôt le comportement d’un fennec ou d’une hyène?

Et si le grinçant dessinateur devenait l’arroseur arrosé? N’est-il pas une petite fouine qui se mêle de ce qui ne le regarde pas? Et cherche la p’tite.. bête ?

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1 réaction

  1. Le 13 septembre 2012 à 23 h 43 min

    excellentes ces caricatures avec des animaux, je ne trouve pas ca insultant par principe, c’est le choix de l’animal qui peut etre vexant ^^

    Clothilde