Algérie: Top 5 des pires moments de l’année

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fellabouredji


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2012 tire à sa fin, l’heure est désormais aux bilans. Qu’est ce qui aura marqué cette année ? Retour sur quelques uns des pires moments qu’aura vécus l’Algérie.

Caricature signée le Hic sur El Watan, 27/01/2012.

1. Les législatives de Mai et la pression pour le vote

Les élections législatives algériennes du 10 mai 2012 ont été lourdes. Des semaines durant, le gouvernement n’a pas manqué une occasion d’appeler les Algériens au vote brandissant la menace de l’intervention étrangère, du complot sioniste qui guette le pays, les innombrables risques de chaos. Le président Bouteflika, qui ne s’adresse que très rarement à son peuple, est même allé jusqu’à comparer le rendez-vous électoral du 10 mai à la date de déclenchement de la révolution algérienne. C’est dire la hantise que le régime avait de faire face à une forte abstention. Une angoisse qu’il a très vite transmise à la population qui craignait le pire. L’abstention a été forte mais le pire imaginé par le régime aurait été évité, grâce à la survie du régime qui semblait d’ailleurs se jouer dans ce scrutin.

2. Des réformes politiques qui n’en sont pas

Décidées en avril 2011, les réformes politiques de Bouteflika ont été promulguées en janvier 2012. Elles étaient censées favoriser l’émergence de nouvelles forces politiques et d’ouverture dans plusieurs domaines. La nouvelle loi sur les partis avait officiellement pour objectif de renouveler le champ politique, au moins en apparence. Mais l’attente aura été vaine étant donnée que derrière la majorité des nouveaux partis créés se cachent des anciens du système. La loi sur les associations, tout comme  celle sur l’information recèlent autant de leurres que de régressions. Une année s’est écoulée depuis et aucun réel changement en vue et la contestation sociale, à laquelle ces réformes répondaient, se poursuit.

3. Vague de froid en hiver, soif et panne d’électricité en été

Des villages entiers coupés du monde, des pénuries de gaz, de produits alimentaires et d’éléctricité bouleversent des centaines d’habitants restés livrés à eux-mêmes des jours durant. L’hiver 2012 a été particulièrement dur à vivre, notamment en Kabylie enneigé. La vague de froid a fait plus de 45 morts en Février. Au fil des saisons, les tourmentes fluctuent. L’été n’a pas été de tout repos non plus. Des coupures d’électricité répétitives et une pénurie d’eau ont failli faire disjoncter les Algériens, d’autant qu’elles sont intervenues en plein mois de Ramadhan. Résultats, des émeutes et de la colère dans les rues. La grande coupable montrée du doigt par les responsables politiques, Dame nature. Arguement qui n’aura pas convaincu tout le monde.

4. La justice toujours aux ordres

Ils ont été nombreux, cette année encore à subir les foudres d’une justice sous contrôle du pouvoir exécutif. Les militants des droits de l’homme ont été les premières cibles. Arrestations en cascades et procès d’intimidation à tout-va. Attroupement illicite, outrage à agent de l’ordre, atteinte à la sûreté de l’Etat, des délits montés de toutes pièces pour inviter les militants à la retenue, au silence. Même sentence, à quelques différence près, qui tombe à chaque fois : Six mois de prison avec sursis. Une sentence mi-figue mi-raisin, que la justice algérienne sort du tiroir dès qu’un procès est un peu sensible, histoire de trancher sans trancher. Histoire d’harceler judiciairement les harceleurs du système ( militants) pour les décourager sans provoquer trop d’indignation.

5. Rapt de diplomates algériens au Mali

Jeudi 5 avril 2012, le Consulat d’Algérie à Gao, dans le nord-est du Mali, est attaqué par les groupes armées du MUJAO, le consul et six autres diplomates sont enlevés, créant une onde de choc en Algérie. Les otages sont utilisés comme des moyens de pression sur le gouvernement Algérien mais en vain. Le 2 septembre 2012, soit 6 mois plus tard, le MUJAO annonce l’execution d’un des otages, le vice-consul, Taher Touati. Alger garde le silence, tant dis que les familles des kidnappés sombrent dans le flou et le désespoir. Nos otages sont détenus depuis 269 jours, une pensée pour eux et leurs familles.

Fella Bouredji

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