Kamel Daoud, contre-enquête

L’écrivain et journaliste algérien a enchainé les distinctions depuis la parution de son roman, Meursaut, contre-enquête. Il a raté de peu le prestigieux prix Goncourt. Il estime « être aller aussi loin que possible ».

Comment cet Algérien, originaire de Masra, village à 13 km au sud-est de Mostaganem, dans l’ouest algérien où il a vécu 18 ans a pu se frayer un chemin jusqu’à arriver dans la cour des grands ? En lire plus »

Un Algérien sur quatre est pauvre

1 932 000 familles démunies en 2014, avec une augmentation de 304 000 familles par rapport à l’année 2013.

C’est le constat dressé par la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH). Se référant aux chiffres officiels, elle tire la sonnette d’alarme : Selon les statistiques qu’elle a recueillies au près du ministère de la solidarité nationale et qu’elle a communiquées à la presse : Un Algérien sur quatre serait pauvre.

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Le ras-le-bol des policiers algériens

Contre toute attente, des centaines de policiers ont gagné la rue, en Algérie… Après avoir longtemps empêché tout rassemblement dans l’espace public.

Ils ont marché à Ghardaia (le 15 octobre 2014), au sud du pays, puis à Alger (le 16/10/2014). Ils se sont rassemblés près du Palais du gouvernement puis ont campé devant la Présidence de la République. Ils réclament le départ du patron de la Police, le général Abdelghani Hamel et de meilleures conditions de travail. Ils veulent un syndicat autonome et plus de justice. Le samedi 18 octobre, c’est des policiers révoqués qui ont manifesté près du siège de la DGSN.

 


Témoignage poignant d'un policier révoqué qui… par elwatanvideo

Témoignages et images d’un ras-le-bol

« Je peux continuer à manger des œufs durs et du thon, mais je ne peux plus supporter le mépris de Hamel, de sa famille et de ses sbires. » L’homme, en tenue, parle avec ardeur : « Cette histoire ne fait que commencer et elle ira loin. Nous ne lâcherons pas tant que le départ de Hamel ne sera pas officiel. » Ses sourcils se froncent, son regard est sévère. Un coup de sifflet retentit, le policier court rejoindre ses collègues des Unités républicaines de sécurité (URS, brigades antiémeute) rassemblés, un peu plus bas, dans la rue Docteur Saâdane, à l’entrée du Palais du gouvernement. Il est minuit passé. Des centaines de policiers se mettent à chanter en chœur : « Min Djibalina talaâ sawt El Ahrar, younadina lil istiklal» («De nos montagnes montent les voix des libres qui nous appellent pour l’indépendance »). Le chant patriotique plonge la place dans la stupeur.


Une nuit de colère policière devant le Palais… par elwatanvideo
Fella Bouredji

Bouteflika rassure : « Rani je me sens beaucoup mieux »

Abdelaziz Bouteflika a parlé. Après deux semaines d’une absence qui a alimenté beaucoup de rumeurs ces derniers jours, des images du Président de la République, accordant une audience au diplomate algérien Lakhdar Brahimi, ont été diffusées dans la soirée de mercredi 8 octobre 2014 sur la chaine nationale (ENTV).

D’une voix à peine audible, le Président a rassuré : « Je me sens beaucoup mieux ».

 

Saïd Bouteflika, Président !

Décryptage

Le Président Abdelaziz Bouteflika et son frère Saïd

Le Président Abdelaziz Bouteflika a adressé un message au Roi Letsie III du Lesotho, à l’occasion de la célébration de la fête nationale de son royaume, ce lundi 06 octobre 2014. Ce n’était pas le seul message du jour. Il a également écrit à son homologue chypriote, Nikos Anastasiades, à l’occasion de la célébration de la fête nationale de son pays.

Pourtant, ce samedi, il a encore une fois brillé par son absence à la prière de l’Aîd (fête religieuse musulmane). Ses apparitions  se font de plus en plus rares depuis son hospitalisation, il y a un an, pour un AVC.

Mais l’Algérie continue de tourner, avec  le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, au premier rang.

L’opposition réclame depuis des mois l’application de l’article 88 de la constitution pour constater l’incapacité du Président à gouverner. Mais le statu quo est savamment maintenu et l’incertitude est absolue.

La question s’impose : Qui dirige vraiment l’Algérie?

Pour Rachid Grim, politologue, « le pouvoir est entre les mains exclusives du clan Bouteflika qui gouverne au nom d’Abdelaziz Bouteflika, à travers un gouvernement et un premier ministre choisis pour leur fidélité à toute épreuve, sous la surveillance vigilante d’un frère cadet, désigné dauphin et qui se prépare pour la succession ».

Il a bien voulu livrer son analyse au blog Paroles d’Algériens. En lire plus »

La mer Méditerranée, cimetière des migrants arabes et africains

« Je ne peux pas regarder la mer. J’y ai perdu mon ami Yahea. J’y ai peut être aussi perdu mon âme et ma raison. Je hais la mer. Je ne peux pas la regarder ».

Ce témoignage est de Mohamed Kazkji, 22 ans, étudiant ingénieur en électricité originaire de Syrie. Il a été recueilli dans le rapport « Migrants et réfugiés en péril en Méditerranée : Des vies à la dérive », rendu public, mardi 30 septembre 2014 par Amnesty International.

Plus de 21 000 réfugiés et migrants noyés en mer Méditerranée

Le rapport raconte « le drame prévisible » de milliers de personnes qui tentent chaque jour de rejoindre l’Europe sur des embarcations de fortune. Ils osent la traversée périlleuse en quête d’un emploi, d’un logement, d’une vie meilleure  loin des zones de conflits, de guerre et de pauvreté. En lire plus »

Quel Islam pour l’Algérie ?

Depuis son entrée au gouvernement en avril 2014, Mohamed Aissa, Ministre des affaires religieuses, porte un discours novateur.

Il prône un islam de tolérance, ouvert sur l’acceptation et le respect de l’autre. Un islam modéré qui bannit les appels à la haine souvent lancés dans les mosquées. L’Algérie a payé cher (plus de 200 000 morts et 20 000 disparus durant dix années de terrorisme) l’extrémisme religieux qu’elle a laissé se propager dans la société. L’instrumentalisation de l’islam a pris une telle tournure que la menace continue de planer.

Dans un entretien accordé à Hacen Ouali, journaliste politique à El Watan, le ministre revient sur les affres du terrorisme, le glissement dangereux vers l’extrémisme et dit vouloir « dépoussiérer l’islam ancestral de l’Algérie ». Il répond, sans tergiverser, aux questions audacieuses du journaliste. En lire plus »

« J’espère que mon instinct maternel me sauvera du cannabis »

Ils sont des centaines de jeunes à découvrir les sensations euphoriques qu’il procure à l’adolescence ou à la fac. Ils enchaînent les joints sans se soucier des conséquences. Ce qui, au départ, devait être pour eux une quête de bien-être facile, devient très vite une source de mal-être.

La consommation du cannabis devient de plus en plus facile. Les femmes et les adolescents qui n’y avaient pas accès il y a quelques années, notamment avant la décennie noire, peuvent aujourd’hui en acheter sans difficulté. Portrait d’une consommatrice prise au piège.

Sarah, fumeuse de cannabis depuis plus de dix ans

«Je me sens esclave.» Chaque jour, le même rituel. Emietter la résine de cannabis dans du tabac pour rouler son joint. Le fumer captieusement avant d’en préparer un autre, presque machinalement. Plusieurs fois par jour, Sarah, 32 ans, fumeuse de cannabis depuis plus de dix ans, se délecte de l’euphorie et de la sensation d’apaisement qu’il lui procure, bouffée après bouffée.

Le cannabis fait partie intégrante de sa vie. Il structure presque ses journées. Elle s’habitue au manque, gère l’addiction, ignore sciemment le danger pour savourer un bien-être éphémère mais qui lui paraît tellement précieux. Un soulagement à chaque taffe. «C’est un plaisir, une philosophie de vie qui m’appartient», renchérit-t-elle.

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Nominé pour 5 prix littéraires : Kamel Daoud en route vers la consécration

« Meursaut, contre-enquête », roman du journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud, est en lice pour plusieurs prix littéraires.

Librairie du Musée de l'immigration, Paris,, juillet 2014

Prix Renaudot, Prix Goncourt, Prix des cinq continents de la francophonie, Prix de la littérature arabe, Prix François-Mauriac décerné par l’académie française. Il  s’impose comme la révélation de la rentrée littéraire française.

Au départ, une idée audacieuse : Faire revivre « l’arabe » tué par Meursaut, personnage principal de l’Étranger d’Albert Camus.

Dans son soliloque, le narrateur, -qui est le frère de l’arabe-, fait le récit fantasmagorique de sa vie, de celle de son frère tué, à qui il donne enfin un nom : Moussa. Dans sa rhétorique saisissante, l’obsession que l’arabe soit enfin reconnu, rythme la narration. En lire plus »

Algérie : Deux ans de prison pour un clic sur Facebook

Un clic sur Facebook et la machine répressive s’est tout de suite mise en branle.

Youcef  Ould Dada, 47 ans , ingénieur en électronique, père de cinq enfants est enfermé à la prison de Chaâbet Ennichène (Ghardaïa) à 600 km au sud d’Alger, depuis 9 mois. Son tort : avoir partagé une vidéo sur Facebook. Et pas des moindres.

3 minutes et 49 secondes montrant trois policiers sortant d’un magasin les mains chargées. La scène, filmée du haut d’un balcon d’un siège d’association dans la commune d’El Guerrara, à 115 km au nord-est de Ghardaïa, semble être un flagrant délit de vol. La diffusion de cette vidéo sur Facebook, en novembre 2013, lui a valu une accusation d’atteinte à l’intérêt national.

Après des mois de détention provisoire, la sentence est tombé en juin 2014  : il écope de deux ans de prison ferme.  Les militants des droits de l’Homme se mobilisent et appellent à sa libération. Contre toute attente, la peine a été confirmée en appel, lundi 1er septembre. En lire plus »