Le documentaire « Paroles d’Algérie » : Tournage clandestin dans un pays en attente de changement

« Paroles d’Algérie », un documentaire de Bruno Ulmer, réalisateur français et Jean Pierre Séréni, journaliste au Monde Diplomatique sera diffusé sur la chaîne européenne, Arte, le 15 avril, à 23h20 (22h30 heure algérienne) puis, ensuite sur Arte +7 : du mercredi 16 au mardi 23 avril.

 


 

Donner la parole aux voix discordantes. Parcourir des milliers de kilomètres pour dresser le portrait de la jeunesse algérienne. C’est un pari, que s’est lancé le réalisateur français Bruno Ulmer à la veille d’une Présidentielle très controversée. Son ambition est très vite freinée par les autorités algériennes. Malgré une autorisation officielle, la douane bloque son matériel de tournage.
Une décision venue d’en haut, lui dit-on.
Après cinq jours d’attente, le tournage est définitivement interdit et l’équipe est priée de quitter le pays. Mais Bruno Ulmer reviendra plus tard, muni d’un visa touristique, d’une petite caméra et de son envie de filmer, -coûte que coûte-, ce pays qui l’intrigue et pour lequel « il éprouve un lien d’amitié ».

« Paroles d’Algérie », un road-movie percutant prend forme, au fil des rencontres.Chômeurs, blogueurs, journalistes, simples citoyens et militants font face à sa caméra pour raconter, avec lucidité, l’Algérie dont ils rêvent et celle qu’ils subissent.

Fella Bouredji

Cinq façons d’étouffer la révolte algérienne

La révolte est dans tous les esprits, même si ceux qui la manifestent dans la rue le font encore en rangs dispersés.Créant une impression de désordre minoritaire.

Pourtant, plus de 6500 protestations de rue et 1500 grèves ont eu lieu en 2013. Presque autant qu’en 2012 et en 2011. Et si tout avait été fait pour que la révolte des Algériens ne fasse jamais long feu ?

Une jeune algérienne bâillonnée lors d’une manifestation pacifique le 06 mars 2014 à Alger

Au départ, il y avait le prix de l’huile et du sucre, la contestation des listes d’attribution de logements, le chômage, des revendications salariales. Les raisons de la révolte n’ont  jamais cessé de s’élargir. Aujourd’hui, la rue réclame moins de corruption, plus de justice sociale, un changement de régime. Les Algériens sortent dans la rue pour huer les hommes du gouvernement en pleine campagne présidentielle.

Depuis que des émeutes fulgurantes ont éclaté un certain 5 janvier 2011 à Bab El Oued (Alger) pour finir par gagner plusieurs villes du pays, toute révolte, aussi vivace soit-elle, est vite étouffée. En lire plus »

L’Algérie, une poudrière sur le point d’exploser?

Dérapages, menaces, invectives, violences : les tensions sont vives depuis le début de la campagne présidentielle, il y a deux semaines. Rythmée au quotidien par des affrontements entre pour et contre « 4ème mandat de Bouteflika », l’ambiance électorale fait craindre le pire.

Si le besoin de changement est sur toutes les lèvres, la peur du chaos l’est aussi. A j-10 des Présidentielles du 17 avril, l’Algérie semble être une poudrière sur le point d’exploser.

Répression d'une manifestation pacifique à Alger, mars 2014. Reuters.

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Tlemcen, centre de gravité du pouvoir algérien?

Un Président, une quinzaine de ministres et plusieurs hauts gradés de l’Etat sont originaires de Tlemcen. Une ville presque refaite à neuf. En dix ans, elle est devenue un berceau du pouvoir. Du moins en apparence. Cinq jours dans la ville, pour y voir un peu plus clair.

VENDREDI : Des rencontres, des préjugés et des questions

Djazaïr lefaâ, rasseha Tlemcen (L’Algérie est un serpent, Tlemcen est sa tête». Comme beaucoup de Tlemcéniens, Selma, 29 ans, fonctionnaire dans une banque déteste cette expression :

«Beaucoup de gens disent ça. Je la vis comme une violence. Il faut arrêter de focaliser sur Tlemcen, on n’a pas le pouvoir, on a juste des hommes au pouvoir.»

A la tête de ces hommes au pouvoir dont parle Selma, le président-sortant, Abdelaziz Bouteflika, né à Oujda (même si son lieu de naissance est censuré dans toutes ses biographies officielles), mais qui se revendique de Tlemcen, de Nedroma plus précisément.

Depuis sa première élection à la tête de l’Etat il y a 15 ans, il a nommé plus de 15 ministres originaires de Tlemcen. Il a également placé des personnalités politiques de la région dans les institutions clefs du pouvoir. Entre autres, Mourad Medelci à la tête du Conseil constitutionnel, Abdelkader Bensalah au Conseil de la Nation, le Général Hamel à la DGSN (Police nationale). En lire plus »

Bouteflika avoue ses problèmes de santé et demande la confiance des Algériens

Abdelaziz Bouteflika sort de son silence. Il s’est encore une fois exprimé par le biais d’une lettre adressée ce samedi 22 mars 2014, -à la veille du début officiel de la campagne électorale-, aux Algériens.

Abdelaziz Bouteflika, Président Algérien. Reuters.

Il demande la confiance du peuple, explique les raisons qui l’ont poussé à briguer un quatrième mandat.

Il défend le bilan de ses 15 ans au pouvoir et parle ouvertement de ses problèmes de santé, pour la première fois.

« Les difficultés liées à ma santé physique actuelle ne semblent pas me disqualifier à vos yeux ou plaider en faveur de ma décharge des lourdes responsabilités qui ont eu raison d’une bonne partie de mes capacités »

Bouteflika fait la sourde oreille

Le Président Bouteflika avoue « les difficultés liées à sa santé physiques », que ses partisans se plaisent à nier depuis des mois mais semble entretenir le déni quant au scepticisme et au mécontentement qui gagnent depuis plusieurs semaines une partie de la classe politique, de la société civile et de la rue. En lire plus »

Des associations algériennes s’inquiètent : Halte aux violences sexuelles sur enfants

Petits bouts d’innocence violemment anéantis par la perversion. Dans des ruelles désertes, à la sortie de l’école, près de leurs maisons et parfois même au sein de leurs foyers.

En Algérie, entre 10 000 et 13 000 enfants sont victimes d’abus sexuels chaque année (résultats de la dernière enquête réalisée par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem) en 2007). En 2013, les services de Police ont traité 1 820 affaires d’abus sexuels sur enfants.

Le Réseau Wassila/Avife, -coalition de plusieurs associations Algériennes oeuvrant pour une meilleure prise en charge et orientation de femmes et d’enfants victimes de toutes sortes de violences-, organise une série de sessions de sensibilisation pour le Dépistage et la prise en charge des violences sexuelles sur enfant. Il met en garde contre un phénomène à la hausse.

De petits Algériens qui s'amusent/ Reuters.

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Liamine Zeroual, le seul ancien Président Algérien encore en vie, appelle à la transition

Le général Liamine Zeroual, seul ancien Président Algérien (1995 à 1999) encore en vie, vient de sortir d’un long silence pour exprimer « ses craintes » et mettre en garde contre les graves dangers qui guettent le pays.

Dans une lettre adressée aux Algériens, l’ancien Président, prédécesseur de l’actuel chef de l’Etat, explique que l’échéance électorale du 17 avril 2014, doit être « une étape de transition » pour aller vers un « renouveau Algérien ».

Il n’a pas manqué de souligner que le prétendant à la magistrature suprême doit faire face à « une lourde et délicate charge, autant morale que physique ».

Une attaque à peine voilée contre le 4ème mandat de Bouteflika, malade et absent, de plus en plus contesté dans le pays. En lire plus »

L’étau se resserre sur l’opposition : Un membre du mouvement BARAKAT arrêté

- Mise à jour : Meziane Abane a été libéré  mardi 18 avril 2014, à midi.

ALERTE. Meziane Abane, membre de la coordination nationale provisoire du mouvement Barakat, a été interpellé tard dans la nuit de ce lundi 17 mars 2014 par des services de sécurité à Batna, ville de l’est du pays.

Motif avancé : il n’était pas en possession de sa carte de service militaire. Pour le mouvement BARAKAT, cette arrestation est une énième intimidation contre ceux qui s’opposent à la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat et au régime qu’il incarne.

« Notre camarade Meziane Abane, journaliste au quotidien El Watan, militant des droits de l’homme et membre de la Coordination nationale provisoire du Mouvement Barakat! a été interpellé hier 17 mars 2014 à une heure du matin, par des éléments de la police dans sa chambre d’hôtel à Batna où il était en mission, sous le prétexte fallacieux de défaut de non-régularisation de sa situation par rapport service nationale. Aux dernières nouvelles, il serait détenu au niveau de la brigade de gendarmerie de Bouzourane dans l’attente d’être déféré devant le procureur de la République aujourd’hui 18 mars 2014″  explique le mouvement BARAKAT dans un communiqué. En lire plus »

Algérie : Six candidatures validées pour la Présidentielle, dont celle de Bouteflika

Le Conseil constitutionnel a rendu son verdict, via un communiqué officiel ce jeudi 13 mars : Son Président, Mourad Medelci, a révélé la liste des « heureux élus » officiellement dans la course pour la présidentielle du 17 avril.

Abdelaziz Bouteflika. Reuters

Sans surprise, la candidature du Président-sortant, Abdelaziz Bouteflika, pourtant malade a été validée, en plus de cinq autres candidatures  retenues :

- Ali Benflis, principal challenger de Bouteflika

- Moussa Touati, le Président du FNA (Front National Algérien)

- Louisa Hanoune, la Présidente du PT (Parti des Travailleurs)

Ali Fawzi Rabaine, le Président de AHD54

Abdelaziz Belaid, Président du front El Moustakbel.

Six autres personnalités ayant déposé leurs dossiers de candidature au Conseil Constitutionnel sont ainsi mises sur la touche.

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Le mouvement BARAKAT appelle à une nouvelle manifestation contre Bouteflika

Pas de trêve. Le mouvement BARAKAT! (qui veut dire ça suffit en dialecte algérien) persiste et signe : il ne veut pas d’un quatrième mandat du Président Bouteflika et continuera à revendiquer son droit à l’exprimer. Il appelle à un nouveau rassemblement à l’entrée de la Faculté centrale d’Alger, samedi 15 mars 2014.

Après deux manifestations de rue sévèrement réprimées par la Police, samedi 1er mars 2014 et jeudi 6 mars 2014, ses fondateurs et militants récidivent. Ils rejettent les élections présidentielles du 17 avril 2014 et donnent rendez-vous à tous les opposants de Bouteflika -et du régime qu’il incarne-, pour une nouvelle manifestation de rue, samedi 15 mars à Alger et dans toutes les wilayas (préfectures) du pays. Le mouvement s’est également doté d’un texte fondateur, pour insister sur le caractère citoyen et pacifique de ces actions.

Amira Bouraoui, membre du mouvement BARAKAT! lors de son arrestation, 1er mars 2014 à Alger

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