« J’espère que mon instinct maternel me sauvera du cannabis »

Ils sont des centaines de jeunes à découvrir les sensations euphoriques qu’il procure à l’adolescence ou à la fac. Ils enchaînent les joints sans se soucier des conséquences. Ce qui, au départ, devait être pour eux une quête de bien-être facile, devient très vite une source de mal-être.

La consommation du cannabis devient de plus en plus facile. Les femmes et les adolescents qui n’y avaient pas accès il y a quelques années, notamment avant la décennie noire, peuvent aujourd’hui en acheter sans difficulté. Portrait d’une consommatrice prise au piège.

Sarah, fumeuse de cannabis depuis plus de dix ans

«Je me sens esclave.» Chaque jour, le même rituel. Emietter la résine de cannabis dans du tabac pour rouler son joint. Le fumer captieusement avant d’en préparer un autre, presque machinalement. Plusieurs fois par jour, Sarah, 32 ans, fumeuse de cannabis depuis plus de dix ans, se délecte de l’euphorie et de la sensation d’apaisement qu’il lui procure, bouffée après bouffée.

Le cannabis fait partie intégrante de sa vie. Il structure presque ses journées. Elle s’habitue au manque, gère l’addiction, ignore sciemment le danger pour savourer un bien-être éphémère mais qui lui paraît tellement précieux. Un soulagement à chaque taffe. «C’est un plaisir, une philosophie de vie qui m’appartient», renchérit-t-elle.

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Nominé pour 5 prix littéraires : Kamel Daoud en route vers la consécration

« Meursaut, contre-enquête », roman du journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud, est en lice pour plusieurs prix littéraires.

Librairie du Musée de l'immigration, Paris,, juillet 2014

Prix Renaudot, Prix Goncourt, Prix des cinq continents de la francophonie, Prix de la littérature arabe, Prix François-Mauriac décerné par l’académie française. Il  s’impose comme la révélation de la rentrée littéraire française.

Au départ, une idée audacieuse : Faire revivre « l’arabe » tué par Meursaut, personnage principal de l’Étranger d’Albert Camus.

Dans son soliloque, le narrateur, -qui est le frère de l’arabe-, fait le récit fantasmagorique de sa vie, de celle de son frère tué, à qui il donne enfin un nom : Moussa. Dans sa rhétorique saisissante, l’obsession que l’arabe soit enfin reconnu, rythme la narration. En lire plus »

Algérie : Deux ans de prison pour un clic sur Facebook

Un clic sur Facebook et la machine répressive s’est tout de suite mise en branle.

Youcef  Ould Dada, 47 ans , ingénieur en électronique, père de cinq enfants est enfermé à la prison de Chaâbet Ennichène (Ghardaïa) à 600 km au sud d’Alger, depuis 9 mois. Son tort : avoir partagé une vidéo sur Facebook. Et pas des moindres.

3 minutes et 49 secondes montrant trois policiers sortant d’un magasin les mains chargées. La scène, filmée du haut d’un balcon d’un siège d’association dans la commune d’El Guerrara, à 115 km au nord-est de Ghardaïa, semble être un flagrant délit de vol. La diffusion de cette vidéo sur Facebook, en novembre 2013, lui a valu une accusation d’atteinte à l’intérêt national.

Après des mois de détention provisoire, la sentence est tombé en juin 2014  : il écope de deux ans de prison ferme.  Les militants des droits de l’Homme se mobilisent et appellent à sa libération. Contre toute attente, la peine a été confirmée en appel, lundi 1er septembre. En lire plus »

En Algérie, la violence n’est pas que dans les stades!

La violence dans les stades, véritable catastrophe nationale, a été à l’origine d’un décès qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Celui de l’international camerounais, Albert Ebossé, tué par ses propres supporteurs dans la frénésie d’une fin de match qui n’a pas plu.

Un acte de violence qui a suscité une immense indignation, mettant la violence « algérienne » sous les feux de la rampe. Depuis, les condamnations des violences dans les stades fusent et se multiplient.

Pourtant, c’est loin d’être une affaire de stades ! En lire plus »

Algérie : Le joueur Albert Ebossé tué par des supporters

Touché par un projectile à la fin d’un match

L’attaquant international camerounais de la JSK (Jeunesse sportive de Kabylie), Albert Ebossé (25 ans), a été tué samedi soir au stade de Tizi Ouzou, -à près de 100 km à l’est d’Alger-, par un projectile qui lui a été jeté sur la tête à la fin du match opposant son équipe à l’USM Alger.

Albert Ebossé

La défaite semble avoir contrarié les supporters. Ils n’ont pas manqué de lancer des projectiles depuis les tribunes sur les joueurs qui rejoignaient les vestiaires.  Touché, Albert Ebossé, a très vite succombé à ses blessures. Le joueur avait pourtant marqué l’unique but de son équipe.

La violence dans les stades, véritable fléau en Algérie, ne date pas d’aujourd’hui. Sept supporters ont trouvé la mort et 2.717 autres ont été blessés, dont 1.589 policiers, dans des actes de violence survenus au niveau des stades de football en Algérie entre 2007 et 2012.

C’est la première fois qu’un joueur meurt sur le terrain.

Fella Bouredji

Algérie : Menaces sur les libertés et traque des opposants

Un air de vendetta souffle sur l’Algérie depuis la réélection contestée de Abdelaziz Bouteflika, le 17 avril 2014.

L’heure de la vengeance semble avoir sonné.

« On s’expliquera après le 17 avril » avait lancé Amara Benyounes, l’un des animateurs de la campagne de Bouteflika, à l’adresse des contestataires du 4ème mandat. C’était le 2 avril 2014 lors d’un meeting organisé en Kabylie, à Tizi Ouzou (100 Km à l’est d’Alger).

Comme promis, tout semble être fait pour acculer, intimider et traquer les opposants. Par tous les moyens. Ou presque.

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Le documentaire « Paroles d’Algérie » : Tournage clandestin dans un pays en attente de changement

« Paroles d’Algérie », un documentaire de Bruno Ulmer, réalisateur français et Jean Pierre Séréni, journaliste au Monde Diplomatique sera diffusé sur la chaîne européenne, Arte, le 15 avril, à 23h20 (22h30 heure algérienne) puis, ensuite sur Arte +7 : du mercredi 16 au mardi 23 avril.

 


 

Donner la parole aux voix discordantes. Parcourir des milliers de kilomètres pour dresser le portrait de la jeunesse algérienne. C’est un pari, que s’est lancé le réalisateur français Bruno Ulmer à la veille d’une Présidentielle très controversée. Son ambition est très vite freinée par les autorités algériennes. Malgré une autorisation officielle, la douane bloque son matériel de tournage.
Une décision venue d’en haut, lui dit-on.
Après cinq jours d’attente, le tournage est définitivement interdit et l’équipe est priée de quitter le pays. Mais Bruno Ulmer reviendra plus tard, muni d’un visa touristique, d’une petite caméra et de son envie de filmer, -coûte que coûte-, ce pays qui l’intrigue et pour lequel « il éprouve un lien d’amitié ».

« Paroles d’Algérie », un road-movie percutant prend forme, au fil des rencontres.Chômeurs, blogueurs, journalistes, simples citoyens et militants font face à sa caméra pour raconter, avec lucidité, l’Algérie dont ils rêvent et celle qu’ils subissent.

Fella Bouredji

Cinq façons d’étouffer la révolte algérienne

La révolte est dans tous les esprits, même si ceux qui la manifestent dans la rue le font encore en rangs dispersés.Créant une impression de désordre minoritaire.

Pourtant, plus de 6500 protestations de rue et 1500 grèves ont eu lieu en 2013. Presque autant qu’en 2012 et en 2011. Et si tout avait été fait pour que la révolte des Algériens ne fasse jamais long feu ?

Une jeune algérienne bâillonnée lors d’une manifestation pacifique le 06 mars 2014 à Alger

Au départ, il y avait le prix de l’huile et du sucre, la contestation des listes d’attribution de logements, le chômage, des revendications salariales. Les raisons de la révolte n’ont  jamais cessé de s’élargir. Aujourd’hui, la rue réclame moins de corruption, plus de justice sociale, un changement de régime. Les Algériens sortent dans la rue pour huer les hommes du gouvernement en pleine campagne présidentielle.

Depuis que des émeutes fulgurantes ont éclaté un certain 5 janvier 2011 à Bab El Oued (Alger) pour finir par gagner plusieurs villes du pays, toute révolte, aussi vivace soit-elle, est vite étouffée. En lire plus »

L’Algérie, une poudrière sur le point d’exploser?

Dérapages, menaces, invectives, violences : les tensions sont vives depuis le début de la campagne présidentielle, il y a deux semaines. Rythmée au quotidien par des affrontements entre pour et contre « 4ème mandat de Bouteflika », l’ambiance électorale fait craindre le pire.

Si le besoin de changement est sur toutes les lèvres, la peur du chaos l’est aussi. A j-10 des Présidentielles du 17 avril, l’Algérie semble être une poudrière sur le point d’exploser.

Répression d'une manifestation pacifique à Alger, mars 2014. Reuters.

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Tlemcen, centre de gravité du pouvoir algérien?

Un Président, une quinzaine de ministres et plusieurs hauts gradés de l’Etat sont originaires de Tlemcen. Une ville presque refaite à neuf. En dix ans, elle est devenue un berceau du pouvoir. Du moins en apparence. Cinq jours dans la ville, pour y voir un peu plus clair.

VENDREDI : Des rencontres, des préjugés et des questions

Djazaïr lefaâ, rasseha Tlemcen (L’Algérie est un serpent, Tlemcen est sa tête». Comme beaucoup de Tlemcéniens, Selma, 29 ans, fonctionnaire dans une banque déteste cette expression :

«Beaucoup de gens disent ça. Je la vis comme une violence. Il faut arrêter de focaliser sur Tlemcen, on n’a pas le pouvoir, on a juste des hommes au pouvoir.»

A la tête de ces hommes au pouvoir dont parle Selma, le président-sortant, Abdelaziz Bouteflika, né à Oujda (même si son lieu de naissance est censuré dans toutes ses biographies officielles), mais qui se revendique de Tlemcen, de Nedroma plus précisément.

Depuis sa première élection à la tête de l’Etat il y a 15 ans, il a nommé plus de 15 ministres originaires de Tlemcen. Il a également placé des personnalités politiques de la région dans les institutions clefs du pouvoir. Entre autres, Mourad Medelci à la tête du Conseil constitutionnel, Abdelkader Bensalah au Conseil de la Nation, le Général Hamel à la DGSN (Police nationale). En lire plus »