Egypte: nouveau gouvernement – plus ça change, plus c’est la même chose

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sophieanmuth


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L’opposition réclamait un nouveau gouvernement, un gouvernement d’union nationale : le remaniement de ce mardi est tout le contraire. Le premier ministre Hisham Qandil a beau être taxé d’incompétence, il reste à son poste. Les ministres très contestés de l’Intérieur et des médias ne bougent pas non plus. Par contre, davantage de Frères musulmans ou de sympathisants des Frères font leur entrée, selon les porte-paroles du gouvernement, pour « résoudre les problèmes économiques ».

Quant au nouveau ministre de la Justice, il est peu susceptible d’apaiser la querelle entre l’exécutif et le judiciaire: Ahmed Mohamed Soliman est réputé proche des Frères et des salafistes de la Gamaa Islamiya.

Les portefeuilles de l’Investissement, de l’Agriculture, du Pétrole et de la Coopération internationale reviennent à des Frères encartés. Amr Darrag était assez connu pour ses capacités à répandre la bonne parole en anglais au sujet des Frères musulmans et de leur modération, et c’est lui qui hérite de la coopération internationale. Le ministre des Finances, Fiyad Abdel Moneim, est très proche de la Confrérie. Les ministres qui participaient aux discussions avec le FMI, pour obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars (et après l’obtention duquel l’aide financière devrait paraît-il pleuvoir des quatre coins du monde), se voient donc remerciés: cela fait en effet des mois que le gouvernement égyptien annonce la signature imminente de l’accord mais que rien ne se passe, hormis d’innombrables allées et venues de la délégation du FMI.

Le vice-président de la Cour constitutionnelle suprême, Hatem Bagato, qui a été si critiqué pour ses supposés sympathies moubarakistes, a pourtant reçu le portefeuille des Affaires parlementaires. Sur les neuf nouveaux ministres, il est le seul à ne pas être un islamiste.

Cette caricature du gouvernement Qandil circule chez les salafistes. Les Frères ne trouvent donc pas davantage grâce aux yeux des salafistes, ceux de Nour (le plus grand parti salafiste égyptien), du moins, qu’à ceux des libéraux.

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