Egypte: Nouveau raté pour les élections législatives

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sophieanmuth


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Enième rebondissement pour le Parlement égyptien: les élections législatives devaient avoir lieu le mois prochain et se terminer en juin, après une gaffe malvenue autour des dates religieuses coptes, et la menace du boycott de l’opposition, mais enfin, ça y était, on avait une date… Point du tout: la constitutionnalité de la loi électorale votée récemment doit être examinée, d’après une décision de la Cour suprême administrative,ce qui se transcrit par une mise en suspens des élections parlementaires!

La présidence a annoncé qu’elle ferait appel de la décision de la Cour, mais qu’elle respectait la décision et considérait la date des élections comme à déterminer à nouveau ultérieurement.

L’Egypte n’a pour le moment pas de Chambre des députés – il a été dissout cet été après que le déroulement du scrutin a été jugé inconstitutionnel. Comme on n’est pas à une absurdité près ici, il se trouve que la Choura (le Sénat) égyptien avait été élue selon le même processus et devrait donc être dissoute également. Mais dans ce cas, l’on n’aurait plus le moindre organe législatif pour voter quoi que ce soit.  Beaucoup critiquent la légitimité de ce Conseil, de toute façon, élu avec un taux de participation inférieur à 10% et composé principalement d’islamistes.

On commence à s’habituer aux taquineries du judiciaire envers l’exécutif, c’en est une autre occurrence. Le président égyptien issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, a annoncé à la fin du mois de février que les élections commenceraient le 22 avril et se poursuivraient en plusieurs phases jusqu’en juin. Bon, eh bien non, attendons de voir.

Après tout, ce n’est qu’un raté de plus: Morsi avait initialement annoncé les deux tours des élections pour les week-end du 28 avril et du 5 mai, avant de devoir les avancer au début des semaines concernées: les dates choisies étaient en fait les Pâques et les Rameaux Coptes… Aurait-il voulu signifier aux Coptes qu’il avait oublié leur existence qu’il n’aurait pu mieux faire. Il s’est d’ailleurs copieusement excusé.

Le futur Parlement, encore dans les limbes, était en outre déjà menacé d’impuissance: l’opposition refusait de participer au scrutin, le jugeant illégitime. Certains reprochent à l’opposition une position contre-productive: certes elle n’est pas assez puissante et implantée localement pour gagner, mais refuser de participer ne revient-il pas à faire figure de petit enfant boudeur? La voilà gratifiée d’un temps de réflexion supplémentaire.

 

 

 

 

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