Deux ans, déjà. Le 25 janvier 2011 marque le début de la révolution égyptienne. Une révolte populaire, qui avait abouti 18 jours plus tard, à la démission du pharaon Hosni Moubarak.
Doté d’un président islamiste démocratiquement élu, d’une nouvelle Constitution, d’un gouvernement civil, l’Egypte ne semble pas avoir renoué avec l’apaisement politique et la stabilité économique. Deux ans après. Des millions d’Égyptiens défileront aujourd’hui au Caire et dans toutes les grandes villes du pays. Un seul mot d’ordre: »La révolution continue jusqu’à ce que ses objectifs soient atteints ».
Amr Katamesh
Le gouvernement des Frères musulmans ne cesse pourtant de se présenter comme le digne héritier de la révolution. Mais il ne convainc pas ses acteurs : des Égyptiens fatigués, fâchés et déçus par un soulèvement auquel ils ont cru, au cours duquel des centaines de manifestants sont mort.
Le chanteur et comique égyptien Amr Katamesh incarne, dans son dernier clip, la crainte que la révolution n’aboutisse pas. Et que les morts soient morts « gratuitement ». Le chanteur est blessé par ce qu’il se passe en Egypte depuis la chute de Moubarak. Il considère même à postériori la révolution plus « facile ».
Les Frères musulmans ne sont pas épargnés par Amr Katamesh qui leur reproche en creux de stigmatiser les « libéraux ». « Ils disent que je mange du « nesto » (fromage) », clame Amr.
Mais à travers cette poésie populaire, Amr Katamesh ( par ailleurs vainqueur de la première saison de l’émission Arabs Got Talent) donne également un message d’espoir. La révolution égyptienne est irréversible. « Elle ne va pas mourir », entonnent le chanteur et les Egyptiens qui l’entourent.
Pour Mohammed,un ingénieur originaire du Caire, Amr Katamesh représente l’esprit des jeunes égyptiens.
« Je le trouve drôle et j’apprécie qu’il ne soit pas lié à un parti politique. Il fait passer des idées sans trop d’idéologie. C’est un homme simple, comme beaucoup d’Égyptiens. Amr Katamesh nous ressemble. »
N.B
