Egypte – le gouvernement tente de désamorcer les manifestations du 25

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sophieanmuth


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Pour le 25 janvier prochain sont prévues des manifestations à la fois pour célébrer les deux ans de la révolution, et pour affirmer que la révolution continue.

2011: à bas Moubarak; 2012: à bas le régime militaire; 2013: à bas le Guide suprême

Pour certains, la continuité s’exprime ainsi: 2011: à bas Moubarak, 2012, à bas le Conseil militaire, 2013, à bas les Frères musulmans.
Le Conseil militaire était l’organe chargé de diriger le pays en attendant que le pouvoir revienne à un civil élu.
Et en ce moment, pour beaucoup d’opposants, ce n’est pas le président Mohamed Morsi qui dirige mais le Guide suprême de la Confrérie, Mohamed Badie.
Il est vrai que les Frères ne font rien pour arranger les choses : il arrive au porte-parole des Frères musulmans, un groupe – qui est certes bien entendu lié à son parti politique Justice et Liberté (dont sont issus le président et une bonne partie de sont gouvernement) – de s’exprimer en lieu et place du gouvernement. Par exemple Mahmoud Ghozlan a tout récemment déclaré qu’aucune violence ne serait tolérée lors des manifestations de commémoration du 25 janvier. Rien à redire sur l’idée, certes une énième mise à sac des bureaux des Frères musulmans ferait désordre… mais le maintien de l’ordre public est a priori du ressort du gouvernement, pas d’une nébuleuse tout aussi proche du pouvoir soit-elle.

 

Le gouvernement des Frères ne cesse de se revendiquer comme le digne héritier de la révolution. Ils ne convainquent pas grand-monde, car la plupart des Egyptiens sont fatigués et déçus par les résultats du soulèvement – mais il agacent au plus haut point ceux à qui ils donnent l’impression de voler leur révolution. Il y a quelques jours, au centre du Caire, quelques dizaines de manifestants scandaient « Avez-vous entendu la dernière blague égyptienne? Les Frères musulmans disent qu’ils sont des révolutionnaires! »

Le président avait déclaré en octobre faire grâce aux prisonniers et accusés arrêtés pendant les événements politiques du 25 janvier 2011 jusqu’à son arrivée au pouvoir fin juin 2012. Quelques jours avant l’anniversaire de la révolution, le tribunal chargé d’appliquer cette grâce a libéré presque 400 accusés arrêtés pendant les affrontements de novembre 2011 au sujet du Ministère de l’Intérieur.
Morsi vient également de nommer officiellement « martyrs de la révolution » les morts du match de février 2011 à Port-Saïd.
Et ceci trois jours avant l’anniversaire de la révolution, et quatre avant le jugement (samedi 26) des accusés du match Port-Said, au cours duquel plus de 70 des supporters de foot « Ultras » qu’on considère souvent comme le bras armé (science des cocktails Molotov, haine de la police) de la révolution. Mais il paraît que de nouvelles preuves sont arrivées au parquet, ce qui permettrait de repousser confortablement la séance, afin qu’elle ne coïncide pas avec la période des 18 jours de la révolution de 2011. Les Ultras ont en effet prévenu que si le verdict leur semble injuste, ils n’hésiteront pas à réclamer leurs droits.

Les marches du 25 janvier auront plusieurs slogans: pour la « justice », pour un « Etat de loi », « contre la Frèrisation de l’Etat » et contre « l’inflation des prixx et le despotisme ».

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