Réveille-toi, mon gars, on est en Egypte là, pas en Arabie Saoudite!

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naderabouazza


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Flanqué d’une barbe gris poivré, le prédicateur salafiste Hisham el Ashry fait parler de lui. Ce n’est pas le premier, ni le dernier prédicateur à faire preuve d’extrémisme et d’intolérance.

«On m’a demandé: Si j’étais  au pouvoir, aurais-je laissé les femmes chrétiennes dévoilées. 
Et j’ai répondu: Si elles veulent se faire violer dans les rues, alors elles peuvent [rester dévoilées ndlr]»
,  a déclaré Hisham el Ashry sur la chaîne Nahar TV.

Hisham el Ashry s’est également exprimé sur l’introduction d’une police des mœurs qui veillerait à l’application de la loi islamique, rapporte l’agence de presse Reuters.

Selon lui, si l’Egypte veut devenir «pleinement islamique»«l’alcool doit être interdit et toutes les femmes couvertes.»

Dans une vidéo publiée sur Youtube le 5 janvier dernier, le prédicateur dit «aimer» et «vouloir protéger son frère chrétien» dans une phrase. Dans une autre, il explique ne pas reconnaître la religion chrétienne.

«Ce n’est pas moi, mais Dieu qui le dit», insiste-t-il.

Avant d’ajouter:

«Ma conviction est que la religion de Dieu est l’Islam».

Hicham el Ashry met également en garde ceux et celles qui n’embrasseront pas l’islam. Qu’ils s’attendent aux flammes de l’enfer. Le paradis n’est pas pour eux.

En Egypte, musulmans modérés et chrétiens craignent que des salafistes aux propos aussi extrêmes prennent une place importante dans les mois à venir. Notamment dans les urnes lors des prochaines élections législatives prévues en avril 2013.

«Regardez cet homme fou! Où pensez-vous que nous vivons! Dans une jungle?», s’écrit Mona Ahmed, 65 ans, devant son téléviseur.

Voilée, Mona n’en reste pas moins consternée. Elle n’arrive pas à contenir son exaspération devant ses enfants.

«Réveille-toi, mon gars, on est en Egypte là, pas en Arabie Saoudite!», a-t-elle ajouté.

Du côté des officiels religieux, on a rapidement désavoué les paroles du prédicateur jugées «idiotes».

Le Grand Mufti Ali Gomaa a rappelé, par voie de communiqué, que tous types de polices intrusives n’avaient jamais été envisagé par les savants de l’islam sunnite en Egypte.

«La promotion de la vertu et la prévention du vice relèvent de la compétence des autorités et non des individus ou des groupes», a déclaré Mahmoud Ghozlan, le porte-parole des Frères.

Même si le président islamiste Mohammed Morsi s’est défendu à plusieurs reprises de vouloir imposer des codes islamiques, il s’est récemment empressé de faire adopter, par référendum, une constitution qui contient davantage de références islamiques que la précédente.

«Tant que de telles actions ne sont pas sérieusement condamné par les autorités dans des discours publics, les radicaux auront la liberté d’agir librement», a déclaré l’activiste des droits de l’homme Gamal Eid.

NB

 

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