Nouvelles têtes au gouvernement et à la Banque centrale égyptienne

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sophieanmuth


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Avec les nouvelles élections législatives prévues pour dans quelques mois, il va être temps au parti des Frères musulmans de présenter des résultats.
Un remaniement ministériel pour mieux faire face à la crise économique était annoncé depuis décembre, il a finalement eu lieu.
Les dix nouveaux ministres sont arrivés dimanche dernier. Le gouvernement comprend maintenant huit membres officiels des Frères musulmans, soit un peu plus d’un quart du total des ministres, mais il faut y ajouter les sympathisants.

En formant son premier gouvernement, le président égyptien Mohamed Morsi n’avait pas donné tous les portefeuilles ministériels à des membres du parti Justice et Liberté (le bras politique de la Confrérie) afin de ne pas susciter de craintes de colonisation immédiate du pouvoir.
Les Frères musulmans se plaignent depuis des mois de ne pas avoir les mains libres pour appliquer leur programme politique, de ne pas avoir assez de ministres favorables à leurs politiques, ni assez de gouverneurs, et encore moins de soutien au niveau local. Reste à voir si ce remaniement changera quelque chose de ce point de vue-là.

Le ministre de l’intérieur a été remplacé. Lors des manifestations contre Mohamed Morsi en décembre dernier, la présidence avait craint pour sa sécurité. Elle n’avait pas l’impression que la police était vraiment de son côté. C’était apparemment pour cela que les Frères musulmans avaient fait venir leurs partisans et fait savoir que des affrontements seraient possibles s’il fallait protéger le président – et des morts ont été à déplorer.
Le nouveau ministre de l’Intérieur est le général de police Mohamed Ibrahim, qui était jusqu’ici chargé de l’administration pénitentiaire et l’un des adjoints du ministre sortant.

Il semble que le président ait toujours confiance dans son ministre de la Défense Al Sisi. Il avait pris ses fonctions en août dernier, au moment où Morsi avait mis à la retraite les chefs du Conseil suprême des Forces armées.

On remarque un nouveau ministre des Transports, Hatem Abdel-Latif, ce qui n’a rien d’étonnant après le drame d’Assiout en novembre dernier.
Un nouveau ministre de l’électricité, Ahmed Emam, qui aura sans doute affaire à l’épineuse question des subventions et taxes sur l’énergie.
Le ministre du développement local, qui avait eu la brillante idée de demander, pour économiser l’énergie, aux restaurants et magasins de fermer à dix heures et minuit, dans un pays de couche-tard, a été remplacé aussi, par Mohamed Ali Beshr. Son idée de fermeture moins tardive avait suscité un tollé et son application n’avait cessé d’être reportée.
Ces trois nouveaux ministres sont des membres officiels des Frères musulmans.

Le nouveau ministre de l’Environnement serait un bon technocrate d’après EgyptIndependent.

Une grande partie de l’opposition avait demandé la démission de tout le gouvernement, afin d’y voir arriver plus de technocrates – par exemple un premier ministre qui aurait des compétences en finance et économie, non un ancien ministre de l’irrigation, et plus de personnalités représentant différents courants politiques.

Deux ministres avaient démissionné en décembre dernier pour exprimer leur désaccord avec la politique du gouvernement, le ministre des Communications, et l’attaché aux Affaires parlementaires. Des conseillers du président et des figures du parti des Frères musulmans avaient également quitté leur poste.

Inquiétante situation économique

L’Egypte souffre d’un déficit budgétaire croissant, la monnaie nationale ne cesse de chuter, les réserves de change de fondre, et les prêts du Qatar de disparaître en un instant. C’est 5 milliards de dollars que le Qatar a commencé à fournir à l’Egypte.

Quant au prêt de 4,8 milliards de dollars que l’Egypte négocie avec le FMI, sa conclusion ne cesse d’être repoussée en raison dit-on de l’incertitude politique.

Mais les officiels n’ont de cesse d’affirmer que la situation économique est sous contrôle, par exemple le nouveau chef de la Banque centrale égyptienne. Hesham Ramez, précédemment le directeur d’une grande banque, CIB, en est le nouveau gouverneur. Il remplace un homme qui avait exprimé à maintes reprises son désir de quitter son poste. C’en était devenu un feuilleton – il annonce sa démission – le gouvernement dément – en fait non –si…

Le gouvernement, sans doute pour ne pas augmenter le mécontentement déjà important vis-à-vis de la situation économique, a annulé –pour l’instant- l’augmentation des taxes sur l’énergie, qu’il prévoit depuis longtemps et qui est vu par beaucoup comme une pré-condition demandée par le FMI en vue de l’assainissement de l’économie.

Le nouveau ministre des Finances, Morsy Hegazy, n’est pas un membre officiel des Frères musulmans, mais il en est très proche. C’est un professeur d’économie à l’université d’Alexandrie et un expert en finance islamique.

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