Les tests de virginité, hors la loi

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naderabouazza


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La justice égyptienne a tranché mardi 27 décembre sur la question des tests de virginité. Elle en condamne l’utilisation par l’armée égyptienne.  Cette injonction a été émise lors d’ une décision de la Cour administrative du Caire en faveur d’une jeune femme, Samira Ibrahim, contrainte de subir ce test après avoir été arrêtée lors d’une manifestation le 9  mars dernier. La pratique des tests de virginité forcés a été dénoncée comme une forme de torture et de violence sexuelle par des organisations égyptiennes et internationales de défense des droits de la personne, comme  Amnesty International et Human Rights Watch. Ci dessous, un tweet de Samira Ibrahim remerciant le peuple égyptien et la place tahrir après l’annonce de la cour de justice.

«Si j’avais gardé le silence, d’autres Égyptiennes auraient pu en être victimes», déclarait Samira Ibrahim devant la caméra d’une équipe de Human Rights Watch.

Samira Ibrahim au Caire le 27 décembre 2011. Reuters/Amr Dalsh

Ce silence, cette Egyptienne de 25 ans au visage jouflu, entouré d’un hijab rose, l’a brisée en racontant comment l’armée égyptienne l’avait humiliée et contrainte à des tests de virginité le 9 mars dernier lors d’une manifestation sur la place Tahrir. Comme des milliers d’Egyptiens ce jour-là, elle était descendue pour demander que le président déchu et les autres cadres du régime soient jugés pour les crimes qu’ils ont commis.

Samira parle de tortures pratiquées par l’armée aux abords du Musée égyptien, notamment des décharges électriques et des coups sans retenue. Ce 9 mars, Samira est persuadée que la révolution est terminée, khalass!

«Ils nous ont mis dans un grand fourgon avec un groupe de filles(…). Les officiers nous ont insultées et nous ont mis des cocktails Molotov entre les mains, pour nous prendre en photo et pouvoir dire ensuite que nous faisions partie d’un groupe de voyous»

Installées dans une salle, les jeunes filles ont ensuite été forcées de se déshabiller devant les regards malveillants des soldats. Puis le test de virginité et cette remarque: «t’es encore une jeune fille».

Insultée, émue, révoltée, Samira Ibrahim revit la scène et raconte pourquoi l’armée égyptienne n’a jamais été du côté des révolutionnaires.

 

Ces dernières semaines d’autres violences à l’égard des femmes ont marqué l’attention des médias et des organisations internationales. Les images de femmes bafouées et tabassées ont montré que les pratiques dont a été victime Samira Ibrahim pourraient se reproduire en toute impunité. La ligne rouge a été dépassé par le Conseil suprême des forces armées qui botte encore une fois en touche, en déclarant que l’institution militaire n’est pas responsable des tests de virginité. C’est une erreur personnelle et ils  jugeront la personne responsable, rapporte le quotidien égyptien masrawy.

 

 

 

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