Divisions et léthargie : Le M23 à l’épreuve du pouvoir de Macky Sall

L'Auteur

Ndeye Khady Lo


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Le mouvement du 23 juin, créé aux lendemains des manifestations du 23 juin 2011 ayant abouti au retrait du projet de loi instaurant un ticket présidentiel, est divisé. Certains de ces membres, nommés à de hautes fonctions par Macky Sall, considèrent que la mission du mouvement est terminée tandis que d’autres considèrent que le combat doit continuer plus que jamais pour la préservation des acquis démocratiques du Sénégal.


Rien ne va plus au sein du M23. Depuis l’accession de Macky Sall au pouvoir en mars 2012, ce mouvement se cherche une identité et une nouvelle mission. Au plus fort  de la contestation contre Wade, ce mouvement avait réussi à fédérer les forces vives avec comme seul cri de guerre : « Touche pas à ma constitution ». Après la satisfaction de ces revendications, force est de constater la léthargie ou même la mort programmée de ce mouvement né de la volonté populaire de citoyenne.

L’assemblée générale organisée le 12 janvier, l’implosion du mouvement n’a pu être évité. D’un côté, les jeunes qui pensent que le mouvement ne doit pas servir de tremplin à des gens et faire allégeance à Macky Sall et à son régime. De l’autre, certains membres fondateurs comme Penda Mbow, Youssou Ndour, Abdoul Aziz Diop, Abdou Latif Coulibaly, devenus des responsables du pouvoir en place. Penda Mbow, proche de la première dame et représentante du Sénégal auprès de la Francophonie a estimé que la mission du M23 est finie.

« «Nous ne  pouvons plus mener une lutte comme celle de 2011. Maintenant le combat c’est pour le développement, les objectifs c’est la consolidation des Sénégalais qui peut atteindre l’autosuffisance, qui peut atteindre les besoins de bases. La nouvelle lutte c’est avoir une école performante. Mais s’il faut lutter pour déstabiliser  un pouvoir, cela ne vaut pas la peine et ça n’a pas de sens. Or pour cela, il faut revoir les mécanismes, les façons de faire. On peut juger le gouvernement que sur la base de ses actions au quotidien»

Une déclaration qui a fortement irrité les jeunes formellement opposés à la mutation voulue par leurs ainés. Ces derniers ont créé une association dénommée A23 en lieu et place du mouvement M23.

« Nous nous opposons formellement à ce que le M23, un mouvement populaire qui doit se démarquer de toute démarche de complaisance ou de compromission, puisse être transformé en organisation », a martelé Abdourahmane Sow, le coordonnateur des jeunes au début de la rencontre.

Alioune Tine de la Rencontre Africaine des Droits de l’Homme (RADDHO) s’est dit conscient que s’il y a des remous au sein du Mouvement du 23 juin (M23), c’est parce qu’il y a des intérêts divergents.

Selon lui, le M23 ne peut pas se constituer comme une organisation antigouvernementale ou progouvernementale. « Ce n’est pas sa tâche. Le M23, je pense que c’est le parti du Sénégal. Point final. Si effectivement il agit dans le sens des aspirations profondes des Sénégalais, ces derniers l’écouteront et le suivront. Mais, si c’est le contraire, les Sénégalais vont se détourner du M23. C’est au M23 d’oser être comme un parti du Sénégal. Il est évident que ce n’est pas une tâche facile. La tâche la plus difficile, c’est de se comporter comme un parti du Sénégal. Ça veut dire être non partisan. Des gens veulent un M23 qui s’attaque à Macky Sall, d’autres un M23 qui va être un soutien à Macky. Ça, c’est un échec de mon point de vue. Car, ce n’est pas la vocation du M23».

 

 

 

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