A un jour de la visite de François Hollande au Sénégal, les initiatives se multiplient. Après les Universitaires qui lui ont adressé une lettre et une pétition pour la libre circulation scientifique, c’est au tour des religieux de protester dans une lettre contre l’Islamophobie et les caricatures visant le prophète de l’Islam (Psl). Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS-AL WAHDA) est l’initiateur de cette lettre.
« Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS -AL WAHDA) a constaté avec regret et amertume les derniers actes islamophobes provenant de la France. L’hebdomadaire Charlie Hebdo a publié, le mercredi 19 septembre dernier, de virulents dessins satiriques représentant le prophète Mouhamed( Paix et Salut sur lui), après une semaine de violences dans le monde en réaction au film islamophobe « L’Innocence des musulmans ». Après les caricatures de novembre 2011 qui se sont soldées par l’incendie de sa rédaction, ce nouveau coup médiatique de Charlie Hebdo a attisé une fois encore les passions. Le RIS fustige cet acte irresponsable qui risque d’exacerber les tensions et de provoquer des réactions préjudiciables à la phase de transition politique que traversent beaucoup de pays musulmans après les dernières révolutions.
Le Rassemblement Islamique du Sénégal condamne, avec la plus grande vigueur, la complicité du Gouvernement français face à ce nouvel acte islamophobe qui vise à offenser délibérément les sentiments des Musulmans. La liberté d’expression chantée par le Président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ne saurait être un prétexte pour heurter les convictions des communautés de foi. L’islamophobie doit impérativement être combattue comme toute forme de racisme. Ce climat inacceptable de stigmatisation et de discrimination vis-à-vis des musulmans qui perdure en Occident, doit cesser.
Le Rassemblement Islamique du Sénégal récuse tout de même tout acte de violence exercé sur des innocents au nom de l’islam. Le RIS-AL WAHDA encourage la recherche de solutions durables et efficaces face aux nombreux défis qui interpellent la Oumma islamique. En effet le RIS AL WAHDA plaide pour la Criminalisation des attaques contre les Religions au niveau des Nations Unies et dans nos Lois nationales. L’Organisation de la Coopération Islamique(OCI) que préside le Sénégal, doit sortir de sa torpeur pour jouer un rôle beaucoup plus dynamique pour la défense de l’image de l’Islam et des intérêts des musulmans dans le monde.
Le Rassemblement Islamique du Sénégal ne saurait rater l’occasion de la visite du Président François Hollande pour dénoncer la gestion de nombreux dossierspar leGouvernement français dans le cadre de la coopération entre nos deux Etats. Le RIS AL WAHDA qui prône une relation bilatérale fondée sur le respect de la dignité humaine, proteste vigoureusement contre les nombreuses tracasseries subies par les Sénégalais pour l’obtention d’un visa français. Les relations séculaires entre la France et le Sénégal exigent une coopération plus respectueuse des droits humains et de la souveraineté des peuples.
La recherche de visas d’études pour les milliers d’étudiants sénégalais, les personnes atteintes de maladies chroniques, les hommes de culture pour ne citer que ceux-là, a été d’une extrême difficulté ces dernières années.
La situation de certains retraités sénégalais qui ont servi la France, mérite une attention particulière. Car ces derniers qui ont longtemps été victimes d’un traitement dévalorisant par rapport à leurs homologues français, continuent encore de souffrir le martyre pour obtenir leurs pensions de retraite.
La redéfinition d’une politique africaine et la renonciation à la France-Afrique ne doivent être un simple slogan pour François Hollande et sa nouvelle équipe. Les peuples Africains aspirent à plus de considération de la part des anciennes colonies dont les politiques de domination et de servitude ont été des plus désastreuses. Au-delà d’un discours de respect attendu à Dakar, le nouveau Président Français doit au Sénégal et à l’Afrique un nouveau message de pardon après les propos haineux et insultants de Nicolas Sarkozy, prononcés à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar lors de son séjour officiel au Sénégal ».


1 réaction
« Le Rassemblement Islamique du Sénégal récuse tout de même tout acte de violence exercé sur des innocents au nom de l’islam » Toujours ce langage pas clair! Ils dénoncent les agressions de personnes « innocentes » ! Bien! Mais qu’en est-il des personnes qui pourraient être désignées comme coupables de ces tueries ? Le CFCM a fait de même en France!Dans l’article « Le terrorisme n’a pas de religion », le CFCM exprime, par trois fois, son refus des agressions d’innocents mais n’a pas un mot sur les assassinats de « coupables », ce qui évite de donner une définition trop restrictive de cette culpabilité :
- « Il est nécessaire d’attirer l’attention sur le fait que le terrorisme contre des civils innocents, que ce soit par une agression classique ou par des moyens suicidaires, n’est en aucun cas permis par l’Islam. » ;
- « l’Islam n’autorise, pour quelque raison que ce soit, le terrorisme contre les non-combattants et les gens innocents. » ;
- « il est de notre devoir de coopérer les uns avec les autres pour parvenir au bien et ce, afin de faire cesser toute forme de terrorisme, d’agression et de violence contre les innocents. »
Sur une autre page présentée comme un « non » au terrorisme, le CFCM se réfère à un pseudo érudit qui « déclare avec force que l’islam interdit le terrorisme et le meurtre d’innocents ». Même précaution de vocabulaire à la Ligue Islamique Mondiale qui, en septembre 2003, rappelle que provoquer « la mort de gens innocents » fait « partie des grands péchés » (oumma.com, 14 septembre 2003). Et le président égyptien Mohammed Morsi a entonné le même air en claironnant que « tuer des innocents n’est pas accepté par l’islam » à propos de l’attaque contre le consulat des États-Unis à Benghazi (Le Figaro, 14 septembre 2012). Ici encore, motus sur les personnes qui recevraient le statut de coupables.