L’homme qui se fait appeler Aladji Docteur Yaya Abdoul Aziz Jamus Junkun Jammeh gagnerait à tous les coups si on organise aujourd’hui un concours pour désigner l’homme le plus haï au Sénégal. Ce sinistre président de ce minuscule pays, enfoui dans la gueule du Sénégal, a causé une indignation collective après avoir sommairement exécuté neufs personnes dont une seule femme, sénégalaise de surcroît. Les compatriotes de la dame Tabara Samba et de Djibril Bah tués par injections létales dans les geôles gambiennes vouent aux gémonies celui qu’ils qualifient de « monstre fou ».
« Nous sommes vraiment sidérés. Yahya Jammeh ne doit pas jouir de toute sa raison et il faut en tirer toutes les conséquences en Gambie, au niveau de la Cédéao et sur un plan international. La communauté internationale doit donc réagir sans tarder et sanctionner le régime gambien et son président parce qu’il a fait preuve de beaucoup de mépris (à l’égard) de la demande de l’Union africaine de ne pas exécuter les personnes détenues. Nous estimons aujourd’hui que Yahya Jammeh doit être suspendu de participation de toutes les réunions de l’Union africaine, suspendu également de participation des réunions de la CEDEAO »
Depuis qu’il a appris l’exécution des neufs prisonniers condamnés à mort en Gambie, Alioune Tine, secrétaire générale de la Rencontre africaine des Droits de l’Homme (Raddho) ne décolère pas.
Indignation collective
Le défenseur des Droits de l’Homme semble ne pas comprend pourquoi le dictateur gambien est resté sourd aux appels à la raison lancés par la communauté internationale. L’Union africaine avait dépêché jeudi 23 août un émissaire chargé de discuter avec Yahya Jammeh. De son côté, l’Union européenne avait demandé dimanche la suspension des exécutions en Gambie. Catherine Ashton, la responsable de la diplomatie européenne, a annoncé que l’UE va « examiner d’urgence une réponse appropriée ».
La confirmation de ces exécutions en Gambie a créé un grand tollé au Sénégal.
« Yaya Jammeh ne jouit pas de toutes ses facultés mentales. Il faut s’en débarrasser avant qu’il ne soit trop tard ». Ibrahima Lissa Faye, journaliste sénégalais, soutient qu’il faut en finir avec ce régime dictatorial qui parasite la démocratie sénégalaise.. A ses yeux, le président gambien constitue une menace grave pour la sécurité nationale du Sénégal.
Sur les réseaux sociaux, les appels au coup d’Etat et au meurtre contre Yaya Jammeh se multiplient. Certains vont jusqu’à l’accuser de soutenir le Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (Mfdc).
Le mutisme de Dakar décrié
Seydi Gassama, le directeur de Amnesty International Sénégal, dénonce un « acte irrationnel » mais dit ne pas comprendre le « mutisme coupable » du gouvernement sénégalais face aux « dérives » du président Jammeh. Pour Gassama, le gouvernement sénégalais n’a rien entrepris pour sauver les trois sénégalais qui attendent dans le couloir de la mort gambien. Les deux ont été exécutés dimanche 26 juillet.
Cet avis de Gassama est partagé par Faye qui juge que Macky Sall doit prendre son courage et dénoncer ces actes odieux commis par le régime gambien. « Il faut arrêter Yaya Jammeh avant qu’il ne soit trop tard » prévient-il sur un ton prémonitoire.
Tabara Samba et Djibril Bah ont été condamnés à mort pour des délits de Droits communs. La première avait été jugé coupable du meurtre de son mari Ibrahima Niang. Ce dernier avait été trouvé ébouillanté avec de l’huile chaude après avoir pris une deuxième femme. Djibril Bah avait tué un autre sénégalais suite à une bagarre. Il lui avait planté un couteau dans l’oeil.
Les neufs prisonniers tués sont Lamin B. Darboe, Alieu Bah, Lamin Jarju, Dawda Bojang Abubacarr Yarbo, Abdoulie Sonko, Lamin F Jammeh, des Gambiens, ainsi que Gibril Bah et Tabara Samba de nationalité sénégalaise.
Yaya Jammeh justifie ces exécutions par l’application de la loi gambienne. Pour lui, la primauté du droit en ce qui concerne la paix, la stabilité et la protection des vies, des biens et de la liberté, ne sera jamais compromise pour une quelconque raison ».
(M A J): A travers un communiqué de son porte-parole Abou Abel Thiam, le président du Sénégal a dénoncé ce mardi à 13 heures ces exécutions et appelle le président gambien à surseoir à l’exécution de Saliou Niang, le dernier sénégalais dans le couloir de la mort.
Le Président de la République, S E Macky SALL, regrette vivement les exécutions de condamnés à mort intervenues en Gambie, malgré les demandes de clémence adressées aux autorités de ce pays. Parmi ces exécutés figurent les citoyens sénégalais Tabara SAM et Djibril BA. Le Chef de l’Etat réitère sa demande de clémence en faveur de tous les condamnés parmi lesquels figure le citoyen sénégalais Saliou NIANG en attente d’exécution. Le Président SALL réaffirme son opposition à la peine de mort, une mesure excessive et irréversible dans l’hypothèse d’erreurs judiciaires ou de violation des droits humains. Macky SALL appelle la Gambie à sursoir d’urgence à toutes les exécutions en cours.


One Rétrolien
[...] L’exécution des deux sénégalais par Yaya Jammeh risque d’être la goutte d’eau de trop dans les relations en dent de scie qu’entretiennent le Sénégal et la Gambie. Dans son discours prononcé mardi soir, Macky Sall s’est montré ferme. Il a fait convoquer l’ambassade de Gambie et a menacé de l’expulser s’il ne répond pas. Une nouvelle dynamique face au mépris affiché par le président gambien dans cette affaire. [...]