L’ancien conseiller NTIC de Wade arrêté pour corruption

L’ancien conseiller en Ntic du président, Abdoulaye Wade a été arrêté hier par les gendarmes et déféré au parquet. Le fils de l’ancien ministre de la justice Cheikh Tidiane Sy est soupçonné de blanchiment d’argent portant sur 7 millions de dollars.

Cette accusation fait suite à une étude menée par des enquêteurs américains sur d’importants mouvements financiers effectués par le sieur Sy en direction de certaines ban­ques étrangères.
Arrêté hier puis placé en garde à vue hier, Thierno Ousmane Sy risque le mandat de dépôt. « Le doyen des juges réclame le mandat de dépôt contre l’ancien conseiller en Ntic de Wade qu’il accuse d’avoir, dans l’exercice de ses fonctions, encaissé 7 millions de dollars en commissions à la suite de la cession de la troisième licence de téléphonie ».

Il lui est reproché d’avoir indûment encaissé des commissions dans l’affaire dite « Sudatel », du nom de la troisième licence de téléphonie du Sénégal.

Thierno Ousmane Sy est également le fils de l’ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice du Sénégal, Cheikh Tidiane Sy.

Sénégal: Le téléphone mobile fait sa révolution

Cela fait plus de vingt minutes que Nabou est en train de discuter le téléphone scotché à l’oreille. Elle parle, crie murmure et chuchote selon son humeur du moment. Comme beaucoup de jeunes Sénégalais, cette jeune fille à l’allure altière est une « phone addict », cette nouvelle génération qui ne peut vivre sans le téléphone.


Au Sénégal, le mobile a pris une place de choix dans la vie quotidienne. Il est devenu une nécessité sociale. Et disposer de l’appareil permet de remplir plus facilement certaines obligations sociales : justifier une absence lors de cérémonies, présenter des salutations ou des condoléances.

« Jamais sans mon téléphone », tel pourrait être le leitmotiv de beaucoup de Sénégalais dont plusieurs ont deux ou trois téléphones portables.

Les adolescents sont pour la plupart des adeptes du Sms. Ils s’envoient des « texto » et se connectent sur Internet via leur téléphone portable.

 

D’autres sont des adeptes de jeux auxquels ils jouent sans discontinuer.

Pape Diop, un marchand ambulant de Sandaga a trois téléphones dont chacun est abonné à un des trois opérateurs du marché. « Cela me permet d’avoir du crédit en permanence et de bénéficier des bonus à chaque fois qu’il y en a ».

 

Ses nombreux téléphones l’aident dans son commerce. Certaines de mes clientes m’appellent souvent pour me passer des commandes et je leur donne rendez-vous dans un lieu qui les arrange et je fais la livraison. Quand je perds un téléphone avec le répertoire, je suis en deuil car c’est mon business qui en pâtit », explique-t-il.

 

A l’université, Mawa et ses amies discutent tranquillement tout en ayant le pouce collé aux claviers de leurs téléphones.

« Ici, pour être fashion, il faut avoir les derniers modèles de téléphones. Soit un Iphone, un Galaxy S3 ou à la limite le dernier modèle de Blackberry. Plus un outil de communication, le téléphone est un accessoire pour frimer et montrer son rang social », explique Astou, une lycéenne qui tapote son Blackbery Bold de couleur rose fushia, sans doute, une manière d’attirer les regards.

Même si les modèles les plus chères sont les plus prestigieux, le nombre d’abonnés à des forfaits mensuels ne dépasse  pas 1% des utilisateurs. Dans 99% des cas, les sénégalais utilisent le système du prépayé qui permet de mieux gérer ses dépenses et de bénéficier des bonus périodiques offertes par les opérateurs.

Une aubaine pour les opérateurs de téléphonie

L’autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp)  a annoncé en Octobre 2012 que le seuil des 10 millions d’abonnés a été dépassé. A cette date les Sénégalais étaient 10 712 052 utilisateurs de téléphone portable. Orange est l’opérateur vedette. Il se taille la part du lion avec 62,9 % des parts de marchés contre 24 % pour Tigo et 12, 4 % pour Expresso.  L’ARTP annonce un taux de pénétration qui frôle les 80%. En 2009, les statistiques de l’Agence de régulation des télécommunications (ARTP) montraient déjà cette tendance : plus d’un sénégalais sur deux était abonné à un service mobile et a un téléphone portable.

 

 

Mackymètre, un outil pour mesurer l’action du président Sall

“Comment utiliser le web pour s’assurer que le Président de la République et son gouvernement respecteront leurs engagements vis-a-vis de leurs électeurs? “. C’est la question que se sont posée quatre jeunes ingénieurs informaticiens qui ont mis au point un outil pour noter l’action du président Macky Sall et le  respect des promesses contenues dans son programme Yonou Yokouté (la voie du développement).


En mettant au point, ce site web dédié au respect des engagements électoraux du nouveau président, ces quatre ingénieurs participent grandement à révolutionner la démocratie sénégalaise. Les Sénégalais disposent désormais d’un outil leur permettant de noter l’action de leur gouvernement.

Mackymetre.com est un portail qui s’appuie sur le programme du candidat d’alors, aujourd’hui Président de la République. Par un système de notation  et un forum, il permet d’une part de suivre l’évolution de la mise en œuvre des mesures clés, d’autre part de permettre aux Sénégalais d’apprécier l’action du gouvernement et les ministres individuellement.

Ce site est un outil qui permet de mesurer de façon transparente le taux de réalisation des engagements du président Macky Sall et la satisfaction des sénégalais par rapport à la marche du pays.

Un récapitulatif sur l’état d’avancement de l’exécution des mesures clés est disponible sur toutes les pages, de même que les résultats des appréciations des utilisateurs.

Le citoyen sénégalais désireux de noter l’action du président et de ses ministres, est invité à ouvrir un compte utilisateur sur le site. Ainsi, il peut voter et modifier son vote comme bon lui semble car selon les concepteurs, on peut ne pas être satisfait sur un point aujourd’hui et voter «insatisfait » puis être satisfait demain ce qui permettra de revenir pour modifier son vote par « satisfait » et vice-versa.

Un forum de discussions est également disponible sur la plate-forme et il permet aux utilisateurs connectés de discuter sur l’actualité, la politique et divers autres thèmes liés à la conduite des affaires publiques.

 

 

Divisions et léthargie : Le M23 à l’épreuve du pouvoir de Macky Sall

Le mouvement du 23 juin, créé aux lendemains des manifestations du 23 juin 2011 ayant abouti au retrait du projet de loi instaurant un ticket présidentiel, est divisé. Certains de ces membres, nommés à de hautes fonctions par Macky Sall, considèrent que la mission du mouvement est terminée tandis que d’autres considèrent que le combat doit continuer plus que jamais pour la préservation des acquis démocratiques du Sénégal.


Rien ne va plus au sein du M23. Depuis l’accession de Macky Sall au pouvoir en mars 2012, ce mouvement se cherche une identité et une nouvelle mission. Au plus fort  de la contestation contre Wade, ce mouvement avait réussi à fédérer les forces vives avec comme seul cri de guerre : « Touche pas à ma constitution ». Après la satisfaction de ces revendications, force est de constater la léthargie ou même la mort programmée de ce mouvement né de la volonté populaire de citoyenne.

L’assemblée générale organisée le 12 janvier, l’implosion du mouvement n’a pu être évité. D’un côté, les jeunes qui pensent que le mouvement ne doit pas servir de tremplin à des gens et faire allégeance à Macky Sall et à son régime. De l’autre, certains membres fondateurs comme Penda Mbow, Youssou Ndour, Abdoul Aziz Diop, Abdou Latif Coulibaly, devenus des responsables du pouvoir en place. Penda Mbow, proche de la première dame et représentante du Sénégal auprès de la Francophonie a estimé que la mission du M23 est finie.

« «Nous ne  pouvons plus mener une lutte comme celle de 2011. Maintenant le combat c’est pour le développement, les objectifs c’est la consolidation des Sénégalais qui peut atteindre l’autosuffisance, qui peut atteindre les besoins de bases. La nouvelle lutte c’est avoir une école performante. Mais s’il faut lutter pour déstabiliser  un pouvoir, cela ne vaut pas la peine et ça n’a pas de sens. Or pour cela, il faut revoir les mécanismes, les façons de faire. On peut juger le gouvernement que sur la base de ses actions au quotidien»

Une déclaration qui a fortement irrité les jeunes formellement opposés à la mutation voulue par leurs ainés. Ces derniers ont créé une association dénommée A23 en lieu et place du mouvement M23.

« Nous nous opposons formellement à ce que le M23, un mouvement populaire qui doit se démarquer de toute démarche de complaisance ou de compromission, puisse être transformé en organisation », a martelé Abdourahmane Sow, le coordonnateur des jeunes au début de la rencontre.

Alioune Tine de la Rencontre Africaine des Droits de l’Homme (RADDHO) s’est dit conscient que s’il y a des remous au sein du Mouvement du 23 juin (M23), c’est parce qu’il y a des intérêts divergents.

Selon lui, le M23 ne peut pas se constituer comme une organisation antigouvernementale ou progouvernementale. « Ce n’est pas sa tâche. Le M23, je pense que c’est le parti du Sénégal. Point final. Si effectivement il agit dans le sens des aspirations profondes des Sénégalais, ces derniers l’écouteront et le suivront. Mais, si c’est le contraire, les Sénégalais vont se détourner du M23. C’est au M23 d’oser être comme un parti du Sénégal. Il est évident que ce n’est pas une tâche facile. La tâche la plus difficile, c’est de se comporter comme un parti du Sénégal. Ça veut dire être non partisan. Des gens veulent un M23 qui s’attaque à Macky Sall, d’autres un M23 qui va être un soutien à Macky. Ça, c’est un échec de mon point de vue. Car, ce n’est pas la vocation du M23».

 

 

 

Coup de gueule de Youssou Ndour contre le « Dakar »


Le ministre du Tourisme et des loisirs, Youssou Ndour s’est violemment attaqué au Rallye Paris-Dakar via Twitter.  La star planétaire indique sur son compte qu’il trouve scandaleux  qu’on utilise le nom Dakar pour un rallye qui se fait hors de Dakar et qui ne rapporte rien au Sénégal. Depuis qu’il a émis ce commentaire sur son compte officiel, Youssou Ndour a créé un buzz terrible sur les réseaux sociaux au Sénégal et dans le monde.

En utilisateur confirmé de twitter, le ministre du Tourisme et des Loisirs du Sénégal a joint les hashtag #Senegal, #Dakar et #kebetu à ce tweet qui alimente les conversations sur la toile.

Il faut dire que le Dakar rapportait beaucoup à l’économie sénégalaise avec les retombées financières pour les hôtels et commerces situés dans les villes et villages longeant le parcours. Mais depuis 2008, les «fous du désert» ont délaissé le trajet Paris-Dakar à cause de l’assassinat de deux ressortissants français dans le désert Mauritanien par AQMI.

 

Alain Giresse, nouveau sélectionneur des Lions de la Téranga

Après un long processus de recrutement, la Fédération sénégalaise de Football a finalement choisi le Français Alain Giresse comme sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal pour les deux années à venir.


Alain Giresse, qui avait comme challengers Aliou Cissé et Volke Finke, aura comme principal objectif de qualifier le Sénégal à la CAN 2015. Il devra terminer à la première place de la phase des groupes des éliminatoires de la Coupe du monde 2014.

Giresse, qui avait déjà fait le voyage de Dakar en fin décembre, affinera les discussions avec la Fédération de football, et fera des choix sur son futur adjoint en sélection nationale A.

La Fédération de football a, selon son président, trouvé un accord avec le technicien français quant au choix de son futur adjoint qui sera un entraîneur local.

Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de Football a estimé que Alain Giresse est le technicien’ qui remplit le mieux les critères définis par la Fédération sénégalaise de football (FSF), a expliqué mercredi le président de ladite instance au cours d’un point de presse.

‘’Il a une expérience avérée du haut niveau africain’’, a ajouté Me Augustin Senghor, faisant référence aux passages de l’ancien milieu de l’équipe de France au Gabon (2006-2010) et au Mali (2010-2012), qu’il a conduit en demi-finale de la CAN 2012.

Alain Giresse, né le 2 août 1952 à Langoiran, est un footballeur international français reconverti entraîneur. Il joue au poste de milieu de terrain du début des années 1970 à la fin des années 1980.Formé aux Girondins de Bordeaux, il remporte avec ce club le championnat de France en 1984 et 1985 et la coupe de France en 1986.

Avec 159 buts inscrits, il est le meilleur buteur de l’histoire du club bordelais. Il termine ensuite sa carrière à l’Olympique de Marseille.En équipe de France, il compte quarante-sept sélections pour six buts marqués. Il remporte avec les « Bleus » l’Euro 1984 disputé en France et la Coupe Intercontinentale des Nations. Il est également troisième de la Coupe du Monde 1986 et quatrième de la Coupe du Monde 1982.

Il devient entraineur en 1995 et dirige les clubs de Toulouse FC, Paris SG et des FAR de Rabat ainsi que les sélections nationales de Géorgie, du Gabon et du Mali.

Décès d’Ousmane Masseck Ndiaye, ancien président du Conseil économique et social

L’homme politique sénégalais Ousmane Masseck Ndiaye est  décédé mercredi matin à Dakar. Il sera inhumé dans la journée à Touba (194 Km) après une cérémonie de levée du corps prévue à 11h à la morgue de l’Hôpital Principal de Dakar, a appris l’APS dans son entourage. »Il est décédé à l’âge de 57 ans à Dakar, des suites d’une longue maladie et il sera inhumé aujourd’hui à Touba », ont confirmé les mêmes sources.


Homme politique d’obédience libérale, Ousmane Masseck Ndiaye a été  maire de Saint-Louis de 2002 à 2009, comme feu son père, le docteur Masseck Ndiaye qui avait pris l’intérim de Macodou Ndiaye à la mairie de la vieille ville, située à 264 Km au Nord de Dakar. Il a marqué son passage à la tête de la mairie de St Louis par des réalisations dans le domaine des infrastructures.

Ancien président du Conseil économique et social du Sénégal, après son départ du gouvernement, Ousmane Masseck Ndiaye a été plusieurs fois ministre dans les gouvernements de l’ancien président Abdoulaye Wade, qui régné du 19 mars 2000 au 25 mars 2012. Après la défaite du président Wade, Ousmane Masseck Ndiaye était resté fidèle à son appartenance au Parti démocratique sénégalais (PDS). Mais, sa longue amitié avec l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, est de notoriété. Ousmane Masseck Ndiaye était connu pour son élégance vestimentaire.

Abdoulaye Wade au coeur d’une rocambolesque affaire

Depuis une semaine, l’affaire défraie la chronique au Sénégal. Alioune Aïdara Sylla, un ancien député du PDS, a été arrêté dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier à l’Aéroport Léopold Sédar Senghor avec trois chèques d’un montant de deux milliards 600 millions de francs CFA. Soupçonné de blanchiment de capitaux, il a été placé sous mandat de dépôt et inculpé pour les motifs « d’association de malfaiteurs, détournement de biens publics et blanchiment de capitaux ».


C’est que c’est une affaire rocambolesque où se mêle argent, circuit nébuleux et pouvoir. Après une enquête fouillée et minutieuse les enquêteurs ont conclu : « «Il apparaît sans conteste que Aliou Aïdara Sylla peut être poursuivi pour blanchiment de capitaux. En effet, il n’a pas été en mesure d’expliquer le circuit emprunté par l’argent pour les deux chèques de la National commercial bank. Ils ont été émis en Arabie saoudite pour le compte du Président Wade établi en France, envoyés pour encaissement dans le compte de la société Al fath trading à Dubaï pour être dépensés au Sénégal, en France et en Mauritanie. Cet itinéraire vise à brouiller toute possibilité de les retracer.»

Les comptes d’Abdoulaye Wade ouverts entre Paris, Djeddah, Nouakchott, Dubaï ont connu beaucoup de mouvements. Les interrogatoires d’Aliou Aïdara Sylla et les documents saisis par les policiers ont révélé que l’ancien Président, Abdoulaye Wade, est au centre de toutes les transactions. A son interpellation par les policiers de l’aéroport Léopold Sédar Senghor, Aliou Aïdara Sylla avait été immédiatement passé à la fouille. Il a ainsi été trouvé porteur de divers documents comptables qui renseignent sur l’importance des sommes manipulées. Les policiers ont mis la main sur de nombreux relevés d’identité bancaire à son nom propre. On apprend ainsi que Aïdara Sylla a des comptes au Sénégal, en Mauritanie, aux Emirats arabes unis, en France. Mais, les opérations et autres transactions sur ces divers comptes ont ébahi les enquêteurs. Le suivi des virements entre les comptes donne le tournis. La police a découvert des copies de deux chèques de la National commercial Bank de Dubaï émis par Abdoulaye Wade.

Selon les révélations de la presse sénégalaise, le mis en cause servait de coursier à l’ancien président sénégalais.

Wade, guichet automatique

Dans sa livraison d’hier, le Quotidien révèle: « Une autre opération de 6 mil¬lions de dollars a été révélée par une lettre du Président Abdoulaye Wade, adressée à Mme Lucie Lika de la Société générale à Paris. Cette dernière devait recevoir une somme de 6 millions de dollars américains (3 milliards de Cfa) en provenance cette fois-ci de l’Arabie Saoudite. En tout cas, une fois la somme encaissée, elle devait en faire la répartition suivante : 1,5 million de dollars à Sn Commodities ecobank, 370 000 dollars (175 millions de Cfa) dans le compte Carpa ouvert à la Bicis-Dakar par le cabinet d’avocats Me François Sarr et associés, 500 000 dollars (250 millions de Cfa) à Me Madické Niang, 100 000 dollars (50 millions de Cfa) pour l’Institut libéral dans un compte à Ecobank, 200 000 dollars (100 millions de Cfa) pour la «Fondation action éducation santé» dans un compte intitulé Madame Wade Attijari bank à Dakar. Me Abdoulaye Wade ajoutera sur la liste dactylographiée une mention manuscrite «1 250 000 dollars pour Samuel Sarr». Il reste que Aïdara Sylla devait exécuter d’autres dépenses dont le versement de 75 000 euros (115 millions de Cfa) à Mme Viviane Wade dans un compte de la Société générale à Versailles et 200 000 euros à un psychiatre établi en France du nom de Jean Pierre Lablanchy. Aïdara Sylla devait aussi verser la somme de 500 000 dollars dans un compte numéroté ouvert à la Banque nationale de Mauritanie dont le titulaire lui est inconnu.

En plus de ces dépenses, le Président Wade lui avait demandé de régler sur les 6 millions de dollars à tirer de la Société générale de Paris et qui rappelle-t-on devaient provenir d’Arabie Saoudite, les factures de 130 millions de francs Cfa pour terminer les gros œuvres du chantier de la villa du quartier Point E à Dakar, la somme de 239 millions pour les travaux de la finition de la résidence du khalife général de Ndiassane, 50 millions pour terminer les travaux de la résidence de Ahmed Bachir Kounta à Ndiassane, 40 millions pour les travaux de la finition de la maison familiale à Kébémer et un décompte de 250 millions pour les travaux de sa résidence à Touba.

Aliou Aidara Sylla, un coursier atypique


Présenté comme un proche du président Wade, M. Sylla est un self made man, entrepreneur prospère au parcours atypique. Vendeur de pain à ses débuts, il s’est retrouvé riche comme Crésus après avoir fait de très heureuses rencontres. Selon le journal le Populaire, c’est au milieu des années 80, il fit la rencontre d’un riche et célèbre armateur, Adrien Michel. Ce dernier, qui avait fréquemment des problèmes avec ses employés, décida de lui confier le recrutement de ses journaliers, via une société qui lui appartenait. Il venait d’entrer ainsi dans le monde de l’entreprenariat. La seconde rencontre décisive dans sa carrière est celle qu’il a eue avec le défunt Français d’origine arménienne, le richissime Adrien Altounian, qui était propriétaire de la célèbre société Ags (Assurance générale du Sénégal) devenue Amsa, et de Locafrique. C’est avec les prêts de Locafrique qu’il démarra un prospère business, surtout dans le domaine de l’Import/Export. En juillet 1998, Alioune Aïdara Sylla devint orphelin avec le rappel à Dieu de son soutien de taille, Adrien Altounian.

Enrichissement illicite: Vers la levée de l’immunité parlementaire de députés du PDS

Ce lundi est un jour de vérité pour les députés Omar Sarr, coordonnateur du Pds, Ousmane Ngom et Abdoulaye Baldé, de la liste dissidente du Pds Bokk Gis Giss. L’assemblée nationale va procéder à la levée de leur immunité parlementaire à la suite d’une requête du ministère de la Justice.


Les élus sénégalais sont convoqués  à cet effet pour une réunion à huis clos à partir de 10h pour designer les membres de la commission ad hoc qui sera chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire desdits députés. La commission ad hoc entendra les députés incriminés avant de rédiger un rapport qui sera présenté en séance plénière de l’Assemblée nationale prévue jeudi prochain. Ce jour là, les députés décideront de la levée ou non de l’immunité parlementaire des trois anciens dignitaires libéraux.

Procédure décriée

Le PDS a fortement critiqué la démarche du nouveau pouvoir. Les députés du groupe des Libéraux et démocrates ont dénoncé dimanche à Dakar la procédure utilisée par les autorités judiciaires pour lever l’immunité parlementaire de leurs collègues Abdoulaye Baldé, Ousmane Ngom et Oumar Sarr, tout en adhérant à la décision de demander des comptes à ces anciens ministres.

 »Nous n’avons rien contre la levée de l’immunité parlementaire de nos collègues, si les dispositions de la Constitution et celles du règlement intérieur de l’Assemblée nationale sont respectées. Il n’y a pas de mal que ceux qui sont convoqués puissent aller répondre et rendre compte » de leur gestion, a affirmé Modou Diagne Fada, lors d’une conférence de presse.

La Cour de répression de l’enrichissement illicite a appris que Abdoulaye Baldé, Madické Niang, Oumar Sarr, Samuel Amette Sarr et Karim Wade, des ministres de l’ex-président de la République, Abdoulaye Wade,  »ont activé des leviers qui leur ont permis de s’enrichir » de manière illicite et commis  »des actes de prévarication de deniers publics », avait  annoncé Alioune Ndao, le procureur de cette juridiction, lors d’une conférence de presse, le 8 novembre 2011.

 

 

Macky Sall n’aime pas qu’on le traite d’anthropophage

Pour avoir demandé au président sénégalais « de manger » les responsables libéraux souvent convoqués dans le cadre de l’enquête sur l’enrichissement illicite, Me Amadou Sall, ancien ministre de la Justice du Sénégal, a été arrêté par des éléments de la Brigade d’Intervention Polyvalente (BIP) mais il  a été libéré 24 heures après. Une interpellation qui survient quelques jours après les menaces proférées par le président Sall à l’encontre de ceux qui seront tentés de porter atteinte à son honneur et à sa considération.


Les articles 80 et 254 du Code pénal sénégalais ont fait une première victime depuis l’arrivée de Macky Sall au pouvoir. Me Amadou Sall du Pds a appris à ses dépens qu’on ne peut pas tout dire sur un chef d’Etat fut-il un ancien camarade de parti.

L’ancien garde des Sceau de Wade avait accusé le Président Macky Sall d’obéir au fétiche qui lui aurait dit de ne convoquer Karim Wade que les jeudis et de ne le libérer que tard dans la nuit du jeudi au vendredi. Ses déclarations ont été très mal perçues par le président et ses proches. Ainsi, en présidant l’ouverture de l’Université Républicaine organisée par les jeunes de son parti, Macky Sall a menacé quiconque oserait porter atteinte à son honneur et à sa considération conformément aux dispositions des articles 80 et 254 du Code pénal.

Ainsi, Me Amadou Sall devient le premier opposant à faire les frais de ces articles tant décriés du temps de Wade.

« Anthropophagie et mysticisme »

L’arrestation de l’ancien ministre de la Justice, Me Amadou Sall, a très fortement déplu aux libéraux qui ont initié une réunion de leur comité directeur devant le Palais de Justice. Oumar Sarr, leur coordonnateur, soutient que Me Amadou Sall n’a fait que donner publiquement la position du Pds en tant que porte-parole du jour. Il a invité ses camarades à reprendre les déclarations qui ont valu son arrestation à l’avocat-politicien.

« Nous membres du comité directeur faisons nôtre les propos de Me Sall et disons tous à Macky Sall, s’il veut manger Me Sall qu’il le mange, s’il veut le tuer, qu’il le tue, s’il veut l’emprisonner qu’il l’emprisonne, le Pds sera toujours là, debout pour les populations et le pays. Macky Sall obéit aux féticheurs. On lui a dit de ne convoquer Karim Wade que les jeudis et de le libérer que la nuit du jeudi au vendredi. On ne peut pas gérer un pays avec des fétiches. Avec l’arrestation de Me Sall nous soupçonnons Macky Sall de suivre les recommandations de ses féticheurs, en choisissant d’interroger, le jour de Noël, date commémorant la naissance du Christ, un responsable du Pds ayant le même nom de famille que lui »,

Selon lui, le Pds se battra et récupérera le pouvoir de « ces incapables » qui nous dirigent aujourd’hui. Personne ne pourra nous manger jusqu’au dernier ».

Du côté du pouvoir ces déclarations jugées irrespectueuses ont fortement irrité  car au Sénégal il n’y a pas plus grande offense que d’accuser quelqu’un d’être un « deum » (mangeur d’hommes en langue Wolof).

Le chef du Pôle de communication de la présidence de la République, Elhadji Hamidou Kassé, a estimé que ses déclarations sont excessives. Il considère que l’ancien garde des Sceaux a dépassé les limites avec ses propos. A ses yeux, Me Sall « est d’une vulgarité à la limite étonnante »car il est inacceptable que des gens « s’attaquent impunément à la personne et à l’honorabilité du Président de la République ».

« Dérives dictatoriales et régression démocratique »


L’ancien ministre d’Etat, directeur de cabinet du président Wade, Habib Sy, a soutenu que les propos pour lesquels Me Sall est convoqué ne sont pas de nature à offenser le chef de l’Etat et que son arrestation fait régresser la démocratie sénégalaise.

« Notre démocratie est en train de régresser. La démocratie est un processus long et compliqué qui repose sur un certain nombre de principes, sur un certain nombre de valeurs. Et nous, en tant que libéraux, nous sommes très attachés aux valeurs de la tolérance et de la liberté. Ce qui est en train d’être fait, c’est une remise en cause  de tous ces principes ». A l’en croire, il faudrait davantage que ceux qui nous gouvernent comprennent que, pour que la démocratie soit consolidée, il faudrait que la liberté soit aussi respectée. Il estime, en outre, qu’aujourd’hui, la liberté ne semble plus respectée comme cela a été auparavant. Et il faudrait qu’on revienne à de meilleurs sentiments, pour que ce climat politique déjà poussiéreux et délétère ne s’empire »

Le journaliste Adama Gaye pense aussi que cette arrestation pour offense au chef de l’Etat n’augure rien de bon. A ses yeux ce sont les prémices d’une dictature.

« Parfois la dictature peut prendre l’orientation ou les habits qu’on ne lui soupçonne pas en se parant si besoin de la Constitution. Et on l’a déjà vu avec Abdoulaye Wade quand il a forcé sa candidature au peuple sénégalais en s’appuyant sur une Constitution qui avait été, comme tout le monde le sait, instrumentalisée à l’occasion avec le soutien de quelques individus dont la profession aurait dû être plus noble qu’elle ne l’a été. Autant la Constitution doit protéger et protège le chef de l’Etat, autant il faut éviter de créer des situations où le prétexte de la décence ou de la protection du chef de l’Etat ne soit en fait le masque à travers lequel des tentations autoritaires ne finissent par transformer et dénaturer la nature de la démocratie sénégalaise »