Vers une Internationale djihadiste?

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Ambroise Védrines


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Ce 22 octobre, RFI a fait état de centaines de combattants djihadistes arrivés dans la région pour soutenir ceux déjà présents sur place (regroupés au sein des groupes al-Qaida au Maghreb Islamique, Ansar Dine et le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest). D’après les dires d’un témoin cité par l’AFP, «plus de 150 islamistes soudanais (étaient) arrivés en 48 heures» à Tombouctou.

Les choses avancent vite au Nord-Mali

«Si la communauté internationale se prépare pour libérer le nord du Mali occupé (soit les deux tiers du territoire malien), les islamistes, eux, se préparent à se défendre» a ainsi commenté Radio France Internationale.

On en sait encore peu sur les conditions exactes de ces arrivages de nouveaux combattants, mais RFI et l’AFP estiment déjà pouvoir affirmer qu’il s’agit de djihadistes venus d’horizons divers : Soudan, Tunisie, Egypte ou Sahara Occidental selon RFI.

L’AFP a indiqué que Habib Ould Issouf, présenté comme l’un des dirigeants du Mujao dans la ville de Gao, a confirmé ces arrivées:

«ils veulent la guerre ? On va faire la guerre. C’est pourquoi nos frères viennent de partout. Ils viennent des camps de Tindouf en Algérie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de partout» a-t-il ainsi affirmé.

Ces observations relatées par RFI et l’AFP interviennent après une réunion internationale qui s’est déroulée à Bamako le 19 octobre et a confirmé un peu plus l’hypothèse d’une intervention militaire imminente au Nord-Mali.

Des djihadistes à Gao dans le nord du Mali, juillet 2012. Capture d’une vidéo AFP

Une internationalisation du djihad

Fin septembre, déjà, une internationalisation des combattants djihadistes semblait s’être mise en place.

«Le drapeau noir des djihadistes flotte sur les pick-up. Les visages des combattants sont de plus en plus jeunes.» Avait  constaté Serge Daniel, l’un des rares journalistes présents dans cette région, dans un article exclusif de l’AFP, daté du 26 septembre.

«Première surprise, écrivait-il. De la frontière nigérienne jusqu’à Gao, quasiment tous les djihadistes croisés sont des Africains subsahariens. Ces derniers mois, on y rencontrait essentiellement de jeunes Maghrébins

Un chef de Katiba (une unité de combat) nigérien lui confiait ainsi que les jeunes volontaires prêts à se battre à leurs côtés affluaient chaque jour de pays différents.

Togo, Bénin, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Côte d’Ivoire ou Guinée: les djihadistes d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’hier, et semblent s’être internationalisés. Bien sûr, il y a toujours les combattants algériens extrêmement bien préparés, envoyés en première ligne au sud de Gao. Un témoin explique que certains sont issus de la katiba de Mokhtar Belmokhtar, le puissant chef islamiste.

Mais l’une des principales nouveautés observées par Serge Daniel résidait dans la présence d’Egyptiens et de Pakistanais, qui sont désormais responsables de la police islamique de Gao.

«Je suis Khalil, Egyptien, et je suis venu donner un coup de main à mes frères moudjahidines» explique ainsi un homme.

Les récentes évolutions diplomatiques, les déclarations de la France et la menace d’une guerre menée par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont certainement renforcé la détermination des combattants djihadistes et leur capacité à s’unir.

«Puisque les gens veulent nous faire la guerre, il faut savoir qu’ici, il n’y a plus de Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Nous sommes tous des moudjahidines», avait conclu le Nigérien Hicham Bilal.

Par Ambroise Védrines

 

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