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Topics
accouchement, condition féminine, fécondité, femmes, hôpitaux, infanticide, maternité, naissance
Bloquez votre respiration ! Bouchez-vous le nez face à l’horreur vécue par Madame Diallo Néné Ousmane Barry, 26 ans. Une femme traumatisée, humiliée, suppliciée, martyrisée dans une maternité de Conakry. Une femme humble et courageuse. Courageuse de témoigner, de raconter sa terrible histoire sur Radio Espace ; le cauchemar qui s’est abattu sur elle un matin de 27 juin 2011. Une journée qui restera à jamais gravée dans la mémoire de Néné Ousmane Barry.
Celle où elle a perdu son bébé à Jean-Paul II, une maternité située dans la Commune de Ratoma à Conakry. Une longue journée où elle a dû affronter le mépris et la bestialité d’un homme, un médecin et ses stagiaires : Docteur Ibrahima Baldé «Bodié».
En plein «travail» depuis la nuit, Néné Ousmane se fait transporter ce jour-là par sa belle-sœur à la maternité de Jean-Paul II. Chez son médecin, celui qui la suit depuis le début de sa grossesse. La première de son mariage célébré un an plus tôt, en 2010. Elle était loin d’imaginer que celui qui était censé la protéger, l’accoucher normalement, allait l’empêcher d’entendre le cri de son bout de chou.
Néné Ousmane, raconte, entre deux sanglots, qu’à son arrivée à la maternité, l’accès à la salle d’accouchement a été refusé à sa belle-sœur par le médecin qu’elle venait pourtant d’appeler au téléphone quelques instants plus tôt. Ses supplications d’être assistée étaient étouffées par les insultes du médecin et ses stagiaires. Elle se sentait défaillir face à la douleur qu’elle endurait. Elle demande à être césarisée pour ne pas perdre la vie ou son bébé. Ce que le médecin refuse obstinément. Même devant l’engagement pris par son époux, appelé en urgence. Celui-ci, bloqué dans les embouteillages, ne pouvant pas arriver à temps, «supplie Dr Bodié de sauver sa femme et son enfant, quel que soit le prix».
Ce dernier et ses stagiaires finissent par admettre Néné Ousmane dans le bloc opératoire, non pas pour l’opérer mais pour la forcer à accoucher d’elle-même !
«Avec ma petite taille, 1m 50, je ne pouvais pas accoucher. Le bébé était gros. Ils se sont mis à le tirer hors de la matrice avec force, sanglote-t-elle. Ils m’ont même augmenté sans anesthésie», parvient à articuler la jeune femme en pleurs. Néné Ousmane Barry finit par mettre au monde un mort-né, «tué» au cours de l’accouchement, soutient-elle par une stagiaire. S’en suivent six mois de traumatise physique et psychologique. Elle a failli perdre l’usage de ses jambes. Elle a manqué de perdre la tête.
Cette sociologue de formation est aujourd’hui en procès avec son bourreau. Sans trop de conviction, celui-ci essayant par tous les moyens de politiser l’affaire, que dis-je l’homicide. La Guinée et sa malédiction politique…
Une politique à l’origine de cette promesse électorale d’Alpha Condé de rendre gratuite la césarienne en Guinée. Les médecins, sages-femmes et autres agents de santé, piétinant le Sermon d’Hippocrate, ont répondu à cette politique stérile, sans mesures d’accompagnement, par un infanticide organisé à grande échelle.
Faites un tour dans les maternités et centres de santé de notre pays. A défaut de payer 120.000 francs guinéens, des femmes accouchées sont expulsées sans ménagement de la maternité de l’hôpital de Labé. Celles qui ont le malheur d’accoucher au CHU de Donka, sont privées de toilettes, faisant leurs besoins dans des sacs plastiques que leurs parents jettent dans la rigole d’à côté. Pour accéder à la maternité, où le vol de bébés est une discipline, elles sont rackettées à la porte d’entrée pour 10.000 francs à chaque présentation. Au vu et au su de tout le monde. Sous le silence éhonté des maris qui n’ont que la force de les mettre enceinte dans l’intimité d’une nuit torride.
Horreur. Barbarie. Honte. Pitié. Mon âme se fendille en repensant au martyre souffert par ma propre sœur, Mariatou Sow, qui a rendu l’âme avec ses jumeaux, le 5 mars 2010 à l’hôpital préfectoral de Télimélé par manque de soins. Plus de 8 heures de «travail» sans assistance. Transportée en hamac sur 35 km, elle vient mourir dans un hôpital qui manque de tout, dans l’indifférence totale.
J’ai pitié pour toutes ces femmes de Guinée abandonnées, méprisées, utilisées, appauvries, instrumentalisées. Des femmes mères-poules qui se battent tous les jours pour nourrir, soigner et éduquer des gosses enfantés dans la douleur et des maris démissionnaires, irresponsables. Des femmes transformées en objets de Mamaya, en usines de procréation pour assouvir une libido masculine insatiable. Des Guinéennes, des vraies, qui mangent, échangent, respirent, pataugent, vivent dans la pestilence de nos marchés transformés en poubelles géantes (voir photo).
Celles au nom desquelles on monte des faux programmes pour soutirer d’énormes sommes d’argent à l’Etat qu’elles remboursent en impôts, taxes et soins de santé inadéquats.
J’ai honte. Honte pour cette Guinée où la politique a pris en otage tout une nation, où l’humanisme est substitué par l’argent. Où l’injustice, la médiocrité, l’hypocrisie et la haine sont les choses les mieux partagées !
Femmes de Guinée, enfantez dans la douleur, faites-vous gifler dans les maternités, mourrez tranquilles dans nos hôpitaux-mouroirs, dansez la Mamaya, commercez dans la fange, mangez et dormez avec les punaises et les moustiques. Wö Fattärä (Vous avez bien fait) !



17 réactions
cet article me maissesansvoix,je suis perdu et horrifier de lire cee realite de nos meres,nos soeurs et nos epouses.que justice triomphe.
c ecoeurant; g ss depassée par la cruauté de ces soit disant docteur. mais ils doivent se dire que si leur chere maman a subi le meme acte qu’ils ne seraient pas en vie aussi.
Je voulais faire un commentaire, mais l’auteur de article a tout dit sur ce paragraphe.
J’ai pitié pour toutes ces femmes de Guinée abandonnées, méprisées, utilisées, appauvries, instrumentalisées. Des femmes mères-poules qui se battent tous les jours pour nourrir, soigner et éduquer des gosses enfantés dans la douleur et des maris démissionnaires, irresponsables. Des femmes transformées en objets de Mamaya, en usines de procréation pour assouvir une libido masculine insatiable. Des Guinéennes, des vraies, qui mangent, échangent, respirent, pataugent, vivent dans la pestilence de nos marchés transformés en poubelles géantes (voir photo).
c’est vraiment triste.je ne peux même pas relire l’article.
C’est vraiment triste pour notre
une preuve parmis tant d’autres de la souffrance des femmes de mon pays.
Ces femmes souffrent dans tous les domaines et elles n’ont pas droit à la parole .
pour la 1 ere fois on peut sentir une vraie colere sans la carapace d ironie que utilises parfois pour donner le change….je partage ta colere…o combien !…et ta douleur pour ta soeur…
Merci Mr Sow, On ne peut pas retenir ses larmes à la lecture de cet écrit, vous avez touché du doigt l’un des problèmes majeurs de ce pays.Cet article doit être divulgué, cela permettra à certaines victimes de vous apporter leurs témoignages.Ainsi nous espérons que les choses vont bouger, et que la politique sera reléguée au second plan pour faire la place à des sujets de ce type, qui constituent malheureusement notre quotidien.
je constate une fois encore que SOW a bien pu maîtriser la prise de notre et le commentaire qu’il a appris et voila un exemple de guinéen réussi en guinée.
Bravo Du gangné et du réussi sur ton passage. Chapeau à toi!!!!
ALIMOU tu trouve que l’ETAT guineen est responsable de ce qui se passe dans ces maternites mw au contraire je trouve que cs la faute des medecins
qui ne sont interesse que par l’argent en se detournant de leur mission qui est de sauver des vies.je me rappel bien a conakry a un certains moment les femmes enceinte avaient peur
d’aller accoucher dans les grands hospitaux a cause de cs medecins qui etaient toujours pret a les oppere meme ci elles etaient capable d’accoucher d elle meme juste pour se remplir les poches.je profite de cette ocasion pou feliciter cette dame nene ousmane barry pour son courage.il yen a beaucoup de femmes comme elle qui souffre en silence au contraire elle a porter cette affaire devant la justice pour que celle qui viendront derriere ne soit pas victime de cette barbarie.
Il a parlé d’un cas. Sachez que nous vivons d’autres actes pires que ce que vient de dire notre frère.
Dans tous les secteurs d’activités nous vivons des calvaires.
c’est vraiment triste. aucun mot ne peut exprimer ce que j’ai ressenti en lisant cet article. il doit être diffuser à grande echelle afin que des mesures soient prises contre ces criminels. Dieu bénisse la femme
Merci Alimou pour cette publication.
J’ai écouté avec un coeur meurtri les déclarations de Mme Neene Ousmane sur Espace FM. J’ai passé toute la nuit à pleurer je mesurais l’ampleur de sa douleur, son désespoir de survivre car en ce moment je suis sûre qu’elle ne pensait plus à son BB, elle voulait seulement être sauvée comme c’est le cas de beaucoup de femmes qui ont ont vécu la même situation et dont la plupat en sont mortes (Paix à leurs âmes. Amen!). Je souhaite que Neene Ousmane retrouve sa santé et que Dieu Lui Donne d’autres enfants (Jumeaux)saints et saufs. Amen!
Que Dieu nous Protège. Amen!
EST CE QUE JE PEUX AVOIR LE PHONE DE NENE OUSMANE?
Ah vu ce qu’a dit aussi Dr Baldé Bodié je suis pesimiste sur l’aff que justice triomphe
C’est scandaleux ce qui se passe dans nos hôpitaux!
Quelle horreur!!!!!! Bravo pour ton article et ton blog en général que je suis pour avoir des chroniques et infos sur la Guinée. J’y étais récemment. J’imagine qu’avec l’électricité un soir sur trois en banlieue et les problèmes d’internet, franchement ça ne doit pas être facile. Courage! Sarah
Salut Sarah. C’est quand même un honneur pour moi que tu me lises et me félicites. Merci.
Comme tu le sais, notre pays est encore dans les ténèbres. Alors c’est un combat au quotidien pour trouver du courant pour alimenter les appareils pour pouvoir travailler en haute banlieue. Mais on fait avec. La prochaine fois que tu reviens en Guinée fais-moi signe pour une entrevue. Big up!