Un prix pour aider les femmes à investir les médias

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Anne Collet


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Afin de renforcer le rôle et la représentation des femmes dans les médias en Afrique de l’ouest, l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC) s’est associée à l’Institut Panos Afrique de l’Ouest pour créer le prix FEMEDIA en presse écrite et radio, extrêmement populaire auprès des femmes, qui sera remis à un organe de presse ou un journaliste issu du Mali, du Burkina Faso ou du Niger en août prochain. L’APAC entend ainsi renforcer la participation citoyenne des femmes de ces trois pays et réduire les inégalités liées au genre. Le projet a été mis sur pied, lors d’une réunion de préparation qui s’est tenue les 29 et 30 juin à Ouagadougou, un appel à candidature a été lancé. En clair, il s’agit de primer les meilleures productions, articles ou émissions de radio, en langue française réalisées en 2011 et 2012, valorisant le rôle et la place des femmes dans et à travers les médias. Le prix FEMEDIA « vise à récompenser l’engagement des médias sur le terrain de l’équité professionnelle : égalité de traitement/rémunération entre hommes et femmes, politiques de promotion interne, effectifs hommes et femmes, répartition selon les postes de responsabilité, politique sociale ou aménagements spécifiques », note Fasozine.

L’occasion a été donnée à Hortense Zida, la secrétaire générale adjointe d’APAC/Burkina, de redéfinir les objectifs de son association, à savoir de « sensibiliser les responsables de médias sur la nécessité de faire jouer aux femmes un rôle plus important dans leurs organes et sur leur potentielle contribution à la production d’une information plus équilibrée et respectueuse de la diversité de genre ». Il s’agit également de corriger les stéréotypes véhiculés sur les femmes dans les médias et favoriser l’accès à l’information des femmes pour leur permettre de mieux connaitre leurs droits. «Au Burkina Faso, les journaux analysés n’ont pratiquement pas de rubrique spécifique aux femmes ou de politique éditoriale genre; et l’analyse des termes utilisés montre une mise en scène qui comporte des stéréotypes sur les rôles sociaux réservés à ces femmes», a-t-elle ajouté. L’Apac qui s’est livré à une analyse des principaux journaux des trois pays concernés n’a pu qu’observer que les femmes étaient sous représentées. Le constat est accablant, sur 11 journaux maliens, 14 burkinabés et 12 nigériens (14 quotidiens, 23 hebdomadaires et 3 mensuels) analysés, la place des femmes, en tant que journaliste ou thématique, est extrêmement réduite. En 2011, 14,5% des articles publiés ont traités des femmes. Au Burkina Faso par exemple, 83,5% des articles sur les femmes sont écrits par des hommes, rapporte le quotidien burkinabé Le Pays.

L’APAC créée en 1984 à Dakar, est présente dans seize pays d’Afrique francophone. Il s’gisait à l’origine de créer un cadre de solidarité pour la promotion des femmes journalistes. A l’époque et encore aujourd’hui, le travail dans les médias était considéré comme un travail d’homme et les femmes avaient des difficultés à s’y positionner. L’APAC reste la seule association féminine concernant la communication et les médias.

Créé en 2000, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) qui soutient le projet est une ONG internationale dont la mission est de favoriser le pluralisme des médias, soutenir l’accès à une information indépendante, diversifiée et responsable, contribuer à l’expression des populations les plus marginalisées, peut-on lire sur son site.

Quant au jury, il sera composé de douze membres journalistes et acteurs de la société civile, annonce le site de l’hebdomadaire burkinabé L’Opinion.

Vue d'une radio malienne