Un sommet pour relancer la planification familiale dans le monde

L'Auteur

Anne Collet


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Une réunion d’une très grande importance qui changera le cours de millions de femmes des pays en développement, se tiendra à Londres le 11 juillet prochain. La capitale britannique accueillera en effet un sommet international sur le planning familial, à l’initiative du gouvernement britannique du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et la fondation américaine Bill et Melinda Gates . Son objectif ? Inviter les gouvernements à se réengager en ce qui concerne l’accès au planning familial, promouvoir une politique globale en matière de contraception en dotant financièrement les plannings familiaux des pays les plus pauvres, démunis après deux décennies de négligences et d’abandon qui ont culminé sous l’administration de George Bush, rapporte le Guardian. Le quotidien de Londres précise que d’ici 2020, les mesures qui seront prises au sommet du 11 juillet devraient permettre à 120 millions de femmes des pays les plus pauvres de choisir de mettre au monde des enfants et si oui quand et combien, en ayant de nouveau accès à l’information et à la contraception.

Le directeur exécutif du FNUAP, l’ancien ministre de la Santé du Nigéria, Babatunde Osotimehin, dans une interview accordée au quotidien, a donné des détails sur ce que le sommet compte proposer pour venir en aide aux plannings familiaux tombés en déshérence par manque d’argent et parce que le contrôle des naissances est devenu un tabou. La résistance s’est organisée au fil des années, sous l’action des milieux religieux conservateurs américains et des catholiques, en passant par un certain nombre de pays musulmans. « Planning familial et contrôle de la population ont été trop souvent associés, laissant entendre qu’il s’agit d’imposer de façon coercitive une réduction de la population ». Ces 15 dernières années l’argent alloué aux plannings familiaux a été considérablement réduit, reconnait Osotimehi, en partie parce qu’il a été redistribué autrement, en particulier sur la lutte contre le sida, mais surtout à cause de l’opposition politique. En 2002 par exemple, l’administration Bush s’est retirée du FNUAP sous prétexte qu’il finançait des avortements forcés. Depuis, l’administration Obama est revenue en arrière mais il faut du temps avant que son action ne se fasse sentir.

Aujourd’hui on estime à 215 millions le nombre de femmes dans le monde qui aimeraient reporter ou éviter une grossesse et qui n’ont pas le moyen de le faire par manque d’informations sur la régulation des naissances et la contraception. Environ 40% des grossesses dans les pays en développement ne sont pas planifiées. 69 de ces pays ne connaissent aucune planification familiale. Les femmes n’y ont pas accès à la contraception. Les pays africains sont les plus touchés.

A Londres, plus de 25 pays ont confirmé leur présence, parmi lesquels les Etats-Unis, l’Inde, la Tanzanie, le Nigeria et l’Ethiopie. « Des leaders mondiaux, des donateurs issus du secteur privé, des représentants de la société civile, des experts viendront donc à Londres pour sceller les engagements qui sauveront la vie de milliers de femmes et d’enfants dans les pays les plus pauvres », se réjouit Andrew Mitchell le ministre britannique en charge du Département du Développement international (DFID), pour qui l’accès à la planification familiale est une priorité.

L’initiative du gouvernement britannique et de la fondation Billet Melinda  Gates a reçu le soutien ferme et entier de nombre d’organisations nationales et internationales, dont le Planning familial français.

Une vision de la population mondiale

1 réaction

  1. Le 21 juin 2012 à 21 h 28 min

    L’association francophone « Démographie Responsable » devrait aussi être présente au Sommet de Londres pour s’informer sur les besoins réels de ces millions de femmes qui n’ont pas accès à la Planification Familiale, et ce afin de sensibiliser en retour le public français sur cette cause majeure du XXIème siècle.