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Adultère, Condamnation, Italie, Lapidation, Mobilisation internationale, pétition, Soudan
Le quotidien italien La Repubblica relaye l’appel à sauver une jeune soudanaise âgée de 20 ans, Intisar Sharif Abdallah, condamnée à mort par lapidation par le tribunal pénal d’Ombada de la région de Karthoum (centre du Soudan), le 13 mai dernier. Accusée d’adultère suite à une confession extorquée sous la torture, privée de ses droits à la défense et jugée en arabe, une langue qui n’est pas la sienne.
« Une femme encore une fois, cette fois il s’agit d’une jeune Soudanaise qui nous rappelle que son pays pratique encore cette barbarie, la peine de mort à coups de pierre », s’insurge le quotidien de Rome qui observe que la mobilisation pour sauver la jeune femme est en train de s’organiser.
« Les juges n’ont donné aucun poids au fait que la jeune femme, qui avait été initialement déclarée innocente, avait reconnu les faits après avoir été battue par son frère », poursuit le journal. Et ce n’est qu’en se basant sur sa confession qu’elle a été reconnue coupable. La sentence de mort a été prononcée en application de l’article 146 du code pénal du Soudan datant de 1991, qui prévoit la lapidation pour les femmes mariées et cent coups de fouet pour les célibataires.
L’appel à la mobilisation pour sauver Intisar de la lapidation a été déclenchée par l’ONG Italiens pour le Darfour, qui a lancé une pétition que l’on peut signer sur son site. Elle a à ce jour obtenu 3000 signatures et espère arriver au même résultat qu’en 2010-2011, quand grâce à la mobilisation de nombreux Italiens, elle avait sauvé d’une mort promise six enfants soldats soudanais.
Amnesty International se mobilise également, une pétition en ligne est à la disposition des internautes sur le site de l’organisation internationale. « Des sentences comme celles-ci servent souvent à trouver un consensus entre les franges les plus extrémistes de la société », déplore le porte-parole pour l’Italie d’Amnesty international, Riccardo Noury, qui rappelle que la lapidation es tune forme de torture interdite par la Convention internationale de l’Onu que Khartoum a signé. AI a déjà obtenu 8000 signatures.
Outré, Daniel Bekele, le directeur pour l’Afrique de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch appelant à signer une autre pétition, a notamment déclaré: « aucune femme ne devrait être lapidée à mort et imposer cette sanction est particulièrement choquante. Le Soudan devrait réformer les lois discriminatoires et abolir la peine de mort, tous les châtiments corporels violant le traité international ».
La lapidation est considérée comme la forme la plus barbare de mise en mort. La lapidation en outre n’est pas un précepte du Coran et ne se trouve que dans certains hadith de l’islam traditionnel. Elle est aujourd’hui en vigueur dans sept pays qui appliquent la charia, dont l’Iran. On se souvient du cas de l’Iranienne Shakineh Mohammadi Ashtiani, qui avait provoqué une immense émotion dans le monde entier entre 2006 et 2010. On ne sait pas grand-chose aujourd’hui du sort de Sakineh, si ce n’est qu’elle est toujours en prison.
Pour le moment Intisar est en prison non loin de la capitale, en même temps que la « preuve » du délit, son troisième enfant, âgé de quatre mois. Quant à l’homme avec lequel elle aurait trahi son mari est libre depuis longtemps.
Alors mobilisons nous pour que justice soit vraiment rendue et qu’Intisar échappe à une mort atroce.
