Joyce Banda, une femme pour gouverner le Malawi

L'Auteur

Anne Collet


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Après une brève période de tensions quant à sa nomination, la militante des droits des femmes et politicienne Joyce Banda a finalement été investie le 7 avril présidente du Malawi, comme le prévoit la Constitution . Elle succède à Bingu Wa Mutharika décédé le 6 avril d’une crise cardiaque. Agée de 62 ans, Joyce Banda est une figure connue du monde politique et associatif du pays, elle assumait depuis 2009 la charge de vice présidente. Elle est ainsi devenue la première femme à exercer la magistrature suprême d’un pays d’Afrique australe et la deuxième sur l’ensemble du continent, après Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Liberia.

Ces dernières années, le parcours de Joyce Banda a été semé d’embûches, en 2010 elle avait été exclue du parti au pouvoir, le Parti démocratique progressiste (DPP) pour avoir critiqué ouvertement la dérive autoritaire du président défunt. Ce dernier voulait en particulier faire de son frère Peter son successeur. En guerre ouverte avec le président qui ne lui adressait plus la parole, elle avait basculé dans l’opposition en créant sa propre formation politique, le Parti du Peuple. Joyce Banda a maintenant deux ans pour assumer son rôle et faire ses preuves puisque les prochaines élections sont prévues en 2014. Or, si les Malawites voient plutôt d’un bon œil sa nomination, elle n’a pour le moment pas de majorité sur laquelle s’appuyer.

 

Après avoir prêté serment, Joyce Banda a lancé un appel à la réconciliation nationale et décrété un deuil de dix jours à la mémoire du défunt. « Je veux que nous nous tournions tous vers l’avenir avec espoir et un esprit d’unité. J’espère sincèrement qu’il n’y a pas de place pour la revanche. J’espère sincèrement que nous allons rester unis », a notamment déclaré Mme Banda qui a souhaité que la transition se fasse de façon pacifique. Sa priorité reste toutefois la relance de l’économie et le retour des pays donateurs qui font cruellement défaut au Malawi. Les trois principaux, l’Allemagne, le Royaume uni et les Etats Unis, ont depuis un certain temps gelé leur aide. Il faudra donc les faire revenir. Signe positif, ces trois pays ont déjà reconnu que la fin de l’ère Mutharika était un soulagement.

Fondatrice de l’Association des femmes d’affaires du Malawi, Joyce Banda a à ce titre reçu en 1997 le prix Leadership Afrique décerné par la Fondation Mo Ibrahim. Elle a par la suite plusieurs fois participé au gouvernement en tant que ministre des Femmes et de l’Enfance entre 2004 et 2006, puis au poste des Affaires étrangères de 2006 à 2009, avant d’être nommée vice-présidente. Dans les années 90, elle a beaucoup fait pour l’émancipation des femmes et l’égalité entre les sexes, qui passe par l’éducation des filles. C’est la raison pour laquelle elle a lancé en 1997 la Fondation qui porte son nom dont l’objectif est la création d’écoles primaires et secondaires ainsi que des centres de santé implantés dans les zones rurales du Malawi.

 

 

 

 

1 réaction

  1. Le 12 avril 2012 à 14 h 58 min

    Bonjour Anne,
    en faisant un tour sur votre blog, je me suis aperçu que les causes que vous défendiez était en total accord avec le travail que nous faisons au sein de WAHA International, ONG qui a pour objectif principal d’offrir des soins maternels de qualité et de prendre en charge les complications post-partum dans les communautés défavorisées et à faible revenu d’Afrique et d’Asie.

    Nous aimerions beaucoup pouvoir vous rencontrer pour en parler avec vous et connaître votre point de vue sur ce sujet !
    Voici un web-documentaire très interactif que nous avons crée sur les problèmes de fistules en Ethiopie:
    http://waha-international.org/survivantes/

    En espérant avoir de vos nouvelles prochainement :)
    Cordialement
    Victoria (chargée de com’ chez WAHA International)