Les Kényanes à la pointe des technologies de l’information

L'Auteur

Anne Collet


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Le Fonds monétaire international (FMI) l’affirme, l’économie du Kenya devrait enregistrer une croissance de 5% en 2012 en grande partie grâce à l’essor de l’industrie des technologies de l’information, domaine dans lequel de nombreux jeunes Kényans s’engouffrent mais qui reste dominé par les hommes. C’est pour permettre aux femmes d’y accéder à leur tour, qu’AkiraChix a vu le jour en avril 2010. Cette Sart up située au cœur de la capitale, Nairobi, « doit son existence à l’exaspération des femmes et à leur détermination à se faire une place dans ce secteur », rapporte le journal du FMI, Finances et Développement, dans son numéro de décembre 2011, consacré à ce sujet.

AkiraChix qui veut plus ou moins dire « femmes intelligentes », s’est donné pour objectif de développer chez les jeunes filles et les jeunes femmes le goût pour l’informatique, internet et les réseaux sociaux, que beaucoup considèrent comme inaccessibles, parce que réservé aux hommes. Il s’agit d’une entreprise innovante, largement subventionnée par une ONG, qui offre à des femmes motivées formation et expérience dans ce secteur.

A l’origine d’AkiraChix, douze femmes, de vraies geeks qui avaient monté un groupe de travail en vue de créer un réseau, ont eu l’idée de recruter des jeunes filles de familles démunies en leur offrant l’opportunité de poursuivre des études dans le domaine des nouvelles technologies, alors que beaucoup d’entre elles ne savaient à peine utiliser un ordinateur.

Ces formations ont été d’autant plus les bienvenues que l’utilisation du téléphone portable et d’internet s’est considérablement développée au Kenya. Chaque année, 30 filles sont sélectionnées par AkiraChix pour participer pendant douze mois à une formation allant des compétences informatiques de base, telles que le traitement de texte, à la programmation, en passant par la conception de sites web et la création d’entreprises, permettant ainsi à chacune de trouver un travail.

« Notre but est d’étendre le système à l’Afrique toute entière. Nous voulons être une révolution pour les Africaines dans la technologie. C’est notre rêve », a notamment déclaré Judith Owigar, l’une des membres fondatrices d’AkiraChix, qui préside à ses destinées.

Les premières lauréates de la formation proposée par AkiraChix ont intégré des start-up et participé à des créations d’entreprise innovantes dans le domaine de la téléphonie mobile, telles que M-Farm, qui a d’ailleurs été primée. Dans un pays où 99% des gens se connectent à internet via leur téléphone portable, cette application est très importante puisqu’elle permet aux exploitants agricoles de suivre les cours des marchés des denrées et des matières premières, d’avoir accès à des groupes d’achat virtuels et de correspondre avec les acheteurs.

Aujourd’hui le réseau AkiraChix fort de 200 membres, développe un nouveau projet : « un autobus itinérant qui s’arrête dans les universités kenyanes pour offrir une formation et permettre aux étudiantes de rattraper leur retard en matière de technologie de l’information, mais aussi pour délivrer la bonne parole », rapporte Finances et Développement.