La Haute cour de justice du Kenya a annoncé le 16 janvier que les élections générales -il s’agit d’élire le président, les membres des Assemblées nationales et régionales, ceux du Sénat et les gouverneurs de régions- initialement prévues en août 2012, étaient repoussées au premier trimestre de 2013, à moins que Mwai Kibaki, le président et Raila Odinga, le Premier ministre, ne se mettent d’accord pour dissoudre le parlement. En tout état de cause, les femmes disposeront de plus de temps pour mieux s’organiser et participer au scrutin, comme le prévoit la Constitution entrée en vigueur en août 2010.
La Constitution du Kenya stipule en effet que « plus des deux tiers des membres des organes électoraux publics ne doivent pas être de même sexe », ce qui revient à dire que pour trois candidats un devrait être une femme. « Si celle-ci ne parvient pas à être élue, elle sera alors désignée par le parti » auquel elle appartient. Cette disposition a été adoptée pour permettre aux femmes d’être plus présentes dans la vie politique du pays et de participer largement aux élections. Leur entrée en politique sera facilité par le fait qu’il y aura plus de sièges à l’Assemblée nationale, et qu’un Sénat ainsi qu’une Assemblée de comté, ont été crées.
Aujourd’hui les femmes occupent un peu moins de 10 % des sièges au Parlement soit 22 femmes sur 224 députés. Le gouvernement quant à lui compte six femmes sur 40 ministres. Pour leur assurer des sièges, le ministre de la Justice, Mutula Kilonzo, a par ailleurs déposé un amendement proposant d’augmenter de 349 à 449 le nombre de sièges à l’Assemblée nationale et de 67 à 90 au Sénat, au cas où il n’y aurait pas assez de femmes élues ou nommées par leur parti.
Ces dispositions constitutionnelles satisfont les femmes de tous bords. « Les femmes comprennent les problèmes de ce pays, elles ne sont pas corrompues et elles veulent changer la façon dont le Kenya est gouverné. La Constitution est notre tremplin ; Laissez nous l’utiliser pour amener la prospérité à notre pays bien aimé », a notamment déclaré la député Martha Kama candidate à l’élection présidentielle, citée par l’agence Inter Press Service ( IPS).
Reste à trouver des candidates. Des associations féminines tentent de convaincre leur concitoyennes de se mettre sur les rangs. C’est le cas de La Voix des femmes de la région du Nord Rift qui a lancé en novembre dernier une campagne de formation et de sensibilisation pour apprendre aux femmes à mieux connaître et utiliser la Constitution. « La loi donne de nombreux avantages aux femmes, celles-ci ont un rôle important à jouer en occupant des sièges sur le plan national et local qui leur permettront de mener des réformes. Nous devons profiter de la Constitution qui pour la première fois nous donne la possibilité de nous battre pour nos droits et pour ceux de nos enfants », a notamment déclaré Rose Cheshire la coordinatrice du mouvement qui entend bien organiser d’autres réunions de sensibilisation dans les autres régions du pays afin que « de nombreuses femmes entrent dans la compétition et gagnent les différents sièges à pourvoir lors des élections ».
« Beaucoup de femmes se disent intéressées mais sont intimidées par les hommes », reconnaît l’activiste politique et femme d’affaires Mary Wanbui qui s’est érigée en conseil pour celles qui voudraient franchir le pas et se lancer dans l’aventure politique. Le 22 décembre dernier elle a, elle aussi, organisé une première réunion d’informations sur le sujet.


One Rétrolien
[...] the African continent, women are on the move. In Kenya, women, such as Charity Ngilu, are set to make their marks in the upcoming elections … and beyond. Meanwhile, South Africa’s Minister of Home Affairs Nkosazana Dlamini-Zuma is [...]