La 12ème édition des Jeux sportifs arabes qui se déroulent actuellement à Doha au Qatar entre le 9 et le 23 décembre, ainsi que l’approche des jeux olympiques de Londres en 2012, sont l’occasion pour le quotidien d’Alger La Tribune de dresser l’état des lieux du sport féminin en Algérie. A Doha, la délégation algérienne est composée de 211 athlètes, dont 75 femmes.
Ces jeux régionaux panarabes qui ont été créés à Alexandrie en 1953, ont lieu tous les quatre ans. Ce n’est que depuis 1985 que les femmes y sont admises.
« La pratique de l’éducation physique et du sport est un droit fondamental pour tous », stipule l’article premier de la charte internationale de l’éducation et du sport de l’Unesco. « Le rôle du CIO est d’encourager et soutenir les femmes dans le sport à tous les niveaux et dans toutes les structures dans le but de mettre en œuvre le principe d’égalité entre hommes et femmes », détaille de son côté la charte olympique. En vue des jeux olympiques, le CIO a d’ailleurs organisé en mars 2011 une conférence mondiale sur la femme et le sport.
En Algérie on est loin du compte, « pesanteurs sociales, désintérêt et discrimination officielle font barrage », à la pratique féminine du sport, titre le quotidien. Le nombre de filles qui pratiquent un sport est en effet très bas. Pour l’année scolaire 2008-2009, sur les quelques 3 millions de filles inscrites à l’école primaire, moyenne ou secondaire, seules un peu plus de 77 000 ont une licence sportive soit 2,39%. Au lycée, alors que les filles sont plus nombreuses que les garçons, elles ne sont 11 262 sur plus de 500 000 à pratiquer un sport, soit 2,25% contre 8,35% chez les garçons. Les dispenses médicales se généralisent et le poids des traditions se fait sentir.
Au delà du secteur scolaire, la présidente de la commission olympique du sport féminin estime à 15,61% le taux annuel de participation des femmes à un sport .
Au début des années 90 le Front islamique du salut (Fis), aujourd’hui dissout, avait remporté les élections communales et fermé les portes des sections sportives féminines des villes passées sous sa coupe. Celles-ci en paient encore le prix. Les autorités estiment aujourd’hui qu’il faut généraliser la pratique du sport autant chez les filles que chez les garçons, en sensibilisant et bousculant les mentalités. Lors de son discours d’ouverture du séminaire national sur le sport féminin de compétition en milieu scolaire organisé par la Fédération algérienne du sport scolaire (Fass) qui s’est tenu il y a quelques mois , le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hachemi Djiar, a déclaré que le sport scolaire était pour lui une priorité car, a-t-il précisé, il faut « s’occuper du sport scolaire pour former l’élite de demain » et insisté sur la valorisation de l’image du sport féminin. Le ministre a en outre appelé les femmes à encourager leurs enfants, fille ou garçon, à pratiquer leur sport favori. Ses détracteurs pointent toutefois du doigt le manque d’infrastructures et de moyens matériels et financiers très inférieurs aux moyens mis en oeuvre pour venir en aide aux clubs masculins.
Le tableau n’est cependant pas complètement sombre, les Algériennes se distinguent dans certains sports individuels, tels que le judo, la gymnastique, la natation et l’athlétisme ainsi que dans les sports collectifs : football, volley ball et handball. A Doha depuis le début des compétitions, le judo algérien féminin a déjà remporté deux médailles d’or.
