Bénin – Comment améliorer la qualité de l’enseignement

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bonimarcus


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Avec la pénurie d’enseignants qualifiés, l’homme politique sans faire attention à toutes les propositions faites par les spécialistes qui ont sillonné la sous région pendant plus d’une décennie pour tirer profit des expériences de nos voisins, s’est livré au jeu le plus profitable pour sa survie : le recrutement tous azimuts des sans emplois en ignorant royalement l’ouverture des écoles normales.

Pourquoi pardieu ne recrutent-ils pas ces diplômés pour servir d’infirmiers dans nos hôpitaux ? Ils devaient comprendre que le système éducatif, mieux que le système de la  santé requiert un doigté parfait pour mener un enfant à bon port. Les dégâts causés par un système éducatif politisé comme le nôtre, ne sont pas immédiats mais s’observent à moyen ou long terme et s’étendent à une échelle nationale et sur plusieurs générations. Ces résultats sont donc pires qu’une peste nationale.  C’est la première  raison qui devait pousser les hommes politiques à mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut sans se soucier de son appartenance politique. Comment pourrions-nous échouer là où nos voisins réussissent ?

Ainsi des bacheliers ont été recrutés pour servir d’enseignants au secondaire sans  aucune formation en éducation, des brevetés sachant à peine écrire le français, encore moins leur langue maternelle recrutés pour tenir nos enfants au primaire sans la moindre notion en pédagogie, sans aucune formation et sans suivi continue sérieux. Mieux, ces enseignants recrutés pour la plupart dans leurs villages d’origine, versent dans l’absentéisme, l’alcoolisme, et pire dans la politique. Ainsi, ils menacent leurs directeurs qui ne sont souvent pas de la localité, disparaissent pour deux, voire trois mois au motif qu’ils sont en campagne pour tel ou tel politicien ou bien retenus comme membres d’une prétendue commission électorale.

Comment peut-on obtenir de bons résultats pendant que l’élève est laissé à lui-même pendant une bonne partie de l’année ? La toute nouvelle trouvaille fondée sur des raisons jamais élucidées, c’est le reversement définitif de tout ce beau monde inculte à la profession dans le système. Nous ne saurions passer sous silence la mise à l’écart, la punition de certains cadres du système au motif qu’ils ne sont pas de la même famille que le tout puissant politicien de la localité.

Aujourd’hui, nous parents d’élèves avons fui nos responsabilités. Mettre un enfant à l’école n’est pas une fin en soi. Encore faut-il le suivre à l’école aussi bien qu’à la maison, l’aider à régler ses problèmes quotidiens, lui venir au secours dans ses devoirs, répondre à ses questionnements sur les diverses préoccupations de la vie, lui apprendre la morale, le civisme et toute notion aussi bien sociale que religieuse.

Si la plupart des parents ne fait presque rien de tout cela, rares sont ceux qui ont levé le petit doigt pour décrier le phénomène de la tricherie qui s’observe dans nos salles d’examens jusqu’au Certificat d’études primaires (Cep). Comment peut-on éduquer une population à l’éthique, à la morale, au civisme et à l’excellence pendant que les enfants apprennent à copier soit du tableau soit chez le voisin ? Ne dit-on pas que l’élève est à l’image de son maître ? Ce phénomène qui s’observe chaque année avec la vilaine complicité de certains enseignants égarés, doit constituer un motif de lutte collective afin de l’enrayer définitivement pendant qu’il est encore temps.

 Yefonri A. N’Koué

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