Bénin – Et si on repensait l’éducation autrement

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bonimarcus


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Depuis quelques semaines, les résultats des divers examens font l’objet d’une attention particulière au sein de la société béninoise. Si certains ne comprennent rien au mauvais sort qui condamne chaque année leurs progénitures à l’échec, d’autres par contre passent leur temps à crier « haro sur le baudet », croyant avoir trouvé la source des malheurs qui frappent le système éducatif tout entier et fait décroitre les résultats d’année en année.

Même si certains spécialistes du système croient tenir les vrais raisons des échecs successifs et massifs de nos élèves sans en avoir la certitude, il est curieux qu’un état qui se veut responsable ne pense jamais à recourir aux moyens modernes pour s’assurer de la fiabilité de la politique mise en œuvre ici et là afin de trouver les raisons profondes qui bloquent le développement du pays. En effet, le développement d’un pays passe par la santé de son système éducatif. Un système éducatif malade ne peut pas fournir au pays, des têtes bien formées et en nombre suffisant pour induire son développement.

En 2006, avec l’arrivée au pouvoir de l’actuelle équipe, le peuple béninois avait salué avec force la nouvelle vision du président, qui consistait à auditer tous les ministères pour faire un état des lieux avant la mise en œuvre des réformes nécessaires au bon fonctionnement de chaque département.

Mais force à été de constater que ces audits, les premiers jamais observés dans notre pays, et qui ont connu une attention particulière des cadres soumis à ses contraintes, n’ont jamais été tirés des oubliettes où ils ont été classés. Un adage ne dit-il pas que « lorsqu’on ne sait où on va, il faut savoir d’où on vient » ? Pourtant tous les maux avaient été ciblés dans l’audit mené au ministère de l’Enseignement primaire et secondaire d’alors : politisation à outrance du système, pénurie de plus en plus criante des enseignants, mauvaise gestion des ressources mis à disposition des cadres, morale défaillante, etc.

Tout avait été dit par cette équipe qui avait travaillé au-delà du délai fixé par les pouvoirs pour sortir un document non périssable tout en oubliant qu’au Bénin, les audits, loin de constituer une boussole exploitable pour son développement, étaient plutôt des munitions politiques dont des extraits pouvaient contribuer à affaiblir tel ou tel ancien politicien. Depuis l’ouverture des écoles, en passant par le recrutement des enseignants, l’organisation des examens pour aboutir à la gestion du système éducatif, la politique est la principale boussole en lieu et place d’une intelligence saine et constructive.

 En effet, les masses paysannes savent que désormais, il est plus facile de passer par les politiciens de leurs localités respectives pour ouvrir leur école, leur collège ou leur université. Ainsi, en l’absence de textes règlementaires à savoir un décret portant création de ces différentes structures, ce sont les politiciens qui se substituent à ce dernier pour imposer dans le village où ils espèrent engranger quelques suffrages, l’ouverture de l’une de ces infrastructures, sans salles de classe, sans enseignants, et sans matériels didactiques.

Ainsi, certaines écoles, certains collèges connaissent des effectifs insuffisants (20, 30, 40 élèves) pour ouvrir un seul groupe pédagogique, pendant qu’ils réclament des enseignants pour couvrir les taux horaires exigés. Ces politiciens savent-ils que l’ouverture d’un seul groupe pédagogique, quel que soit le nombre d’élèves requiert un minimum de sept enseignants au secondaire ?

Yefonri A. N’Koué

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