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Abomey-Calavi, Agronomie, amphithéâtres, Arts, Bénin, Biologie, Chimie, Cotonou, cours, développement, emploi, enseignants, enseignement universitaire, étudiants, fonctions politiques, formation, Lettres, Mathieu Kérékou, Parakou, Physique, Placide Clédjo, publications, recherche, Sciences humaines, Technologie, université, Université de Parakou, Université nationale du Bénin
Le Bénin a longtemps disposé d’une seule université pour tout le pays, en l’occurrence celle qui est située à Abomey-Calavi, dans la banlieue de Cotonou, la capitale économique. Créée en 1972, au lendemain de l’indépendance obtenue en 1960, elle s’appelait l’Université nationale du Bénin. C’est elle qui a formé la plupart des premiers cadres de la période postcoloniale.
Il aura fallu attendre 2001 pour que le régime du président Mathieu Kérékou décide de créer une deuxième université à Parakou, dans la grande métropole du nord du pays. Il s’agit de l’Université de Parakou (Unipar). De fait, l’Université nationale du Bénin a changé de nom pour s’appeler maintenant l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). Ainsi, le pays dispose dorénavant de deux universités, l’une au sud et l’autre au nord. Plus que le souci d’un certain équilibre inter- régional, le désengorgement de l’ex-Université nationale du Bénin en était la raison première.
Les universités du Bénin qui sont censées former l’élite du pays n’ont malheureusement pas les moyens de remplir pleinement leur vocation de la meilleure façon qui soit. D’abord, les enseignants les mieux formés et expérimentés préfèrent s’adonner à la politique pour occuper des fonctions politiques beaucoup plus lucratives que l’enseignement universitaire. Ils sont légion dans la vie politique nationale et leur liste est longue à égrener.
Ensuite, les infrastructures et le matériel didactique ne sont pas toujours à la hauteur des missions qui sont assignées aux universités. Il y a quelque temps encore, les étudiants d’Abomey-Calavi étaient contraints de prendre leurs cours assis sur des briques et manquaient cruellement d’amphithéâtres. Si ce problème a été un peu résorbé, force est de reconnaître néanmoins que les conditions d’études des étudiants, quant à elles, laissent toujours à désirer. Enfin, il y a l’inadéquation entre la formation et l’emploi.
En effet, les universités du Bénin continuent d’être des usines de fabrique de chômeurs. Le manque de partenariat entre le marché de l’emploi et les universités font qu’elles ont du mal à se réformer. Or, hormis les filières classiques, il est aujourd’hui impérieux d’adapter la formation même universitaire aux besoins du marché national, sous régional et international. Toute chose qui est susceptible de créer des passerelles entre la formation et l’emploi.
De toutes les activités, la recherche reste celle qui est la plus négligée. A commencer par des filières dans lesquelles cela ne nécessite pas des moyens astronomiques, à savoir les Lettres, Arts et Sciences humaines. Le manque de publications, ne serait-ce qu’à l’échelle des universités, n’incitent pas à la recherche et à la saine émulation qui est le seul gage du développement.
Dans ces conditions, il n’est même point question d’évoquer des domaines comme la Physique, la Chimie, la Biologie, l’Agronomie, la Technologie qui nécessitent des moyens souvent plus importants. Placide Clédjo, directeur adjoint du Centre béninois de la recherche scientifique et technologique (Cbrst), disait récemment et à juste titre d’ailleurs que:
«La recherche est au début, au cœur et à la fin de tout développement».
C’est un secret de polichinelle que le développement de tout pays ne va pas sans les moyens qu’il se donne pour la recherche et l’application des résultats de cette recherche. En ce sens, les universités du Bénin sont l’exact reflet de l’état de développement du pays. Et le fait que cela soit valable pour bon nombre d’universités d’Afrique n’est nullement une excuse pour le Bénin. Dont acte !
Marcus Boni Teiga
