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Amadou Sanogo, AQMI, Bamako, CEDEAO, Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest, ex-junte, islamistes, Mali, Maliens, Mopti, Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'ouest, Mujao, otage, Oumar Mariko
La situation au Mali dont le nord est occupé par différents groupes armés au nombre desquels des islamistes affiliés à Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) doit être un sujet de préoccupation pour tout Africain. Qu’il soit Malien ou non. Il n’en demeure pas moins que ce sont les Maliens eux-mêmes qui doivent d’abord se battre pour se libérer de ces intégristes qui ont mis en coupe réglée une partie de leur pays et qui sèment la terreur et la désolation.
Que l’ex-junte du capitaine Amadou Sanogo et ses alliés politiques du parti d’Oumar Mariko exigent que ce soit des soldats maliens qui libèrent le pays et non une intervention étrangère de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) est une idée séduisante. Elle-même fort louable. Mais elle ne prêterait pas à sourire, voire à mourir de honte si, en son temps, la junte militaire n’avait fait rien d’autre que de laisser les intégristes gagner encore plus de terrain sans même tirer un seul coup de fusil.
Ces soi-disant patriotes et guerriers qui se pavanent et s’égosillent dans les rues de Bamako, entravent en réalité la bonne marche des nouvelles institutions de la République et le déploiement de la force de la Cedeao au lieu d’aller affronter les intégristes armés ont-ils vraiment à cœur la libération de leur pays ? La réponse est certainement non tant qu’elle ne passe pas par eux. Ce qui leur tient d’abord à cœur, c’est leur avenir politique et les intérêts égoïstes qui vont corrélativement en résulter. La libération du nord du Mali ne vient qu’en dernière position. Aussi, demandent-ils des armes et des moyens à la communauté internationale pour assouvir leur propre agenda.
Qu’à cela ne tienne, on pourrait aussi leur rétorquer de se donner eux-mêmes des moyens de leur politique tant qu’à faire, et laisser ainsi le Mali se débrouiller tout seul. Le risque cependant est que les intégristes qui sont déjà aux portes de Mopti viennent un jour les chasser de Bamako. Ce qui, humainement ou diplomatiquement parlant, n’est pas raisonnable. Comme dirait un diplomate africain:
«C’est à croire qu’ils n’ont pas conscience de la gravité de la situation».
Le peuple malien doit éviter d’être l’otage non seulement des intégristes armés qui occupent le nord de son pays mais aussi de quelques politiciens véreux aux ambitions inavouées. En définitive, ce sont ces derniers qui sont les vrais ennemis de la libération du nord. Un adage africain dit si bien que :
«quand ton frère est attaqué par un étranger, tu te bats d’abord à ses côtés sans même rien lui demander avant de lui faire la querelle ou la remontrance après la victoire, si d’aventure vous aviez maille à partir».
Décidément, une partie des Maliens, en l’occurrence l’ex-junte du capitaine Amadou Sanogo et les partisans d’Oumar Mariko du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance – ironie de nom – font fi de la morale de cet adage. Ils préfèrent, quant à eux, faire la guerre aux Maliens qui ont dirigé le pays par le passé et qu’ils accusent de tous les maux plutôt qu’aux intégristes du Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) qui occupent le nord de leur pays et qui font terriblement souffrir leurs compatriotes. Dont acte !
Marcus Boni Teiga
