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Anjorin Moucharafou, Bénin, Brésil 2014, conseil des ministres, Constitution de 1990, Coupe du monde, Cour d'appel de Cotonou, Didier Akplogan, Fédération béninoise de football, Fédération internationale de football association, football béninois, justice béninoise, Tribunal arbitral du sport, Tribunal de première instance de Porto-Novo, Victorien Attolou
Le football béninois traverse depuis plus d’un an une crise qui a conduit à l’existence de deux bureaux exécutifs pour la même la Fédération béninoise de football (Fbf). Et les deux réclament tous la légitimité. La justice béninoise qui en a été saisie, a tranché le litige. Mais le gouvernement «dans l’intérêt supérieur de la nation» a annulée la passation de service consécutive à l’exécution de la décision de justice sous la pression de la Fédération internationale de football association (Fifa). Et la tourmente continue…
Pour comprendre la crise qui agite le football béninois, il faut remonter au 4 février 2011. Ce jour-là, certains acteurs du football béninois, suite à une mésentente au sein de la fédération, tiennent une assemblée générale extraordinaire qui voit l’élection de Victorien Attolou à la tête de l’organe. Cette assemblée générale est contestée par le président de la fédération jusqu’au moment des faits, Anjorin Moucharafou qui, à son tour, tient le 15 avril 2011 une autre assemblée qui pourvoit au remplacement de ses anciens camarades qui se retrouvent dans l’autre aile et le confirme président de la fédération.
La crise est ainsi ouverte. Le tribunal de première instance de Porto-Novo, la ville où se trouve le siège de la fédération, saisi de la situation annule l’assemblée générale organisée par le camp d’Anjorin Moucharafou le 15 avril 2011 et déclare régulière celle du 4 février qui a porté Victorien Attolou à la tête de la Fbf. Il demande alors à Anjorin Moucharafou de passer service. Ce dernier décide de faire appel. La Cour d’appel de Cotonou tranche alors et confirme par une décision du 12 juillet 2012 la décision du tribunal de première instance et somme Anjorin Moucharafou de passer la main à Victorien Attolou sur minute.
Réagissant à cette décision de la Cour d’appel de Cotonou, la Fédération internationale de football association (Fifa) a dénoncé récemment une ingérence dans les affaires intérieures de la Fédération béninoise de football et une violation des dispositions des statuts de cette dernière.
La Fifa a conclu que la mise en application de l’arrêt de la Cour d’appel de Cotonou pourrait la mettre dans l’obligation de saisir le Comité d’urgence en vue d’une décision pouvant aboutir à la suspension de la Fédération béninoise de football avec pour conséquence immédiate, l’exclusion du Bénin de toutes les compétitions internationales, y compris les qualifications pour la Coupe du monde, Brésil 2014.
Par ailleurs, la Fifa a rappelé qu’aux termes de l’article 64. 1 et 2 de ses statut:
«Les Confédérations, les membres et les Ligues s’engagent à reconnaître le Tribunal arbitral du sport (Tas) comme instance juridictionnelle indépendante. Ils s’engagent à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que leurs membres ainsi que leurs joueurs et leurs officiels se soumettent à l’arbitrage du Tribunal arbitral du sport. Les mêmes dispositions s’appliquent aux agents de match et aux joueurs licenciés».
Le 23 Juillet 2012, devant huissier, l’équipe dirigée par Victorien Attolou ayant pris service, le Comité d’urgence de la Fifa a aussitôt saisi le Bénin pour lui signifier que:
«La décision de la Cour d’appel est une violation manifeste des articles 13 et 17 des statuts de la Fifa qui obligent les associations membres à diriger leurs affaires en toute indépendance sans l’ingérence d’aucun tiers. En application de l’article 13 paragraphe 3, le Comité d’urgence a décidé d’octroyer un délai jusqu’au mercredi 25 juillet 2012 y compris, pour que la décision soit révoquée et à défaut de suspendre la Fédération béninoise de football (Fbf) avec effet immédiat jusqu’à ce que l’interférence cesse».
Le gouvernement réuni en conseil des ministres le 25 juillet 2012 a, décidé de réagir. Le conseil des ministres, a décidé de l’annulation, jusqu’à nouvel ordre, de la prise de service opérée par le Comité exécutif dirigé par Victorien Attolou, en attendant le règlement du présent contentieux en accord avec la Fifa ; du rétablissement dans l’exercice de ses fonctions, à la tête de la Fédération béninoise de football, du Comité exécutif présidé par Anjorin Moucharafou. Et le gouvernement de justifier sa position dans le relevé du conseil des ministres en déclarant:
«Le conseil des ministres, tenant compte de la Constitution de 1990 qui proclame la supériorité des normes internationales souscrites par notre pays aux lois et règlements nationaux, et respectueux des engagements internationaux, ne peut accepter de faire courir à notre pays le risque de se voir exclu de toutes compétitions officielles, même amicales ainsi que de tout contact en matière de football».
Pour le gouvernement, une telle mesure signifierait que tous les jeunes, officiels, clubs et autres, membres de la Fédération béninoise de football seront privés de contact sportif avec les instances continentales et internationales. De même, toute assistance de la Fifa et de la Confédération africaine de football (Caf) à la Fédération béninoise de football sera coupée. Après cette décision du conseil des ministres, Didier Akplogan, ministre de la Jeunesse et des sports a déclaré lors d’une sortie médiatique que les contacts sont pris entre le gouvernement et la Fifa afin d’avorter la décision de suspension du Bénin.
Euloge Aïdasso

