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Abbé Julien N'Pénoukou, Albert Tévoèdjrè, Bénin, Boni Yayi, Eglise catholique, forum économique, Fulbert Gero Amoussouga, litiges commerciaux, morosité économique, ordre des avocats, Pvi, Rafiatou Karimou
Depuis quelques mois, le Bénin vit dans une grande morosité économique. Les opérateurs économiques se plaignent de l’environnement des affaires qui serait intenable, les commerçants disent broyer le noir à longueur de journée dans les marchés et dans les ménages c’est aussi des grincements de dents.
Des voies ont commencé par se lever pour suggérer une révision de la gouvernance politique et économique. Comme antidote à cette situation, le gouvernement propose l’organisation d’un forum économique qui, si elle est jugée opportune par certains, laisse encore bon nombre d’acteurs sceptiques comme solution.
Le ton a été donné par le Médiateur de la République, le professeur Albert Tévoèdjrè qui, par une lettre ouverte, a invité le président Boni Yayi à pacifier le pays face à la situation sociopolitique et économique. Albert Tévoèdjrè qui affichait clairement ses inquiétudes sur la situation de crise dans laquelle s’enlise le pays, a attiré notamment son attention sur la crise des réformes au port de Cotonou. Il s’agit plus précisément du Programme de vérification des importations (Pvi), de la filière cotonnière et de l’intervention des forces armées dans les litiges commerciaux.
Pour lui, les observateurs les plus sérieux de la scène politique et économique nationale s’inquiètent de la multiplication sans nombre des crises allumées sur plusieurs fronts à la fois. Ce qui fait courir au pays des risques d’une conflagration que personne ne saurait maitriser.
Et Albert Tévoèdjrè de proposer:
«Un tremplin pour une initiative de salut public qui devrait s’appuyer sur un dialogue fructueux».
A la suite d’Albert Tévoèdjrè, ce fut le tour du clergé béninois par l’entremise de l’aumônier national des cadres et personnalités politiques du Bénin, l’Abbé Julien N’Pénoukou. Il a réagi le 28 juin dernier en exprimant les inquiétudes de l’Eglise catholique face à la dégradation du climat sociopolitique au Bénin. Lequel se traduit par un malaise généralisé.
S’adressant à plusieurs centaines de cadres et personnalités politiques du Bénin réunis à des assises de trois jours sur le thème « l’engagement du chrétien dans la cité », l’Abbé Julien N’Pénoukou a indiqué que:
«Il faut reconnaître que le Bénin d’aujourd’hui ne vit pas dans la paix du cœur ni du corps, mais dans l’angoisse et la peur d’un malheur fatal (…) Les frustrations s’accumulent, le malaise se généralise, les opérateurs économiques désertent les lieux et le doute gagne les partenaires».
Pour l’Abbé Julien N’Pénoukou :
«On ne peut plus se contenter de dénoncer, de se livrer à des déclarations d’alarme et d’alerte, encore moins de se tapir dans une posture attentiste manichéiste sinon machiavélique (…) Il faut agir, non pas pour détruire les uns pour réhabiliter d’autres, mais pour sauver et construire ensemble la commune maison de notre nation dans un esprit de droit et le respect absolu de la loi fondamentale».
Après, c’est l’ordre des avocats qui a donné aussi de la voix. En effet le 22 juin, à travers une déclaration, l’ordre des avocats fait savoir que:
«Les droits humains se révèlent la cible des actes attentatoires du gouvernement ou de certains fonctionnaires de l’Etat qui se sont mis au service de causes particulières contraires à leurs devoirs citoyens. Ces actes qui sont posés avec une fréquence inquiétante depuis quelques mois, dans l’indifférence craintive des forces vives de la nation et dans le silence complice de la société civile, des élus et des partenaires au développement, violent les fondamentaux de l’Etat de droit et portent gravement atteinte autant à la liberté des personnes qu’à la jouissance paisible de leurs biens».
D’autres réactions ont suivi comme celle d’un regroupement des femmes de plusieurs partis politiques et de la société civile sous la houlette de l’ancien ministre et député Rafiatou Karimou. Mesurant certainement lui-même la gravité de la situation le président Boni Yayi a décidé d’échanger avec les opérateurs économiques qui estiment être traqués. A l’issue de l’audience qu’il leur a accordée il a décidé de l’organisation d’un forum économique. Pour Boni Yayi:
«Le Bénin a besoin d’investissement lourd, productif dans un cadre législatif, juridique, judiciaire, fiscal appropriés. Tout cela sera revu pendant le forum et un plan d’action et un cadre permanent de concertation seront mis en place pour que notre secteur productif soit mieux intégré …».
Le professeur Fulbert Gero Amoussouga, président du Conseil d’analyse économique, a été désigné pour présider le comité chargé de préparer le forum économique à venir. Un énième forum du genre au Bénin, mais qui espérons-le, sera l’antidote à la situation économique critique que vit le pays actuellement.
Euloge Aïdasso
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