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Afrique, Antoine Détchénou, Bénin, Béninois, Cotonou, démocratie, député Eric Houndété, dictature, Enfants du Bénin debout, Front citoyen pour la sauvegarde des acquis démocratiques, législatives, Liste électorale permanente informatisée, présidentielle, régression démocratique
Les Béninois, toutes catégories confondues, sont responsables de la régression démocratique que le pays a connue ces dernières années. Au-delà de la mauvaise gestion sociopolitique, la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) en est pour beaucoup aussi. Pourtant, elle était censée garantir la fiabilité des élections et un jeu politique apaisé. Mais elle n’a fait que produire l’effet contraire. Et les Béninois se sont mis à genoux, après avoir inventé pour la première fois en Afrique la désormais historique Conférence des forces vives de la nation en février 1990, accompli une transition sans hiatus de la dictature à la démocratie et un apprentissage démocratique satisfaisant pendant vingt (20) ans.
Depuis la dernière présidentielle et les législatives de mars 2011, la jeune démocratie béninoise marche à reculons. Et il faut sauver ce qui peut l’être avant qu’elle ne tombe dans un précipice. Enfants du Bénin debout est bel et bien le titre de l’hymne national du Bénin. Si la société civile béninoise semble se mobiliser pour tenir debout, reste à se demander si cette posture survivra aux prochaines échéances. En tout cas, le Front citoyen pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fcsad) en est plus déterminé que jamais. Son président, le quasi octogénaire professeur Antoine Détchénou n’en démord pas. En traitant la dernière présidentielle de «la plus mauvaise opération et la plus vaste imposture électorale organisée dans ce pays», le front qu’il dirige veut proposer une nouvelle alternative crédible.
Pour lui : «A terme, et dans un avenir immédiat qui s’inscrit dans les six prochains mois à venir, il faut inventer un nouveau système fondé sur une carte à l’exemple de la carte d’identité, une carte à puce utilisant toutes les techniques modernes qu’on peut retrouver dans les téléphones portables, les cartes bancaires (…) Une carte dont la conception empêche toute fraude, tout doublon».
La Lépi au Bénin est comme un fantôme que l’on recherche partout. Et pour le député de l’opposition, Eric Houndété, le pouvoir du président Boni Yayi va mener derechef les Béninois en bateau avec cette fameuse Lépi dont on parle beaucoup et qu’on ne voit pas. «L’obscurantisme autour de la Lépi ne date pas d’aujourd’hui. Lorsque nous avons dit qu’il y avait des villages fictifs, lorsqu’on a mis en place le groupe de travail, avons décidé d’aller voir ce qui se passe au centre de traitement, ils ont tous fui. Tout le monde a disparu du centre de traitement le jour où nous nous sommes déplacés. Ils savaient très bien ce qu’ils étaient en train de faire. Ils savent très bien que la Lépi n’existe pas», a martelé l’honorable Eric Houndété. A quelques mois seulement des élections communales de 2013, il ne croit manifestement pas à une quelconque correction de la Lépi pour un scrutin juste et équitable.
Pour sauver aujourd’hui la démocratie béninoise, il faut que la société civile se mobilise davantage et mette les enfants du Bénin debout. Pour cela, le Front citoyen pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fcsad) ne doit pas se limiter à Cotonou, la capitale économique du pays. Il lui faut aller bien au-delà pour asseoir ses structures dans les différents départements et les différentes communes du Bénin et jouer son rôle de vigie. C’est à ce prix, et à ce prix seulement que les enfants du Bénin pourront rester debout, éternellement debout.
Marcus Boni Teiga
