Législatives en France – Le résultat n’est pas «normal»

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Le second tour des législatives en France a rendu son verdict le 17 juin. Après la victoire du Parti socialiste (PS) à la présidentielle et l’élection de François Hollande, il remporte également haut la main les législatives, en obtenant à lui seul la majorité absolue. Avec 302 députés élus sur 577, le choix des Français est sans appel. Permettre au président de la République de faire appliquer le projet de société qu’il leur a soumis et sur la base duquel il a été élu. De quoi faire observer que le PS concentre désormais entre ses seuls mains tous les leviers de la République : Elysée, Sénat, Assemblée nationale, Départements.

Pour l’Union pour un mouvement  populaire (UMP) que préside Jean-François Copé, la popularité est bien loin. Elle est dans les souvenirs, tant il n’obtient que 194 députés.  Il s’agit là d’une défaite cuisante qui doit donner à réfléchir et à se réorganiser.

Dans une démocratie normale avec un président «normal», ce n’est pas «normal» qu’un seul parti dispose à lui tout seul de tous les pouvoirs. A la décharge du résultat du scrutin et des Français, on peut ne pas s’inquiéter outre mesure comme sous nos tropiques, ici en Afrique. Car plutôt que de se voir confier tous les pouvoirs par la volonté du peuple, les dirigeants ont l’art de s’en arroger.

Ce qui n’est pas «normal» aussi, c’est que deux ex-candidats malheureux à la présidentielle soient battus dans leurs circonscriptions électorales, en l’occurrence la présidente du Front national (FN) Marine Le Pen et le président du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou. Enfin, ce n’est pas «normal» que Ségolène Royal, ancienne challenger du PS au second tour de la présidentielle de 2006 contre Nicolas Sarkozy ne soit pas élue. Pour cause de «trahison politique» au sein même de son propre parti,  à la suite de la dissidence d’Olivier Falorni, soutenu du reste par la Première dame, Valerie Trierweiler, dont on a suffisamment parlé de son désormais fameux tweet. Un tweet, on ne peut plus, atomique.

Quoi qu’il en soit, la volonté du peuple français s’est exprimée en faveur d’une majorité confortable pour le président François Hollande. Mais cela implique ipso facto une lourde responsabilité face au peuple: celui pour le PS de tenir obligatoirement ses promesses. Au demeurant, de faire en sorte que le changement promis soit concret et que les Français se sentent mieux que sous le régime de l’ex-président Nicolas Sarkozy. Il n’aura pas droit à l’excuse. Et en cas d’échec, on peut déjà parier que le PS pourrait dire adieu à l’Elysée en 2017. Pour une traversée du désert qui va, peut-être, se faire sur plusieurs années. Ce qui serait tout à fait normal.

Marcus Boni Teiga

Lettre à François Hollande, le «président normal»

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