Cinéma – Le secret de l’enfant fourmi sur les écrans

L'Auteur

bonimarcus


Topics

Le 7 juin, aura lieu à Natitingou, le chef-lieu du département de l’Atacora, la projection du film Le secret de l’enfant fourmi sorti en France il y a quelque temps mais tourné en grande partie dans ce département du nord-ouest du Bénin.

Le Bénin n’est pas un pays particulièrement riche en productions cinématographiques. Bien au contraire. En plus de cinquante ans d’indépendance, on peut facilement compter les films qui ont été produits ou réalisés par des nationaux. A défaut de productions nationales pour faire connaître les différentes régions du pays à l’étranger, ce sont plutôt des productions étrangères qui s’inscrivent dans cette perspective. En témoigne, du reste, le tournage du film Le secret de l’enfant fourmi.

Dans ce film au scénario imprégné des réalités locales, tout part d’un couple : Cécile et Didier.

«Attention à ce que tu fais (silence).Tu aurais pu éviter de me faire aussi mal, tu aurais pu me préparer»,

 lance Cécile à Didier. Et Didier de rétorquer :

«on ne prépare pas les gens à être quitté. Tu me gonfles Cécile».

Cécile de reprendre :

«Toi aussi, tu me gonfles».

 Le ton ainsi donné est symptomatique des relations qui prévalent au sein de ce couple et qui vont, par voie de conséquence, construire au fil de son déroulement la trame de : Le secret de l’enfant fourmi. Pour la petite histoire, Cécile, une jeune française, la trentaine sonnante, débarque en Afrique pour régler son histoire d’amour qui a mal tourné. Car son couple bat de l’aile depuis.

Contre toute attente, au cours de son séjour, elle tombe à tout hasard sur une jeune mère qui lui jette quasiment un enfant dans les bras. Puisqu’elle ne sait que faire de ce garçonnet que les traditions contraignent ainsi à l’abandon. Et Cécile, sans trop y réfléchir ni savoir pourquoi, elle décide après coup de l’adopter. L’histoire de l’adoption du petit enfant va s’enchevêtrer avec celle de Cécile elle-même, ses relations avec les hommes et avec sa mère, pour finalement la hanter presque. Comme si cela ne suffisait pas, six ans plus tard, quand les parents biologiques tentent de renouer les liens avec lancelot, elle découvre alors l’histoire secrète mais ô combien tragique de l’enfant qu’elle a adopté.

En effet, dans la société traditionnelle Bariba, c’est la communauté qui décide, en fonction des signes de naissance, si les enfants qui naissent sont « bons » ou « mauvais » et s’ils doivent « vivre » ou « partir ». Une tradition qui a bien la vie dure. Pour tourner ce film, c’est la belle et très touristique région montagneuse du département de l’Atacora, au nord-ouest du Bénin, que la société Agat Films & Cie a choisi. Et ce n’est nullement le fait du hasard. Loin s’en faut. Les us et coutumes des Bariba, l’une des ethnies de cette région, ont déjà inspiré plusieurs documentaires sur le lancinant sujet de la naissance des enfants dans ce groupe sociolinguistique. Mais c’est pour la première fois que l’on y tourne un film du genre avec des professionnels.

Réalisé par Christine François, et produit par Blanche Guichou, on retrouve notamment dans les rôles de Cécile, une certaine Audrey Dana qui a déjà joué, entre autres, dans Roman de gare et Chacun son cinéma de Claude Lelouch, Robinson Stévenin dans le rôle de Didier, Yann Trégouët dans le rôle de Philippe. Le tournage des séquences de ce film dans le département de l’Atacora est un événement pour les populations de cette région qui ne voient que rarement passer les cameras des quatre chaînes de télévisions qui existent dans le pays. Plus pour réaliser des reportages et des documentaires que de courts ou longs métrages. Aussi, font-elles montre d’une curiosité certaine au passage de l’équipe d’Agat Films & Cie.

«Nous avons une belle région qui se prête bien au tournage des films. Si l’expérience du film Le secret de l’enfant fourmi peut faire école, cela servira à faire connaître davantage notre région et ses innombrables potentialités touristiques »,

a déclaré Raoul, un artiste de Natitingou, détenteur du premier prix national de sculpture.

Marcus Boni Teiga

A lire aussi:

Le cinéma africain tisse ses toiles

Pourquoi il faut voir Viva Riva

Cannes: les cinéates africains n’échappent pas au fait politique

Nigeria – Nollywood s’exporte sur la toile

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

2 réactions

  1. Pellan Michèle
    Le 9 juin 2012 à 21 h 06 min

    Très beau film qui fait réfléchir aux conséquences mystérieuses de l’adoption… J’ai apprécié le débat à la suite du film avec la réalisatrice, Christine François, elle a bien su nous expliquer que le destin des enfants dans certains pays peut dépendre d’un simple détail…. Film à voir sans hésiter.

  2. bonimarcus
    Le 10 juin 2012 à 15 h 45 min

    La projection du film à Natitingou le 7 juin et à Kouandé le 8 juin a suscité un véritable engouement autour de la question des enfants sorciers, en particulier dans le département de l’Atacora. Si cela peut contribuer à faire changer les mentalités, ce serait tant mieux.