Bénin – Boni Yayi veut-il la tête de Patrice Talon, le « milliardaire tranquille » ?

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Le richissime homme d’affaires béninois, Patrice Talon, et certains de ses collaborateurs ont été interpellés le 26 avril et gardés à vue pendant 48 heures au commissariat central de Cotonou, la capitale du Bénin. Apparemment, le gouvernement du président Boni Yayi reproche des dysfonctionnements dans l’approvisionnement des intrants agricoles et une mauvaise gestion des subventions de la campagne 2011-2012 à l’Association interprofessionnelle de coton (AIC). Et il se trouve que Patrice Talon en est le président du Comité de contrôle de gestion de la centrale de sécurisation de paiement et de recouvrement (CSPR). Aussi, lors du conseil des ministres du 29 avril, le gouvernement a décidé entre autres de:

 « l’abrogation du décret n°99-537 du 17 novembre 1999 portant transfert au secteur privé de la responsabilité de l’organisation des consultations pour l’approvisionnement en intrants agricoles ainsi que des décrets subséquents… ».

Sur le plan du droit, Me Joseph Djobgénou, avocat au barreau de Cotonou, reproche pour sa part au gouvernement, la manière dont cette garde à vue a été conduite :

 « ce que cache cette histoire, est que depuis qu’on a commencé par parler de cette affaire, aucun avocat n’a pu, (alors que ce sont des personnes qui sont en garde à vue et qui sont présentées à un juge qui est un inquisiteur, c’est-à-dire qui accuse), aucune personne n’a pu ni s’entretenir avec ces personnes gardées à vue, ni avec le procureur de la République sur les charges qui pèseraient sur elles… ».

Libéré après sa garde à vue et ovationné par une foule de sympathisants, Patrice Talon devrait se présenter à une convocation le 7 mai prochain. Les Béninois attendent les suites de cette affaire pour en savoir davantage. D’autant plus que le « milliardaire tranquille » et soutien financier du président Boni Yayi au cours des élections semble dorénavant dans le collimateur de son gouvernement. En effet, avant l’affaire de l’AIC, c’est un autre contrat de sa société Benin Control S.A dans le cadre du Programme de vérification des importations (PVI) au port de Cotonou qui a été remis en cause en l’espace de quelques jours.

A en croire Me Joseph Djogbénou :

« il y a des souches de gouvernance de la liberté des citoyens béninois et de la liberté de ceux qui osent dans ce pays et dans l’injustice la plus totale. Cela n’a pas fait encore un an et demi que nous avons pu suivre un autre cas de personne éminente qu’on a lâchée, parce que suspectée de candidature tout simplement (ndlr : candidature à la présidentielle de mars 2011). Vous vous êtes demandé où se trouve ce dossier » ?

En tout cas, le ministre de l’Agriculture a porté plainte contre Patrice Talon et certains de ses collaborateurs pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux. En espérant que le droit et rien que le droit sera dit dans les démêlés de Patrice Talon avec le gouvernement de Boni Yayi, on peut s’attendre à des révélations rocambolesques. Mais pour ses sympathisants, le président de la République veut tout simplement abattre l’homme d’affaires et magnat du coton pour des raisons inavouées.

Marcus Boni Teiga

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