Pierre Thiam, un grand chef comme il faut

L'Auteur

Abdourahman Waberi


Topics

Grand, longiligne, des petites lunettes d’intellectuel sur le nez, Pierre Thiam n’est pas le dernier poète slammeur à la mode à Dakar. Il est d’une autre espèce aussi inspirée et méthodique certes mais, elle, plutôt rare sous nos Tropiques, de Dakar à Djibouti en passant par Bobo-Dioulasso et Douala. Notre homme est un chef. Un vrai chef culinaire, un restaurateur. Il exerce non pas à Lyon ou sur la côte basque mais à Brooklyn, New York. Il signe aussi des ouvrages culinaires pour le plus grand plaisir de ses clients.

DeDakar, sa ville animée et cosmopolitique, il a gardé l’ouverture d’esprit, l’audace des petites gens et le goût des épices. L’ancien étudiant en Physique et Chimie de l’université Cheikh Anta Diop s’active désormais les neurones au-dessus de ses fourneaux, avec un malin plaisir. Avant d’ouvrir son propre restaurant, Pierre Thiam s’est fait la main dans divers établissements gastronomiques new-yorkais.

Arrivé à la fin des années 1980, sans un sou vaillant en poche, Pierre Thiam a ouvert son premier restaurant, Yolele, une décennie plus tard.  Expérimental, ce bistrot africain propose une carte éclectique aux couleurs panafricaines qui séduit encore aujourd’hui critiques culinaires et personnalités médiatiques.  Le Grand-Dakar, son nouveau restaurant ouvert en 2006, est vite devenu le passage obligé pour les artistes africains en transit ou en tournée. Mieux c’est un centre culturel et un point de ralliement pour la diaspora noire à Brooklyn. Les affaires marchent très bien. Pierre Thiam est à la tête d’une entreprise florissante : la  Pierre Thiam Restauration qui vise une clientèle haut de gamme en quête d’aventures gustatives.

Etre chef ne suffit pas à son bonheur, le Dakarois aux attaches casamançaises fourmille d’idées. Il ne tient jamais en place. Il donne des conférences, voyage beaucoup, anime des cours de cuisine dans des lieux inattendus comme le Musée d’art africain, l’Institute for Culinary Education ou le Culinary Institute of America. Il lui arrive aussi de transmettre sa passion aux gens de la profession, de passer à la télévision ou d’enchaîner galas et dîners officiels. Une équipe de CNN lui a rendu visite récemment.

Pierre Thiam est un homme heureux. Son livre, Yolele! Recipes from the Heart of Senegal (Lake Isle Press, 2009) a été prime plusieurs fois. Il faudrait le traduire en français, en wolof, en diola et en puular. Le parcours de Pierre Thiam ressemble beaucoup à un succès à l’américaine, me diriez-vous un brin sceptique. Et pourquoi pas. Son exemple pourrait bien inspirer les jeunes Africains en général et les jeunes Sénégalais en particulier. Tous désespérés par leur classe politique aussi senile qu’avariée à l’instar d’un Abdoulaye Wade. Encore un mot sur notre chef.  Pierre Thiam vit à Brooklyn avec sa femme et leurs trois enfants. Et ils sont, on l’imagine, heureux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

2 réactions

  1. caroline
    Le 10 février 2012 à 13 h 11 min

    you go bro very proud of you; you have always been a people person; very caring and I knew you will succeed, I wish you all the best

  2. mendy
    Le 10 février 2012 à 15 h 44 min

    felicitation jeune frere! je suis vraiment surpris du moment que je n avais plus de tes nouvelles> et encore bon vent! scout toujours………..