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	<title>Slate Afrique &#187; Analyses</title>
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		<title>Tunisie – Des Miss pas comme les autres</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 10:21:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’élection de Miss Tunisie samedi 6 avril a eu une résonance particulière en Tunisie. Première édition du concours depuis la révolution, l’élection de Miss Tunisie s’était donnée pour mission de montrer une femme tunisienne libre, indépendante et intelligente mais aussi de redorer l’image du pays, fortement égratignée par les médias étrangers selon les mots des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>L’élection de Miss Tunisie samedi 6 avril a eu une résonance particulière en Tunisie. Première édition du concours depuis la révolution, l’élection de Miss Tunisie s’était donnée pour mission de montrer une femme tunisienne libre, indépendante et intelligente mais aussi de redorer l’image du pays, fortement égratignée par les médias étrangers selon les mots des organisateurs.</strong></em></p>
<p><em>«Nous n’avons pas besoin de l’aval du gouvernement pour défendre la femme tunisienne»</em> répond agacée,Aïda Antar, la présidente de l’organisation Tej à un journaliste français qui vient de lui demander si le gouvernement islamiste soutenait l’élection des miss. <em>«Nous n’avons pas eu de pressions et nous avons été plus soutenues par le gouvernement actuel que par l’ancien»</em> rajoute la présidente qui organise depuis 1995 les élections de <a href="http://www.lejdd.fr/International/Maghreb/Actualite/Le-retour-de-Miss-Tunisie-600641">Miss Tunisie</a>.  Au point presse du dimanche matin, l’heureuse élue, Miss Gabès, professeur d’éducation sportive, porte un poids sur ses épaules. Le brushing soigné, la couronne sur la tête et l’écharpe de miss sur l’épaule, elle porte un tailleur rouge, couleur du drapeau national. Elle ne représente pas seulement le pays mais aussi une <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie">Tunisie </a>post-révolution où les questions sur les libertés de la femme dans un gouvernement islamiste reviennent quotidiennement dans les médias.</p>
<div id="attachment_4515" class="wp-caption alignnone" style="width: 437px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/04/IMG_5889.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/04/IMG_5889.jpg" alt="" title="IMG_5889" width="427" height="640" class="size-full wp-image-4515" /></a><p class="wp-caption-text">Miss Tunisie 2013. Crédits photos: Amine Boufaied</p></div>
<p>Aïda Antar admet qu’elle n’avait pas fait d’élections l’année dernière à cause de la période encore tendue. <em>«C’est vrai que nous étions dans une certaine attente après les élections. Et puis nous étions habituées à l’autocensure donc nous nous attendions un peu au pire.»</em> Mais elle finit par se lancer en 2013 via un appel à candidatures sur une page web. Les élections se sont déroulées sans problème diffusée sur une chaîne privée Tunesna et la nouvelle miss, originaire du sud de la Tunisie affirme son ambition de promouvoir une image de la femme tunisienne héritée de <a href="http://www.slateafrique.com/148015/tunisie-les-heritiers-de-bourguiba-ont-le-vent-en-poupe">Bourguiba.</a></p>
<blockquote><p><em>«Nous voulons aussi restaurer une certaine image de la Tunisie que les gens semblent avoir oublié depuis la révolution. C’est un moment difficile pour le pays mais nous sommes prêts à la démocratie»</em> renchérit-elle.</p></blockquote>
<p>Hiba Telmoudi, originaire de Gabès, championne de cyclisme et étudiante pour devenir professeur d’éducation sportive a conscience que sa mission dépasse les strass et les paillettes de la soirée de sa victoire. <em>«Le travail que fait la femme en Tunisie est énorme mais nous pouvons avoir plus et nous devons encore nous battre»</em> déclare la Miss qui reprend ses cours le lendemain et qui enchaînera sur l’élection de Miss Monde. Les larmes aux yeux sous ses faux cils, la jeune fille déclare que la plus heureuse, c’est sa sœur, qui avait participé au concours avec elle.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/04/IMG_5906.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/04/IMG_5906.jpg" alt="Aïda Antar, organisatrice de l&#039;élection de Miss Tunisie" title="IMG_5906" width="640" height="427" class="alignnone size-full wp-image-4517" /></a></p>
<p>Cette élection promouvant la beauté de la femme n’a pas suscité les émois des extrémistes. La question du défilé en maillot de bain n’avait pas lieu d’être soulevée. Même si Aïda Antar a effectué ses études à l’école des Miss, elle n’a jamais organisé de défilé en maillot dans son pays natal :</p>
<blockquote><p><em>«Les filles n’ont pas arrêté de défiler en maillot à cause du gouvernement islamiste. Il n’y a jamais eu de défilé en maillot depuis que j’organise cette élection. Cela n’a pas été par obligation mais par principe. Je ne voulais pas bloquer des filles à cause de la pudeur.»</em></p></blockquote>
<p>La question du corps et de sa monstration sont en effet des préoccupations pour les candidates comme la lauréate: <em>«La première chose que j’ai dite à mes parents pour les rassurer, c’est que je n’allais pas m’exposer publiquement aux yeux de tous et que je ne participais pas à cet évènement seulement pour exhiber mon physique.»</em> déclare-t-elle. La question du voile s’est aussi posée pour cette édition. Si sous Ben Ali, les femmes voilées étaient marginalisées de ce genre d’évènement, aujourd’hui, elles peuvent y participer de la même manière que dans d’autres pays musulmans. <em>«Le concours était ouvert à toutes les femmes. Nous avons eu deux filles voilées qui se sont inscrites sur la page web mais elles ne sont pas allées jusqu’au casting.»</em> déclare Aïda Antar.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/WK-HCXsp8-s" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Du côté des dauphines, elles sont originaires de différentes régions mais ont fait leur études à l’étranger. Ce double regard a aussi façonné leur manière de percevoir l’élection de Miss Tunisie. Pour Sana, Miss Sousse, qui réside à Saint-Tropez, une de ses motivations était de prouver que l’image donnée du pays n’est pas que celle d’une Tunisie en conflit. Miss Gafsa qui habite à Bruxelles partage le même avis :</p>
<blockquote><p><em>«Nous avions toujours peur en regardant de loin ce qui se passait en Tunisie dans les médias pendant la révolution et même s’il y a un changement, tout n’est pas noir. Pour moi la femme tunisienne reste une femme forte qui se bat et ça déjà, c’est un point positif.»</em></p></blockquote>
<p><em></em></p>
<div id="attachment_4521" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/04/IMG_58871.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/04/IMG_58871.jpg" alt="" title="IMG_5887" width="640" height="386" class="size-full wp-image-4521" /></a><p class="wp-caption-text">Les dauphines. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p>Plus que la question des libertés de la femme, c’est la relance du tourisme qu’ont voulu privilégier les organisateurs de cette édition sponsorisée par la compagnie aérienne Tunisair. Pour Asma, Miss Hergla, quatrième dauphine, qui déclare à l’assemblée qu’elle reste un garçon manqué et qu’elle ne savait pas marcher en talons hauts avant le concours, ce n’est pas les Miss qui vont participer à la défense des droits de la femme :</p>
<blockquote><p><em>«Il ne faut pas se leurrer, la miss Tunisie représente une femme libre et indépendante mais elle reste une ambassadrice et non une militante. La mission de l’élection, c’est plus de montrer que nous pouvons encore organiser des manifestations culturelles et que le pays n’est pas si morose.»</em></p></blockquote>
<p>Asma conclut pourtant par un clin d’œil provocateur, en déclarant admirer les <em><a href="http://www.slateafrique.com/146589/amina-de-femen-accorde-une-interview-canal">«Femen»</a></em> pour leur acte de <em>«rébellion» </em>en référence à la Femen tunisienne, <a href="http://www.elle.fr/Societe/News/Tunisie-la-Femen-Amina-apparait-dans-un-reportage-2421356">Amina,</a> qui avait créé la polémique en posant seins nus sur Facebook .</p>
<p><em><strong>Lilia Blaise</strong></em></p>
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		<title>Tunisie &#8211; Le Forum Social Mondial et la question syrienne</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Mar 2013 10:48:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme chaque année, le Forum social mondial a réuni plusieurs tendances politiques, des centaines de causes mais aussi des conflits.Pour son édition en Tunisie, mis à part le conflit israélo-palestinien qui reste une question centrale, les révolutions dans le monde arabe se sont également invitées au Forum jusqu’à créer des tensions entre certains participants. La question syrienne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Comme chaque année, le Forum social mondial a réuni plusieurs tendances politiques, des centaines de causes mais aussi des conflits.Pour son édition en Tunisie, mis à part le conflit israélo-palestinien qui reste une question centrale, les révolutions dans le monde arabe se sont également invitées au Forum jusqu’à créer des tensions entre certains participants.</em></strong></p>
<p>La question syrienne fait de plus en plus partie de l&#8217;actualité tunisienne. Les articles récents sur les <a href="http://observers.france24.com/fr/content/20130318-temoignage-djihadiste-tunisien-syrie-islam-guerre-sainte-etranger-jabaat-nusra-charia?page=1" target="_blank">djihadistes tunisiens</a> partant <a href="http://www.slateafrique.com/124281/akher-khabar-sur-la-piste-du-reseau-denvoi-de-jihadistes-tunisiens-en-syrie" target="_blank">combattre en Syrie</a> en sont l&#8217;exemple le plus actuel. Mais c&#8217;est aussi au sein de la problématique<a href="http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2013/03/30/a-tunis-un-forum-social-mondial-aux-accents-arabes_3150837_1466522.html" target="_blank"> nationaliste arabe</a> que le conflit syrien resurgit là où on l&#8217;attend le moins. Vendredi 29 mars, une grande tente au milieu du forum affiche sur une banderole  les photos de plusieurs militants à l’instar de Ghandi, Mandela, Farhat Hached, Omar Mokhetar et Ahmed Yassine. Les figures de ces militants connus à l’échelle mondiale par leurs causes justes et humanitaires ont été mélangées à celles de d’autres personnages, qualifiés de terroristes ou de dictateurs  comme Ahmadi Najad, Hassan Nasrallah, Jamal Abdelnacer, Sadam Houssein et, le fameux Bachar Al Assad.</p>
<div id="attachment_4509" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie5.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie5.jpg" alt="" title="syrie5" width="640" height="480" class="size-full wp-image-4509" /></a><p class="wp-caption-text">Une banderole où se mêlent Che Gevara et Bachar el Assad. Crédits photo: Ayoub Abbous</p></div>
<div id="attachment_4503" class="wp-caption alignnone" style="width: 490px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie4.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie4.jpg" alt="" title="syrie4" width="480" height="514" class="size-full wp-image-4503" /></a><p class="wp-caption-text">Manifestants sur le campus de Manar à Tunis au Forum Social Mondial. Crédits Photos: Seïf Soudani</p></div>
<p>Les slogans semblent également plaider une cause douteuse. Cette tente est dirigée par la <a href="http://www.babnet.net/cadredetail-53642.asp" target="_blank">Ligue tunisienne pour la tolérance </a>et porte le slogan <em>«Je suis tolérant donc je suis antisioniste».</em> Quel rapport entre la tolérance et l’anti sionisme? Et quel rapport entre la résistance et les régimes de Barchar Al Assad, Ahmadi Najad et Hassan Nasrallah? La Ligue se contente de distribuer des brochures expliquant son point de vue en détaillant la criminalité des sionistes.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4493" title="syrie" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie.png" alt="" width="600" height="321" /></a></p>
<p>Devant la tente quelques jeunes discutent les hadiths du prophète Mohamed et de sa relation avec les juifs. Quand une autre discussion commence entre des Tunisiens et un Syrien.</p>
<blockquote><p><em>«Je ne comprend pas comment vous osez faire ça à vos frères syriens qui meurent tous les jours par les balles de Bachar Al Assad? Vous faites une révolution et vous soutenez des dictateurs ! C’est de l’hypocrisie » hurle Mohamed enragé devant la tente avant de continuer «Les syriens meurent tous les jours ! Plus de cent mille morts et des milliers de blessés et vous parlez de résistance arabe? C’est la résistance de la honte ! La résistance impérialiste !»</em> continue Mohamed.</p></blockquote>
<p>Depuis qu’il est arrivé en <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie" target="_blank">Tunisie</a>, il y a quatre mois, il n’arrive pas à comprendre la gauche tunisienne qui se dit révolutionnaire et soutient les dictateurs dans le monde. Il ne comprend pas aussi l’histoire des Tunisiens qui quittent leur pays pour aller s’engager dans <a href="http://www.france24.com/fr/20120811-syrie-djihadistes-etrangers-rebelles-assad-islamisme-al-qaeda" target="_blank">Jabhat Al-Nosra.</a> Sa déception est grande parce qu’il n’a jamais cru que le Forum Social Mondial accepterait d’accueillir des associations<em> «soutenues par l’impérialisme caché sous un pseudo nationalisme qui a détruit la région depuis des années»</em> selon ses dires.</p>
<p>Vidéo amateur de manifestants brûlant les drapeaux syriens:</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/CBx3fTa_rVw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Les membres de la Ligue Tunisienne pour la Tolérance se sont défendus en déclarant qu’ils soutennaient la résistance contre l’Etat d’Israël. Concernant le peuple syrien, les militants de la Ligue qui prétendent représenter également la <em>«résistance arabe»</em> considèrent que le peuple syrien  soutient le régime Assad même si des milliers de personnes ont été tué dans des manifestations qui ont duré des mois entiers.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie1.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4495" title="syrie1" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/syrie1.png" alt="" width="600" height="412" /></a></p>
<p>La discussion très tendue a fini par une bagarre quand les <em>«résistants arabes»</em> ont accusé leurs contestataires d’être des serviteurs de Qatar et des USA. Les tensions ont déclenché une bagarre comme le montre ce reportage du<a href="http://www.lecourrierdelatlas.com/446929032013Tunisie-Exclusif-Affrontements-entre-pro-et-anti-regime-syrien-au-FSM.html" target="_blank"> Courrier de l&#8217;atlas</a> et certains sont même allés jusqu&#8217;à brûler en public</p>
<p>De jeunes Irakiens ont montré également leur mécontentement de voir les photos de Sadam Hussein affiché comme le martyr de la nation arabe. La déception état visible sur leurs visages. Eux, animaient des ateliers liés à l’économie et le  développement durable. Ils ne disent rien sur le régime politique de leur pays.</p>
<p>Après cet épisode malencontreux témoignant de certaines dérives, on remarque que la révolte du Bahreïn n’a pas été évoquée. Quelques activistes de ce pays se débrouillent seul pour prendre quelques minutes dans chaque atelier pour parler de leur situation et pour convaincre le maximum des participants de la justesse de leur cause.</p>
<p>Les Palestiniens, quant à eux, ont multiplié les rencontres, les débats et les fêtes.  Mais ils ne sont pas tous du même avis par rapport à cette solidarité arabe nommée nationalisme. Maysara, la trentaine, Palestinien, participe pour la première fois au Forum. Après deux jours, il se sent déçu de ses compatriotes et des arabes d’une façon générale.</p>
<blockquote><p><em>«Tout le monde est solidaire avec la cause palestinienne mais tout le monde aussi utilise Palestine comme un prétexte… Pour sauver les Palestiniens comme ils disent, ils sont prêts à sacrifier d’autres peuples et soutenir des dictateurs qui nous utilisent pour avoir une légitimité…» dit -il en montrant de doigt la tente nommée «la résistance arabe»</em>.</p></blockquote>
<p>Alors que le Forum se clôture aujourd&#8217;hui, les affrontements ont continué et une minorité de <a href="http://www.radioexpressfm.com/news/show/fsm-affrontements-entre-des-syriens-pro-bachar-el-assad-et-des-opposants" target="_blank">Syriens </a>compte se manifester également aujourd&#8217;hui en marge de la fin des festivités. Il aura montré les dissensions au sein des nationalismes arabes qui peinent encore à s&#8217;unir après les révoltes contre les dictatures.</p>
<p><strong><em>Henda Hendoud</em></strong></p>
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		<title>Tunisie – Des chaussures pour protester contre la Ministre de la femme</title>
		<link>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/03/29/tunisie-%e2%80%93-des-chaussures-pour-protester-contre-la-ministre-de-la-femme/</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Mar 2013 14:16:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’évènement était annoncé sur Facebook mais difficile à croire. Et pourtant les femmes tunisiennes l’ont fait. En protestation aux derniers propos de la Ministre de la femme sur le viol d’une fillette, un groupe de femmes a manifesté sa colère en lançant des chaussures devant le Ministère des affaires de la femme et de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">L’évènement était annoncé sur Facebook mais difficile à croire. Et pourtant les femmes tunisiennes l’ont fait. En protestation aux derniers propos de la Ministre de la femme sur le viol d’une fillette, un groupe de femmes a manifesté sa colère en lançant des chaussures devant le Ministère des affaires de la femme et de la famille.</span></em></strong></p>
<p>Au début,<a href="https://www.facebook.com/events/431661403590282/" target="_blank"> la campagne lancée sur Facebook</a> prévoyait un <em>«million de chaussures»</em> devant le Ministère le 29 mars. La pile de savates aujourd’hui n’en contient qu’une cinquantaine mais les manifestantes ont osé. Derrière ce geste, une <a href="http://www.lorientlejour.com/category/Derni%E8res+Infos/article/807610/Tunisie+%3A+des+manifestants+brandissent+des+chaussures+contre+une+ministre.html">protestation</a> contre une Ministre de la femme qui semble enchaîner les gaffes selon les commentateurs sur Facebook.</p>
<p>Vidéo de la manifestation du vendredi 29 mars par <a href="http://www.mosaiquefm.net/fr/index/a/ActuDetail/Element/19014-ministere-des-affaires-de-la-femme-entre-soutien-et-protestation">Mosaïque FM</a></p>
<p><embed width="452" height="361" quality="high" bgcolor="#000000" name="main" id="main" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" src="http://video.mosaiquefm.net/player/vPlayer.swf?f=http://video.mosaiquefm.net/player/vConfig_embed.php?vkey=a7c329e940dda99b1214" type="application/x-shockwave-flash" /></p>
<p> Les chaussures font référence à une photo de <a href="http://www.mag14.com/national/40-politique/1334-sihem-badi-et-les-chaussures-de-leila-ben-ali.html" target="_blank">la Ministre brandissant des talons </a>lors de l’exposition de la vente des biens de la famille de Ben Ali.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/sihem31.png"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/sihem31.png" alt="" title="sihem3" width="468" height="321" class="alignnone size-full wp-image-4485" /></a></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/femme.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4479" title="femme" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/femme.png" alt="" width="600" height="626" /></a></p>
<p>Mais la colère des manifestants est surtout dirigée contre la réaction de la ministre lors de la médiatisation du viol d’une fillette il y a une semaine. Celle-ci a déclaré que le gardien de la crèche dans laquelle était la fillette et l’auteur du viol, <em>«était un membre de la famille de l’enfant» </em>et qu’il n’y avait aucune raison de fermer la crèche.</p>
<p>Elle avait fini par rendre visite à ladite famille en s’excusant du malentendu. Une partie des Tunisiens lui ont reproché sur les réseaux sociaux son décalage avec les faits et son manque de compassion pour la famille. Une centaine de peronnes avaient déjà manifesté devant le Ministère lundi 25 mars comme le montre la vidéo du site <a href="http://www.tunisienumerique.com/tunisie-video-sihem-badi-dans-loeil-du-cyclone/170638">Tunisie Numérique:<br />
</a><br />
<iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/pSlSy_r8Uxg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Cet évènement survient après d’autres bévues de la Ministre et un manque de position ferme dans certaines de ses déclarations. Lors de la visite d’un <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/02/01/tunisie-%E2%80%93-le-predicateur-de-trop/" target="_blank">prédicateur Koweïtien</a> il y a deux mois, une certaine partie de l’opinion publique s’était soulevée contre son accueil dans un jardin d’enfants de fillettes voilées à Zarzis. La ministre avait déclaré que  les parents étaient libres d’élever leurs enfants comme ils le voulaient dans la sphère du privé et de la religion. La militante et avocate Bochra Bel Haj H’mida qui a <a href="http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=13144" target="_blank">déjà dénoncé</a> le manque de fermeté de la ministre à l’égard des discours sur les femmes tenus par les prédicateurs en Tunisie a déclaré hier soir dans une <a href="http://www.slateafrique.com/124477/bochra-belhaj-hamida-sattaque-sihem-badi" target="_blank">émission d’AttounissiaTV</a> que la Ministre n’assumait pas les fonctions de son Ministère.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/sihem41.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4477" title="sihem4" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/sihem41.png" alt="" width="400" height="378" /></a></p>
<p>S’ajoute à cela, la signature d&#8217;une <a href="http://www.slateafrique.com/129935/tunisie-motion-de-censure-contre-sihem-badi">motion de censure </a>par une cinquantaine de députés de l’assemblée le jeudi 28 mars.</p>
<p>Selon les déclarations de Najla Bouriel, la députée du Bloc démocratique à<a href="http://www.tap.info.tn/fr/index.php/politique/9835-cinquante-constituants-signent-une-motion-de-censure-contre-la-ministre-de-la-femme-et-de-la-famille" target="_blank"> l’Agence TAP, </a></p>
<blockquote><p><em>«cette démarche intervient à la suite des défaillances de la Ministre en matière de protection de l’enfance».</em></p></blockquote>
<p>La ministre de la femme n’a pas encore réagi à la motion de censure ni à la manifestation d’aujourd’hui qui a aussi généré des <a href="http://www.shemsfm.net/fr/actualite/devant-le-ministere-de-la-femme-guerre-de-slogans-entre-pro-et-anti-siham-badi?id=41351">manifestants &laquo;&nbsp;pro&nbsp;&raquo; Sihem Badi </a>venus défendre la Ministre contre une<em> «campagne de diffamation»</em> selon eux.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/sihem1.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4481" title="sihem" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/sihem1.png" alt="" width="400" height="229" /></a></p>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tunisie &#8211; France 24, le prix du succès</title>
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		<comments>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/03/17/tunisie-france-24-le-prix-du-succes/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 17 Mar 2013 10:41:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Propulsée par la révolution en Tunisie, la chaîne trouve encore du succès en Tunisie malgré les relations complexes que la France et la Tunisie entretiennent via les médias. Les journalistes de la chaîne parlent de la couverture des évènements et de la ligne éditoriale d’une chaîne qui représente la France à l’étranger. C’était en décembre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><br />
<strong><em>Propulsée par la révolution en Tunisie, la chaîne trouve encore du succès en Tunisie malgré les relations complexes que la France et la Tunisie entretiennent via les médias. Les journalistes de la chaîne parlent de la couverture des évènements et de la ligne éditoriale d’une chaîne qui représente la France à l’étranger.</em></strong></em></p>
<p>C’était en décembre 2010, quand les médias français n’avaient pas encore parlé de <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/211">Sidi Bouzid</a> que la chaîne France 24 suit les évènements de près et se trouve propulsée sur le devant da la scène alors que la révolution éclate. Deux ans après la révolution, France 24 maintient son audience en Tunisie malgré les critiques souvent médiatisées de la part des islamistes tout comme des modernistes. Elle reste la chaîne internationale la plus regardée en Tunisie devant <em>Al Jazira</em> avec un public constitué en majorité de jeunes et de cadres dirigeants selon une enquête de TNS Maghreboscope.</p>
<div id="attachment_4389" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/france24.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/france24.jpg" alt="" title="france24" width="640" height="426" class="size-full wp-image-4389" /></a><p class="wp-caption-text">Un panneau publicitaire en Tunisie pour la chaîne France 24. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p><strong>La crédibilité d’avant la révolution</strong></p>
<p>A l’instar de la chaîne <em>Al Jazira</em>, la chaîne de télévision arabophone et francophone avait peu d’accès en Tunisie sous Ben Ali. <em>«Nous étions souvent accompagnés de policiers en civil qui surveillaient nos moindres faits et gestes »</em> raconte Taoufik Mjaied, l’un des principaux animateurs de la chaîne en arabe. L’invitation sur les plateaux de <em>France24</em> du militant <a href="http://www.slateafrique.com/79381/moncef-marzouki-la-rupture-la-compromission" target="_blank">Moncef Marzouki </a>est également peu appréciée par l’ex-dictateur. Le 23 octobre 2009, la chaîne fait un reportage sur le manque de liberté de la presse en Tunisie et sur la censure de Youtube et Daily Motion. Elle dresse également un portrait explicite de Ben Ali <a href="http://www.france24.com/fr/20091023-ben-ali-portrait-dun-pr-sident-vie">«portrait d’un président à vie»</a> où sont  interviewés des dissidents comme <a href="http://www.slateafrique.com/85249/tunisie-radhia-nasraoui-l-avocate-tunisienne-des-droits-humains">Radhia Nasraoui</a> ou encore <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/10/02/tunisie-mokhtar-yahyaoui-%C2%ABla-justice-tunisienne-va-vers-une-crise-sans-precedent%C2%BB/">Mokhtar Yahyaoui</a>. La chaîne ne laisse rien à l’écart et parle déjà du «<em>clientélisme de la première dame»</em> et de l’emprise des Trabelsi sur le pays<em> .</em>En partie à cause de ce passé d’une chaîne neutre et sans complaisance à l’égard de Ben Ali, la chaîne a une certaine crédibilité en Tunisie notamment avec son canal arabe qui commence à émettre 24h/24 à partir de 2010 sur le satellite <em>Nilesat </em>et son accès en streaming sur internet . En août 2010, la chaîne traite aussi grâce à son site basé sur un réseau de journalistes citoyens<em>, les Observateurs</em>, de sujets plus sociaux souvent éludés par les médias tunisiens à cause de la censure. <a href="http://observers.france24.com/fr/content/20100716-agriculteurs-tunisiens-manifestent-conserver-leurs-terres">Une manifestation d’agriculteurs</a> en août 2010 à Regueb sera ainsi relayé grâce au syndicaliste <a href="http://observers.france24.com/fr/content/20111216-connaissez-vous-slimane-rouissi-l%E2%80%99homme-lance-revolution-tunisienne-sidi-bouzid-bouazizi-14-janvier" target="_blank">Slimane Rouissi</a>, contact direct sur place qui une <a href="http://observers.france24.com/fr/content/20111216-connaissez-vous-slimane-rouissi-l%E2%80%99homme-lance-revolution-tunisienne-sidi-bouzid-bouazizi-14-janvier">source précieuse</a> pour la chaîne lorsque les évènements de décembre 2010 éclatent à Sidi Bouzid. Pour les Tunisiens, la chaîne  a donc une certaine crédibilité au même titre que la chaîne <em>Al Jazira</em> lorsque commence la couverture de la révolution en 2010.</p>
<p><strong>Les violences à Thala en 2011 couvertes par la chaîne arabe:</strong></p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/Dfbb7SulRPA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Le succès grâce à la couverture de Sidi Bouzid</strong></p>
<p>Sarra Grira, jeune journaliste tunisienne qui travaille au sein des <a href="http://observers.france24.com/fr" target="_blank">Observateurs</a> de France 24 se souvient encore du 14 janvier dans la rédaction.</p>
<blockquote><p><em>«Evidemment, le matin lors de la conférence de rédaction, la Tunisie était le sujet principal. La journée a commencé assez doucement, nous faisions une veille et c’est lorsque les policiers ont commencé à tirer sur la foule que tout s’est emballé. Il y avait tout à couvrir, aussi bien l’avion de Ben Ali qui partait que la manifestation qui allait suivre en France devant l’ambassade d’Arabie Saoudite.» </em></p></blockquote>
<p><em> </em>La chaîne suit alors le cours révolutionnaire depuis son siège à Paris et un réseau de correspondants à Tunis. Sur les plateaux, les islamistes comme Houcine Jaziri défilent, des opposants politiques comme <a href="http://www.france24.com/fr/20110113-tunisie-revolte-jeunes-maghreb-algerie-emeutes-repression-benali-part1" target="_blank">Amira Yahyaoui</a> et bien d’autres figures devenues aujourd’hui des acteurs clefs de la transition démocratique. La chaîne surfe sur la vague des révoltes arabes et couvre les différents évènements privilégiant aussi les émissions de débats politiques<em>.</em> Elle passe d’une audience hebdomadaire de 10% en 2010 à 32% au <a href="http://www.france24.com/static/infographies/presse/FRANCE24_PressKit_0712_FR.pdf">Maghreb</a>. Près de 78% des Tunisiens la regardent en 2011 et 47% l’ont choisi après les révoltes arabes alors qu’ils ne zappaient pas sur la chaîne auparavant. Selon un sondage de Sigma, le site d’information de <a href="http://www.france24.com/fr/" target="_blank">France24.com</a> est aussi leader devant celui <em>d’Al jazeera,</em> <em>NessmaTV</em> et <em>Watania </em>selon <a href="http://blog.lefigaro.fr/gonzales/2011/03/elle-simpose-moins-dun-an.html">l’étude de TNS</a> menée en 2011.</p>
<p><strong>Le premier passage télévisé de Rached Ghannouchi après la révolution sur une chaîne française:<br />
</strong><br />
<iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/pCGjePrWqFE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Les élections de 2011 et l’impact de la victoire islamiste</strong></p>
<p>Une première rupture arrive alors avec le public tunisien lors des élections d’octobre 2011. Un rapport de la mission d’observation électorale de l’Union  européenne en Tunisie sous-entend que la chaîne aurait privilégié la couverture du parti <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/5473" target="_blank">Ennahdha</a> plus que les autres.</p>
<blockquote><p><em>«Les télévisions satellitaires Al Jazira et France 24 en arabe ont consacré de larges espaces à l’élection de l’ANC durant la dernière semaine de la campagne. La couverture de France 24 a été essentiellement consacrée à Ennahdha. Celle d’Al Jazeera a été plus équilibrée, mais s’est poursuivie pendant la journée du silence électoral. »</em></p>
<p><em>«La critique n’est pas infondée, en effet, un reportage sur Ennahdha avait un peu trop tourné en boucle sur la chaîne juste avant les élections»</em> admet Sarra Grira. <em>«Mais en même temps c’était la grande nouveauté après la révolution et c’était normal que l’on s’intéresse à la première montée d’un parti islamiste»</em> justifie-t-elle.</p></blockquote>
<p>Impératif de l’actualité ou insistance trop marquée sur les islamistes, la chaîne commence à être taxée de <em>« pro-islamiste »</em> dans un climat où la bipolarisation médiatique s’accentue entre les journaux <em>«islamistes»</em> et les lignes éditoriales dites <em>« modernistes»</em> comme celle de<em> Nessma TV</em> ou du journal <em>Le Maghreb.</em></p>
<blockquote><p><em>«C’est en partie pour cette raison que nous avons eu ensuite des problèmes avec les partis modernistes qui nous ont accusé d’être trop indulgents avec les islamistes. Surtout pour la chaîne arabophone, ils s’attendent à ce qu’elle défende une ligne éditoriale qui supporte leur cause puisque derrière la chaîne, il y a toujours l’image de la France.»</em> déclare le reporter de France 24 <a href="https://twitter.com/_DavidThomson" target="_blank">David Thomson</a>, correspondant sur place depuis le 4 février 2011. En décembre 2012 il décrivait ainsi les critiques adressées à la chaîne. <em>« Du côté d’Enahdha, on ne cessait de me répéter : dites la vérité</em><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">».</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </span></p></blockquote>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Le journaliste est le témoin principal du rapport qu’entretient la chaîne avec son public puisqu’il est le premier à recevoir les critiques ou compliments lors de ses déplacements. Très suivi sur </span><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" href="https://twitter.com/_DavidThomson">Twitter (9500 followers),</a><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> le journaliste jouit également d’une certaine notoriété pour certains reportages dans les régions. Certaines lui ont valu de subir au </span><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" href="http://www.slateafrique.com/99135/tunisie-la-ville-de-siliana-sembrase-nouveau">même</a><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> titre que de nombreux journalistes tunisiens, des agressions. Lors des évènements de Siliana en octobre dernier, la photo de ses jambes criblées de balles de chevrotine a fait le tour des réseaux sociaux.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/capture_twitt_david_thompson.jpeg.png"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/capture_twitt_david_thompson.jpeg.png" alt="" title="capture_twitt_david_thompson.jpeg" width="480" height="518" class="alignnone size-full wp-image-4393" /></a><br />
 </span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">«Si je tweet aujourd’hui c’est aussi parce que je suis sur le terrain, que je suis plus libre qu’à l’antenne pour raconter aussi des choses d’ordre plus anecdotique» </em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">dit-il mais le réseau social est aussi l’occasion de recevoir les interpellations de certains téléspectateurs déçus ou critiques qui s’adressent directement à lui.</span></p>
<p><strong>Une couverture impartiale ?</strong></p>
<p>Au fur et à mesure que la tension politique s’installe en Tunisie notamment avec la montée des violences salafistes dans le pays, <em>France 24</em> est pointée du doigt comme d’autres médias français pour sa couverture insistante du <a href="http://www.slateafrique.com/87765/tunisie-peril-salafiste-ennahda-islamisme" target="_blank">phénomène salafiste<em>. </em></a></p>
<blockquote><p><em>«Le problème, c’est que les gens oublient que nous ne sommes pas un média tunisien, nous ne adressons pas qu’aux Tunisiens et nous avons une vocation internationale, c’est pour cela par exemple que nous ne pouvons pas faire sans cesse des sujets sur l’Assemblée Nationale constituante, aussi intéressant que cela peut être»</em>, déclare David Thomson.</p></blockquote>
<p>De l’autre côté de la méditerranée, les sujets <em>«salafistes»</em> sont vendeurs et les chaînes française en font leur marronnier jusqu’à aller trop loin comme le montre la polémique autour d’un reportage <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/01/20/tunisie-%E2%80%93-les-salafistes-et-la-tunisie-denvoye-special/"><em>d’Envoyé  Spécial</em></a> sur la <em>«menace  salafiste»</em> en Tunisie début janvier 2013. La réalité biaisée et exagérée montré dans le reportage agace le public tunisien et même parmi les politiques, les commentaires désapprobateurs se font entendre. La France et les médias français deviennent aussi l’objet de critiques de la part du parti islamiste Ennahdha. Lors de la manifestation du 16 février visant à soutenir le gouvernement ébranlé par la secousse populaire autour du meurtre de Chokri Belaïd, on peut lire des <a href="http://www.france24.com/fr/20130209-islamistes-ennahda-tunisie-belaid-opposition-manifestation">slogans anti-français sur les pancartes</a>. Pour David Thomson, les propos de certains hommes politiques français comme ceux de <a href="http://www.lejdd.fr/International/Maghreb/Actualite/Rached-Ghannouchi-Manuel-Valls-nous-a-insultes-593156">Manuel Valls a sur le <em>«facisme islamique»</em> en Tunisie</a> ont un impact direct sur le travail des journalistes expatriés sur place et d’autant plus sur France 24 qui représente avant tout, la France à l’étranger.</p>
<blockquote><p><em>«Les propos outranciers de Manuel Valls sur l&#8217;islamisme et la Tunisie, ont eu des conséquences catastrophiques sur l&#8217;image de la France auprès des partisans islamistes donnant l&#8217;impression que la France cherche à soutenir l&#8217;opposition tunisienne contre les islamistes. Du coup, cette inquiétude a nourri la crainte d&#8217;une ingérence française dans la politique tunisienne a été parfois instrumentalisée, avec un discours anti media française et donc anti France24, qui seraient la courroie de transmission de la politique étrangère française, ce qui bien sûr est faux.»</em></p></blockquote>
<p><em><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/image.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4387" title="image" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/image.png" alt="" width="413" height="402" /></a><br />
</em></p>
<p>En effet, l’amalgame  est souvent fait entre la diplomatie française et la ligne éditoriale de la chaîne souvent même par des politiques comme un membre d’Ennahdha, qui lors du congrès du Parti, a animé une table ronde consacrée aux médias et a taxé <em>France 24</em> d’être le relais du <em>«Ministère des affaires étrangères français»</em>. Les rapports entre la chaîne et le parti islamiste ne sont plus au beau fixe même si le correspondant insiste sur le fait que le rapport est toujours cordial sur le terrain.</p>
<blockquote><p><em>«Cela dit, malgré ce discours hostile, les militants et les leaders islamistes font toujours le distingo entre l&#8217;antenne à Paris et les journalistes sur le terrain. Et derrière cette animosité de façade, je garde d&#8217;excellente relations avec eux, je suis toujours reçu avec une grande cordialité que ce soit par les militants ou par les leaders d&#8217;Ennahda ou même du courant jihadiste »</em> ajoute David Thomson.</p></blockquote>
<p><strong>Dérapages et clash avec les islamistes</strong></p>
<p>Or, c’est entre la chaîne en arabe et la chaîne en français que les différences de traitement commencent à poindre. La chaîne arabophone qui reste plus regardée que la française commet des dérapages déontologiques qui lui valent de sévères critiques de la part du parti islamiste. Début février, une présentatrice de la chaîne parle de la Tunisie en plein journal comme d’une <em>«colonie française».</em></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/VQujFziVi3Q" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>La déclaration suscite la colère du public tunisien qui se déchaîne sur Facebook contre la journaliste. Le rédacteur en chef de la rédaction arabophone, Mansour Tiss justifie cette bévue en parlant d’une <em>«erreur de lecture»</em> <em>: </em></p>
<blockquote><p><em>«La journaliste a pris avec elle dans la précipitation une dépêche de Reuters écrite en anglais où il est précisé pour le lectorat anglophone que la Tunisie est une ancienne colonie française, elle a lu et traduit trop vite.»</em></p></blockquote>
<p>Mais quelques jours plus tard, un autre dérapage est commis: alors que l’ex ministre de l’Intérieur, <a href="http://www.slateafrique.com/107093/tunisie-ali-larayedh-met-en-garde-contre-le-terrorisme" target="_blank">Ali Larayedh</a>, vient de déclarer avoir intercepté l’un des tueurs de <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/28017" target="_blank">Chokri Belaïd</a>, la chaîne arabophone déclare de source sure qu’<a href="http://www.slateafrique.com/94755/pourquoi-la-police-laisse-filer-le-chef-des-salafistes-abou-iyad" target="_blank">Abou Iyadh</a>, salafiste recherché depuis l’attaque de l’ambassade américaine en Tunisie serait lié au meurtre. La chaîne francophone, elle ne parle que d’un <em>«groupe religieux».</em> Aujourd’hui, Mansour Tiss continue de confirmer la fiabilité de l’information qui provenait d’un des correspondants à Tunis qui avait une source sure au sein du Ministère. Pour lui, la chaîne a toujours le même souci d’objectivité et n’a rien contre les islamistes.</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/NPnw6yWncNw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<blockquote><p><em>«Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, il y aussi un discours récurent qui est soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous et ça me rappelle Ben Ali»</em> rajoute-t-il. Pour certains membres de Nahdha, le parti –pris de la chaîne est désormais explicite.</p></blockquote>
<p>Fayçal Nacer, chef adjoint du bureau de la communication du parti Ennahdha à Tunis, déclare <em>« boycotter »</em> la chaîne désormais.</p>
<blockquote><p><em>«Nous nous entons agressés sur les plateaux des médias français et en particulier par la couverture de cette chaîne qui semble montrer une Tunisie comme un terrain de guerre».</em></p></blockquote>
<p>Cette <em>«mauvaise»</em> image du pays est aussi le reproche de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/saida-ounissi/crise-tunisie-manuel-valls_b_2662544.html" target="_blank">Sayida Ounissi,</a> une universitaire tunisienne basée en France qui regarde quotidiennement la chaîne en arabe et en français. Pour elle, la chaîne a perdu sa crédibilité notamment dans sa couverture de l’assassinat de <a href="http://www.slateafrique.com/103091/chokri-belaid-assassinat-tunisie" target="_blank">Chokri Belaïd</a>:</p>
<blockquote><p><em>«Je ne sais pas combien de fois on a pu entendre sur les plateaux de la chaîne arabe : la question : pensez-vous qu’Ennahdha soit responsable de la mort de Chokri Belaïd et cela est une grave erreur déontologique sachant que l’enquête n’avait même été encore ouverte.»</em></p></blockquote>
<p>Ce <em>«boycott»</em> de la chaîne s’exprime parfois par le refus des islamistes de participer à un débat ou un plateau comme par exemple lors des évènements de <a href="http://www.slateafrique.com/99365/les-revoltes-organiques-de-siliana-revolution-sidi-bouzid-tunisie" target="_blank">Siliana.</a> Sur la chaîne francophone, u téléspectateur proche du parti islamiste reproche également à la chaîne des débats où un islamiste est souvent présent face à deux personnes «<em>contre»</em> et donc <em>«automatiquement visé »</em>.</p>
<p>En tête des audiences, la chaîne trouve pourtant bien du fil à retordre dans sa couverture des évènements en <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie" target="_blank">Tunisie.</a> Tantôt accusée d’être pro-islamiste, tantôt accusée d’anti, c’est finalement peut-être les critiques et le débat que la chaîne soulève qui témoignerait de son objectivité journalistique. De par son image, liée indéniablement à la France, elle se retrouve  aussi au cœur des tensions qu’il peut y avoir entre les deux pays depuis la révolution. Mais elle témoigne également des problèmes entre les partis politiques et <a href="http://www.slateafrique.com/93977/tunisie-censure-retour-liberte-democratie-islamistes" target="_blank">les médias</a> en Tunisie, le pays vivant pour la première fois une liberté de la presse. Au niveau des téléspectateurs, selon le dernier sondage de <em>TNS Magreboscope</em> publié début 2013, plus de 80% des téléspectateurs de la chaîne estiment que <em>«la couverture de l’actualité au Maghreb par F24 est objective, crédible, complète et experte.»</em></p>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tunisie – Les leçons à tirer des élections étudiantes</title>
		<link>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/03/16/tunisie-%e2%80%93-les-lecons-a-tirer-des-elections-etudiantes/</link>
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		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 18:42:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elles ont lieu tous les ans et sont bien moins médiatisées que les élections politiques. Et pourtant, le résultat des élections syndicales étudiantes du 13 mars montre aussi les tendances d’une jeune génération d’électeurs qui refuse la politisation de l’université malgré une rivalité entre le syndicat de gauche (UGET) et le syndicat islamiste (UGTE). Alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Elles ont lieu tous les ans et sont bien moins médiatisées que les élections politiques. Et pourtant, le résultat des élections syndicales étudiantes du 13 mars montre aussi les tendances d’une jeune génération d’électeurs qui refuse la politisation de l’université malgré une rivalité entre le syndicat de gauche (UGET) et le syndicat islamiste (UGTE).</span></em></strong></p>
<p>Alors que l’assemblée vient de définir un nouveau calendrier électoral, d’autres élections se sont jouées cette semaine au sein des universités. Dans 165 établissements, les étudiants tunisiens ont <a href="http://www.tekiano.com/ness/politik/7124--sieges-des-conseils-scientifiques-luget-remporte-la-majorite-des-suffrages-.html" target="_blank">élu leurs représentants syndicaux aux conseils scientifiques</a>. L’UGET a remporté  295  sièges sur 549 contre <a href="https://www.facebook.com/UGTE.Tn?fref=ts" target="_blank">l’UGTE </a>(131 sièges) et les 123 sièges restants sont allés aux indépendants.. Depuis plusieurs années l’UGET (Union Générale des Etudiants Tunisiens) est le principal syndicat étudiant. Sous Ben Ali, il était l’unique syndicat toléré bien que les étudiants n’aient pas pu organiser un congrès depuis 2003.</p>
<p>Depuis la révolution, <a href="http://www.tunisia-live.net/2013/03/11/tunisian-universities-become-literal-and-ideological-battlegrounds/" target="_blank">de nouvelles forces</a> sont entrées sur la scène estudiantine, notamment l’UGTE (Union générale tunisienne des étudiants) qui avait été interdite depuis les années 90. <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/03/16/une-victoire-pour-la-gauche-tunisienne/" target="_blank">L’année dernière</a>, les élections étudiantes avaient fait l’objet d’affrontements fréquents entre membres de l’UGET et membres de l’UGTE. Le premier reprochait les <em>«fausses accusations et rumeurs» </em>selon une ugetienne <em>«colportées»</em> par l’UGTE selon elle, pendant la campagne électorale.</p>
<div id="attachment_4375" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/samah.jpg"><img class="size-full wp-image-4375" title="samah" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/samah.jpg" alt="" width="640" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;institut supérieur de gestion de Tunis fête la victoire de l&#39;UGET le 13 mars</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Du côté de l’UGTE, la volonté de mettre fin au monopole syndical de l’UGET était l’une des principales revendications. Cette année, <a href="http://www.elfassikile.tn/actualites/tunisie-elections-universitaire-uget-majorite/2013/03/14/" target="_blank">les élections étudiantes </a>ont récolté le plus fort taux de participation en vingt ans selon Rached Kahlani, secrétaire général de l’UGTE :</p>
<blockquote><p><em>«Le point positif de ces élections reste le taux de participation de 25% et aussi le pluralisme avec le nombre important d’indépendants.»</em></p></blockquote>
<p><em> </em>L’année dernière, seul 20% d’étudiants avaient participé et Rafik Zeghidi, militant à l’UGET depuis sept ans, parlait à l’époque de <em>«boycott» </em>des élections notamment à cause d’un climat politique tendu. Le taux de participation reste peu élevé cette année par rapport au nombre d&#8217;étudiants en Tunisie qui était de 470 000 en 2010 et augmente chaque année.  Il représente un nombre structurellement élevé par rapport à la population analyse l&#8217;économiste <a href="http://blogs.rue89.com/en-pleine-culture/2011/01/17/beaucoup-detudiants-peu-demplois-en-tunisie-leducation-est-frustration-" target="_blank">Françoise Benhamou.</a></p>
<p>Si la victoire aux élections a été, une fois de plus, remportée par l’UGET, les résultats montrent aussi une part importante des votes pour les indépendants, dont l’arrivée de l’Organisation Voix de l’Etudiant Tunisien qui se présente comme un nouveau syndicat <em>«indépendant»</em>. Pourquoi le mot &laquo;&nbsp;indépendant&nbsp;&raquo;choisi aussi pour les lites &laquo;&nbsp;indépendantes&nbsp;&raquo; aux élections du 23 octobre 2011? Parce que la rivalité entre les deux syndicats au sein de l’université témoigne aussi d’une bipolarisation politique, similaire à celle du pays, dans la vie universitaire.  Pour Samar Tlili, membre de l’UGET, le contexte politique influe de près la vie estudiantine :</p>
<blockquote><p><em>«Même si les élections ont été plus calmes que l’année dernière, nous avons eu des indécis qui se sont ralliés à l‘UGET cette année à cause du mauvais rendement d’Ennahdha au gouvernement.»</em> Pour Rached Kahlani, c’est au contraire dans les établissements où il était peu connu l’année dernière que le syndicat de l’UGTE a remporté de nouveaux suffrages. <em>«Je pense que les étudiants savent faire la distinction entre le parti et le syndicat même si c’est vrai que nous sommes de tendance islamiste. Nous avons une charte au sein du syndicat qui interdit aux militants d’Ennahdha, s’ils ont des responsabilités au sein du parti, de faire aussi partie du syndicat.»</em></p></blockquote>
<p>Rivaux de longue date, les affrontements éclatent ponctuellement au sein des universités entre les deux syndicats. <a href="http://www.tunisia-live.net/2012/10/09/classes-at-9-avril-university-resume-following-violent-clashes-between-student-unions/" target="_blank">Le 9 octobre 2012</a>, des cours ont été interrompus à la faculté du 9 avril à Tunis en raison de violences entre les deux syndicats. <a href="http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?temp=1&amp;t=520&amp;a=30365" target="_blank">En avril 2012</a>, des armes blanches sont utilisées lors d&#8217;affrontements au campus d&#8217;El Manar à Tunis. Pour Samar Tlili, le principal facteur de tension repose sur la proximité de l&#8217;UGTE <span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">avec le parti </span><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" href="http://www.slateafrique.com/107401/ennahdha-considere-la-tunisie-considere-comme-un-banal-butin-de-guerre" target="_blank">Ennahdha</a>.<span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </span></p>
<p><em>«L<span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">’UGTE représente le bras étudiant d’Ennahdha dont le seul projet est l’islamisation de l’université tunisienne.»</span></em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </span></p>
<p>Vidéo amateur d&#8217;une des victoires de l&#8217;UGET:<br />
<iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=10152644865020693" width="600" height="480" frameborder="0"></iframe></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><br />
</span><br />
<span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Historiquement, l&#8217;UGET est constituée de nombreux étudiants souvent politisés à gauche et l’UGTE, plus islamiste. Ils déclarent malgré tout avoir des buts communs : <em>«défendre avant tout les droits des étudiants et réformer <a href="http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Entre-ancien-r%C3%A9gime-et-LMD,-le-dilemme-du-master,519,33012,1" target="_blank">le système LMD (Licence-Master-Doctorat) </a>qui est l’une des causes du chômage actuel pour les jeunes diplômés.» </em>Pour Samar Tlili, la victoire de l’UGET reste à distancier du climat politique : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">«Les facultés ont toujours été politisées en Tunisie mais on veut rester en dehors des conflits politiques. Certes, cette victoire est une forme de résistance face au climat politique actuel où les islamistes sont encore gagnants mais nous, notre but reste de séparer l’activité syndicale de l’activité politique»</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">. </span></p></blockquote>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">A l’assemblée nationale constituante, les députés viennent d’accorder à 139 voix pour contre 45 défavorables et 13 abstentions,  leur <a href="http://www.slateafrique.com/106424/tunisie-le-gouvernement-obtient-la-confiance-de-lassemblee-constituante" target="_blank">confiance</a> au <a href="http://www.slateafrique.com/107651/paris-felicite-le-nouveau-gouvernement-tunisien" target="_blank">nouveau gouvernement</a> islamiste. Sarra Grira, journaliste tunisienne à <a href="http://www.france24.com/fr/" target="_blank">France 24</a> comment avec ironie la différence des deux résultats : </span></p>
<blockquote><p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><em>«A l&#8217;ANC, la confiance est votée pour le nouveau gouvernement de la Troïka. Dans les facs, c&#8217;est l&#8217;UGET qui sort gagnante des élections. La crise politique n&#8217;est-elle pas aussi une crise de générations ?» </em></span></p></blockquote>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><em> </em>Et pourtant du côté des élections syndicales, comme de la composition du gouvernement, on peine de plus en plus à choisir entre deux tendances. Le nouveau gouvernement a octroyé les portefeuilles régaliens à des indépendants, du côté des élections syndicales, malgré la large victoire de l’UGET, beaucoup d’étudiants ont également voté pour des indépendants.</span></p>
<p>Malgré leur volonté de s’écarter de la politique, les deux syndicats font également face aux mêmes enjeux que les partis politiques tunisiens. Alors que le nouveau calendrier électoral vient d’être décidé à <a href="http://www.slateafrique.com/104475/tunisie-vif-debat-la-constituante-sur-le-calendrier-electoral" target="_blank">l’Assemblée</a>, les syndicats étudiants se préparent également pour l’année prochaine: la restructuration de leur syndicat et la préparation d’un congrès sont les priorités. En interne, les problèmes sont discutés ouvertement. Du côté de l’UGET, la division est avérée entre la base syndicale et le bureau exécutif selon Samar Tlili:</p>
<blockquote><p><em>«Il y a de nombreux ugetiens qui ne veulent plus d’Ezzedine Zaatour comme secrétaire général. Nous n’arrivons pas à préparer le congrès car la majeure partie des bases militantes de l’UGET est contre la supervision du congrès par l’actuel bureau exécutif. Cela fait également plusieurs années, que nous n’avons aucun financement pour la campagne électorale à cause d’une mauvaise gestion du budget accordé par le Ministère de l’enseignement supérieur.» </em></p></blockquote>
<p><em></em>Ce manque de consensus autour de l’actuel secrétaire général de l’UGET, avait été déjà dénoncée l’année dernière par Rafik Zeghidi.</p>
<blockquote><p><em>«l’UGET n’a pas toujours une bonne image au sein des universités car même si c’était une force d’opposition, les différents membres du comité de direction ont souvent pactisé avec l’ancien régime. Il y avait en fait deux comités de direction, un, bureaucratique, qui était chargé de négocier avec le Ministère et un autre, informel, sur le terrain qui était en contact direct avec les militants.»</em> déclarait Rafik en 2012.</p></blockquote>
<p>SlateAfrique a tenté de joindre Ezzedine Zaatour au téléphone pour avoir sa réaction jeudi 14 mars, il a décroché une première fois puis il a coupé son portable. L’homme est âgé d’une quarantaine d’années et représente le syndicat depuis près de douze ans. Sans base de données sur le nombre d’adhérents ni de réelle direction, le syndicat souffre aujourd’hui de ce manque de structure. Du côté de l’UGTE, qui n’est pas encore reconnu légalement comme un syndicat étudiant, les financements viennent des cotisations et des dons des anciens de l’UGTE selon Rached Kahlani. L’enjeu pour lui est de tenir un congrès début avril 2013 qui permettra aussi au syndicat de se restructurer mais la bataille reste aussi politique selon lui :</p>
<blockquote><p><em>«Il faut que nous nous battions pour le droit de s’organiser en tant que force syndicale au sein de l’université. Certaines facultés ne sont pas neutres, on nous accuse de propagande mais parfois ce sont aussi les professeurs ou l’administration qui outrepassent leur rôle et participent aux campagnes électorales, souvent en notre défaveur.»</em></p></blockquote>
<p>D’un côté comme de l’autre, la bataille des syndicats étudiants n’est pas terminée. L’apprentissage démocratique tout comme le choix politique se  construit progressivement au sein d’une jeune génération dont les choix électoraux sont bien différents de ceux des dernières élections nationales. Le taux de participation au scrutin étudiant qui reste faible malgré sa progression renvoie aussi à l’enjeu des prochaines élections politiques, l’abstention, qui est restée la grande gagnante du premier scrutin démocratique en Tunisie.</p>
<p><em><strong>Lilia Blaise</strong></em></p>
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		<title>Tunisie – Ces immolations que l’on ne saurait voir</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Mar 2013 12:48:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Adel Khadri, le jeune vendeur de cigarettes qui s&#8217;est immolé par le feu mardi 12 mars sur l&#8217;avenue Habib Bourguiba est mort aujourd&#8217;hui au centre de traumatologie des grands brûlés de Tunis. Son cas est la suite de beaucoup d&#8217;autres qui se sont enchaînés après la révolution. Retour à la case départ. En voyant les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Adel Khadri, le jeune vendeur de cigarettes qui s&#8217;est immolé par le feu mardi 12 mars sur l&#8217;avenue Habib Bourguiba est mort aujourd&#8217;hui au centre de traumatologie des grands brûlés de Tunis. Son cas est la suite de beaucoup d&#8217;autres qui se sont enchaînés après la révolution.</em></strong></p>
<p>Retour à la case départ. En voyant les photos du jeune vendeur Adel Khadri sur les réseaux sociaux, le premier sentiment est celui ressenti lorsque les premières nouvelles de l’immolation de <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/9567" target="_blank">Mohamed Bouazizi</a> faisaient le tour de la toile en 2010 en <a href="http://www.slateafrique.com/104499/la-tunisie-dans-lattente-dun-gouvernement" target="_blank">Tunisie</a>. Déception, angoisse et colère. Le mardi 12 mars 2013, le jeune vendeur de cigarettes Adel Khadri s’est immolé devant le théâtre municipal de Tunis. Transféré directement au Centre de traumatologie des grands brûlés de Ben Arous, il est aujourd’hui dans un état critique selon l’AFP. Le même jour, le nouveau Premier ministre Ali Larayedh, annonce la composition du nouveau gouvernement à l<a href="http://www.slateafrique.com/104475/tunisie-vif-debat-la-constituante-sur-le-calendrier-electoral" target="_blank">’Assemblée Nationale</a> Constituante. Quelques heures avant, le jeune homme hurlait sur l’avenue <em>«voilà la jeunesse qui vend des cigarettes, voilà le chômage»</em> selon un témoin pour l’AFP.</p>
<div id="attachment_4351" class="wp-caption alignnone" style="width: 329px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/amine.jpg"><img class="size-full wp-image-4351" title="amine" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/amine.jpg" alt="" width="319" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Un manifestant sur l&#39;avenue Habib Bourguiba à Tunis. Crédits photos: Amine Boufaied</p></div>
<p>Adel Khadri n’est pourtant pas le premier mais le suivant d’une longue <a href="http://www.slateafrique.com/80579/immolation-tunisie-chomage-gafsa-bouazizi" target="_blank">série d’immolations</a> en recrudescence depuis celle de Mohamed Bouazizi en décembre 2010. <a href="http://www.slateafrique.com/79577/tunisie-il-y-un-sidi-bouzid" target="_blank">Geste de l’indignation</a>, il est aussi devenu le plus destructeur, puisque dans la plupart des cas recensés en Tunisie, très peu survivent à leur blessures. Difficile d’obtenir le chiffre de ces autodestructions sur le territoire tunisienne, selon un interlocuteur du Centre de traumatologie des grands brûlés de Tunis, il y aurait plus de 150 cas recensés depuis 2011 parmi lesquels on compte plus d&#8217;une cinquantaine de cas médiatisés comme le montre cette carte ci-dessous. (cliquez sur les marqueurs pour avoir les détails).</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="521" height="360" id="umapper_embed"><param name="FlashVars" value="kmlPath=http://umapper.s3.amazonaws.com/maps/kml/154618.kml" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="movie" value="http://umapper.s3.amazonaws.com/templates/swf/embed.swf" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://umapper.s3.amazonaws.com/templates/swf/embed.swf" FlashVars="kmlPath=http://umapper.s3.amazonaws.com/maps/kml/154618.kml" allowScriptAccess="always" allowFullScreen="true" quality="high" width="521" height="360" name="umapper_embed" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></p>
<p>Il semble aussi complexe d’en déterminer les causes, puisque dans la plupart des cas, peu d’enquêtes sont menées. Les causes sont en général de trois ordres : l’immolation par <em>«revendication sociale»</em> revient le plus souvent, l’acte <em>«en état d’ivresse»</em> revient aussi fréquemment et enfin, l’acte de personnes souffrant de <em>«troubles mentaux</em>» arrive aussi souvent.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunis.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-4347" title="tunis" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunis.jpg" alt="" width="320" height="172" /></a></p>
<p>Peu après la mort de Mohamed Bouazizi, on recensait déjà plus de onze cas d’immolations en Tunisie en février 2011, six mois plus tard <a href="http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-16526462">plus d&#8217;une centaine</a> aujourd’hui, on en compte dix rien que depuis le 1 er janvier 2013. Le taux de chômage de 16,7 %  selon les derniers chiffres de l&#8217;INS (Institut National de la Statistique) en est la principale cause mais l’acte frappe aussi par le désespoir qui le motive. Dans la plupart des cas il s’agit de suicides réels liés à un désespoir social.</p>
<p>Reportage d&#8217;<a href="http://www.alqarra.tv/">Al QarraTV</a> sur le jeune Adel Khadri avec le témoignage de son frère:</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/l6ryzhSbl7s" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunisie3.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-4349" title="tunisie3" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunisie3.jpg" alt="" width="320" height="180" /></a></p>
<p>On entend souvent à Tunis, le lancinant <em>«rien n’a changé »</em> depuis la révolution. Ces <a href="http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/13/tunisie-adel-khadri-a-choisi-la-mort.html">immolations</a> sont en effet le rappel quotidien que la situation économique et sociale du pays est toujours critique. En donnant les <a href="http://news.tunistribune.com/?q=node/1725&#038;utm_source=feedburner&#038;utm_medium=twitter&#038;utm_campaign=Feed:+TunisTribune+(Tunis+Tribune+)">priorités du nouveau gouvernement</a>, <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/14027" target="_blank">Ali Larayedh</a> a mis l’accent sur une baisse du chômage et la priorité donnée à l&#8217;emploi des jeunes, ces promesses sont pourtant les mêmes que celles des gouvernements précédents. L&#8217;enjeu n&#8217;est plus seulement politique ou économique, il devenu désormais psychologique.</p>
<blockquote><p><em>«</em><em>Avec l&#8217;immolation de Mohamed Bouazizi, cela a été le commencement d&#8217;une nouvelle manière de protester sachant que le suicide reste tabou dans le monde arabe.Le message de cette forme de suicide est avant tout social, il marque l&#8217;incapacité à s&#8217;intégrer désormais dans une société qui n&#8217;offre ni avenir ni travail.</em><em>» </em></p></blockquote>
<p><em></em>commente le psychiatre Sofiane Zribi qui a alerté dans les médias&#8217;une augmentation de 20% des cas de dépressions graves depuis la <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/1045" target="_blank">révolution</a>.</p>
<blockquote><p><em>«Aujourd&#8217;hui, nous manquons d&#8217;infrastructures comme des centres d&#8217;écoute et d&#8217;appel pour ces gens. Nous trouvons plusieurs cas de dépressions post-révolutionnaires, il y a le cas plus général de la peur de l&#8217;insécurité, certains patients ne vont plus dans les manifestations, ont peur le soir en rentrant chez eux et puis il y a cette forme marginale, de l&#8217;immolation qui est une manière radicale d&#8217;exprimer son mal-être.»</em></p></blockquote>
<p><em><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunisie2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-4353" title="tunisie2" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunisie2.jpg" alt="" width="320" height="167" /></a><br />
</em></p>
<p>Dans un article publié sur Slate.fr, intitulé <em>&laquo;&nbsp;P<a href="http://www.slate.fr/story/33053/immolation-pourquoi"><em>o</em>urquoi s&#8217;immole-t-on?&nbsp;&raquo;</a></em><a href="http://www.slate.fr/story/33053/immolation-pourquoi"> </a>, la psychologue Saida Douki Dedieu interrogée sur le sujet parle des immolations présentes en Tunisie avant 2011:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Saida Douki Dedieu exerçait en Tunisie jusqu&#8217;en 2006. Elle a eu l&#8217;occasion de poser la question à plusieurs jeunes qui avaient choisi ce moyen pour attenter à leur vie et leur a posé la question. Leur réponse était toujours la même: «Ils m&#8217;ont dit que la douleur provoquée par le feu était telle qu&#8217;ils pensaient que Dieu serait compatissant. Ils s&#8217;en remettaient à la miséricorde de Dieu, une miséricorde qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas trouvé sur terre.»&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunisie.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-4355" title="tunisie" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/03/tunisie.jpg" alt="" width="320" height="199" /></a><br />
</em></p>
<p>Des cas ont existé en Tunisie avant Mohamed Bouazizi comme celui d&#8217;<a href="http://journal-de-monastir.blogspot.fr/2012/03/en-souvenir-de-abdessalem-trimech.html" target="_blank">Abdesalem Trimmech </a>mort à Monastir en mars 2010, témoignant à chaque fois d&#8217;une société en crise. Aujourd&#8217;hui, les <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/les-revolutions-arabes/20110402.OBS0649/les-10-mots-de-la-revolution-tunisienne-10-marchands-ambulants.html" target="_blank">marchands ambulants </a><a href="http://www.webdo.tn/2013/03/13/la-mort-de-adel-khadri-mobilise-les-vendeurs-ambulants-a-lavenue-h-bourguiba/">défilent à Tunis</a> pour rendre hommage à Adel Khadri. En septembre 2011, les étals anarchiques avaient été interdits sur l&#8217;avenue Habib Bourguiba, ils étaient près de <a href="http://fr.allafrica.com/stories/201108181049.html" target="_blank">600 à occuper l&#8217;avenue et ses alentours </a>après la mort de <a href="http://www.webmanagercenter.com/actualite/societe/2011/03/18/103403/tunisie-fin-de-la-dictature-des-marchands-ambulants" target="_blank">Mohamed Bouazizi.</a>Aujourd&#8217;hui, ils restent marginalisés dans une économie parallèle qui témoigne encore d&#8217;une révolution inachevée. </p>
<p>Vidéo amateur de Slim Ayadi, sur la manifestation des marchands ambulants à Tunis:<br />
<iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=518659954851369" width="600" height="400" frameborder="0"></iframe></p>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p><strong><em>A lire aussi: </em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/49/cette-saisissante-immolation-par-le-feu">Cette saisissante immolation par le feu</a></em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/80423/mohamed-bouazizi-algerien-immolation">Algérie, le pays où l&#8217;immolation se banalise</a></em></strong></p>
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		<title>Tunisie – Chedli Zaïdi «la gauche doit à présent s’unir»</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 00:09:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tête de liste du parti Watad à Paris, l’avocat Chedli Zaïdi a bien connu Chokri Belaïd qui était son ami. Il a fondé avec lui dans les années 80 la mouvance des patriotes démocrates devenu le parti Watad en 2011. Avant de partir à Tunis pour les funérailles de son ami, l’homme se confie. Pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Tête de liste du parti Watad à Paris, l’avocat Chedli Zaïdi a bien connu Chokri Belaïd qui était son ami. Il a fondé avec lui dans les années 80 la mouvance des patriotes démocrates devenu le parti Watad en 2011. Avant de partir à Tunis pour les funérailles de son ami, l’homme se confie. Pour lui, seul l&#8217;union de la gauche permettra une sortie de crise. A Tunis, la situation se complique avec la grève générale décrétée le vendredi 8 février.<br />
</em></strong></p>
<p><em>«Je suis désolée, je prends l’avion dans peu de temps»</em> dit Chedli Zaïdi au téléphone. On aura juste le temps d’arracher quelques mots à cet homme bouleversé par <a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/02/06/tunisie-%E2%80%93-la-mort-d%E2%80%99un-opposant-de-gauche-declenche-la-colere-de-la-rue/" target="_blank">la mort </a>d’un de ses amis les plus proches. <em> </em></p>
<blockquote><p><em>«<a href="http://www.france24.com/fr/20130206-chokri-belaid-tunisie-pourfendeur-islamistes-ennahda?ns_campaign=editorial&amp;ns_source=twitter&amp;ns_mchannel=reseaux_sociaux&amp;ns_fee=0&amp;ns_linkname=20130206_chokri_belaid_tunisie_pourfendeur_islamistes_ennahda" target="_blank">Chokri </a>et moi nous avions fait nos études ensemble à Paris 8. Nous avons même partagé le loyer pendant nos années étudiantes. Je connais très bien sa femme, son père, son frère et ses enfants.»</em> confie-t-il la voix tremblante.</p></blockquote>
<p>Chedli a appris la nouvelle depuis Paris où dirige la branche française du mouvement de gauche des patriotes démocrates. Ce mouvement d’extrême gauche qui appelle à une révolution nationale démocrate est parmi ceux qui défendaient le plus les revendications sociales de la révolution tunisienne. Pour Chedli, c’est ce qui a causé la mort de <a href="http://www.slateafrique.com/103005/tunisie-opposant-chokri-belaid-tue-par-balles-devant-chez-lui" target="_blank">Chokri Belaïd</a> : <em> </em></p>
<blockquote><p><em>«Il disait la vérité, il mettait les islamistes en face de leur inaction face aux demandes sociales de la révolution. Cet homme défendait les pauvres, ceux que le parti Ennahdha a oublié en accédant au pouvoir».</em></p></blockquote>
<div id="attachment_4015" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/belaid.jpg"><img class="size-full wp-image-4015" title="belaid" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/belaid.jpg" alt="" width="640" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Hommage à Chokri Belaïd à Gabès le jeudi 7 évrier. Crédits photo: Stéphanie Pouessel</p></div>
<p>La voix de l’homme s’indigne puis se fait plus étouffée. Un moment de silence dans le combiné, il vient de voir à la télévision la femme et les enfants de son ami dit-il. <em>«Excusez-moi je vais éteindre. Je n’en peux plus de voir ça.»</em> Après une minute de silence, il reprend et raconte pourquoi il en veut autant aux<a href="http://www.slateafrique.com/103101/en-tunisie-le-pouvoir-islamiste-joue-sa-survie" target="_blank"> islamistes</a>. Selon lui, le gouvernement savait que son ami était menacé mais n’a rien fait pour le protéger. Ses paroles font écho à la veuve de <a href="http://www.france24.com/fr/20130206-assassinat-chokri-belaid-le-tuant-ils-ont-voulu-le-faire-taire" target="_blank">Chokri Belaïd</a> et à son frère qui a accusé nommément le parti au pouvoir d’être responsable de <a href="http://blogs.rue89.com/tunisie-libre/2013/02/07/assassinat-de-chokri-belaid-le-jour-ou-la-tunisie-bascule-229590" target="_blank">la mort de Chokri Belaïd</a>.</p>
<p>La veuve de Chokri Belaïd, Basma.</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/fF4FzCiHCqA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p> <a href="http://www.slateafrique.com/96273/tunisie-lepitre-aux-salafites-dun-khomeiny-sunnite-ghannouchi" target="_blank">Rached Ghannouchi</a>, leader d’Ennahdha a nié ces accusations dans un communiqué diffusé le jour-même et a condamné les auteurs de l’opposant de gauche.</p>
<blockquote><p><em>«J’en discutais souvent avec Chokri. Ici à Paris, nous n’avons jamais eu de problèmes mais en Tunisie, à chaque congrès ou meeting du Watad, la violence politique était présente. Et les dernières menaces qu’a reçues Chokri au Kef étaient bien réelles. Ce qui me choque le plus, c’est cette vidéo où l’on voit que le Ministre de l’Intérieur l’a accusé d’être derrière les évènements de Siliana. Je me souviens très bien de cette histoire, Chokri était au Maroc à ce moment là, on ne comprenait pas cet acharnement&#8230;Chokri gênait cette classe politique, voilà tout.»</em></p></blockquote>
<p>La vidéo dans laquelle Ali Larrayedh s&#8217;en prend à Chokri Belaïd<em> </em></p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/dYsIKKKq6GM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Aujourd’hui, si les coupables du meurtre ont été identifiés, il est encore trop tôt pour parler d’un crime politique ou d’une quelconque culpabilité du parti Ennahdha. Mais pour les gens qui <a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/06/assassinat-de-chokri-belaid-manifestations-et-heurts-dans-tout-le-pays-tunisie/" target="_blank">manifestent depuis deux jours à Tunis</a>, le gouvernement est responsable de par son laxisme sur la sécurité et par <a href="http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2013/02/07/la-tunisie-en-prise-a-un-climat-deletere-de-haine-et-de-violence_1828631_1466522.html" target="_blank">le climat de violence</a> entretenu au sein de la classe politique.</p>
<blockquote><p><em>«Il y avait toutes les prémices d’un drame dans ces menaces à l’encontre de Chokri sauf que jamais on aurait pensé que ça irait jusque là.» </em></p></blockquote>
<p>Aujourd’hui, le camarade de classe d’un symbole de la gauche tunisienne s’en va pour Tunis afin d’assister aux funérailles de son ami. Il ne sait pas ce qui l’attend.</p>
<blockquote><p><em>«J’ai confiance dans le peuple tunisien, pour moi les milliers de gens qui ont manifesté prouvent que la Tunisie ne se laisse pas faire.» </em></p></blockquote>
<p>Mais même si Chedli reprend son souffle après chaque phrase, il semble paradoxalement optimiste.</p>
<blockquote><p><em>«On peut dire que la mort de Chokri a forcé la gauche tunisienne à s’unifier. J’espère qu’un vrai front va désormais se former et que les tactiques politiciennes ne prendront pas le dessus. La gauche doit s’unir s’il veut représenter une vraie alternative au pouvoir actuel.»</em> conclue-t-il.</p></blockquote>
<p><strong>L&#8217;enlisement de la crise politique</strong></p>
<p>En août 2012, le parti de<a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/07/tunisie-chokri-belaid-a-qui-profite-le-crime/" target="_blank"> Chokri Belaïd</a> avait en effet suivi le pas en s’unifiant au Front populaire, autre parti historique de gauche dirigé par Hamma Hammami. Aujourd’hui, cette gauche dite <em>«radicale»</em> saura-t-elle s’allier avec l’autre front de l’opposition, la coalition de partis appelée <em>Appel de la Tunisie</em>, réunissant notamment trois partis moderniste: <em>Al Massar, Al Joumouhri et Nida Tounes</em>? Alors que le parti <a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/5473" target="_blank">Ennahdha</a> est plus que jamais divisé sur la ligne politique à adopter par le gouvernement, l’alternative peine aussi à se préciser.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/belaid1.png"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/belaid1.png" alt="" title="belaid" width="640" height="363" class="alignnone size-full wp-image-4037" /></a></p>
<p> La mort de Chokri Belaïd a fait exploser un climat politique et social tendu atour d’un remaniement ministériel qui peine à se faire mais elle a aussi mis à jour une classe politique plus que jamais déchirée et divisée. Même au sein d<a href="http://www.slateafrique.com/43565/ennahdha-prets-a-gouverner-tunisie-politique" target="_blank">&#8216;Ennahdha</a>, la division est de mise et la décision du Premier Ministre de <a href="http://www.lepoint.fr/monde/tunisie-un-coup-d-etat-qui-ne-dit-pas-son-nom-07-02-2013-1624976_24.php" target="_blank">dissoudre le gouvernement actuel </a>a été désavouée par son <a href="http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/ennahda-refuse-tout-gouvernement-d-experts-en-tunisie-07-02-2013-1624975_240.php" target="_blank">propre parti.</p>
<p>Le discours d&#8217;Hamadi Jebali sur la dissolution du gouvernement</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/EC0d0Fu1-qU" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p></a><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/Tunisie.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4017" title="Tunisie" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/Tunisie.png" alt="" width="640" height="236" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le <a href="http://www.slateafrique.com/103125/tunisie-le-president-na-pas-de-precisions-sur-un-nouveau-gouvernement" target="_blank">gouvernement </a>actuel saura-t-il mener une réelle enquête et une procédure judiciaire pour incriminer les coupables du meurtre de Chokri Belaïd? Agira-t-il enfin contre ces ligues de protection de la révolution qui continuent d&#8217;agir en toute impunité? Une coalition gouvernementale constituée de <em>«technocrates apolitiques»</em> comme l’a décidé le Premier Ministre Hamadi Jebali est-elle réellement possible quand on voit que la Troïka a mené à une impasse politique? Enfin quelle alternative l’opposition offre-t-elle et est-elle apte à gouverner? La mort de Chokri Belaïd a révélé les maux d’un pays en crise. Pas seulement une crise politique, mais une crise sociale, une crise face à un mal-être qu’on oublie encore.</p>
<blockquote><p><em>«Aujourd&#8217;hui nous sommes dans une impasse politique et institutionnelle. Certes l&#8217;opposition se recompose mais la solution des technocrates n&#8217;est pas forcément la bonne. C&#8217;est une solution de sortie de crise par la petite porte. Nous avons besoin d&#8217;une vision politique et de personnes qui trouvent des solutions politiques.»</em></p></blockquote>
<p>déclare Maher Tekaya de l&#8217;association de vigilance démocratique, <a href="http://www.albawsala.com/fr/" target="_blank"><em>Al Bawsala</em></a>,  à Tunis<em>.</em></p>
<p><em></p>
<div id="attachment_4021" class="wp-caption alignnone" style="width: 491px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/hellouze.jpeg.png"><img class="size-full wp-image-4021" title="hellouze.jpeg" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/hellouze.jpeg.png" alt="" width="481" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Réunion de crise à l&#39;Assemblée le jeudi 7 février. Crédits photos: Al Bawsala</p></div>
<p></em><strong>Grève générale et violences</strong></p>
<p>Du côté de l&#8217;Assemblée, le consensus peine à se faire et la surenchère politique continue. Les députés ne sont pas parvenus à se mettre d&#8217;accord sur  la question de soutenir ou non la décision de<a href="http://www.slateafrique.com/79539/hamadi-jebali-nouveau-calife-islamistes" target="_blank"> Hamadi Jebali</a>.  Ils ont décidé de faire front commun pour assurer leur légitimité.  Le député nahdhaoui Sahbi Aatig s&#8217;est dit contre la dissolution mais a mis en avant l&#8217;idée d&#8217;un front parlementaire. Certains députés de la troïka comme Samia Abou du CPR ont soutenu la décision de Hamadi Jebali, d&#8217;autres veulent sa démission.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/albawsala.jpeg.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4023" title="albawsala.jpeg" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/albawsala.jpeg.png" alt="" width="640" height="379" /></a></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/albws2.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4027" title="albws2" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/albws2.png" alt="" width="640" height="398" /></a></p>
<p>l&#8217;ANC aura en effet une place décisive dans le processus de remaniement du gouvernement ou si le gouvernement est dissolu. Dans les deux cas, l&#8217;Assemblée doit approuver la décision. Ennahdha avec ses 89 sièges ne pourra faire la majorité absolue au vote. A travers<a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/07/tunisie-situation-toujours-tendue-au-lendemain-de-lassassinat-de-chokri-belaid/" target="_blank"> les régions</a>, certains bureaux d’Ennahdha ont été <a href="http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Les-bureaux-d%E2%80%99Ennahdha-%C4%85-Monastir,-Sfax,-B%C3%A9ja,-Gafsa-et-Gab%C4%8Ds-incendi%C3%A9s-et-saccag%C3%A9s,520,36113,3" target="_blank">saccagés</a>, les affrontements avec la police continuent comme à <a href="http://www.liberation.fr/depeches/2013/02/07/tunisie-heurts-entre-policiers-et-manifestants-dans-la-ville-de-gafsa_880100" target="_blank">Gafsa</a> où <a href="http://www.slateafrique.com/100087/tunisie-ugtt-le-syndicat-qui-a-fait-plier-enhada" target="_blank">l’UGTT</a> s’est confronté aux policiers toute la journée. Ce n’est pas la première fois. Rappelons les troubles à<a href="http://www.slateafrique.com/99365/les-revoltes-organiques-de-siliana-revolution-sidi-bouzid-tunisie" target="_blank"> Siliana, </a>la menace de grève générale en décembre et la mort de <a href="http://www.slateafrique.com/96799/tunisie-lopposant-tue-inhume-dans-le-calme" target="_blank">Lotfi Naguedh.</a> Comme l’a dit un internaute observant les affrontements d’hier sur l’avenue Habib Bourguiba <em> </em></p>
<blockquote><p><em>«C’est le même 14 janvier qui se répète encore sous mes yeux à chaque fois.»</em> La Tunisie sursaute encore une fois. Un <a href="http://www.slateafrique.com/103057/tunisie-un-policier-tue-dans-les-affrontements-tunis" target="_blank">policier</a> est mort hier dans les manifestations.  Comme le dit Chedli Zaïdi, la mort de Chokri Belaïd ne doit pas rester un symbole, elle <em>«doit être une étincelle pour attiser le vrai changement pour une Tunisie meilleure qui n’abandonnera pas son processus révolutionnaire».</em></p></blockquote>
<p>Vendredi 8 février, la grève générale sera aussi un troisième <a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/06/tunisie-assassinat-de-chokri-belaid-les-photos-dune-journee-de-deuil-qui-a-mal-tourne/" target="_blank">jour de deuil</a> pour les Tunisiens qui suivront le <a href="http://blogs.rue89.com/tunisie-libre/2013/02/07/la-tunisie-sous-haute-tension-au-lendemain-de-lassassinat-de-chokri-belaid-229591" target="_blank">cortège funéraire</a> de Chokri Belaïd. C&#8217;est une grève de <em>«contestation</em><em>» </em>et non de <em>«revendication» </em>d&#8217;après Kacem Hafaya, Secrétaire général-adjoint à la chaîne arabophone <em>Al Arabiya. </em>Les clauses de l&#8217;accord signé entre l<a href="http://www.slateafrique.com/103095/tunisie-le-principal-syndicat-appelle-une-greve-generale-vendredi" target="_blank">&#8216;UGTT</a> et le gouvernement à Tunis le 12 décembre 2012 ne semblent pas avoir été respectées. Parmi les promesses, on trouvait l&#8217;action pour mettre fin à la violence politique, la dissolution des ligues de la révolutions, et une commission d&#8217;enquête sur les violences à l&#8217;égard de<a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2012/12/04/tunisie-la-violence-politique-menace-les-negociations-syndicales/" target="_blank"> l&#8217;UGTT </a>le 4 décembre. Le rapport de cette commission devait être publié début février.<em> </em></p>
<p><strong>Lilia Blaise</strong></p>
<p><em><strong>A lire aussi:</strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/02/06/tunisie-%E2%80%93-la-mort-d%E2%80%99un-opposant-de-gauche-declenche-la-colere-de-la-rue/" target="_blank">La mort d&#8217;un opposant de gauche déclenche la colère de la rue</a><br />
</strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://www.slateafrique.com/103091/chokri-belaid-assassinat-tunisie" target="_blank">Comment est arrivé le pire en Tunisie?</a></strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://www.slateafrique.com/102075/tunisie-lelectorat-dennahda-fait-son-bilan-politique" target="_blank">Tunisie: l&#8217;électorat d&#8217;Ennahdha fait son autocritique</a></strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://www.slateafrique.com/101445/tunisie-deux-ans-apres-ben-ali-revolution" target="_blank">La Tunisie méritait mieux, mais rien n&#8217;est encore perdu</a></strong></em></p>
<p><a href="http://www.slateafrique.com/99975/tunisie-les-tunisiens-degoutes-de-la-politique" target="_blank"><em><strong>Ces Tunisiens dégoûtés de la politique</strong></em></a></p>
<p><strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/79539/hamadi-jebali-nouveau-calife-islamistes" target="_blank">Hamadi Jebali, le nouveau calife?</a></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Tunisie – La mort d’un opposant de gauche déclenche la colère de la rue</title>
		<link>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/02/06/tunisie-%e2%80%93-la-mort-d%e2%80%99un-opposant-de-gauche-declenche-la-colere-de-la-rue/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Feb 2013 12:47:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Tawa Tawa !]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaïd]]></category>
		<category><![CDATA[ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[violence politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Chokri Belaïd,  48 ans, leader du parti du Front populaire a été  abattu mercredi 6 février alors qu’il sortait de son domicile à Menzah 6 à Tunis. Sa mort a provoqué une réaction massive des Tunisiens qui manifestent aujourd’hui sur l’avenue Habib Bourguibha. Figure de l’opposition tunisienne, l’avocat Chokri Belaïd a été tué par balles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Chokri Belaïd,  48 ans, leader du parti du Front populaire a été  abattu mercredi 6 février alors qu’il sortait de son domicile à Menzah 6 à Tunis. Sa mort a provoqué une réaction massive des Tunisiens qui manifestent aujourd’hui sur l’avenue Habib Bourguibha.</em></strong></p>
<p>Figure de l’opposition tunisienne, l’avocat Chokri Belaïd a été tué par balles à 8h00 du matin à Tunis d’après l’AFP par deux jeunes qui viennent d&#8217;être identifiés par le Ministère de l&#8217;Intérieur. Son transfert vers la clinique Ennasr à Tunis a donné l’alerte sur les réseaux sociaux et les grands médias. Des manifestations ont lieu depuis le début de la matinée dans le Grand Tunis et dans plusieurs régions de Tunisie. Le gouvernement a condamné l’attaque via le Premier Ministre, <a href="http://www.mosaiquefm.net/fr/index/a/ActuDetail/Element/16888-hamadi-jebali-l-assassinat-de-chokri-belaid-est-un-crime-contre-la-tunisie" target="_blank">Hamadi Jebali</a>, qui a dénoncé un <em>«acte criminel»</em>. Le président de la République <a href="http://www.slateafrique.com/98043/marzouki-nous-avons-tous-commis-erreur-de-sous-estimer-le-danger-salafiste-tunisie" target="_blank">Moncef Marzouki</a> rentre d’urgence de son voyage au Caire et la présidence a diffusé un communiqué. Le cabinet condamne la violence et les dangers de division au sein du peuple Tunisien et appelle à l’ouverture immédiate d’une enquête.</p>
<div id="attachment_3989" class="wp-caption alignnone" style="width: 330px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3911.jpg"><img class="size-full wp-image-3989" title="IMG_3911" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3911.jpg" alt="" width="320" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Manifestation à Tunis à la suite du décès de Chokri Belaïd le 6 février. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p>Du côté de l’opinion publique, la colère se fait sentir dans un contexte plus que tendu où le gouvernement est mis en cause. La famille de Chokri Belaïd a quant à elle accusé directement le parti Ennahdha d’être responsable de la mort de l’opposant de gauche. La veuve de Chokri Belaïd a accusé le gouvernement de n’avoir rien fait pour protéger son mari alors qu’il avait déjà reçu <a href="http://www.businessnews.com.tn/Tunisie--Chokri-Bela%C3%AFd--%C2%AB-des-salafistes-et-des-nahdhaouis-sont-derri%C3%A8re-mon-agression-au-Kef-%C2%BB,520,36048,3" target="_blank">des menaces de mort</a>. Les proches de Chokri Belaïd comme Hamma Hammami a condamné les trois présidents de la troïka et son laxisme sur la question de la violence politique:</p>
<blockquote><p><em>«Voilà où nous en sommes aujourd’hui, des milices tuent impunément. Tout ce que j’espère maintenant, c’est que cet acte ne passe pas inaperçu. nous devons réagir. Et cette fois-ci, il faut réagir vite et sévèrement» a</em>-t-il déclaré à <a href="http://www.leconomistemaghrebin.com/2013/02/06/hamma-hammami-jai-perdu-un-ami-et-un-compagnon/" target="_blank">l&#8217;Economiste Maghrébin</a></p></blockquote>
<p>Vidéo filmée par Slim Ayadi à Ennasr lors d ela sortie du corps de Chokri Belaïd<br />
<iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=502887379761960" width="640" height="300" frameborder="0"></iframe></p>
<p>Le militant n’entretenait pas de bonnes relations avec le parti islamiste. Il avait été accusé par le parti Enndhah d’avoir alimenté les révoltes sociales de <a href="http://www.slateafrique.com/99365/les-revoltes-organiques-de-siliana-revolution-sidi-bouzid-tunisie" target="_blank">Siliana</a> en novembre dernier. Mais c’est surtout le passage télévisé sur la chaine Nessma TV hier soir qui a fait monter la tension. Le militant de gauche a accusé <a href="http://www.slateafrique.com/85075/tunisie-ennahda-conforte-son-pouvoir-100-jours" target="_blank">Ennahdha</a> de cautionner la violence politique. Il faisait référence à Lotfi Naguedh, un membre du parti Nida Tounes mort après avoir été battu dans la foule à Tataouine <a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f8a71b3c-1d4d-11e2-9109-9b743f48ea24/La_mort_myst%C3%A9rieuse_du_militant_Lotfi_Naguedh_divise_la_Tunisie" target="_blank">le 18 octobre 2012</a> lors d’affrontements entre ses partisans et des islamistes. Son parti avait déjà parlé à l’époque d’un assassinat politique. Alors que le procès est encore en cours, le parti Ennahdha a déclenché <a href="http://www.tunisienumerique.com/tunisie-un-communique-dennahdha-suscite-la-colere-a-al-massar-et-au-pr/163452" target="_blank">la polémique le 2 février </a>en publiant un communiqué appelant  à la libération des membres Ligues de protection de la révolution, impliqués dans l’affaire. C&#8217;est ce que dénonçait Chokri Belaïd hier soir. Il s&#8217;est également montré très critique sur le rendement du gouvernement et a parlé d&#8217;attaques qui avaient eu lieu contre lui lors de son dernier meeting au Kef.</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/XqTXh6TF6Wk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Le chef du parti Ennahdha s’est pourtant exprimé dans la matinée et a condamné l’assassinat de Chokri Belaïd.Rached Ghannouchi a déclaré que les tueurs de l’opposant veulent <em>«un bain de sang»</em>. Il a rejeté les accusations contre sa formation politique les qualifiant de <em>«règlements de comptes».</em></p>
<p>Sur l’avenue près de 2000 personnes se sont réunies devant le ministère de l’Intérieur pour manifester contre le retour de la violence politique.Certains accusent directement le parti Ennahdha sans donner plus de détails comme Nabil 25 ans, est descendu sur l’avenue pour manifester sa colère. Les &laquo;&nbsp;Dégage&nbsp;&raquo; adressés au gouvernement sont criés par quelques uns.</p>
<blockquote><p><em>«Sans aucun doute c&#8217;est Nahdha qui est derrière tout ça Chokri Belaid a toujours dit la vérité sans peur ni crainte et maintenant il paye le prix très cher. A bas le régime!! »</em></p>
<p>Abel Karim 46 ans, veut éviter les raccourcis: <em>«beaucoup disent que c&#8217;est nahdha qui est derrière son assassinat. On ne sait pas encore qui est derrière tout ça, l’assassin n&#8217;a pas été arrêté jusqu&#8217;à maintenant. Lancer des accusations sans preuves ne fera qu&#8217;aggraver la situation.» </em></p></blockquote>
<p>Sur les réseaux sociaux, les internautes tunisiens sont encore sous le choc. Beaucoup ont changé leur photo de profil en signe de deuil et ont appelé à descendre manifester. La situation reste tendue en Tunisie et des rassemblements ont toujours lieu devant la clinique Ennasr ainsi que sur l’avenue. Dans plusieurs gouvernorats, des manifestants ont mis à sac les buraux du parti Ennahdha. <a href="http://www.romandie.com/news/n/_Tunisie_des_locaux_d_Ennahda_attaques_manifestations_dans_plusieurs_villes72060220131238.asp?" target="_blank">A Mezzouna</a> dans le gouvernorat de <a href="http://www.slateafrique.com/100331/tunisie-la-fuite-de-deux-presidents-sidi-bouzid" target="_blank">Sidi Bouzid</a>, un local d’<a href="http://www.slateafrique.com/taxonomy/term/5473" target="_blank">Ennahdha</a> a été incendié rapporte l’AFP ainsi qu’à Gafsa. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes dont celle de Sousse où la police a tiré des tirs de sommation rapporte la radio <a href="http://www.jawharafm.net/news/26223-sousse--la-police-tire-a-la-chevrotine.html" target="_blank">Jawhara FM</a>. En France plusieurs partis de Gauche se sont exprimés et le président François Hollande a condamné <em>«avec la plus grande fermeté» </em>l’assassinat. Il aussi dit être préoccupé par la montée des violences politiques en Tunisie selon l&#8217;AFP.</p>
<p>Selon les dernières nouvelles, le Ministère de l’Intérieur aurait précisé que deux assaillants ont agressé Chokri Belaid. Un seul a tiré cinq balles à bout portant et les deux agresseurs, jeunes, se sont ensuite enfuis en moto d&#8217;après la radio Shems Fm.</p>
<p>Mise à jour:<br />
En fin de journées, les manifestations ont été dispersées sur l&#8217;avenue après des tirs de gaz lacrymogènes et des assauts de la police.<br />
<div id="attachment_4001" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/avenu.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/avenu.jpg" alt="" title="avenu" width="640" height="426" class="size-full wp-image-4001" /></a><p class="wp-caption-text">Près de l&#039;avenue Bourguiba, les affrontements dégébèrent le 6 février. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ave3.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ave3.jpg" alt="" title="ave3" width="640" height="426" class="alignnone size-full wp-image-4003" /></a></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ave.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/ave.jpg" alt="" title="ave" width="640" height="426" class="alignnone size-full wp-image-4005" /></a></p>
<p>Le Premier Ministre Hamadi Jebali a finalement accepté de constituer un nouveau gouvernement d&#8217;union nationale aujourd&#8217;hui dans la soirée. il a déclaré que celui-ci serait constitué uniquement d&#8217;éléments apolitiques et de technocrates ne pouvant pas se présenter aux prochaines élections.</p>
<p><strong>Lilia Blaise et Amine Boufaied</strong></p>
<p>Suivez en direct la suite des évènements sur l<a href="http://www.france24.com/fr/direct-twitter?ns_campaign=live&amp;ns_source=twitter&amp;ns_mchannel=reseaux_sociaux&amp;ns_fee=0&amp;ns_linkname=direct_twitter" target="_blank">e livetweet de France24</a></p>
<p>Les hashtags pour suivre l’évolution de la manifestation sont <a href="https://twitter.com/search?q=%23Tunisie&amp;src=hash" target="_blank">#Tunisie</a> <a href="https://twitter.com/search?q=%23ChokriBela%C3%AFd&amp;src=hash" target="_blank">#ChokriBelaïd</a></p>
<p><em><strong>A lire aussi:</strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://www.slateafrique.com/102075/tunisie-lelectorat-dennahda-fait-son-bilan-politique" target="_blank">L&#8217;électorat d&#8217;Ennahdha fait son autocritique</a></strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://www.slateafrique.com/100805/ennahda-il-ny-aura-plus-dautres-elections-en-tunisie" target="_blank">Pourquoi il n&#8217;y aura plus d&#8217;autres élections en Tunisie</a></strong></em></p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/01/08/tunisie-–-le-parti-ennahdha-destabilise-par-deux-investigations/" target="_blank">L<em><strong>e parti Ennahdha déstabilisé par deux investigations</strong></em></a></p>
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		<title>Tunisie – Le prédicateur de trop?</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 21:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Tawa Tawa !]]></category>
		<category><![CDATA[ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Ministre de la femme]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Al Awadi]]></category>
		<category><![CDATA[prédicateur]]></category>
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		<category><![CDATA[Sihem Badi]]></category>
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		<description><![CDATA[L’accueil d’un prédicateur koweitien, Nabil Al Aoudhi, parmi des petites filles voilées à Zarzis dans le sud de la Tunisie, a choqué la société tunisienne. Mais sa visite révèle aussi le malaise et la division des Tunisiens autour de la place croissante de la religion dans l’espace public. Il n’est pas le premier et il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>L’accueil d’un prédicateur koweitien, Nabil Al Aoudhi, parmi des petites filles voilées à Zarzis dans le sud de la Tunisie, a choqué la société tunisienne. Mais sa visite révèle aussi le malaise et la division des Tunisiens autour de la place croissante de la religion dans l’espace public.</em></strong></p>
<p>Il n’est pas le premier et il ne sera certainement pas le dernier. Le prédicateur Nabil Al Aoudhi aura pourtant  marqué sa présence en <a href="http://www.slateafrique.com/pays/57/tunisie" target="_blank">Tunisie</a>. D’abord accueilli mardi 29 janvier par l’un des conseillers de la présidence, Imed Daimi, le prédicateur <a href="http://www.slateafrique.com/85715/comment-devient-calife" target="_blank">wahhabite</a> s’est ensuite rendu à Zarzis où un groupe de petites filles voilées lui a rendu hommage. L’image qui a tout de suite circulé sur les réseaux sociaux, a choqué plus d’un Tunisien.</p>
<div id="attachment_3961" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3842-copie.jpg"><img class="size-full wp-image-3961" title="IMG_3842 copie" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3842-copie.jpg" alt="" width="640" height="437" /></a><p class="wp-caption-text">Le prédicateur Nabil Awadi dans la mosquée Malek Ibn Ons à Kabbaria le mercredi 30 janvier. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p><strong>Le rejet de la religion dans l’espace public</strong></p>
<p>Le lendemain, Nabil Al Aoudhi annonce qu’il fera son prêche à la <a href="http://www.kapitalis.com/societe/14166-le-predicateur-wahhabite-koweitien-prechera-mercredi-a-carthage.html" target="_blank">mosquée de Carthage</a>. Des appels sont lancés sur Facebook pour aller manifester contre sa venue. Fausse alerte, le prédicateur ira finalement à la <a href="http://www.kapitalis.com/societe/14195-le-predicateur-nabil-al-awadi-ne-prechera-finalement-pas-a-carthage.html" target="_blank">mosquée de Kabbaria</a>, un quartier populaire au sud de Tunis où il sera reçu par une foule et écouté. <em>«Son discours était principalement centré sur la religion, il n’y a rien eu sur la politique»</em> a confié un témoin. Pour l’opinion facebookienne, le plus choquant reste ces images et vidéos d’enfants voilées, venus accueillir le cheikh.</p>
<p>L&#8217;arrivée du prédicateur à Kabbaria. Source: <a href="http://www.shemsfm.net/fr/">Shems Fm</a></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/9uFwnvU77cg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Or la polémique autour de la visite du prédicateur a été détournée. Alors que chacun s’indigne et partage une vidéo où le cheikh fustige le personnage de Bob l’éponge pour son côté <em>«féminin»,</em> le vrai problème semble avoir été oublié. Ce n’est pas la venue de cet homme qui a forcée des petites filles à être voilées. Elles l’étaient déjà bien avant son arrivée. De plus, ce prédicateur tout comme le très controversé <a href="http://www.slateafrique.com/88987/tunisie-le-halal-est-desormais-partout-dans-la-societe" target="_blank">Wajdi Ghonim</a> a été invité par une association. Quelles sont ces associations? D’où viennent-elles? Et par qui sont-elles financées? Voilà les questions qui auraient dues être posées. Dire que la venue du cheikh n’est pas voulue par les Tunisiens est faux. Comme en témoignent les images prises devant la mosquée de Kabaria, des jeunes, des familles, des hommes et des femmes se sont précipités en masse pour aller écouter l’homme.</p>
<p><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3850-copie.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3963" title="IMG_3850 copie" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3850-copie.jpg" alt="" width="309" height="480" /></a></p>
<p>Pour Fabio Merone, chercheur italien pour la fondation <a href="http://www.gerda-henkel-stiftung.de/home.php?nav_id=14&amp;language=de" target="_blank">Gerda Henkel</a>, cela montre le clivage de plus en plus visible entre deux sociétés. L&#8217;auteur, basé à Tunis depuis dix ans, est l&#8217;auteur d’une étude récente sur les mouvements <a href="http://www.slateafrique.com/78713/qui-sont-les-salafistes" target="_blank">salafistes</a> en Tunisie:</p>
<blockquote><p><em>«Jusqu’a aujourd’hui le même problème subsiste sur la question d’intégrer ou pas l’Islam à la modernité en Tunisie. Le musulman tunisien a toujours eu peur de faire entrer la religion un débat public. Aujourd’hui, le discours d’Ennahdha s’inscrit dans une démarche qui est la suivante: la religion est un fait social, on ne peut le nier mais il faut réapprendre à s’approprier l’Islam tunisien. Du côté des laïcs, le discours est très différent: ils rejettent tout en bloc et pensent qu’il y a un complot pour instaurer un islam wahhabite en Tunisie. Les deux n’ont pas totalement tort. C’est vrai que depuis dix ans l’Arabie saoudite tente de plus en plus de transformer l’Islam orthodoxe en Islam wahhabite mais ce n’est pas propre à la Tunisie. Et il ne faut pas oublier, encore une fois, que la Tunisie a son modèle propre: Il y a ces prédicateurs étrangers comme le dernier, qui viennent prêcher, mais il y a  également les penseurs comme Mohamed Talbi, Olfa Youssef qui parle ouvertement de leur interprétation du coran de façon très controversée. Nous avons toute une école tunisienne libérale sur la religion et, tout le monde s’exprime aujourd’hui. C’est pour cela qu’il faut aussi relativiser cette idée d’ «invasion» car les deux parties s’expriment et ont leur poids dans la société.»</em></p></blockquote>
<p><strong>Montage des différentes venues des prédicateurs en Tunisie. EttounissiaTV</strong></p>
<p><iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=10200442753369128" width="640" height="480" frameborder="0"></iframe></p>
<p><strong>L’ambigüité de la Ministre de la femme</strong></p>
<p>Mais l’affaire du prédicateur va plus loin que la simple question de la religion dans l’espace public.<em> </em>Elle pose aussi les questions de la régulation et des limites d’un débat qui semble ne jamais avoir lieu en dehors des <a href="http://www.businessnews.com.tn/B%C3%A9chir-Ben-Hassan-%C3%A0-Om-Zied--Le-peuple-va-%C3%A9duquer-ceux-qui-sont-en-guerre-contre-l%E2%80%99Islam-(audio),520,36017,3" target="_blank">clashs polémiques</a> à la télévision et à la radio où salafistes versus laïcs s’affrontent. Le soir même de l’arrivée du prédicateur, les <a href="http://www.tap.info.tn/fr/index.php/economie/commerce-industrie/6909-consommation-ilaf-accuse-sihem-badi-de-manquement-a-son-devoir-de-proteger-l-enfance" target="_blank">réactions</a> de la Ministre de la femme ont d’ailleurs envenimé les choses. Celle-ci n’a pas directement condamné la venue du Cheikh. Son <a href="http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Combattre-l%C3%82%E2%80%99int%C3%83%C2%A9grisme-religieux-n%C3%82%E2%80%99est-pas-une-priorit%C3%83%C2%A9-selon-Sihem-Badi-(Vid%C3%83%C2%A9o),520,35943,3" target="_blank">discours</a> se place dans la ligne politique du président <a href="http://www.slateafrique.com/98043/marzouki-nous-avons-tous-commis-erreur-de-sous-estimer-le-danger-salafiste-tunisie" target="_blank">Marzouki </a>et de son conseiller Imed Daïmi qui accueillent désormais salafistes et autres savants islamiques au palais de Carthage. Il faut montrer que l’on accepte tout le monde dans une démocratie et que l’on est ouvert au dialogue. Ses premières paroles tentent plutôt une approche diplomatique où elle dit que ce prédicateur ne touchera pas à l&#8217;identité tunisienne.</p>
<p><iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=131302557037472" width="720" height="576" frameborder="0"></iframe></p>
<p>Or quand il s’agit des petites filles voilées, sa position semble beaucoup moins ferme.</p>
<blockquote><p><em>«</em><em>Il ne faut pas voler l’innocence de ces enfants, mais aussi les familles sont libres d’éduquer leurs enfants comme elles veulent. S’ils choisissent d’apprendre à leurs filles les bases de l’Islam dès leur plus jeune âge, ces parents sont libres.»</em><em> </em></p></blockquote>
<p><em> </em>Sur Facebook et Twitter, une communauté se déchaine alors contre la Ministre de la femme, allant même jusqu’à l’accuser de cautionner l’endoctrinement de ces enfants. Ce discours supposé apaiser, prend un ton d’un relativisme douteux.<em> </em>Pour la militante et avocate Bochra Bel Haj Hmida, les propos de la Ministre ne sont pas si étonnants. Elle l’avait déjà accusée dans une <a href="http://plus216.com/2012/01/28/tunisie-bochra-belhaj-hmida-en-colere-contre-sihem-badi/" target="_blank">lettre ouverte</a> l’an dernier, d’avoir une attitude trop ambiguë à l’égard de ces prédicateurs. La Ministre avait été en effet prise en photo avec le prédicateur égyptien Amr Khaled venu en Tunisie en janvier 2012 et connu pour se propos dégradant envers la femme tunisienne.</p>
<blockquote><p><em>«Votre photo avec Amr Khaled a suscité plusieurs interrogations. Elle a fait peur aux Tunisiennes et aux Tunisiens qui aspirent à un gouvernement révolutionnaire et plus audacieux forme et fond».</em></p></blockquote>
<p>Aujourd’hui Bochra Bel Haj Hmida parle de la <em>«wahabisation rampante»</em> dans le pays pour qualifier les images du cheikh au milieu de ces enfants. La Ministre s’est souvent trouvée confrontée à des situations semblables : En février 2012, ses propos sur <a href="http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?temp=1&amp;t=520&amp;a=29089" target="_blank">le mariage coutumier (Orfi)</a> avaient choqué. Elle considère que la pratique est une <em>«liberté individuelle»</em> or elle reste pourtant illégale en Tunisie. Et sur la question des enfants, il y a deux mois à peine, plusieurs associations tiraient la sonnette d’alarme sur des <a href="http://www.kapitalis.com/fokus/62-%20national/11991-tunisie-sihem-badi-impuissante-face-aux-jardins-denfants-geres-par-des-associations-coraniques.html" target="_blank">jardins d’enfants </a><em><a href="http://www.kapitalis.com/fokus/62-%20national/11991-tunisie-sihem-badi-impuissante-face-aux-jardins-denfants-geres-par-des-associations-coraniques.html" target="_blank">«coraniques»</a></em> où les petites filles étaient obligées de porter le voile. Les images de cette semaine confirment bien l’existence de ces lieux, souvent conçus sans autorisation, qui n’ont rien à voir avec les écoles coraniques <em>«kotteb»</em> où la génération de Sihem Badi allait apprendre le Coran et qui faisaient parti du patrimoine national. A défaut de prendre position sur ces sujets, la Ministre est devenue ambiguë. Son attitude a bien changé du temps où elle interdisait <a href="http://www.webdo.tn/2012/05/13/sihem-badi-interdit-le-niqab-dans-les-creches-2/" target="_blank">le port du niqab dans les crèches</a> en 2011.</p>
<p><strong>Plus de débat possible quand on parle religion</strong><strong><em></em></strong></p>
<p>Pour Wafa Ben Hassine, une jeune tunisienne expatriée au Etats-Unis, le problème est du au manque d’éducation religieuse qu’a subie la Tunisie pendant la dictature. Le <em>«vide spirituel et religieux» </em>a laissé place à une <em>«crise»</em> où les dérives extrémistes sont possibles commente-t-elle dans un billet sur <a href="http://nawaat.org/portail/2013/02/01/tunisia-and-the-make-up-of-a-crisis-burkas-childrens-rights-and-accented-spoken-arabic/" target="_blank">nawaat.org</a>. Celle-ci n’a pas tort. Outre la question de la protection des enfants qui est primordiale, le plus inquiétant dans cette polémique reste la manière dont la religion est appréhendée dans la sphère publique.</p>
<div id="attachment_3967" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3845.jpg"><img class="size-full wp-image-3967" title="IMG_3845" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3845.jpg" alt="" width="640" height="430" /></a><p class="wp-caption-text">La foule venue accueillir en masse le prédicateur. Crédits photos: Amine Boufaied</p></div>
<p>Peut-être faudrait-il commencer à s’intéresser à certains de <a href="http://www.slateafrique.com/84423/les-salafistes-la-conquete-des-jeunes-tunisiens" target="_blank">jeunes Tunisiens</a> qui, par désespoir social, n’ont souvent que la mosquée comme refuge et vont écouter ces prédicateurs qui mettent l’habit traditionnel tunisien pour mieux toucher leur audience. Nabil Al Aouadhi a mis une djellaba et une chéchia pour effectuer son prêche. Si l’élite tunisienne était présente pour manifester devant la mosquée de Carthage, personne n’a osé descendre jusqu’à Kabbaria pour <em>«chasser»</em> comme prévu ce prédicateur comme si la frontière <em>«banlieue nord»</em> suffit à évacuer le problème.</p>
<blockquote><p>C’est ce décalage de plus en plus visible qui révèle la difficulté pour les Tunisiens de <em>«normaliser le discours religieux, du côté des laïcs comme des salafistes»</em> selon Fabio Merone. Qu’on veuille ou pas parler de religion dans l’espace publique, on s’y prend toujours mal.</p></blockquote>
<p><strong>Le silence du gouvernement et la proposition d&#8217;un Conseil Supérieur Islamique</strong></p>
<p>Le problème aujourd’hui est aussi institutionnel: comment se fait-il qu’aucun plan sérieux n’est été présenté à ce jour par le Ministère de la femme sur la question des <a href="http://nawaat.org/portail/2012/11/23/jardins-denfants-coraniques-zone-de-non-droit/" target="_blank">jardins d’enfants coraniques</a> et de leur contrôle? Pourquoi les plaintes déposées contre Wajdi Ghonim qui, lui, avait réellement atteint la dignité des Tunisiens et des Tunisiennes en violant la neutralité des mosquées n’ont pas été traitées par la justice? Pourquoi encore aujourd’hui, le <a href="http://www.babnet.net/kiwidetail-54465.asp" target="_blank">Ministre des affaires religieuses</a> dit avoir prévenu le Ministère de l’Intérieur de l’emprise d’une centaine de mosquées par des imams extrémistes, rien ne soit fait? Les enjeux ne sont pas donc autour de la religion de plus en plus présente dans l’espace public mais de comment réguler le débat qu’elle crée et offrir des gardes fous contre les dérives qui en résultent comme la question des petites filles voilées qui clament que le <em>«hijab»</em> est leur <em>«lumière» comme ci-dessous dans ce reportage de Zitouna TV.</em></p>
<p><iframe src="https://www.facebook.com/video/embed?video_id=10200447929577860" width="640" height="480" frameborder="0"></iframe></p>
<p>Là-dessus, les instances officielles restent bien silencieuses. A l&#8217;assemblée nationale constituante, les députés d&#8217;<a href="http://www.slateafrique.com/85075/tunisie-ennahda-conforte-son-pouvoir-100-jours" target="_blank">Ennahdha</a> ont proposé la mise en place d&#8217;un <a href="http://nawaat.org/portail/2013/01/31/le-conseil-superieur-islamique-un-projet-en-cours-du-gouvernement-jebali/" target="_blank">Conseil supérieur Islamique</a>, qui régulerait les affaires religieuses et servirait de garde-fou aux extrémistes. Beaucoup de députés de l&#8217;opposition restent sceptiques et s&#8217;interrogent sur les intentions derrière cette nouvelle instance, indépendante du pouvoir législatif et exécutif et donc, de tout contrôle, qui pourrait édicter des fatwas sans restriction, par exemple.</p>
<p><strong><em>Lilia Blaise</em></strong></p>
<p><strong><em></p>
<div id="attachment_3965" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3854.jpg"><img class="size-full wp-image-3965" title="IMG_3854" src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/02/IMG_3854.jpg" alt="" width="640" height="426" /></a><p class="wp-caption-text">Des fidèles à la mosquée de Kabbaria mercredi 30 janvier, venus écouter le prêche. Crédits Photos: Amine Boufaied</p></div>
<p></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tunisie – Voyage au cœur de la musique alternative</title>
		<link>http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2013/01/21/tunisie-%e2%80%93-voyage-au-coeur-de-la-musique-alternative/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2013 22:14:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tawa fi Tunis</dc:creator>
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		<category><![CDATA[culture]]></category>
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		<category><![CDATA[bendir man]]></category>
		<category><![CDATA[Klay BBJ]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>
		<category><![CDATA[Si Lemhaf]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Vipa]]></category>
		<category><![CDATA[Wajd]]></category>

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		<description><![CDATA[Percer dans le milieu musical en Tunisie n’est pas chose aisée. Entre débrouillardise et manque de moyens, certains groupes comme Wajd tentent de se faire connaître. Avant la révolution tunisienne, il était rare voire impossible de monter sur la scène prestigieuse du Théâtre municipal, sans piston ou grand nom ou une nationalité étrangère. Les jeunes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Percer dans le milieu musical en Tunisie n’est pas chose aisée. Entre débrouillardise et manque de moyens, certains groupes comme <em>Wajd</em> tentent de se faire connaître. </strong></em></p>
<p>Avant la révolution tunisienne, il était rare voire impossible de monter sur la scène prestigieuse du Théâtre municipal, sans piston ou grand nom ou une nationalité étrangère. Les jeunes musiciens et artistes tunisiens ne pouvaient rêver que d’investir les petites scènes de Tunis à l’instar de celle de la maison de culture <em>Ibn Rachiq</em> ou <em>Ibn khaldoun</em> et dans le meilleur des cas, celle de la salle du <em>4<sup>ème</sup> Art</em>.</p>
<p>Le groupe Wajd (<em>passion</em>) est monté pour la première fois sur la scène du fameux théâtre le 9 janvier à l’occasion d’une cérémonie de remises de prix pour la fiction arabe. Cette reconnaissance soudaine d’un petit groupe indépendant ne s’est pourtant pas faite sans heurts et montre la difficulté des jeunes talents tunisiens à percer dans la cour des grands.</p>
<div id="attachment_3837" class="wp-caption alignnone" style="width: 650px"><a href="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/01/wajd.jpg"><img src="http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/files/2013/01/wajd.jpg" alt="" title="wajd" width="640" height="288" class="size-full wp-image-3837" /></a><p class="wp-caption-text">Le groupe Wajd sur la scène du théâtre municipal de Tunis le 9 janvier. Crédits photo: Laroussi Kerkeni</p></div>
<p>Les membres de <em>Wajd</em> composent un groupe de jeunes passionnés </p>
<blockquote><p><em>«Depuis plusieurs années, je voulais lancer un groupe musical différent de ceux qui marquent la scène tunisienne. J’ai donc, commencé à concrétiser mon idée, il y a un an et quelques mois. Et voilà que le groupe s’est formé avec des jeunes musiciens qui partagent les mêmes objectifs artistiques.»</em> explique Marwen Abouda alias Marwen Blue, chanteur et fondateur du groupe <em>Wajd</em>.</p></blockquote>
<p>Maigre et les yeux bleus clairs, Marwen laisse pousser une barbe et des cheveux longs gras pour manifester un esprit révolté et unique. <em>«Wajd est la réconciliation avec le passé. Mais il est aussi la recherche musicale continuelle d’une nouvelle identité artistique»</em> dit-il, l’air sérieux en contradiction avec son regard rêveur.</p>
<p><object width="560" height="315"><param name="allowfullscreen" value="true"></param><param name="movie" value="https://www.facebook.com/v/154753444673421"></param><embed src="https://www.facebook.com/v/154753444673421" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="1" width="560" height="315"></embed></object></p>
<p>Il est presque 19h, le concert n’a pas encore commencé alors qu’il était programmé à 18h juste après la remise des prix. Entre les coulisses et le hall du théâtre municipal, membres de <em>Wajd,</em> fans et spectateurs commencent à s’impatienter après des dizaines de minutes d’attente. <em>«Malheureusement, l’organisation n’a pas tenu ses promesses et nous devons commencer le concert vers 20h»</em> explique un membre du groupe <em>Wajd</em> à l’une des fans qui pouvait pas rentrer tard, chez elle, pour des raisons de sécurité. Après la remise des prix, une grande polémique s’est déclenchée entre jury, éditeurs et écrivains concernant les décisions du jury. Le débat a duré deux heures entières. Résultat: plusieurs fans, ont quitté le théâtre municipal sans voir <em>Wajd</em> sur scène. Pourtant, le spectacle valait la peine d’attendre.</p>
<p>Sous un éclairage bien étudié (réalisé par Marwen Blue, lui-même scénographe professionnel) batterie, Bass, guitare, flûte, piano et percussion se sont mêlés avec la voix grave de Marwen Blue pour donner des mélodies orientales révisées. Les classiques de l’éminent Sayd Darwich, <em>«Ahouda Eli Sar»</em> et de l’artiste engagé Chikh Imem <em>«El baher biyedhak lih»</em> et <em>«chayed ousourak»</em> ont été, renouvelés par les airs funks, hindous, du reggae et du rock.</p>
<p>Après le Sheikh Imam, la place a été laissée à notre Sheikh Ifrite, génie de la musique tunisienne, depuis le début du siècle précédent. Marwen Blue qui chante depuis son enfance les chansons soufis avec son père artisan du chant sacré et religieux, n’a pas trouvé grande difficulté à harmoniser les différentes gammes de <em>«Zaama el Naar »,</em> une chanson considérée parmi les plus difficiles d’interprétation.</p>
<p>Au milieu du concert, et pour prouver leur enthousiasme, les quelques dizaines présents ont participé au show avec des applaudissements harmonieux avec les rythmes de la célèbre chanson de Hédi Jouini <em>«kif ma yarjaa el fartatou»</em> qui a pris des airs du jazz manouch ingénieusement mélangés à des airs latino. </p>
<blockquote><p><em>«C’est un énorme plaisir de voir Wajd sur scène, ce soir. J’ai apprécié la musique et la voix de Marwen. Mais je pense qu’il leur faut beaucoup plus de travail et de répétition … il y a quelques fausses notes et quelques fois une discordance dans le jeu des musiciens… Dû aux problèmes techniques du volet sonore» </em> Remarque Ahmed, un jeune spectateur qui a découvert l’évènement sur le réseau social Facebook.</p></blockquote>
<p>La problématique des répétitions, ne concerne pas uniquement le groupe Wajd. En effet, les jeunes groupes tunisiens trouvent une énorme difficulté de trouver un endroit pour répéter et faire avancer leurs recherches musicales. </p>
<blockquote><p><em>«Nous répétons parfois dans la rue et parfois par skype … »</em> nous confie Marwen Blue avec ironie. <em>«Tunis et toute la Tunisie manquent d’espaces de répétition et de lieux artistiques depuis des années. Et ce n’est pas un secret! Tout le monde le sait et personne ne bouge pour changer cette triste réalité.»</em> Ajoute-t-il avec amertume.</p></blockquote>
<p>Le concert prend fin, après un morceau musical produit par le groupe intitulé <em>«Mir»</em> et s’inscrit dans la sphère de la musique jazz sous le maqam <em>«Hijaz».</em> L’enthousiasme et l’excitation laissent un peu la place à un brin de déception dans les yeux des jeunes artistes. Le beau rêve est mutilé par l’absence du public et le mépris des organisateurs qui, sans présenter des excuses pour le retard, ont quitté les lieux avec leurs invités.</p>
<p><object width="560" height="315"><param name="allowfullscreen" value="true"></param><param name="movie" value="https://www.facebook.com/v/4271383154023"></param><embed src="https://www.facebook.com/v/4271383154023" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="1" width="560" height="315"></embed></object></p>
<p><em>«Le chemin est encore long»</em> déclare Marwen Blue faisant allusion au parcours difficile qui attend son groupe pour arriver à toucher un large public et monter sur les grandes scènes et, pourquoi pas, participer aux festivals internationaux. Ils persévèrent pourtant dans une Tunisie où la culture s’apprend par voie associative, via des petits collectifs et des évènements intimistes en réponse au manque d’espace et de budget. Début janvier 2013, le budget du Ministère de la culture a été réduit de 5% sur les dépenses  du développement des espaces culturels. </p>
<p>De leur côté, les jeunes artistes de la scène tunisienne plus connus comme<a href="http://www.bendirman.com/fr/index.php" target="_blank"><em> Bendir Man</em></a>, <a href="https://www.facebook.com/Klay.Bbj.Hamzaoui.Med.Amine?fref=ts" target="_blank">Klay BBJ et Med Amine</a>, <a href="http://www.bendirman.com/fr/index.php" target="_blank"><em> </em></a> <a href="http://www.si-lemhaf.com/" target="_blank"><em>Si Lemhaf</em></a> ou encore<a href="http://www.reverbnation.com/vipaa" target="_blank"> <em>Vipa</em></a> et <a href="http://www.myspace.com/MALOXTOX">Armada Bizerta </a>se sont faits connaître via <a href="https://www.facebook.com/Si.Lemhaf" target="_blank">les réseaux sociaux</a>, les festivals. </p>
<p>Bendir Man</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/0WL6OTm4K8c" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Des émissions musicales comme <a href="http://www.youtube.com/user/ZidFessout?feature=watch" target="_blank"><em>Zid Fessout</em></a> née en octobre 2012 et diffusée sur la chaîne <em>El Hiwar Ettounsi</em>, leur permettent aussi d&#8217;avoir une certaine visibilité médiatique. L’émission créée par deux journalistes Aymen Rezgui et Thameur Mekki. Produite par le collectif ZAMA (Zone d’Action pour le développement artistique et médiatique), l’émission vise à promouvoir la musique <em>«intransigeante».</p>
<p>L&#8217;émission Zid fessout</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/dqd_a3pe4AE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p></em> De son côté, <a href="http://www.slateafrique.com/27451/bendir-man-expulse-pour-avoir-traite-bouteflika-de-dictateur">Bendir Man</a>, le célèbre chanteur de la révolution a monté une société de production associative<a href="http://www.kafichanta.com/index.php?page=presentation" target="_blank"> <em>Kafichanta</em></a> pour faire connaître les jeunes talents et organiser des tournées. La musique <em>«100 % tounsi» </em>ou alternative<em>,</em> composée aussi bien de rappeurs que de groupes plus rock ou jazzy, semble ainsi s’affirmer depuis la révolution. En 2012, un collectif de ces artistes avait réalisé un album Enti Essout pour inciter les jeunes Tunisiens à aller voter. Engagé et souvent anticonformiste, ce genre musical cherche encore, à la manière du groupe <em>Wajd,</em> la reconnaissance du grand public.</p>
<p>Enti Essout</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/oubOJt6eGhs" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Klay BBJ et Med Amine</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/vTSD1I8KevY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe</p>
<p>Le rappeur Vipa</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/MqO1JNuW5Jc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Si Lemhaf</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/bHj7YjZylQ8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><em>Henda Hendoud</em></strong></p>
<p><em><strong>A lire aussi:</p>
<p><a href="http://www.slateafrique.com/1857/revolution-tunisienne-culture-aucun-role">Tunisie &#8211; Révolution Tunisienne, la culture n&#8217;a eu aucun rôle</a></p>
<p><a href="http://www.slateafrique.com/1763/culture-tunisienne-fait-revolution">La culture tunisienne fait sa révolution<br />
</em></a></strong><br />
<strong><em><a href="http://www.slateafrique.com/46081/les-rappeurs-tunisiens-ont-anticipe-la-revolution">Les rappeurs tunisiens ont une longueur d&#8217;avance</a></em></strong></p>
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