Monsieur le Président, Joseph Kabila, je sais que votre temps est précieux, vu les problèmes auxquels vous faites face en la République démocratique du Congo.
C’est au nom de la valeur démocratique affichée dans le nom de ce pays que j’ose vous écrire.
Ce pays est scandaleusement riche, comme on dit. Mais, sa population est horriblement pauvre, comme vécu. A part quelques individus bien introduits qui sont eux aussi scandaleusement riches.
Monsieur le Président, j’ai rencontré un Congolais qui demande sa part de bonheur dans l’immense richesse de son pays. Il m’a dit ceci: «selon l’article 58 de la Constitution de la RDC: Tous les Congolais ont le droit de jouir des richesses nationales. L’Etat a le devoir de les redistribuer équitablement et de garantir le droit au développement». Partant de cet article de la Constitution, il voudrait avoir sa part de richesse et de développement. Qu’en pensez-vous? Il a visiblement raison parce qu’il en a marre de la pauvreté.
En plus de la pauvreté, les Congolais, en tout cas, pour ceux qui sont dans l’est du pays, n’ont pas connu de richesse, encore moins la paix depuis plus de 15 ans que cela dure. Guerre de libération, guerre des milices, guerre des différentes rébellions avec aujourd’hui encore une autre guerre, celle des rebelles du M23. Parfois, ils s’appellent aussi libérateurs.
Voilà maintenant que vous devez négocier avec eux, avec une épine sous le pied, la ville de Goma qui est tombée entre leurs mains le 20 novembre dernier. C’est le moment que vous aviez choisi pour changer de position et accepter de les écouter pour ne pas dire poser les premiers pas pour des négociations.
Poste vacant
Après la débâcle des Fardc à Goma, province du Nord-Kivu, Monsieur le Président, j’apprends même qu’il y a une offre particulière au Congo. La RDC recherche un Président de la république compétent et capable de rassurer son peuple lorsqu’elle se sent en danger! Critère de recrutement :
- Etre de nationalité Congolaise
- Etre en mesure de former une armée forte pour combattre à la guerre et non contre les civiles
- Avoir le courage de citer les noms des agresseurs
En voyant cette offre, j’ai été surpris parce que je ne savais pas que votre poste était vacant. Je crois que c’est un signe. Visiblement, les congolais attendent plus de vous, la sécurité, la protection, surtout que vous puissiez veiller à leurs frontières et à neutraliser les groupes armés qui se baladent facilement en RDC.
Si votre poste est vacant, vous savez qu’ils sont toujours nombreux à vouloir le prendre.
Même le M23 rêve de venir à Kinshasa. Vous allez les laisser vous dégommer, alors qu’il y a seulement une année que vous êtes réélu? Comme ils se sont pris des valeurs démocratiques, les rebelles parlent aussi des conditions de vie du président autoproclamé, Etienne Tshisekedi. Même s’il est cloîtré chez lui, par obligation que par choix, il peut toujours revenir au devant de la scène malgré les forces de l’ordre placées autour de sa résidence. Pourquoi ne pas déployer ces hommes en arme au front? Ils pourront apporter du surnombre. Même les chars qui sortent pour interdire aux étudiants de manifester à Kinshasa par exemple, pourquoi ne pas les envoyer au front? Ils y seront plus utiles.
Monsieur le Président, avec un œil sur les négociations, je me demande sur quoi allez-vous négocier avec vos anciens alliés devenus depuis rebelles dans le M23.
Même si le cœur n’y est pas forcément, mieux vaut négocier quand même. Mais, pourquoi et pour quel résultat? Si c’est pour mettre un trait définitivement à ces guerres, ce serait une bonne chose. Si c’est pour une trêve et la reprise des hostilités avec les populations pour principales victimes, veuillez y penser à deux fois, voire plus. Au risque de voir les rebelles donner encore des claques à l’armée nationale congolaise qui détale à chaque fois que le M23 avance.
Jacques Matand’